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      Prix 2012 du CÉCEF pour un travail universitaire de recherche

Prix 2012 du CÉCEF pour un travail universitaire de recherche

Christophe Delaigue, premier lauréat

Le CÉCEF a décerné le 13 décembre le Prix 2012 du CÉCEF pour un travail universitaire de recherche.

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  • 1er avril 2013

Pour encourager la rédaction de travaux universitaires en théologie ou en sciences humaines (histoire, sociologie…) rédigés en langue française qui portent sur les questions œcuméniques et/ou qui favorisent le rapprochement des chrétiens, le CÉCEF a décerné le 13 décembre le Prix 2012 du CÉCEF pour un travail universitaire de recherche [1].

Lors de la remise du Prix, Mgr Emmanuel, Métropolite de France, a d’abord rappelé le sens de ce prix, par lequel le CÉCEF cherche à promouvoir les études œcuméniques à un haut niveau de recherche : « L’œcuménisme se vit, il se pense et s’étudie aussi. J’espère très sincèrement que ce prix pourra faire des émules et créer des vocations en valorisant ce domaine de recherche. Je suis intimement convaincu que nous avons besoin de ce genre de travaux pour approfondir notre connaissance commune ». Il a ensuite salué l’importance du mémoire universitaire du lauréat, « un travail pertinent, ô combien ambitieux, qui démontre l’actualité d’une réflexion de haute qualité dans le domaine œcuménique », en se réjouissant que cette « étude particulièrement riche et fouillée » fasse écho « aux chantiers abordés par la commission mixte internationale de dialogue entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe ».

Dans sa réponse, Christophe Delaigue s’est d’abord présenté : « Je suis prêtre de l’Église catholique, incardiné dans le diocèse de Grenoble-Vienne, dans la région Rhône-Alpes. J’ai été ordonné en juin 2005, au terme de mes études à la faculté de théologie de Lyon, année d’études pendant lesquelles j’ai eu la chance de pouvoir passer un semestre de travail à la faculté autonome de théologie protestante de Genève. C’est en septembre 2006 que mon évêque, Mgr Guy de Kerimel, m’a demandé d’entreprendre une formation à l’ISÉO ; après deux années à suivre les sessions pour le Certificat d’études œcuméniques, c’est le P. Yves-Marie Blanchard qui suggéra de poursuivre en préparant un mémoire de master. C’est en ecclésiologie que j’ai souhaité travailler, car il y a encore, je le crois, un gros chantier à mener dans ce domaine là, pour nos Églises, si nous voulons nous comprendre et avancer sur le chemin d’une unité visible. Qu’il me soit permis de remercier chaleureusement le P. Laurent Villemin, de l’Institut catholique de Paris, qui a accepté alors de m’accompagner pour ce travail de recherche. ».

Il a ensuite précisé pourquoi il s’était penché sur la question « cruciale » de la primauté de l’évêque de Rome, en rappelant le contexte dans lequel il a entrepris sa recherche : « en mars 2006, le titre de « patriarche d’Occident » disparaissait de la liste des titres du pape telle qu’elle est donnée dans l’Annuaire pontifical. La disparition de ce titre provoqua des réactions vives et attristées de la part de représentants des Églises orthodoxes – alors que cela pouvait apparaître comme une sorte de « dépoussiérage » pour bon nombre de catholiques qui ne savaient même pas que le pape était patriarche d’Occident et qu’est-ce que cela pouvait vouloir dire.

Un certain nombre de questions se sont alors posées. La suppression de ce titre laissait-elle penser que le pape se comprenait comme au-dessus de toutes les Églises et tous les évêques ? En ce sens, la disparition de ce titre pouvait être interprétée comme un obstacle ou un recul dans la recherche de l’unité des chrétiens… Au contraire, et comme cela a pu être dit, la disparition de ce titre pouvait-elle permettre de nouveaux chemins œcuméniques, mais lesquels ? Se pencher sur ces questions oblige à approfondir les ecclésiologies propres à chacune des deux traditions confessionnelles – catholique romaine et orthodoxe – et à en relire l’histoire complexe, mouvementée et très liée aux questions politiques qui ont traversé les siècles, dans une imbrication des choses tournant parfois à l’embrouillement réciproque entre le théologique, le pastoral et le politique. Revisiter tout cela, c’est tenter de comprendre un certain nombre d’enjeux œcuméniques pour aujourd’hui autour de cette question de la primauté de l’évêque de Rome au service de la communion dans l’Église ».

Notes

[1Le prix a été attribué par les co-présidents du CÉCEF après une recommandation formulée par un jury composé de Mgr ARSÉNIOS (Kardamakis), M. Nicolas KAZARIAN, M. le pasteur Marc LIENHARD, Mme la pasteure Jane STRANZ, Mgr Joseph DORÉ et du Frère Franck LEMAÎTRE, le secrétariat du Prix ayant été assuré par Mme Anne JAN, coordinatrice du CÉCEF.



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