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      Prier le Notre Père dans les célébrations œcuméniques

Prier le Notre Père dans les célébrations œcuméniques

Décision du bureau du Conseil d’Églises chrétiennes en France

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  • 3 mars 2015

1. En 1966, la Conférence épiscopale catholique, les quatre Églises luthériennes et réformées en France et les évêques de trois juridictions de l’Église orthodoxe en France ont décidé d’adopter une traduction commune de la prière du Notre Père récitée par leurs fidèles. Cette version dite « œcuménique » a ensuite été reçue plus largement par les différentes familles ecclésiales francophones. À ce jour c’est celle qui est utilisée au cours des célébrations œcuméniques et, le plus souvent, celle qui est récitée au cours des offices dans les Églises qui ont cette pratique.

2. Dans l’Église catholique, la traduction des livres liturgiques est en cours de révision. En lien avec la Congrégation pour le culte divin à Rome, les Conférences épiscopales des pays francophones (Afrique du Nord, Belgique, Canada, France, Luxembourg et Suisse) travaillent ensemble aux traductions en langue française. Lors de leur assemblée du printemps 2009 les évêques catholiques français ont souhaité, qu’ « après concertation avec les autres Églises ou communautés ecclésiales » la formule « et ne nous laisse pas entrer en tentation » soit adoptée pour le texte du Notre Père de la messe.

3. En septembre 2009, l’Église catholique a informé ses partenaires au sein du Conseil d’Églises chrétiennes en France de ce projet de modifier la traduction de la sixième demande de la prière du Notre Père (à partir de l’Avent 2016) et a sollicité leur avis.

4. À l’assemblée du 25 novembre 2010, la délégation orthodoxe au CÉCEF a rappelé que les communautés qui récitent le Notre Père en français ne le font pas toujours avec la version dite « œcuménique », que les orthodoxes utilisent toutefois cette traduction lors des célébrations œcuméniques, et que la formulation en projet d’adoption par l’Église catholique ne leur fait pas problème.

La délégation de la Fédération protestante de France au CÉCEF a déclaré approuver les conclusions d’une note préparée, à la demande de son conseil : « Nous ne voyons donc pas d’inconvénient si l’on accepte la proposition soumise ». Il a ensuite été rappelé que la FPF n’a pas de mandat de la part de ses Églises membres pour décider de la traduction du Notre Père qui doit être utilisée dans leurs liturgies propres.

5. Le 22 novembre 2013, au moment de la publication de La Bible. Traduction liturgique, étape préalable à la parution de nouveaux lectionnaires dans l’Église catholique, incluant déjà la nouvelle formulation, le CÉCEF a estimé nécessaire de préciser que « la version du Notre Père récitée par les fidèles doit être distinguée du texte biblique qui est lu lorsque l’évangile de Matthieu (chapitre 6, versets 9-13) constitue une des lectures d’une célébration ». Il a également déclaré que « les échanges œcuméniques sur la traduction commune du Notre Père doivent se poursuivre ».

6. Lors de son synode d’Avignon (mai 2014), l’Église protestante unie de France a décidé d’entamer une réflexion sur la traduction du Notre Père.

7. Si le CÉCEF n’a pas de mandat pour décider de la traduction à adopter dans chacune des familles ecclésiales membres, il lui revient en revanche de préciser quelle traduction du Notre Père doit être utilisée lors des célébrations œcuméniques si plusieurs sont en usage dans les Églises françaises. Ce sera vraisemblablement le cas à partir de l’Avent 2016.

8. Lors de la réunion de son bureau le 11 février 2015, le CÉCEF a estimé qu’il convenait, au cours des célébrations œcuméniques, de garder, y compris après l’Avent 2016, la version dite œcuménique du Notre Père avec la formulation « et ne nous soumets pas à la tentation », en recommandant que celle-ci soit imprimée sur les feuilles de chants. Il se réserve la possibilité de faire ultérieurement une autre recommandation après avoir observé l’évolution des pratiques dans les communautés ecclésiales françaises.

Paris, le 11 février 2015

Pasteur François CLAVAIROLY
Métropolite EMMANUEL
Mgr Georges PONTIER
coprésidents



CÉCEF


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