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        Ensemble pour l’Europe : une vision spirituelle pour le continent

Ensemble pour l’Europe : une vision spirituelle pour le continent

Le 12 mai 2012 Ensemble pour l’Europe organisait pour la troisième fois une manifestation pro-européenne et pan-européenne.

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  • 12 mai 2012
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La dynamique d’Ensemble pour l’Europe est la résultante du travail commun de mouvements protestants depuis la fin des années 1960, que sont venus rejoindre à la fin des années 1990 toutes sortes de communautés et mouvements d’origine catholique (certaines marquées par le Renouveau charismatique, d’autres avec une forte dimension œcuménique), ainsi que des mouvements de jeunesse orthodoxes. Le 12 mai 2012 Ensemble pour l’Europe organisait pour la troisième fois une manifestation pro-européenne et pan-européenne.

Pour s’inscrire dans la démarche d’Ensemble pour l’Europe [1], un mouvement anglican, catholique, orthodoxe ou protestant doit d’abord et avant tout s’engager à respecter les autres communautés et mouvements, avec leurs charismes spirituels spécifiques (c’est-à-dire leurs manières de comprendre et de vivre l’Évangile), en abandonnant tous les préjugés qui ont pu, autrefois, marquer les relations entre les confessions chrétiennes. De ce point de vue, il est très clair que le rapprochement des nations jadis ennemies à la faveur de la construction européenne peut être comparé aux réconciliations vécues entre dénominations. Les 250 communautés et mouvements représentés à Bruxelles le 12 mai entendaient donc « être partie prenante de la construction de l’Europe et lui apporter leurs valeurs communes de fraternité et d’unité ».

Si les deux rassemblements de Stuttgart organisés par Ensemble pour l’Europe en 2004 et 2007 avaient permis de manifester la relation entre ces mouvements – composés essentiellement de laïcs – et les ministres des Églises (des dizaines d’évêques et de présidents d’Église étaient présents), la manifestation du 12 mai 2012 entendait établir un lien avec les personnalités politiques européennes [2]. D’où l’importance du message télévisé adressé par Herman van Rompuy, président du Conseil européen, ou de l’intervention de Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne, qui a dénoncé « la renaissance de l’Europe des égoïsmes nationaux ».

Dans un contexte de morosité européenne, mouvements et communautés ont exprimé, dans le Manifeste de Bruxelles 2012, leur volonté de faire grandir l’attachement des citoyens à la construction européenne : « Face à la crise qui frappe notre continent, nous sentons, en tant que chrétiens et européens, qu’il nous appartient de ne pas nous replier sur nous-mêmes, dans des revendications nationales, dans l’antagonisme ou l’opposition, dans le chauvinisme, ni même de nous protéger derrière de nouveaux murs d’égoïsme politique et économique qui nous diviseraient les uns les autres, aussi bien au sein de notre continent, qu’entre le Nord et le Sud du monde. L’Europe a besoin de davantage d’unité. Si nos pays, nos peuples, veulent affronter seuls les défis d’un monde globalisé, ils seront voués à ne compter que pour peu de chose. L’Europe est un destin et une nécessité pour chacun de nos pays ».

Techniquement très réussi, Ensemble pour l’Europe 2012 a permis d’allier une manifestation internationale à Bruxelles et 144 rencontres locales simultanées dans toute l’Europe, dans une douzaine de villes françaises notamment. À Angers, Antibes, Besançon, Bordeaux, Le Mans, Lyon, Montpellier, Nice, Paris, Strasbourg, Toulouse, Versailles… ce sont les communautés et mouvements implantés en France qui ont animé cette journée : l’ACAT, l’ACER-MJO, l’Arche, le Chemin Neuf, les Parcours Alpha, les Focolari, Fondacio, Sant’Egidio, Sève, Taizé… pour ne citer que ceux dont l’engagement œcuménique est bien connu. À Nantes par exemple, c’est en présence de l’évêque Mgr Jean-Paul James, du pasteur Caroline Schrumpf, et du P. Lambert Van Dinteren, recteur de la paroisse orthodoxe, qu’a été donné le spectacle Je voudrais passer le flambeau, réalisé par quarante jeunes du mouvement des Focolari.

Catherine AUBÉ-ELIE

Notes

[2Un temps, il avait même été envisagé que le rassemblement central se tienne dans l’hémicyclique du Parlement européen.


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