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      Fermeture du Saint-Sépulcre

Fermeture du Saint-Sépulcre

25 février 2018 / Jérusalem

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  • 25 février 2018
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Les hiérarques [1] des Églises responsables du Saint-Sépulcre à Jérusalem, ont pris le 25 février 2018 une décision inédite : la fermeture de la basilique, abritant le tombeau du Christ [2], en raison de « la campagne systématique contre les Églises et la communauté chrétienne en Terre sainte ».

Préalablement, la municipalité de Jérusalem a fait geler les comptes bancaires de plusieurs Églises chrétiennes, leur demandant de payer des impôts sur une vaste partie de leurs biens immobiliers, dont ils étaient exemptés jusqu’aujourd’hui, et ce depuis près de 800 ans. Son directeur général, Amnon Merhav, a chiffré la dette des Églises pour 887 propriétés à quelque 150 millions d’euros, sans préciser sur quelle période portaient les arriérés.

« Des avis scandaleux », violant « les accords existants et les obligations internationales qui garantissent les droits et les privilèges des Églises », « une tentative d’affaiblir la présence chrétienne à Jérusalem » ont ripostés les gardiens du Saint-Sépulcre. Ils ont décrié ce « projet de loi discriminatoire et raciste », « visant uniquement les biens de la communauté chrétienne en Terre sainte » et comparable aux « lois de la même nature » promulguées « contre les Juifs pendant les périodes les plus sombres de l’Histoire de l’Europe ».

Encore le 14 février 2018, treize responsables d’Églises [3] ont averti, dans un communiqué commun, « qu’une telle mesure sape à la fois le caractère sacré de Jérusalem et compromet la capacité de l’Église à mener son ministère ». Ils avaient demandé à la municipalité « de retirer sa déclaration et de continuer à veiller à ce que le statu quo, sanctionné par l’Histoire sainte, soit maintenu », tout en rappelant « la grande contribution des Églises chrétiennes », investissant « des milliards dans la construction d’écoles, d’hôpitaux et de maisons, et ce particulièrement pour les personnes âgées et défavorisées, en Terre sainte ».

Le 28 février 2018, le Saint-Sépulcre a ouvert à nouveau ses portes, à l’issue d’une déclaration du Premier ministre d’Israël, annonçant la suspension des actions fiscales et législatives, ayant conduit les Églises à la décision exceptionnelle. Benyamin Netanyahou a également ordonné la création d’une commission, avec « la participation de toutes les parties concernées », afin de trouver une solution au sujet des impôts municipaux sur les immeubles des Églises non utilisés à des fins cultuelles. (d’après lpj.org, vatican.va, jp-newsgate.net, AFP et orthodoxie.com)

Photo : © AFP – Gali Tibbon
Le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Théophile III entouré du patriarche arménien de Jérusalem Nourhan Mannougian (à droit), du custode de la Terre sainte, le père Francesco Patton (à gauche) et d’autres responsables d’Églises devant les portes fermées de l’église du Saint-Sépulcre dans la vieille ville de Jérusalem, le 25 février 2018.

Notes

[1Théophile III, patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, Francesco Patton, custode de la Terre sainte, Nourhan Mannougian, patriarche arménien de Jérusalem.

[3Dont voici les noms : le patriarche Théophile III (Patriarcat grec-orthodoxe), le patriarche Nourhan Manougian (Patriarcat orthodoxe apostolique arménien), Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur Apostolique (Patriarcat latin), frère Francesco Patton, Custode de Terre Sainte, l’archevêque Anba Antonious (Patriarcat copte orthodoxe), Mgr Swerios Malki Murad (Patriarcat syrien orthodoxe), l’archevêque Aba Embakob (Patriarcat éthiopien orthodoxe), Mgr Joseph-Jules Zerey (Patriarche grec-melkite-catholique), l’archevêque Mosa El-Hage (Exarchat patriarcal maronite), l’archevêque Suheil Dawani (Église épiscopale de Jérusalem et du Moyen-Orient), Mgr Ibrahim Sani Azar (Église évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte), Mgr Pierre Malki (Exarchat patriarcal syro-catholique) et Mgr Georges Dankaye’ (Exarchat patriarcal arménien catholique).


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