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« Jouer à Dieu ? – les sciences, la théologie et la société sur l’édition de gènes »

27 - 28 février 2018 / Paris

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  • 27 février 2018
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Du 27 au 28 février 2018, à l’Institut protestant de théologie à Paris, s’est tenue une conférence internationale sous l’intitulé « Jouer à Dieu ? – les sciences, la théologie et la société sur l’édition de gènes ». Organisé par le Groupe de référence thématique pour la bioéthique de la Conférence des Églises européennes (CEC) en partenariat avec l’Institut protestant de théologie et l’Institut de théologie orthodoxe « Saint-Serge », et avec le soutien du Conseil des relations inter-ecclésiastiques de l’Église évangélique luthérienne du Danemark et le site orthodoxie.com, le rendez-vous a réuni une cinquantaine de délégués. Les participants, venus de toute l’Europe, se sont penchés principalement sur deux questions majeures : est-ce que les humains qui éditent des gènes ‘jouent à Dieu’ ? Et dans quelles conditions pourrait-on et devrait-on permettre moralement et légalement l’édition de gènes, moralement et légalement ?

Le père Bruno Saintôt, sj, directeur du Département de l’éthique biomédicale de la Faculté jésuite de Paris a souligné que l’Église catholique romaine est l’une des rares Églises, qui désigne, avec le concept de personne, l’être humain depuis le moment de la fécondation. Dans cette logique, « la valeur intrinsèque de la personnalité a des implications bien au-delà de cette question brûlante », d’où l’importance d’éclaircir des notions telles que « jouer à Dieu », « hérédité génétique », « loi naturelle » ou « la nature biologique de l’homme comme intangible ».

Le professeur Peter Dabrock, de la Faculté de théologie protestante de l’Université Friedrich-Alexander de l’Allemagne, a présenté « l’éthique protestante de responsabilité » comme une base à partir de laquelle des Églises pourront bâtir un discours « urgent, transparent et participatif sur les questions controversées de l’édition génétique ».

Le professeur Miltiadis Vantsos de la Faculté de théologie orthodoxe de l’Université de Thessalonique a souligné l’importance du principe de précaution quant à l’application de nouvelles méthodes de l’édition de gènes sur l’être humain pour éviter de causer des dommages irréversibles à la nature en général et à l’homme en particulier. Ce dernier « n’est pas une simple existence biologique, mais aussi une existence spirituelle qui, dans ce type de débats, ne devrait pas être sous-estimée » a-t-il rappelé.

Selon Mark Hunyadi, professeur de philosophie à l’Université catholique de Louvain, la bioéthique contemporaine est entre les mains d’« une petite éthique », centrée sur l’individu. Il a appelé de ses vœux à dépasser ce « paradoxe bioéthique de notre temps.

Le professeur Lovell-Badge, directeur du laboratoire de génétique du développement de l’Institut national pour la recherche médicale à Mill Hill, près de Londres, a déclaré, qu’il manquerait à son devoir de scientifique s’il ne délimitait clairement le champ d’application des nouvelles méthodes de recherche : « l’édition génétique ne devrait pas être étendue à autre chose qu’à la prévention ou la curation de la maladie » a-t-il conclu. (d’après Julija Vidovic)


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