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L’Église comme communion et comme institution. Une lecture de l’ecclésiologie du cardinal Congar à partir de la tradition des Églises de professants

Alain NISUS

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  • 1er juillet 2012

Le théologien baptiste Alain Nisus, professeur à la faculté de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, a consacré sa thèse de doctorat à l’ecclésiologie d’Yves Congar. Il analyse la compréhension congarienne de l’Église comme institution en distinguant deux étapes dans l’œuvre du théologien dominicain : un premier Congar chez qui prédomine une ecclésiologie christocentrique ; un deuxième Congar (après Vatican II) pour qui l’Église est le fruit d’une double mission divine, avec une co-institution par l’Esprit qui s’ajoute à l’institution par le Christ incarné. En soulignant l’importance de ce rééquilibrage pneumatologique de l’ecclésiologie, A. Nisus estime que Congar a montré de manière convaincante qu’il n’est pas légitime d’ériger une opposition entre la liberté de l’Esprit et les structures ecclésiales. Tout en pointant les risques d’une hypertrophie de l’élément institutionnel dans l’Église, le théologien baptiste répond ainsi au « préjugé anti-institutionnel » des protestants. L’Église est-elle une communion spirituelle des croyants ou une institution structurée ? Sans les opposer, A. Nisus veut penser théologiquement l’articulation entre cette double dimension de l’Église. Critique d’une vision « associationniste » de l’Église qui marque sa propre tradition (où l’on souligne la libre décision de croyants individuels de s’associer), il regrette la trop grande indépendance des Églises locales dans le modèle congrégationaliste. Non sans audace, ce livre majeur invite même les Églises évangéliques à retrouver le ministère d’épiscopè dont les premiers baptistes s’étaient dotés.

Franck LEMAÎTRE

coll. Cogitatio fidei 282, Paris, Cerf, 2012, 508 p., 45 euros, 978-2-204-09454-2



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