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L’esprit de Jérusalem. L’orthodoxie et le catholicisme au XXIe siècle

Métropolite Emmanuel et Cardinal Kurt Koch

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  • 1er janvier 2014

En mai 2014, le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se rencontrent à Jérusalem, cinquante ans après la rencontre du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras dans la même ville. À cette occasion, les éditions du Cerf publient un livre signé par le métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, et par le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Vous pouvez lire ci-dessous deux extraits de cet ouvrage.

Le dialogue entre les Églises catholique et orthodoxe s’est constitué dans le creuset d’un pèlerinage. L’œcuménisme est donc un voyage ecclésial sur la terre sainte de l’unité. Paul VI et Athénagoras partent comme pèlerins, ils reviennent comme frères. Au IVe siècle, les pèlerinages manifestent la conversion de l’âme, la metanoia. On ne vient pas y chercher le seul souvenir d’une histoire, aussi sacrée soit-elle. Le pèlerin vient y faire une rencontre. Venir à la rencontre de Dieu, là où Dieu est venu à la rencontre de l’humanité, en se laissant livrer pour la vie du monde par un simple baiser. Le dialogue catholique-orthodoxe commence lui aussi par un baiser qui, dans les traditions liturgiques d’Orient et d’Orient, confesse que le « Christ est parmi nous ». Tel est et sera l’esprit de Jérusalem.

(Métropolite Emmanuel de France, « Catholiques et orthodoxes. Faire tomber les murs de séparation ! »)

Le dialogue œcuménique bilatéral entre les Églises orthodoxes et l’Église catholique n’a toutefois démarré officiellement qu’il y a cinquante ans, avec la rencontre historique entre le patriarche œcuménique Athénagoras de Constantinople et l’évêque de Rome et pape Paul VI, les 5 et 6 janvier 1964 à Jérusalem. La volonté réciproque ainsi proclamée de rétablir la Charité entre les deux Églises, qui fut scellée par le baiser fraternel, restera à nos yeux comme l’icône permanente du désir de se réconcilier et, puisque l’agape et le baiser fraternel représentent à proprement parler le terminus et le rite de l’unité eucharistique, du désir de se réunir dans la communion eucharistique qui doit être l’aboutissement de ce chemin. Car là où l’agape est perçue dans son sens véritable de réalité ecclésiale, elle doit, pour être crédible, devenir aussi agapè eucharistique. Cela correspond en tout cas à l’intention du patriarche Athénagoras et du pape Paul Vil, qui perçurent les événements de Jérusalem comme l’aube d’un jour nouveau qui permettrait aux générations futures, par leur participation aux mêmes Corps et Sang du Christ, de louer ensemble l’unique Seigneur.

(Cardinal Kurt Koch, « Le chemin prometteur. Vers la communion eucharistique entre les églises orthodoxes et l’église catholique »)

Paris, Cerf, 2014,
109 p., 14 €,
978-2-204-10236-9



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