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      L’indisponibilité de la dignité humaine

L’indisponibilité de la dignité humaine

10 Décembre 2016 / Suisse

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  • 10 décembre 2016
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À l’occasion de la Journée des droits humains du 10 décembre 2016, une déclaration œcuménique, intitulée « Entre faire et laisser-être : l’indisponibilité de la dignité humaine » a été rendue publique. Cosigné par Gottfried Locher, président de la Fédération des Églises protestantes de Suisse, Mgr Charles Morerod, président de la Conférence des évêques catholiques suisse et Mgr Harald Rein de l’Église vieille-catholique de Suisse, le texte stipule que « la dignité précède toujours l’autodétermination », autrement dit, elle « n’a rien à voir avec la libre disposition de soi ». Ainsi, « c’est toujours la dignité d’autrui qu’il faut protéger », puisque « l’être humain ne peut garantir lui-même sa dignité ». Énumérant les personnes « en proie à la terreur, la violence et la corruption », mais aussi « les fœtus auxquels un diagnostic prénatal prédit une vie avec un handicap », le document déplore le fait qu’une partie de l’humanité « décide de la vie d’une autre ». « Peut-être le temps n’est-il plus très éloigné », s’interrogent les signataires, « où les personnes âgées devront justifier leur prétention à vivre ».

Une pétition de l’Acat, au sujet des soins médicaux apportés aux détenus non couverts par l’assurance-maladie en Suisse, accompagnait la déclaration. On y évoque le cas d’un détenu, souffrant « d’un problème urologique au niveau de la prostate », qui nécessite une intervention chirurgicale. Cependant, le patient ne peut pas bénéficier de l’opération nécessaire, mais seulement de « l’aide médicale d’urgence », autrement dit « des traitements destinés à assurer sa survie en cas d’extrême nécessité », pour la simple raison qu’il n’était pas domicilié en Suisse au moment de son arrestation. « Il est inimaginable que cet état de fait puisse être supporté », s’indigne son médecin. En effet, il n’a cessé de constater la dégradation de la santé de l’homme de 61 ans, qui dans un premier temps devait « se lever jusqu’à dix fois par nuit pour uriner de petites quantités », alors qu’à présent, il « doit […] porter des couches ». Rappelant que dans les prisons suisses près de « 2000 personnes ne sont pas couvertes par une assurance-maladie », la pétition demande « une réglementation uniforme sur le financement de [leurs] soins médicaux ». (d’après kirchenbund.ch, eveques.ch, acat.ch)


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