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      L’œcuménisme est-il mort ?

L’œcuménisme est-il mort ?

2 Février 2017 / Paris

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  • 2 février 2017

Le 2 février 2017, une conférence-débat intitulée « L’œcuménisme est-il mort ? », organisée conjointement par la revue « Études » et l’hebdomadaire « Réforme », a eu lieu au Temple de l’Étoile (Église protestante unie de France [EPUdF]). En guise de réponse, le premier orateur, le pasteur Laurent Schlumberger, a défendu la thèse qu’« après une longue enfance et une belle adolescence, l’œcuménisme est entré dans un âge adulte ». Il « nous faut » aussi bien « veiller à en déployer toutes les fécondités qu’en combattre la sénilité ». Ayant synthétisé l’histoire du mouvement œcuménique, le président de l’EPUdF, a estimé essentiel à la poursuite du dialogue « d’ajuster sa volonté aux circonstances ». Il entend tenir notamment compte de la « sécularisation ». Elle a donné en effet naissance à des individus « des-ecclésialisés » : ils peuvent « croire sans appartenir » à une Église et inversement. Dans cette logique non seulement l’expérience prime sur la doctrine, mais encourt « un grand risque » de « renoncer à penser ». Comme antidote à ces défis, il a proposé de « rendre plus et mieux visible et audible l’unité qui nous est donnée ».

Pour le père Enzo Bianchi, fondateur et ancien prieur [1] de la communauté monastique et œcuménique de Bose, « l’œcuménisme d’aujourd’hui ne peut avoir qu’un seul nom : réforme de la part de toutes les Églises ». Il a présenté la vision d’une « unité plurielle, mais visible », basée sur « une confession christologique commune ». Elle n’exclut pas des accords sur certaines questions, nécessitant de plus amples efforts œcuméniques, telles « l’ecclésiologie des ministères » ou encore « la morale sexuelle et familiale ». « Se résigner aux divergences actuelles », croire « qu’il suffit de se reconnaître réciproquement » ou penser que « l’Église a toujours été divisée » équivaudrait, selon le fondateur du Bose, « à déclarer que le diviseur a déjà remporté la victoire et qu’on accueille une pensée faible, où tout se vaut ». (d’après youtube.com et monasterodibose.it)

Photo : © I.K.


Notes

[1Les frères et les sœurs de Bose, réunis le 26 janvier 2017 en conseil général annuel, ont élu un nouveau prieur de la communauté en la personne du frère Luciano Manicardi. Préalablement, ils ont accepté la démission du fondateur du monastère, qui l’avait annoncée le 26 décembre 2016, après avoir averti « à plusieurs reprises […] que ces mois étaient les derniers de [son] service ».


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