Unité des chrétiens
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      Le salut en Jésus Christ. Accords et désaccords

Le salut en Jésus Christ. Accords et désaccords

N° 166 (avril 2012) : sommaire et éditorial.

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  • 1er avril 2012

Sommaire

ÉDITORIAL : Sur le concept du visage du Fils de Dieu (Franck LEMAÎTRE)

ESSENTIEL : « Transformés par la victoire de Notre Seigneur Jésus Christ »

Les évangéliques de France en convention

DOSSIER : LE SALUT EN JÉSUS CHRIST. ACCORDS ET DÉSACCORDS

La déclaration commune luthéro-catholique sur la justification. Regard d’un théologien évangélique (Henri BLOCHER)

Le salut comme rédemption. Une lecture orthodoxe de la Déclaration commune luthéro-catholique sur la justification (Michel STAVROU)

Le dialogue luthéro-orthodoxe sur le salut. Un regard catholique (Anne-Marie PETITJEAN)

La présence agissante du Christ aujourd’hui. Regard luthérien sur le dialogue catholique - orthodoxe (Élisabeth PARMENTIER)

RENCONTRE avec Gérard Daucourt

JALONS SUR LA ROUTE DE L’UNITÉ : Novembre & décembre 2011, janvier 2012

LECTURES

AGENDA

Editorial

Sur le concept du visage du Fils de Dieu

Consacrer un numéro entier dans une revue œcuménique à ce thème du salut en Jésus Christ, c’est affirmer – s’il en est besoin – que les divisions ecclésiales n’ont pas concerné que des aspects périphériques de la vie chrétienne (des questions de discipline par exemple). Non, les séparations ont touché le cœur même de la foi. Au fil des siècles, les Églises ont mutuellement rejeté leurs manières de comprendre « l’événement Jésus Christ » : soit les conflits ont porté directement sur la doctrine du salut, soit l’estrangement provoqué par la rupture de communion a permis le développement parallèle de sotériologies très éloignées qui faisaient usage de concepts philosophiques différents… Lorsque la Croix du Christ elle-même est objet de divergences entre chrétiens, qui ne comprendrait que de telles oppositions constituent un lourd handicap pour l’annonce de l’Évangile ? Et pourtant il aura fallu attendre le dernier quart du vingtième siècle pour que viennent enfin les nécessaires réconciliations sur cette question centrale du salut.
C’est précisément sur cette thématique que portait en novembre 2011 le colloque triennal organisé à Lyon par le centre Unité Chrétienne et la faculté de théologie. Comme un avant-goût des Actes à paraître cet été, Unité des Chrétiens publie ici quelques interventions qui offrent des regards croisés sur les dialogues bilatéraux ayant porté sur la question du salut : entre catholiques et luthériens, entre orthodoxes et luthériens, entre catholiques et orthodoxes. Même si les documents étudiés ne sont pas de même nature , ces démarches concomitantes manifestent une réelle convergence. N’en déplaise aux champions de la morosité, sur cette question du salut l’œcuménisme a fait d’authentiques progrès et un consensus se dessine progressivement. Comme l’écrit ici le théologien baptiste Henri Blocher, avec le sens de la formule : « il ne faut pas mégoter »…
Sans vouloir bouder notre plaisir, il faut toutefois pointer qu’autour de cette question nodale du salut demeurent de vastes chantiers. Si, du côté protestant, on considère que ce consensus fondamental sur le cœur du message évangélique est suffisant pour la reconnaissance mutuelle comme Églises du Christ, d’autres familles ecclésiales – anglicane, catholique, orthodoxe… – souhaitent que le dialogue se poursuive sur des points épineux, quand elles estiment que les divergences qui demeurent ne constituent pas des différences légitimes. C’est bien pourquoi, début février 2012 à Trèves, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, proposait la rédaction d’une nouvelle déclaration commune sur l’Église, l’eucharistie et le ministère.
Qui sauve ? Qui est sauvé ? De quoi est-on sauvé ? Comment est-on sauvé ? Ces questions plutôt absentes de nos préoccupations quotidiennes nous rattrapent parfois en des circonstances douloureuses de la vie, ou même à l’occasion d’une pièce de théâtre controversée qui interroge la finitude humaine . Mais à (re)lire les textes œcuméniques sur le salut, on ne peut qu’être frappé de leur technicité. C’est pourquoi, toujours à Lyon en novembre dernier, le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, mettait en garde contre les « messages religieux trop copieux » et rappelait que « la parole de salut en Jésus Christ, c’est d’abord celle dont nous avons besoin aujourd’hui, ici et maintenant » et il citait Olav H. Hauge, son compatriote norvégien :
Ne viens pas m’apporter toute la vérité,
Ni ne me donne l’océan lorsque j’ai soif,
Ni le ciel si je réclame de la lumière ;
Donne m’en une parcelle – une perle de rosée – une étincelle,
Comme les oiseaux cueillent des gouttes dans un lac,
Et le vent un grain de sel.
Ce caveat du poète sonne comme un rappel : par delà les concepts de leurs accords et désaccords, ce que les chrétiens de toutes confessions doivent offrir ensemble à leurs contemporains, c’est la joie de rencontrer un visage : celui du Fils de Dieu.

frère Franck LEMAÎTRE


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