Unité des chrétiens
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      Les Églises appelées à la conversion

Les Églises appelées à la conversion

N° 164 (octobre 2011) : sommaire et éditorial.

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  • 1er octobre 2011

Sommaire

ÉDITORIAL : Infâme piquette ou grand cru ? (Franck Lemaître)

ESSENTIEL : Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2012 (Anne-Noëlle Clément)

DOSSIER : LES ÉGLISES APPELÉES À LA CONVERSION

La prière du Notre Père, un fondement de l’appel à la conversion des Églises
(Jean-François Chiron)

« La conversion des Églises ». Une audace herméneutique (Gottfried Hammann)

Des conversions nécessaires pour les Églises orthodoxes aujourd’hui
(André Borrély)

« La conversion des Églises » : une option fondamentale à confirmer
(Catherine Clifford)

« La conversion des Églises ». Un point de vue anglican (Nicholas Sagovsky)

RENCONTRE avec : Gottfried Locher

JALONS SUR LA ROUTE DE L’UNITÉ : Mai, juin, juillet 2011

LECTURES

AGENDA

Editorial

En vue de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne de janvier 2012, les Églises de Pologne qui en ont préparé le thème ont souligné combien les traditions ecclésiales auxquelles nous appartenons ont besoin d’être « changées, transformées et rendues semblables au Christ ».

Il y a tout juste vingt ans, le Groupe des Dombes publiait son document intitulé Pour la conversion des Églises dans lequel il appelait, lui aussi, nos différentes familles ecclésiales à se laisser transformer par Dieu, dans une fidélité toujours plus grande au Christ. À cet effet on recommandait que chaque tradition confessionnelle passât « à l’aveu de ses limites et de ses insuffisances » en se purifiant de tous ses éléments non évangéliques ; en discernant aussi ces éléments de tradition chrétienne bien vivants dans d’autres familles ecclésiales « qu’elle est incapable, au moins pour le moment, de recevoir et d’intégrer à sa propre existence ».

Au fil des années, le Groupe des Dombes a lancé des appels très précis à la conversion des Églises, notamment à propos de Marie, ou sur l’épineuse question de l’autorité doctrinale dans l’Église [1] ; au risque de bousculer les habitudes et les sécurités acquises. Dans son dernier document – « Vous donc, priez ainsi ». Le Notre Père, itinéraire pour la conversion des Églises – publié au printemps dernier, ce groupe francophone de théologiens catholiques et protestants a de nouveau souligné la nécessité de ces conversions au sein de nos familles confessionnelles. Fidèle à sa compréhension exigeante de l’unité chrétienne, il a rappelé que les chrétiens ne sauraient se satisfaire d’un « œcuménisme de statu quo qui ne serait que tolérance ou bienveillance, simple coexistence pacifique, cohabitation dans l’indifférence ».

Pour vérifier l’écho que peut avoir ce thème de la « conversion des Églises » bien au-delà du cercle dombiste, ce numéro d’Unité des Chrétiens donne délibérément la parole à quatre théologiens qui n’appartiennent pas au Groupe des Dombes – dont un anglican et un orthodoxe, deux traditions ecclésiales qui ne sont pas représentées parmi les membres du Groupe.

Assurément un regard rétrospectif sur les dernières décennies permet déjà de repérer ces « nombreux fruits de la conversion commune à l’Évangile, dont le mouvement œcuménique a été l’instrument grâce à l’Esprit Saint » [2].

Mais dans l’infidélité de la désunion qui reste la nôtre – pour le dire avec les mots de l’abbé Paul Couturier –, Dieu peut encore donner à nos Églises « la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance et même d’hostilité mutuelle ». Parce que « les identités confessionnelles se sont cristallisées dans l’histoire à partir d’événements de rupture » [3], il nous faut, avec lucidité, déceler toute agressivité vis-à-vis de la manière dont d’autres chrétiens vivent leur identité ecclésiale.

À cette saison de vendanges, on peut naturellement penser à la manière dont les Écritures saintes nous parlent de cette nécessaire métanoia. Le Dieu de la Bible nous est souvent présenté sous les traits d’un vigneron qui prend soin de sa vigne, image de l’Église : pour qu’ils portent des fruits abondants et de grande qualité, Dieu émonde les sarments. Sa vigne ne saurait produire une infâme piquette : aussi, sans complaisance, retranche-t-il toutes ces excroissances inutiles – l’exclusivisme identitaire, les complexes de supériorité… – pour qu’elles n’épuisent pas en vain la sève évangélique.

Dieu fasse à nos Églises séparées la grâce de la conversion : nos sarments émondés porteront alors des fruits de choix, gages certains d’un grand cru à savourer tous ensemble.

frère Franck LEMAÎTRE

Notes

[1Voir la liste des publications sur www.groupedesdombes.org.

[2JEAN PAUL II, Ut unum sint, 1995, n° 41.

[3Pour la conversion des Églises, n° 31.


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