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      Les Églises en Extrême-Orient

Les Églises en Extrême-Orient

L’assemblée du Conseil oecuménique des Églises en Corée

N° 173 (janvier 2014) : sommaire et éditorial.

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  • 1er janvier 2014

Revue Unité des Chrétiens, n° 173 (janvier 2014)

Sommaire

ÉDITORIAL : Un visage pour l’Église universelle (Franck Lemaître)

ESSENTIEL :

L’assemblée du Conseil oecuménique des Églises à Busan (Stephen Brown)

Théologien réformé et journaliste, Stephen Brown a participé aux travaux de l’assemblée du Conseil œcuménique des Églises à Busan. Il analyse les enjeux de ce rassemblement.

CONSEIL D’ÉGLISES CHRÉTIENNES EN FRANCE

Publication d’une nouvelle Bible pour la liturgie catholique (Pasteur François Clavairoly, Métropolite Emmanuel, Mgr Georges Pontier)


DOSSIER : Les Églises en Extrême-Orient

L’œcuménisme en Corée (Min Heui Cheon)

Secrétaire générale du Service des relations œcuméniques de l’Église presbytérienne en République de Corée, la pasteure Min Heui Cheon retrace l’histoire des rapprochements entre Églises dans son
pays, en présentant les réussites et les difficultés actuelles.

Les défis du protestantisme en Chine aujourd’hui (Michel Chambon)

Après des études de théologie à l’Institut catholique de Paris et cinq ans à Hong Kong et Taiwan, Michel Chambon est actuellement doctorant en anthropologie à l’université de Boston (États-Unis).
En précisant les défis spécifiques au monde protestant en Chine, il montre ici pourquoi les étiquettes confessionnelles habituelles en Occident n’y sont pas opérantes.

L’œcuménisme au Japon. Pour une annonce commune de l’Évangile (Ken Yamamoto)

Théologien luthérien, Ken Yamamoto travaille au Service national pour l’unité des chrétiens de la Conférence des évêques de France à Paris. Il explique ce qui motive les relations œcuméniques dans son pays d’origine.

Le Forum chrétien mondial en Asie. Pour un œcuménisme de l’Esprit (Richard Howell)

Membre du comité international du Forum chrétien mondial, le pasteur Richard Howell est secrétaire général de l’Association évangélique de l’Inde et de l’Alliance évangélique d’Asie. Évoquant les recompositions du christianisme sur le continent asiatique, il exprime ses espérances pour l’unité de tous les chrétiens.

Les relations entre chrétiens et musulmans en Indonésie (Stephen Headley)

Professeur au séminaire orthodoxe d’Épinay/Sénart, le Père Stephen Headley est en charge de la paroisse de Vézelay (Patriarcat de Moscou). Chercheur en anthropologie au CNRS, il a publié
plusieurs études ethnographiques sur l’île de Java en Indonésie.

Les Églises chrétiennes en Asie et l’environnement (Martin Palmer)

Anglican britannique, Martin Palmer est sinologue. Il est secrétaire général de l’association Alliance of religions and Conservation, qui aide les religions dans leurs engagements en faveur de la sauvegarde de l’environnement.

RENCONTRE avec frère Alois

JALONS SUR LA ROUTE DE L’UNITÉ : Août, septembre, octobre 2013

LECTURES

AGENDA

Editorial

Participer à une assemblée du Conseil oecuménique des Églises [COE] comme celle qui s’est déroulée à l’automne en Corée, avec des chrétiens venus du monde entier, c’est vérifier concrètement que l’Évangile a rejoint une incroyable diversité de « nations, races, langues et peuples » (Ap 14,6) jusqu’aux confins de la terre. En tournant nos regards vers la péninsule coréenne et d’autres pays d’Extrême-Orient, ce numéro permet de mieux comprendre comment la Bonne Nouvelle continue aujourd’hui d’être annoncée
dans des Églises très diverses par l’histoire, la taille ou les défis qu’elles rencontrent en Asie.

Participer à une assemblée comme celle de Busan – avec des centaines de délégués des familles ecclésiales membres du COE –, c’est nécessairement aussi s’interroger sur l’unité des chrétiens à l’échelle mondiale, sur les structures qui leur permettent de mener une réflexion commune, de prendre ensemble des décisions et de les exprimer. Une des tâches importantes d’une assemblée est la mise au point de déclarations publiques qui concernent aussi bien la vie des Églises que les grandes questions de société : élaborées par un comité de rédaction, elles sont ensuite patiemment votées, une à une, par les délégués. Tout observateur bienveillant mais lucide notera toutefois que ce travail minutieux n’a qu’un bien faible écho ; en regrettant que la voix prophétique que voudrait avoir le COE reste souvent inaudible. De fait, notre culture ultra médiatique rend indispensable pour toute institution un porte-parole repérable et repéré. C’est vrai pour le COE également. Avec huit présidents, une modératrice du Comité central (150 membres), deux co-modérateurs et un secrétaire général, le Conseil œcuménique n’en manque pas ; il en a même trop, et c’est bien là son problème.

Participer à une assemblée internationale d’Églises, c’est aussi s’interroger sur les absents : le monde pentecôtiste bien sûr, mais aussi l’Église catholique. On peut rappeler qu’elle est associée à plusieurs chantiers du COE, et non des moindres, dans le domaine spirituel, théologique, missionnaire… Elle ne boude du reste pas cette instance, comme le montrait la présence à Busan d’environ 70 catholiques, dont une délégation officielle emmenée par le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens [1]. Sur le thème de l’assemblée – Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix –, on ne peut que constater une grande proximité de vues avec l’Église catholique, qui pourrait aisément signer les déclarations publiques sur la « paix juste » [2] adoptées à Busan ; il suffit de les comparer à certains paragraphes de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium du pape François, en matière environnementale [3], ou sur les questions économiques [4]. Dès lors, l’Église catholique pourrait-elle ou devrait-elle faire davantage avec le COE ?

Depuis les débuts du pontificat, on ne peut que constater l’impact médiatique du pape François, bien au-delà des cercles chrétiens : les propositions de son exhortation apostolique en matière de justice économique ont reçu rapidement un large écho, positif ou critique ; sur des sujets où précisément le COE peine tant à se faire entendre.
C’est bien la conviction des catholiques qu’il faut à l’Église universelle un visage ; qu’un ministère primatial d’unité est nécessaire ; que l’évêque de Rome pourrait être ce visage qui fait aujourd’hui défaut au christianisme mondial. Il y a vingt ans déjà, la commission Foi et Constitution du COE avait clairement posé la question d’un « ministère universel de l’unité chrétienne » [5]. En 1995 Jean-Paul II avait repris ce questionnement dans son encyclique Ut unum sint en invitant les responsables d’autres Églises et leurs théologiens à instaurer avec lui « un dialogue fraternel et patient » à propos de ce ministère (n° 96). Dans Evangelii gaudium, le pape François exprime sa déception en constatant que « nous avons peu avancé en ce sens » (n° 32). Il sait bien que, dans d’autres familles ecclésiales, on n’admet pas « qu’un ministère universel de primauté soit nécessaire ni même souhaitable » [6]. Il sait surtout que dans l’Église catholique est indispensable « une conversion de la papauté », mettant notamment fin à une « excessive centralisation », pour que ce ministère puisse être un authentique service de la communion au niveau mondial.

Un visage pour l’Église universelle ? Voilà un vrai chantier pour le Groupe mixte de travail entre l’Église catholique et le COE, ou pour une prochaine conférence mondiale de Foi et Constitution. Le COE se réunira de nouveau en assemblée en 2021. D’ici là le mouvement œcuménique aura-t-il fait quelques pas sur ce dossier pour que la parole commune de toutes les Églises soit davantage entendue ?

frère Franck LEMAÎTRE

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Notes

[1On lira en p. 12 d’UDC n° 173 le message de soutien sans ambiguïté qu’a adressé le pape François.

[2Statement on the Way of Just Peace, wcc2013.info.

[3n° 215, avec la citation de la lettre pastorale des évêques philippins.

[4n° 53-60 et n° 202-208 par exemple.

[5Thomas Best & Günther Gassmann (dir.), On the Way to Fuller Koinonia, Genève, COE, 1994, p. 243.

[6Cf. Foi et Constitution, L’Église. Vers une vision commune, 2013, n° 57.


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