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      Les Églises orthodoxes orientales en France

Les Églises orthodoxes orientales en France

N° 177 (janvier 2015) : sommaire et éditorial

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  • 1er janvier 2015

Revue Unité des Chrétiens, n° 177 (janvier 2015)

Sommaire

ÉDITORIAL : 1915 – 2015 : Tsavet tanem (Franck LEMAÎTRE)

ESSENTIEL : Le Synode romain sur la famille (Valerie DUVAL-POUJOL )

CÉCEF : Message du Conseil d’Églises chrétiennes en France pour l’Avent 2014

DOSSIER : Les Églises orthodoxes orientales en France

Les communautés orthodoxes orientales en France : un regard transversal (Thomas WALLUT)

Journaliste chrétien, Thomas Wallut est le producteur et présentateur de l’émission télévisée « Chrétiens orientaux. Foi, Espérance et Traditions » (France 2). Il montre la proximité des questions qui se posent aux communautés orthodoxes orientales en France.

L’Église syriaque orthodoxe d’Antioche en France (Jean HABIL)

Moine de l’Église syriaque orthodoxe, le père Jean Habil officie dans les paroisses françaises de son Église. En janvier 2014, il a soutenu à Paris une thèse de doctorat en théologie et en histoire des religions.

L’Église éthiopienne orthodoxe en France (Zedingle NURBEGIN)

Le père Zedingle Nurbegin est responsable de l’Église éthiopienne orthodoxe à Châtenay-Malabry. Doctorant à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, il présente l’histoire et les spécificités de son Église.

L’Église copte orthodoxe en France (Guirguis LUCAS)

Doyen des prêtres coptes orthodoxes en France, le père Guirguis Lucas est responsable de la paroisse Sainte-Marie-et-Saint-Marc à Châtenay-Malabry, après avoir mené une carrière au laboratoire Sanofi Pasteur comme chef de service de virologie-diagnostic. Il précise les spécificités de son Église, tout en présentant la manière dont elle est implantée en France.

L’Église apostolique arménienne en France (Philippe SUKIASYAN)

Directeur de la Maison des étudiants arméniens à la Cité internationale universitaire (Paris 14e), Philippe Sukiasyan est diacre de l’Église apostolique arménienne. Doctorant à l’Université de Paris VIII, il rappelle l’histoire de l’implantation des communautés arméniennes en France et les défis qu’elle doit relever aujourd’hui.

RENDEZ-VOUS avec Jacques-Noël Pérès

JALONS SUR LA ROUTE DE L’UNITÉ : Août, septembre, octobre 2014

LECTURES

AGENDA


Editorial

1915 – 2015 : Tsavet tanem

En octobre dernier, le patriarche Karékine II, catholicos de tous les Arméniens, et le patriarche d’Antioche Ignace-Éphrem II de l’Église syriaque orthodoxe ont appelé l’ensemble des chrétiens à s’unir aux commémorations du génocide qui frappa les fidèles de leurs Églises il y a un siècle dans l’Empire ottoman [1].

Ce sinistre anniversaire peut être l’occasion pour les chrétiens d’Occident de mieux connaître ces communautés arméniennes et syriaques, et plus largement toutes les Églises dites « orthodoxes orientales ». À la différence de l’anglais, la langue française ne permet pas de bien distinguer les Eastern Churches – à savoir les Églises orthodoxes « des sept conciles » [2] : grecque, russe, roumaine, etc – des Oriental Churches, c’est-à-dire les Églises qualifiées de « non-chalcédoniennes », pour signifier qu’elles n’ont pas reçu les décisions du concile de Chalcédoine [3] (451).

Ce sont donc ces chrétiens – arméniens, coptes, éthiopiens, syriaques [4] – qui sont présentés dans les articles de ce numéro. Délibérément on a donné la parole à quatre ministres de ces Églises en France. Leur implantation dans notre pays [5] enrichit beaucoup le paysage ecclésial mais leur présence souvent discrète reste insuffisamment connue [6]. Il s’agit d’abord de découvrir l’histoire et les spécificités de chacune d’entre elles [7] ; de repérer aussi, même si les contextes d’origine – de l’Arménie à l’Éthiopie – sont bien différents, quelques traits communs.

Pour ces Églises en France, les défis restent immenses, et assez proches : le clergé, son recrutement, sa rémunération [8] ; les liens de la diaspora avec l’Église-mère ; les relations entre générations successives de migrants ; la nécessité de passer d’un statut socialement majoritaire – ou du moins significatif – dans le pays d’origine, au pluralisme de la société française où elles ne représentent qu’une petite minorité.

Comment ne pas lire l’appel commun des patriarches Karékine II et Ignace-Éphrem II à commémorer ensemble l’un et l’autre génocides comme une volonté de coopération entre ces Églises orthodoxes orientales, et l’invitation faite à tous les chrétiens à s’y associer comme un désir de rapprochements œcuméniques ?

Évoquer le souvenir douloureux de la tragédie de 1915 (Seyfo, « l’année de l’épée »), ce n’est bien sûr pas oublier les terribles événements qui frappent aujourd’hui les chrétiens orthodoxes orientaux, et d’autres, dans certains pays du Moyen-Orient. Oppression, spoliation, éradication, émigration, disparition… cette macabre litanie est aujourd’hui associée aux chrétiens de plusieurs Églises orthodoxes orientales pour dire le dramatique déchaînement de violence qu’ils subissent.

Les Arméniens ont une belle expression – Tsavet tanem – pour dire la compassion : laisse-moi prendre ta douleur. Pour les massacres de 1915 comme pour ceux de 2015 : Tsavet tanem.

fr. Franck LEMAÎTRE

Notes

[1Outre l’article de Raymond Kévorkian consacré au génocide arménien (p. 26-27), on pourra lire : Joseph YACOUB, Qui s’en souviendra ? 1915 : le génocide assyro-chaldéo-syriaque, Paris, Cerf, 2014.

[2Cf. Kalistos WARE, L’orthodoxie. L’Église des sept conciles, Paris, Cerf, 2002.

[3Au bénéfice des dialogues théologiques des dernières années sur la christologie, on ne qualifie plus ces Églises de « monophysites ».

[4Il conviendrait d’y ajouter les Érythréens et les Malankars d’Inde.

[5Nos lecteurs de Suisse romande et de Belgique reconnaîtront bien des traits de ces Églises dans leur pays.

[6En souhaitant que les chrétiens français réservent un accueil généreux à leurs frères et sœurs d’Églises orthodoxes orientales, il faut toutefois inviter à la prudence avec certains groupes qui se disent syriaques, coptes, etc… mais qu’aucune Église canonique ne reconnaît comme Églises. Sur ces « Églises parallèles », on consultera les travaux du père Bernard VIGNOT (Le phénomène des Églises parallèles, Paris, Cerf, 2010).

[7On a fait le choix de ne pas traiter dans ce numéro des Églises orientales catholiques en France. Même si leurs fidèles portent les mêmes soucis que ceux des Églises orthodoxes orientales concernant leurs pays d’origine, la situation de ces Églises en pleine communion avec le Siège apostolique romain est bien différente.

[8Cf. Naures ATTO, « The Myth of an Ideal Leader : The Case of the Orthodox Syriac Community in Europe », in Maria HÄMMERLI & Jean-François MAYER, Orthodox Identities in Western Europe. Migration, Settlement and Innovation, Farnham, Ashgate, 2014, p. 51-66.


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