Unité des chrétiens
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      Les comités mixtes de dialogue théologique en France

Les comités mixtes de dialogue théologique en France

N° 175 (juillet 2014) : sommaire et éditorial.

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  • 1er juillet 2014

Revue Unité des Chrétiens, n° 175 (juillet 2014)

Sommaire

ÉDITORIAL : De Bethléem à Jérusalem (Franck LEMAÎTRE)

ESSENTIEL : Le pape François et le patriarche Bartholomée à Jérusalem (Serge SOLLOGOUB)

DOSSIER : Les comités mixtes de dialogue théologique en France

Les Conversations catholiques - évangéliques (Anne-Marie PETITJEAN)

Religieuse auxiliaire du sacerdoce, Anne-Marie Petitjean enseigne la théologie dogmatique au Centre Sèvres à Paris. Elle est membre du Groupe des Conversations catholiques-évangéliques en France dont elle présente les évolutions institutionnelles et les chantiers successifs.

Le Comité mixte baptiste - catholique (Louis SCHWEITZER)

Professeur à la faculté de théologie de Vaux-sur-Seine, le pasteur Louis Schweitzer copréside le Comité mixte de dialogue entre baptistes et catholiques en France. Il en décrit les chantiers anciens et actuels en précisant dans quel esprit ce groupe travaille.

Le Comité mixte catholique – orthodoxe (Christos FILIOTIS)

Archiprêtre de la Métropole grecque orthodoxe de France, Christos Filiotis est le recteur de la paroisse des Trois-Saints-Hiérarques de Strasbourg. Membre du Comité mixte catholiques-orthodoxe en France, il en présente les différentes facettes, pastorales et théologiques, avant de proposer une déontologie pour les relations entre ces deux familles d’Églises.

Le Comité mixte catholique/luthéro-réformé (Jean-Marc VIOLLET)

Pasteur de l’Église protestante unie de France, Jean-Marc Viollet a été coprésident du Comité mixte catholique/luthéro-réformé. Après en avoir rappelé les différentes publications, il montre les chances et les défis de ce dialogue dans la période durant laquelle il en a assuré la coprésidence.

RENDEZ-VOUS avec Joanne COYLE DAUPHIN

JALONS SUR LA ROUTE DE L’UNITÉ : Février - mai 2014

LECTURES

AGENDA


Editorial

Lundi 6 janvier 1964 – début de matinée : pour démarrer la troisième journée de son pèlerinage en Terre sainte, Paul VI célèbre la messe à Bethléem en la fête de l’Épiphanie. Dans le discours qu’il prononce à l’issue de la célébration [1], le pape souligne la nécessité de l’unité des chrétiens. Évoquant les fidèles non catholiques, il déclare : « La porte du bercail est ouverte. L’attente de tous est loyale et cordiale. Le désir est fort et patient. La place disponible est large et commode. Le pas à franchir est attendu avec toute Notre affection et peut être accompli avec honneur et dans la joie mutuelle ».

Lundi 6 janvier 1964 – fin de matinée : Paul VI est reçu à la résidence du patriarche grec orthodoxe de Jérusalem sur le Mont des Oliviers. Dans le discours qu’il prononce [2], le pape souligne à nouveau la nécessité de l’unité des chrétiens. S’adressant au patriarche de Constantinople Athénagoras, il déclare : « Ce qui peut et doit progresser, dès maintenant, c’est cette charité fraternelle, ingénieuse à trouver de nouvelles manières de se manifester ; une charité qui, tirant les leçons du passé, soit prête à pardonner, encline à croire plus volontiers au bien qu’au mal, soucieuse avant tout de se conformer au divin Maître et de se laisser attirer et transformer par lui ».

La route entre Bethléem et Jérusalem n’est pas longue. Et pourtant tout a changé. À Bethléem, dans la ligne de l’encyclique Mortalium animos de Pie XI (1928), l’unité des chrétiens est encore présentée comme un retour des brebis égarées dans le bercail romain. À Jérusalem, elle est envisagée comme une réconciliation mutuelle, en réponse aux appels du Christ à l’unité « telle qu’Il la veut et par les moyens qu’Il voudra ». Avec la rencontre effective de l’évêque de Rome et de celui de Constantinople, cette matinée du 6 janvier 1964 marque donc un vrai tournant œcuménique, qu’enregistrera le décret Unitatis redintegratio du concile Vatican II quelques mois plus tard.

Ce passage « de Bethléem à Jérusalem », c’est symboliquement celui que font les experts nommés dans les comités bilatéraux de dialogue théologique. Chaque délégation a sa compréhension des problèmes doctrinaux qui séparent les deux familles ecclésiales et de la manière dont on pourrait les résoudre. Mais seule la rencontre effective avec les théologiens de l’autre délégation permet de relire ensemble l’histoire des divisions en « tirant les leçons » de ce passé. Seul un climat de « charité fraternelle » permet de discerner de manière « ingénieuse » des voies possibles pour restaurer la pleine communion.

Aujourd’hui, entre les différentes confessions chrétiennes en France, cinq dialogues bilatéraux officiels sont en cours [3]. L’importance accordée au dialogue théologique de haut niveau marque beaucoup l’œcuménisme français, et l’on peut se réjouir de la fidélité des Églises à ces dialogues depuis plusieurs décennies [4]. Elles ont le souci de dégager le budget nécessaire à la tenue des réunions et de constituer des délégations solides, en sollicitant leurs meilleurs théologiens [5].

On peut observer que le rôle des comités mixtes ne se limite pas aux recherches théologiques pointues qui y sont menées. Leurs documents font l’objet de conférences pour le grand public, de séances d’étude pour les groupes œcuméniques locaux ou encore de journées de formation permanente. Par ailleurs, sans qu’il soit possible de le mesurer, il est vraisemblable que cette recherche œcuménique marque l’enseignement des professeurs des facultés de théologie qui sont membres des comités.

Difficile donc d’imaginer ce que serait la vie œcuménique en France sans ces comités mixtes qui aident les chrétiens à faire, pour leur part, le passage « de Bethléem à Jérusalem ».

fr. Franck Lemaître

Notes

[1in Documentation catholique, 1964, col. 179

[2in Documentation catholique, 1964, col. 190-191.

[3D’autres dialogues officiels ont eu lieu dans le passé, d’autres encore pourraient se mettre en place. S’il n’est pas question ici du Groupe des Dombes, c’est pour respecter son caractère original, avec la liberté que ce comité pionnier a gardée depuis 1937 de choisir ses thèmes de travail sans mandat des Églises et de désigner ses membres par cooptation.

[4En complément des dialogues théologiques menés au plan international, des comités nationaux existent dans plusieurs pays.

[5Actuellement on dénombre une cinquantaine de membres dans les comités mixtes en France. Pour ne prendre que l’exemple de l’Église catholique, on compte dans ces dialogues cinq évêques coprésidents, une vingtaine d’experts et un secrétaire.


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