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Libre pour l’avenir

Septième assemblée de la Communion d’Églises protestantes en Europe

La Communion d’Églises protestantes en Europe (CÉPE) se sont réunis du 20 au 26 septembre 2012 dans la capitale toscane.

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  • 20 septembre 2012

La Communion d’Églises protestantes en Europe (CÉPE) rassemble une centaine d’Églises luthériennes, réformées, unies et méthodistes. Ce nombre est en diminution en raison des processus d’union à l’œuvre parmi les Églises membres, comme entre l’Église évangélique luthérienne et l’Église réformée de France par exemple. Les quelque deux cents participants à la septième assemblée générale de la CÉPE (parfois surnommée Communion de Leuenberg ) se sont réunis du 20 au 26 septembre 2012 dans la capitale toscane.

Dans le contexte de la crise si grave et multiforme que traverse l’Europe, le thème de cette rencontre – Libre pour l’avenir – a résonné de manière optimiste. La liberté dont il est question dans ce titre, fruit de l’Évangile, n’est pas désincarnée : elle appelle à la confiance mutuelle et, par conséquent, à la responsabilité.

L’assemblée a donc souhaité s’exprimer sans langue de bois sur cette situation, évoquant comme autant de nécessités le renforcement de la démocratie, la prise en compte des conséquences sociales des décisions économiques, l’équité fiscale, la régulation des marchés financiers, le refus de tous les nationalismes, la réforme de notre modèle économique. Car « l’Europe est plus qu’un espace économique. Elle vit avant tout et essentiellement des multiples rencontres entre ses habitants ».

Deux études théologiques se dégagent nettement parmi les textes qui ont été adoptés. Écriture, confession de foi, Église d’abord. Ce document d’une vingtaine de pages met clairement en lumière des articulations centrales pour les protestants : Bible et parole de Dieu, vérité et interprétation, autorité première des Écritures et autorité seconde des confessions de foi, etc. Il permet de faire de la théologie fondamentale aussi simplement que possible. Il pourrait être très utilement proposé à l’étude des Églises locales et paroisses dans la perspective du processus 2013-3017, qui doit notamment aboutir à la déclaration de foi de l’Église unie. Il fournit aussi une base très solide pour des discussions avec d’autres courants du protestantisme, évangéliques ou pentecôtistes, qui utilisent les mêmes notions mais les comprennent et les articulent différemment. Ce texte a été non seulement adopté, mais l’assemblée se l’est solennellement « approprié » ; cette procédure d’approbation est très rare (elle n’est intervenue que trois fois depuis 1973) et souligne sa qualité.

L’autre document important adopté et également « approprié » par l’assemblée s’intitule Ministère, ordination, épiskopè. Les Églises protestantes sont toutes attachées aux principes du sacerdoce universel (tous les chrétiens participent au ministère du Christ) et de la diversité des ministères (cette responsabilité commune se traduit dans des fonctions diversifiées). Mais elles vivent concrètement ces principes de manières différenciées. Leur pratique du ministère pastoral, l’articulation entre ministère ordonné (c’est-à-dire reconnu) et ministères laïques, leur mise en œuvre du ministère d’unité (ou encore d’épiskopè) peuvent varier sensiblement de l’une à l’autre. Le document s’assure que, sur ces questions toujours sensibles liées aux ministères, la pluralité vécue est bien au service d’une même compréhension de l’Église, et que la diversité des organisations prend place dans une visée commune.

L’assemblée générale a renouvelé le conseil de la CÉPE, qui compte treize membres dont la pasteure française Esther Wieland-Maret. Le nouveau président, succédant au pasteur Thomas Wipf, est l’évêque luthérien d’Allemagne du Nord Friedrich Weber.

À ce nouveau conseil, l’assemblée a confié entre autres le soutien aux dialogues interconfessionnels (avec les catholiques, les anglicans, les orthodoxes, mais aussi les baptistes) ou l’ouverture de tels dialogues (avec les pentecôtistes, les christianismes marqués par l’immigration).

À l’image du protestantisme européen, la CÉPE est très largement allemande et germanophone. La présence des pays latins devrait y être renforcée, notamment grâce à la signature d’une convention, lors de cette assemblée, avec la Conférence des Églises des pays latins d’Europe, qui fera office de groupe régional de la CÉPE.

Pasteur Laurent SCHLUMBERGER
président du Conseil national de l’Église réformée de France


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