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      Lviv, 10 mars 1946 : 70 ans après

Lviv, 10 mars 1946 : 70 ans après

7 mars 2016 / Paris

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  • 7 mars 2016

Une tribune intitulée « Il est urgent pour les chrétiens orthodoxes de reconnaître la terrible vérité du 10 mars 1946 » a été signée par une vingtaine de personnalités orthodoxes, qui ont demandé « humblement pardon pour toutes les injustices dont [les gréco-catholiques] ont été victimes sous couvert de l’autorité de l’Église orthodoxe ». En effet, c’est au moment de ce rassemblement, qualifié de « pseudo-synode » par le pape Benoît XVI [1], que les participants gréco-catholiques votèrent « pour la ‘réunification’ de leur Église au patriarcat de Moscou », alors, qu’au même moment, leurs évêques « se trouvaient en prison sous les verrous ». Une intégration de force, face à laquelle les signataires demandent la reconnaissance de « la nullité des décisions tragiques du concile » par « les autorités orthodoxes actuelles » notamment en Russie et en Ukraine, tout en concédant que « l’Église orthodoxe de Russie, dans son ensemble, ne peut pas être tenue responsable de décisions prises » par des autorités ecclésiastiques « manipulées ou terrorisées par le NKVD-KGB ».

Le département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine a publié à ce sujet un communiqué daté du 11 mars 2016 en exprimant que les relations difficiles entre les deux Églises s’expliquaient par l’histoire. D’après le texte, c’est encore à l’issue de l’union de Brest en 1596 qu’une partie des orthodoxes « sous la pression du pouvoir polonais […] a été rattachée de force à l’Église catholique », de même qu’après l’union d’Oujgorod en 1646, cette fois-ci « sous la pression du pouvoir catholique hongrois ». En admettant qu’« une partie du clergé et des fidèles uniates n’a pas accepté le concile de Lviv », le communiqué refuse une évaluation de son activité « sur la seule base des faits des persécutions contre les gréco-catholiques, sans parler des souffrances de l’Église orthodoxe de la part du pouvoir soviétique ». « Il convient que les orthodoxes et les gréco-catholiques pensent non pas à la recherche des coupables, mais à l’élaboration d’une conception de coexistence pacifique dans une Ukraine unie », encourage la déclaration. (orthodoxie.com et vzcz.church.ua)

Photo : D.R.
Des délégués du concile de Lviv avec le patriarche Alexis Ier.

Notes

[1Cf. « Lettre du pape Benoît XVI au cardinal Lubomyr Husar du 22 février 2006 », Istina, n°2, 2006, p. 193.


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