Unité des chrétiens
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      Quel œcuménisme ? La difficile unité des chrétiens

Quel œcuménisme ? La difficile unité des chrétiens

Basile VALUET

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  • 1er octobre 2012

Avec le projet de présenter « les principes doctrinaux et pratiques suivant lesquels un catholique doit comprendre et vivre l’œcuménisme », l’auteur, moine du Barroux, adopte un plan chronologique en résumant succinctement l’enseignement des papes successifs – de Pie XI à Benoît XVI – concernant l’unité des chrétiens. Valuet a une cible claire : ceux qui résistent aux options œcuméniques du Magistère catholique et accusent le Saint-Siège de « déviation doctrinale » ; à ceux-là il veut montrer que « l’entrée de l’Église catholique, avec ses propres principes, dans le mouvement œcuménique, tout en représentant un changement de pratique, ne contrevenait à aucun principe doctrinal enseigné jusque là ». Rien de fondamental n’a donc changé avec le concile Vatican II. L’Église catholique étant la seule à jouir en plénitude de tous les moyens de salut, l’objectif de la démarche œcuménique est de « faire profiter de cette plénitude ceux qui ne l’ont pas », c’est-à-dire soit « faciliter à court terme des conversions individuelles », soit « obtenir à long terme la réconciliation de toute leur communauté avec l’unique Église du Christ » ; en d’autre termes, l’unionisme et l’uniatisme !

Pour faciliter sa démonstration l’auteur fait un usage très sélectif des documents pontificaux. Puisqu’il ne manque rien à l’Église catholique que les autres familles ecclésiales pourraient lui apporter, Valuet passe par exemple sous silence la notion d’ « échange des dons » centrale chez Jean-Paul II puis chez Benoît XVI. De même, le refus si clair du modèle du retour dans le discours du pape actuel lors de son premier voyage en Allemagne (2005) est habilement ignoré.

Et quand la pratique d’un pape contredit la thèse de l’auteur (Paul VI offrant son anneau épiscopal à l’archevêque de Cantorbéry en 1966 par exemple), il n’hésite pas à la critiquer comme « ambiguë » (p. 221).

Alors que l’auteur entendait pointer, en matière d’œcuménisme, ce qui n’est pas « conforme à la pensée officielle de l’Église catholique », son livre n’entre-t-il pas précisément dans cette catégorie ?

Franck LEMAÎTRE

Coll. Sed contra, Perpignan, Artège, 2011, 330 p., 26 euros, 978-2-36040-060-7



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