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      Regards de théologiennes sur Marie

Regards de théologiennes sur Marie

N° 167 (juillet 2012) : sommaire et éditorial.

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  • 1er juillet 2012

Sommaire

ÉDITORIAL : Bienheureuse celle qui a cru (Franck Lemaître)

ESSENTIEL : Vatican II célébré de manière œcuménique

Ensemble pour l’Europe : une vision spirituelle pour le continent

DOSSIER : Bénie entre les femmes. Regards de théologiennes sur Marie

Épouse, mère, vierge. À propos des représentations mariales dans le catholicisme (Isabelle Chareire)

La Mère de Dieu et les femmes dans l’économie du salut. Un point de vue orthodoxe (Françoise Jeanlin)

Luther, les luthériens et Marie (Kirsi Stjerna)

La Mère de Dieu et l’Esprit Saint. Un point de vue arménien apostolique (Thamar Dasnabédian)

RENCONTRE avec Valérie Duval-Poujol

JALONS SUR LA ROUTE DE L’UNITÉ : Février, mars et avril 2012

LECTURES

AGENDA

Editorial

Bienheureuse celle qui a cru

À l’occasion de grands rassemblements organisés à Lourdes, il me revient d’y accueillir des invités non catholiques, pour qui c’est la première visite dans la ville mariale. J’attends leurs commentaires avec curiosité et crainte : ils pourront souligner la beauté des liturgies dans les sanctuaires ou la surprise devant une « Vierge-baromètre » dénichée parmi les objets-souvenirs d’une boutique.
De fait, entre définitions dogmatiques et piété populaire, la question de Marie constitue toujours un point difficile des relations œcuméniques. Une controverse qu’on pourrait schématiquement résumer ainsi : Marie détourne-t-elle de son Fils, ou y conduit-elle ? Il faut bien reconnaître que peu de dialogues théologiques entre confessions chrétiennes ont osé s’aventurer sur ce terrain , même si les encouragements officiels ne manquent pas .
Pour contribuer à ce nécessaire débat, Unité des Chrétiens a choisi d’interroger cinq théologiennes : une arménienne, une baptiste, une catholique, une luthérienne et une orthodoxe – en France et bien au-delà – nous livrent leur regard sur la mère du Christ. Les traits de la figure de Marie qu’elles soulignent pourraient bien favoriser les rapprochements.

« Bienheureuse »
Nous sommes invités à nous arrêter sur le chant que le récit évangélique place dans la bouche et dans le cœur de la jeune fille de Nazareth. Loin d’une humilité affadissante, le Magnificat de Marie manifeste sa force de caractère, son audace et sa combativité. Si la Mère du Fils de Dieu se reconnaît « bienheureuse », n’interprète-t-elle pas le choix de Dieu à son égard comme le signe de son amour préférentiel pour ceux et celles qui, dans nos sociétés, n’occupent pas les premières places ?

« Celle qui a cru »
Nous sommes aussi invités à méditer sur l’itinéraire de foi qui a été celui de Marie, dans ses aspects lumineux ou plus obscurs , depuis l’Annonciation jusqu’à la Croix. Par delà le lien de la chair, Marie n’est-elle pas d’abord et avant tout disciple de Jésus et modèle de foi pour le croyant ?

Marie : pomme de discorde
En analysant la littérature polémique sur Marie, on peut noter que les remarques négatives concernant les dévotions mariales n’égratignent pas que les catholiques : les reproches formulés ne sont-ils pas perçus comme tels par les orthodoxes aussi ? On pourrait en dire autant à propos du goût du miraculeux chez les pèlerins des sanctuaires marials : les critiques n’agacent-elles pas bien au-delà des cercles catholiques, par exemple dans les milieux évangéliques eux aussi attachés aux guérisons physiques ?
De manière regrettable, le dialogue interconfessionnel sur Marie a été cantonné à des discussions bilatérales avec les catholiques. Ne gagnerait-il pas à être abordé de manière multilatérale, en tout cas en l’absence des catholiques ? Au plan théologique par exemple, faut-il considérer que Marie est comblée de grâce parce que « le Saint Esprit l’a couverte de son ombre » à l’Annonciation ? ou parce que « le Christ est mort pour elle sur la Croix » ? Entre insistance pneumatologique et théologie de la Croix, un dialogue entre orthodoxes et protestants à propos de Marie ne serait-il pas bénéfique pour tous ?
Sur l’épineuse question de la mariologie, des pas ont été faits, d’autres restent à faire et peuvent être faits. Entre le rude hiver des divisions et les réchauffements printaniers de la réconciliation, la question de Marie reste pour les relations œcuméniques un excellent baromètre.

frère Franck LEMAÎTRE


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