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        Rome a un nouvel évêque

Rome a un nouvel évêque

Le 13 mars 2013 le cardinal Jorge Mario Bergoglio a été élu nouvel évêque de Rome et a pris le nom de François. Alors que les catholiques découvraient le style de leur nouveau pape, le passé de Jorge Mario Bergoglio a été scruté, notamment son attitude à l’égard des autres confessions chrétiennes.

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  • 13 mars 2013
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Déjouant tous les pronostics des vaticanistes, les cardinaux réunis en conclave ont donc choisi un archevêque sud-américain, jésuite. Signe du bon climat œcuménique général, des messages fraternels sont parvenus des responsables de toutes les familles ecclésiales, au niveau mondial ou national. Plusieurs avaient du reste fait le voyage pour assister à la messe d’intronisation du pape François le 19 mars, notamment pour la première fois le patriarche de Constantinople Bartholomée I [1] et le secrétaire général de l’Alliance évangélique mondiale Geoff Tunnicliffe.

Après la renonciation de Benoît XVI qui s’était déclaré trop âgé et trop fatigué pour poursuivre sa tâche, des commentateurs nombreux – sur le mode de la surprise ou de la critique – ont relevé l’âge du nouveau pape, le sociologue baptiste Sébastien Fath pointant par exemple une gérontocratie « désuète et usée dans sa ritualité » [2].

Alors que les catholiques découvraient le style de leur nouveau pape, le passé de Jorge Mario Bergoglio a été scruté, notamment son attitude à l’égard des autres confessions chrétiennes. C’est ainsi que la Fédération luthérienne mondiale a rappelé la participation active de l’archevêque de Buenos Aires aux célébrations marquant la signature de la Déclaration commune sur la justification. L’évêque Jean (Patriarcat de Moscou) a raconté que le cardinal Bergoglio participait chaque année à la liturgie de Noël – le 7 janvier selon le calendrier julien – dans la cathédrale orthodoxe de Buenos Aires. De son côté Greg Venables, évêque anglican d’Argentine, a souligné la qualité des relations qu’il entretenait avec Mgr Bergoglio, celui-ci ayant même émis des doutes sur la nécessité d’un Ordinariat pour les anciens anglicans devenus catholiques [3]. Le pape François étant issu d’Amérique latine, région du monde où les relations entre catholiques et évangéliques sont plus difficiles, les réactions des responsables évangéliques ont été particulièrement écoutées. Doug Birdsall, ancien directeur du Mouvement de Lausanne, a rappelé la méditation biblique de Jorge Mario Bergoglio lors d’un rassemblement évangélique à Buenos Aires en 2008, en n’hésitant pas à le comparer au célèbre évangéliste John Stott [4]. D’autres ont relevé qu’en octobre 2012, lors d’un rassemblement de catholiques et d’évangéliques dans la capitale argentine, l’archevêque s’était agenouillé pour recevoir la bénédiction de deux pasteurs [5].

Dans une Église du Christ blessée par tant de divisions multiséculaires, le pape François pourrait entendre comme son saint patron d’Assise, le Crucifié lui dire : « Va, François, et répare mon Église ».

Franck LEMAÎTRE

Notes

[1Bartholomée Ier avait assisté aux funérailles de Jean-Paul II en 2005, mais pas à la messe d’inauguration du pontificat de Benoît XVI.

[2blogdesebastienfath.hautetfort.com.

[3Anglican Communion News Service, 14/03/2013.

[4« Anglican Communion News Service, 14/03/2013.a Latin American and Catholic counterpart to John Stott ».


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