Unité des chrétiens
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Lectures



Conduis-la vers l’unité parfaite. Œcuménisme et synodalité

 

12 octobre 2018

Hyacinthe DESTIVELLE

Préface du cardinal Kurt Koch

Seize articles écrits entre 2005 et 2016, par le dominicain Hyacinthe Destivelle, official du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens et spécialiste de l’orthodoxie russe, composent cet ouvrage qui s’adresse à tous ceux que l’œcuménisme, l’ecclésiologie et l’orthodoxie intéressent. La première partie du livre regroupe des articles traitant de l’histoire du mouvement oecuménique et en particulier des relations entre catholiques et orthodoxes. À travers deux pionniers dominicains de l’œcuménisme, les pères Dumont et Congar c’est toute l’histoire de l’ouverture de la chrétienté occidentale à l’orthodoxie à l’occasion de l’accueil des réfugiés russes pendant les années 1920 qui est retracée. La deuxième partie porte sur les défis œcuméniques actuels et met en évidence la synodalité dans sa signification première : « marcher ensemble ». L’œcuménisme n’est plus alors une spécialité mais le lieu où se purifie la mémoire, où s’écrit l’histoire, où sont repensés l’identité, le territoire et la mission. La troisième et dernière partie aborde le sujet central des discussions entre Rome et l’orthodoxie : les rapports entre la primauté et la synodalité. Les recours à l’histoire du concile Vatican I et du concile de Moscou de 1917-1918 (dont l’auteur est un grand spécialiste) [1] et au renouveau de l’ecclésiologie eucharistique au XXe siècle éclairent ce débat toujours d’actualité et ouvrent des pistes pour la poursuite du dialogue. Deux articles sur le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe (2016) et le document de Chieti (2016) permettent de faire le point sur ces sujets d’actualité.

Paris, Cerf, 2018, 407 p.,
34 €, 978-2-204-12784-4

Christine Roberge


[1H. Destivelle, Le concile de Moscou (1917-1918). La création des institutions conciliaires de l’Église orthodoxe
russe
, Paris, Cerf, coll « Cogitatio Fidei » n° 246, 2006.

 


Pour que tous soient un : quand l’Esprit- Saint fait tomber les murs de nos Eglises chrétiennes

 

12 octobre 2018

Dominique CAUDAL

Préfaces de Jean-Arnold de Clermont et d’Emmanuel Gougaud.

Il est rare qu’un ouvrage sur l’œcuménisme fasse preuve d’autant d’enthousiasme. Quand d’autres parlent « d’hiver de l’œcuménisme », Dominique Caudal, protestante réformée mariée à un catholique affirme que l’Esprit Saint est à l’œuvre et qu’il nous conduit à dépasser nos divisions. Preuve en est le Renouveau charismatique ! Le livre commence par son témoignage sur la célébration à Rome pour Pentecôte 2017 des 50 ans du Renouveau charismatique catholique et le constat que « le Renouveau est par essence oecuménique ».

Un des intérêts du livre est de faire l’histoire du Pentecôtisme depuis le début du XXe siècle. Dominique Caudal distingue trois « vagues d’une seule grande grâce », la première (1907-1967) concerne surtout les Églises pentecôtistes, la deuxième (1967-1987) les Églises institutionnelles (catholique et protestantes), la troisième les Églises évangéliques et les Juifs messianiques. Au-delà des complexités, des reculs, des tensions, l’auteure montre que l’Esprit de Pentecôte suscite partout conversion, prière, louange, charismes, vie fraternelle, lecture renouvelée des Écritures et mission.

La dernière partie du livre « une Église à genoux, charismatique et oecuménique » aborde les questions toujours difficiles de l’identité confessionnelle, des manières de prier (adoration du Saint Sacrement et chapelet peu compatibles avec les traditions protestantes) et on sent combien l’expérience de foyer mixte qui est celle de l’auteure conduit sous l’impulsion de l’Esprit à dépasser les clivages et ouvre des pistes pour être serviteur de ce courant de grâce.

Paris, Première Partie, 2018, 251 p.,
17€, 978-2-36526-161-6

Christine Roberge


 


Le christianisme orthodoxe face aux défis de la société occidentale

 

12 octobre 2018

Christophe LEVALLOIS

Dans cet ouvrage, le père Levallois a rassemblé une vaste sélection de ses articles, conférences, chroniques à Radio Notre-Dame. Dans un style agréable et pédagogue, l’auteur ne se livre pas simplement à une présentation de l’orthodoxie, à travers sa spiritualité, sa liturgie, son éthique, ses traditions. Alliant sa grande érudition et son expérience pastorale en France, Christophe Levallois déploie la pertinence de l’orthodoxie dans la société occidentale, simultanément pour notre société contemporaine, l’Église catholique, la vie oecuménique mais aussi pour l’orthodoxie elle-même. À ce titre, l’ouvrage est particulièrement intéressant et original. Il invite son lecteur à entrer dans la beauté du christianisme orthodoxe à travers cette double perspective. La première partie traite de la situation de l’orthodoxie en Europe occidentale à travers son histoire est des personnalités exceptionnelles. La deuxième partie porte sur le contenu de la foi et de la pratique : c’est le contenu le plus didactique. Une troisième partie est consacrée à l’élaboration d’une éthique de la communication, particulièrement originale et stimulante. Enfin la dernière partie explore les défis actuels pour les chrétiens. Là le regard orthodoxe se fait à la fois critique mais aussi plein d’espérance. Le lecteur pourra y discerner la nouveauté de ses problématiques pour l’orthodoxie tandis que le catholicisme y est confronté depuis de nombreuses années. Les relations œcuméniques entre orthodoxes et catholiques acquièrent là toutes leur opportunité pastorale. À cet effet, ce livre s’adresse à tous les chrétiens soucieux de connaître l’orthodoxie et de vivre l’œcuménisme comme un échange de dons.

Paris, Cerf, 2018, 208 p.,
18 €, 978-2-204-12604-5

Emmanuel GOUGAUD


 


De l’esprit au salut : Une anthropologie anabaptiste

 

5 avril 2018

Denis KENNEL

Préface de Neal Blough

La thèse de doctorat de théologie du pasteur mennonite porte sur deux théologiens anabaptistes du XVIe siècle : Balthasar Hubmaier (1480/85-1528) et Pilgram Marpeck (1495 ?-1556). Au cœur des débats de la Réforme, ils en illustrent l’ampleur (Érasme, Luther, Zwingli …) la diversité (Hubmaier était prêtre, Marpeck haut fonctionnaire), mais aussi la violence (Hubmaier fut torturé, puis exécuté). Les deux théologiens sont qualifiés d’anabaptistes, en ce qu’ils pratiquent le baptême d’adultes et rejettent le sacramentalisme. Ils sont proches du mouvement initié par Luther en ce qu’ils affirment la justification par la foi, la centralité des Écritures, le sacerdoce universel… L’intérêt du livre est de montrer une certaine incompatibilité entre l’affirmation de Luther (contre Érasme) de l’absence de libre-arbitre chez l’homme et le choix nécessaire de l’être humain qui sous-tend la théologie anabaptiste du baptême d’adultes. Le libre-arbitre est indispensable pour justifier le choix du baptême. Cela conduit nos réformateurs à s’interroger sur le péché originel, la grâce, la justification mais aussi sur des questions très présentes au XVIe siècle sur le salut des enfants morts avant l’âge de raison.

Tous deux ont voulu maintenir ensemble la défense du libre-arbitre et l’affirmation du sola gratia en considérant que la justification produit un changement ontologique à l’intérieur du croyant (À la différence du simul justus et peccator de Luther). Ce faisant ils étaient beaucoup plus proches de la théologie médiévale et des affirmations postérieures du concile de Trente. En insistant sur la responsabilité de l’homme ils ont certainement contribué à une vision plus optimiste de l’humanité et peuvent constituer une passerelle supplémentaire pour le dialogue entre catholiques et évangéliques.

Christine Roberge

Paris, Cerf, 2017, 334 p.,
34 €, 978-2-204-11409-7



 


Ecclésiologie et œcuménisme

 

5 avril 2018

Joseph FAMERÉE

Recueil d’études

Cet ouvrage de plus de 600 pages rassemble 36 articles parus entre 1992 et 2015 dans diverses revues. Leur auteur, le père Joseph Famerée, professeur d’ecclésiologie, d’œcuménisme et de théologie des Églises orientales à l’Université catholique de Louvain est bien connu comme spécialiste de Vatican II et pour son engagement oecuménique (il est membre du groupe des Dombes).

Les articles sont regroupés selon trois thèmes principaux : l’ecclésiologie, l’œcuménisme (avec comme charnière deux articles sur Marie) et Vatican II. La partie sur l’œcuménisme représente la moitié du livre et peut être subdivisée en trois thèmes : œcuménisme en général, dialogue catholique-protestant et catholique-orthodoxe). Pour qui s’intéresse à ces questions cet ouvrage est une mine d’informations et une source de réflexion.

Certains articles sont des exposés sur un thème précis : petite histoire du mouvement oecuménique, l’enseignement de Vatican II sur le ministère du prêtre… d’autres sont en lien avec l’actualité oecuménique comme la signature de la Déclaration commune sur la justification, le document de Ravenne. Enfin beaucoup portent sur l’herméneutique de Vatican II. L’utilisation est facilitée par la présence de quatre index. Ces articles sont savants mais très clairs et quand on arrive au bout de la lecture de ce gros livre qui pourrait à première vue rebuter on a le sentiment d’avoir beaucoup appris et au total d’avoir suivi un guide oecuménique en ecclésiologie qui, comme un bon guide, signale des écueils et ouvre des pistes.

Christine Roberge

Leuven-Paris-Bristol, CT 2017,
Bibliotheca ephemeridum
theologicarum lovaniensium
CCLXXXIX, Peeters, 668 p.,
94 €, 978-90-429-3442-9



 


Traditions Recomposées : liturgie et doctrine en harmonie ou tension

 

29 janvier 2018

André LOSSKY, Goran SEKULOVSKI (dir.)

En accord ou non selon les cas, liturgie et doctrine sont en constante interaction : tel est, à travers les exemples passés en revue, le principal enseignement de la 63e Semaine d’études liturgiques de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge [1]. Puisse la lecture ou consultation des travaux ici présentés enrichir toute personne préoccupée par l’enjeu doctrinal de la liturgie, et susciter des réflexions au profit de célébrations plus conformes à la fonction de l’action liturgique, fondatrice de l’Église et annonciatrice du Royaume.

Münster, Aschendorff Verlag, 2017, 412
p., 58 €, 978-3-402-12025-5



[1Depuis 1953, les Semaines d’études liturgiques organisées à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris réunissent presque chaque année des chercheurs principalement chrétiens. Les actes de ces colloques, animés par un fervent désir de dépassement des incompréhensions entre confessions chrétiennes, sont publiés. Nous reproduisons ici un extrait de la quatrième de couverture du dernier d’entre eux.

 


En marche vers l’unité

 

18 décembre 2017 2017

Élisabeth Behr-Sigel

préface et textes rassemblés par Olga Lossky,

La lecture de cet ouvrage, rassemblant des prédications, conférences, articles et extraits d’œuvres d’Élisabeth Behr-Sigel, est un grand privilège et un réel bonheur. Si son itinéraire, de première femme pasteure d’Alsace à théologienne orthodoxe, est bien connu, sa spiritualité l’est beaucoup moins. À travers une diversité de formes et de thèmes développés dans ces textes inédits, nous sommes conviés à contempler et pénétrer au cœur de la foi de cette femme extraordinaire. Le grand mérite d’Olga Lossky est d’avoir mis en lumière, par le choix des textes publiés, la continuité de son amour du Christ chez Madame Behr-Sigel. Des homélies prononcées lors de son ministère de pasteure protestante en Alsace aux enseignements sur les théologiens de l’émigration russe, en passant par des méditations christologiques, des sujets éthiques et anthropologiques ou la place des laïcs dans l’Église, nous assistons au déploiement d’une recherche théologique indissociablement liée à la vie mystique. À l’instar des Saintes Myrophores, Élisabeth cherche le Ressuscité dans l’unité de Son Corps. L’expérience unique ainsi présentée dans ce magnifique ouvrage ne cessera d’encourager à initier et renouveler le dialogue entre les chrétiens.

Paris, Le Cerf, collection Orthodoxie, 2017, 352 p.,
24 €, 978-2-204-11766-1

Emmanuel GOUGAUD


 


Je crois en l’Église une

 

18 décembre 2017 2017

Cardinal Philippe BARBARIN,

Les conférences de Carême 2017 à Fourvière

À l’occasion de la commémoration des 500 ans de la Réforme, le cardinal Barbarin a invité de grands responsables d’Églises et théologiens à répondre à deux questions : « Que pensent-ils quand ils prononcent la formule du Credo de Nicée-Constantinople : ‘Je crois en l’Église une.’ » et « Que nous est-il possible de faire aujourd’hui […] pour que vienne enfin le jour d’une unité véritable... ». Les intervenants étaient : Mgr Norvan Zakarian, le métropolite Emmanuel, le cardinal Kurt Koch, Élisabeth Parmentier et le pasteur Louis Schweitzer. En quelques pages nous avons une présentation exhaustive de la vision de l’unité pour les grandes traditions chrétiennes. Force est de constater avec l’évêque Paul-Werner-Scheele cité par le cardinal Koch (p. 84) : « on est uni sur la nécessité de l’unité et désuni sur son contenu » ; la raison essentielle étant des conceptions différentes de l’Église et des ministères. Ce constat pessimiste doit être atténué par plusieurs remarques : tous se réjouissent du chemin parcouru depuis un siècle par le mouvement oecuménique, tous considèrent que la prière, l’action de l’Esprit permettent de recevoir l’unité plus comme un don que comme le résultat de nos actions, tous mettent en avant l’urgence de l’unité pour le témoignage missionnaire, l’annonce de la Bonne Nouvelle. Alors que faire ? Peu de propositions vraiment nouvelles. On peut retenir deux citations : celle du pape François (p. 88) : « L’unité ne viendra pas comme un miracle à la fin. L’unité vient dans le cheminement, c’est l’Esprit-Saint qui la fait dans le cheminement » et une de Simone Weil (p. 144) rappelée par le pasteur Louis Schweitzer qui avait placé son exposé sous le thème de la Pesanteur et la grâce : « l’impossibilité est la porte vers le surnaturel. On ne peut qu’y frapper c’est un autre qui ouvre ». En annexe on trouvera une conférence d’Étienne Tissot sur l’histoire de la Réforme depuis Luther jusqu’à Calvin.

Paris, Parole et Silence, 2017, 174 p.,
15 €, 978-2-88918-767-6

Christine ROBERGE


 


Renouveau patristique et oecuménisme

 

18 décembre 2017 2017

Marie-Anne VANNIER (dir)

Ce volume est la reprise des contributions à deux colloques de patristique qui ont eu lieu en 2015 et 2017. L’intérêt de la plupart des articles (en particulier celui de Marie-Anne Vannier maître d’œuvre de l’ouvrage mais aussi de Mgr Job de Telmessos ou du père Siniakov) est de montrer le lien étroit et même la synergie entre la patristique et l’œcuménisme. Les Pères de l’Église sont la « source commune de l’Église indivise » et ils ont mis en œuvre la complémentarité entre Écriture et Tradition. Le travail d’édition des écrits des Pères commencé dès le Moyen Âge s’est poursuivi de la Renaissance à nos jours, en utilisant des moyens de plus en plus scientifiques comme en témoignent la collection Sources chrétiennes (580 volumes), mais aussi Biblindex qui est un index en ligne des citations bibliques chez les auteurs chrétiens des premiers siècles. Même les apocryphes si l’on en croit Rémi Gounelle, qui mettent en contact avec la diversité théologique initiale du christianisme sont susceptibles de faire avancer les mentalités vers une meilleure compréhension et un plus grand respect entre les confessions chrétiennes, dans leur diversité. Cependant, comme le fait remarquer le père Siniakov, l’étude des Pères n’est pas la même chose que la théologie patristique qui est une invitation à recevoir le témoignage de leur expérience ecclésiale de Dieu. C’est la lecture des Pères et en particulier d’Ignace
d’Antioche qui a permis aux Églises chrétiennes de renouer avec la notion de Koinonia et d’approfondir l’ecclésiologie de communion nous rappelle Mgr Job. Marie-Anne Vannier quant à elle montre comment le concile Vatican II, qui cite abondamment les Pères a fait comme eux et a contemplé l’Église dans son mystère par des images.

Paris, Beauchesne, 2017, 172 p.,
29 €, 978-2-7010-2255-0

Christine Roberge


 


Les ministères aujourd’hui

 

11 décembre 2017 2017

Luc FORESTIER

Le père Luc Forestier a réussi le pari de traiter des ministères dans l’Église, dans une perspective à la fois historique et actuelle, scripturaire et pastorale, catholique et œcuménique ce qui rend l’ouvrage utile et instructif. Le point de départ est le constat de la pluralité des ministères dans l’Église et l’insistance sur le fait que la vocation n’est pas limitée aux ministres ordonnés et que c’est à l’intérieur de l’unique vocation baptismale que se déploie la multiplicité des réponses possibles. Dans la perspective de Vatican II, une place centrale est accordée à l’épiscopat, présent dans le Nouveau Testament et c’est à partir de lui que s’organisent l’étude du presbytérat, du diaconat et le rôle spécifique de l’évêque de Rome.

Un chapitre est consacré aux ministères confiés à certains laïcs qui ne font pas d’eux des clercs, et qui sont à inscrire dans leur vocation baptismale même si cette dernière est prioritairement séculière. Le chapitre consacré au statut personnel des ministres, aborde rapidement la question du célibat des prêtres et constate la difficulté de méthode historique sur ce dossier et remarque que l’élément le plus certain et décisif est « une certaine continuité des pratiques » argument repris par le père Vidal dans sa
postface.

Pour le père Forestier trois sujets constituent à la fois une question et une potentialité : l’articulation entre ministère et vie consacrée, ce qu’il appelle « le système ministériel » c’est-à-dire l’articulation entre évêque, prêtres, diacres et laïcs auxquels sont confiés des ministères et enfin les ministères au féminin.

Paris, Salvator, 2017, 204 p.,
21 €, 978-2-7067-1475-7.

Christine ROBERGE


 


Marie

 

11 décembre 2017 2017

Anne-Cathy GRABER

Une lecture comparée de Redemptoris Mater (Jean-Paul II) et du Commentaire du Magnificat (Luther) à la lumière des dialogues œcuméniques

Qu’une mennonite consacre sa thèse de doctorat à ce sujet peut surprendre mais quand on sait que l’auteure est célibataire consacrée, engagée à vie dans la communauté du Chemin Neuf et membre du groupe des Dombes on perçoit tout de suite l’intérêt oecuménique de l’ouvrage. Chaque confession lira avec plaisir le commentaire savant plein de finesse des deux œuvres citées dans le titre qui ont l’avantage de placer Marie d’emblée dans une perspective biblique. Mais on comprend bien que des expressions comme « comblée de grâce » ou « bienheureuse » suscitent des interprétations différentes selon que l’on est catholique ou protestant et que l’enjeu oecuménique dépasse la question de Marie, à moins que, et c’est un des grands apports de ce livre, à travers la question mariale ne soient interpellés et déplacés différents champs de la théologie tels que la sotériologie, la christologie et
l’ecclésiologie.

On ne peut que conseiller la lecture de cet ouvrage, certes dense mais bien écrit, à tout chrétien quelle que soit sa confession, mais aussi encourager les groupes œcuméniques à s’en saisir et à le travailler. Chacun y trouvera un approfondissement de sa propre tradition, des éléments pour mieux comprendre l’autre ainsi que les enjeux et les écueils du dialogue oecuménique. La présence en annexe de quelques dialogues entre l’Église catholique catholique et des Églises pentecôtistes, évangéliques et baptistes ainsi qu’une abondante bibliographie complètent ce livre « qui fera date » comme le souligne le professeur Birmelé dans sa préface.

Paris, Cerf, 2017, 547 p.,
39 €, 978-2-204-11656-5

Christine ROBERGE


 


L’Église et les Églises

 

18 octobre 2017 2017

Bernard SESBOÜE

Ce livre simple sans simplifications, et complet sans complexité, pourrait servir de catéchisme à tout chrétien soucieux de l’unité de l’Église. Trois mots jalonnent cette démarche de mémoire pédagogique : conversion, discussion et réception.

Conversion à l’œcuménisme, comme l’avait constaté le père Congar au Concile : « … en quelques minutes, quelques heures au maximum » (cité p. 9). Les Pères de Vatican II peuvent reconnaître qu’il y a d’autres Églises, même avec des nuances, que la leur seule, catholique romaine.

Discussion en effet et en second lieu, pour parvenir à une majorité de votants. Les grandes questions ne pouvaient se contenter de réponses au rabais. D’où le travail intense mené sous un pape après l’autre, et avec des observateurs non-catholiques lucides et bienveillants.

Enfin, la réception du Concile, celle-là peut demander des décennies sinon des siècles ! Selon le processus trop oublié par les modernes impatients d’efficacité : la réception s’opère à deux niveaux, et même à deux ou trois vitesses. Celui du peuple de Dieu, dans son ensemble – sensus fidelium –, celui des pasteurs en accord avec les docteurs – sensus fidei –, et le témoignage chrétien hors les murs ecclésiastiques et théologiques.

« Le point de non-retour est-il atteint ? » demande Sesboüé en conclusion. « Nous ne l’avons pas encore franchi », répond l’ancien membre du Groupe des Dombes qui avait annoncé « la conversion des Églises ».

On demandait un jour à William Booth, le fondateur de l’Armée du Salut, quand il s’était converti. Il répondit : « Mais chaque jour ».

Michel LEPLAY

Coll. Vatican II pour tous,
Médiaspaul, 2013, 135 p.,
15 €, 978-2-7122-1292-6



 


Merci la Bible

 

19 juin 2017 2017

Florent VARAK (dir)

11 auteurs racontent comment la Bible change le monde

Les auteurs de ce petit livre sont des évangéliques et leur démarche comme l’indique le titre est de montrer « comment la Bible change le monde » c’est dire que leur objectif est apologétique. On pourra être surpris voire agacé par l’abondance de citations sorties de leur contexte au service d’un discours un peu moralisateur. En fait de Bible, c’est essentiellement le Nouveau Testament qui est cité et c’est particulièrement vrai dans le premier chapitre sur la non-violence. Que fait-on de la violence dans les textes de l’Ancien Testament ?

Heureusement le chapitre 6 sur l’éthique sous la plume de Louis Schweitzer remet les choses à leur place « Ne croyons pas pour autant, qu’elle est le livre qui a réponse à tout et qu’il suffit de l’ouvrir pour comprendre ce que nous devons faire dans chaque situation […] En lisant la Bible, bien des choses nous parlent aujourd’hui encore, mais d’autres sont plus liées à la situation et à l’époque. Comment faire le tri ? » (pp. 84-85)

On notera aussi le chapitre 8, de Jacques Nussbaumer sur la dignité humaine, très nuancé qui aborde trois manières bibliques d’évoquer cette question.

Il subsiste une interrogation à la lecture de ce livre sur ses destinataires qu’on invite à se plonger dans la lecture de la Bible et à y découvrir Dieu qui vient à notre rencontre là où on ne l’attend pas.

Lyon, Clé, 2017, 154 p.,
9,90 €, 978-2-35843-047-0

Christine ROBERGE


 


Protestants, catholiques, ce qui nous sépare encore - Dialogue entre un pasteur et un prêtre

 

24 juillet 2018

Michel KUBLER, François CLAVAIROLY

Avec Loup Besmond de Senneville

À l’occasion de la commémoration de la Réforme, de nombreuses monographies sur Luther et le protestantisme ont paru. Il faut donc particulièrement saluer cet ouvrage de dialogues entre le pasteur Clavairoly et le père Kubler. À la manière des disputatio médiévales, ils explorent les fondements théologiques et historiques de leurs traditions chrétiennes à la lumière du dialogue oecuménique entre catholiques et protestants. Sans irénisme ni prosélytisme, ils s’interrogent mutuellement sur les déclarations de foi et dogmes de leurs Églises. Ils s’interpellent sur leurs fidélités réciproques à l’Évangile en abordant les points de consensus mais aussi les différences encore séparatrices. Avec précision, clarté et pédagogie, ils manifestent la même passion du Christ et le même désir de faire partager sa vie. Loup Besmond de Senneville nous fait entrer dans un débat passionnant. Le lecteur devient ainsi passionné de la cause de l’unité des Chrétiens !

Paris, Bayard, 2017, 274 p.,
16,90 €, 978-2-227-49008-6

Emmanuel Gougaud


 


Bartholomée, apôtre et visionnaire

 

24 juillet 2018

John Chryssavgis

Préface du pape François. Traduit de l’anglais par Nicolas Kazarian

À l’occasion du vingt cinquième anniversaire de son élection au Patriarcat œcuménique, ce livre retrace la vie et l’œuvre de Sa Toute-Sainteté Bartholomée et à travers elles l’histoire contemporaine de la chrétienté orthodoxe.

Le jeune Dimitrios, (Bartholomée est son nom de religion) naquit en 1940 en République turque dans l’ile d’Imbros peuplée en majorité de Grecs, expulsés et spoliés dans les années 1960. Les relations sont toujours difficiles avec les autorités turques mais Bartholomée est arrivé à célébrer dans des lieux historiques éminents comme Pergame ou Smyrne. Le Phanar, dans sa modestie et sa simplicité, a un grand rayonnement.

Préfacé par le pape François, conclu par un témoignage du pape Benoit XVI, cet ouvrage invite à privilégier les relations œcuméniques que l’ancien étudiant à Rome et à Munich n’a cessé de développer avant même son accession au Patriarcat : c’est ainsi qu’il était vice-président de Foi et Constitution les huit années au cours desquelles fut rédigé le document Baptême, Eucharistie, Ministère.

Mais on ne peut oublier que celui que les media ont surnommé dès 1996 « le patriarche vert » est le premier responsable chrétien à parler de péché pour évoquer les atteintes à l’environnement. Il amplifie l’action initiée par ses prédécesseurs depuis les années 1960 en faveur de la création. Cela lui permet aussi de développer le dialogue interreligieux dans le cadre du mouvement « Religion, science et environnement ».

Mais certainement ce qui restera attaché au souvenir du chef spirituel de plus de 300 millions d’orthodoxes, c’est la réunion du saint et grand concile réuni en Crète en juin 2016 dont le principe était acté depuis les années 1920. Les relations complexes entre les différentes Églises orthodoxes, les questions de primauté, de synodalité sont largement développées par l’auteur et apportent un éclairage précieux sur les défis actuels de l’orthodoxie.

Paris, Cerf, 2016, 304 p.,
25 €, 978-2-204-11489-9

Christine ROBERGE


 


Luther

 

24 juillet 2018

Marc Lienhard

Ses sources, sa pensée, sa place dans l’histoire

À l’occasion du cinquième centenaire de la Réforme, il est heureux de lire la nouvelle publication de Marc Lienhard, spécialiste reconnu de Martin Luther.

L’objectif de l’auteur est de présenter la pensée de Luther et la place du réformateur dans l’histoire. Le livre commence par évoquer brièvement sa vie et sa personnalité avant d’aborder ses sources (biblique, patristique, scolastique, monastique…). La partie centrale de l’ouvrage traite de la théologie luthérienne. Elle aborde différents lieux théologiques (Dieu, loi et Évangile, justification, Église…) sans oublier d’expliquer sa démarche (par rapport à l’expérience humaine, à la Bible, à la philosophie…) et ses caractéristiques (existentielle mais aussi polémique). Les deux derniers chapitres sont consacrés à la place de Luther dans l’histoire, marquée non seulement par la confessionnalisation du christianisme occidental mais aussi, au temps de l’œcuménisme, par l’émergence de l’intérêt porté au réformateur au-delà du clivage entre catholiques et protestants.

Ce volume de près de 700 pages expose de façon magistrale et pédagogique de multiples facettes de la théologie de Luther, avec d’abondantes citations de ses écrits et de riches informations sur de récentes études luthériennes. À l’aide de la table des matières et des index, les lecteurs ont la possibilité d’aller directement aux pages qui les intéressent. De nombreuses notes de renvoi interne leur permettent de parcourir des thèmes connexes. De plus, une importante bibliographie, dont une sélection figure à la fin de chaque section, les oriente vers d’autres travaux plus spécifiques.

C’est un véritable manuel de la théologie de Luther, désormais incontournable, pour tous ceux qui souhaitent la découvrir et la connaître davantage.

Genève, Labor et Fides,
coll. Histoire, 2016, 680 p.,
24 €, 978-2-8309-1605-8

Ken YAMAMOTO


 


Vivre en chrétien aujourd’hui

 

24 juillet 2018

Alain Nisus, Luc Olekhnovitch, Louis Schweitzer (éd.)

Repères éthiques pour tous

Une dizaine d’auteurs francophones, de formations variées, mais tous issus du courant évangélique ont collaboré à cet ouvrage qui peut être lu de manière continue mais surtout consulté sur tel ou tel point grâce à l’index et à la clarté de la présentation. Du piercing à la GPA, de la croissance économique à la guerre juste, peu de sujets contemporains échappent aux neuf chapitres du livre, le premier étant consacré à la délimitation des bases d’une éthique chrétienne. Tout au long du livre on retrouve le même souci d’exposer le plus simplement possible mais exhaustivement les défis actuels et d’interroger la Bible en cherchant dans l’Écriture : « les principes éthiques directeurs plutôt que de vouloir justifier a posteriori une position éthique à coups de versets plus ou moins pertinents » (p. 284). Point de fondamentalisme donc dans le soigneux examen des références scripturaires. Sur certains sujets, un rappel historique fait état des positions de Pères de l’Église ou de théologiens comme saint Thomas d’Aquin. Luther et Calvin sont souvent cités. À la fin de chaque chapitre se trouve une courte bibliographie. Le lecteur une fois bien informé est renvoyé à son discernement avec le conseil de « se méfier de la tentation sentimentaliste consistant à faire des bons sentiments la norme du bien » (Ibid.). Dans les faits on peut constater que les positions évangéliques sur plusieurs sujets sont assez proches des positions du catéchisme de l’Église catholique qui est régulièrement cité, et plus éloignées des positions qualifiées de « libérales » d’une partie du protestantisme. Voici donc un livre qui intéressera tout chrétien soucieux de se comporter en croyant aujourd’hui et qui lui fournira des outils pour le faire.

Romanel-sous-Lausanne,
La Maison de la Bible, 2015, 798 p.,
28,90 euros, ISBN 978-2-8260-3553-4

Christine Roberge



 


Mais délivre-nous du mal

 

24 juillet 2018

Alain Nisus

Traité de démonologie biblique

Théologien évangélique, professeur à la Faculté libre de Vaux-sur-Seine, bon connaisseur de la théologie catholique, Alain Nisus aborde un sujet qui préoccupe les chrétiens comme en témoignent les nombreux ouvrages consacrés à l’exorcisme, à la délivrance… Ce livre essaie de répondre à la fois à ceux qui « nient la réalité du diable ou n’y voient que des symboles » comme à ceux qui lui accordent « une importance excessive ».

La première moitié du livre est un dossier scripturaire Ancien et Nouveau Testament, exhaustif, accompagné d’explications et de courtes synthèses (à la fin du livre figure un fort utile index des références bibliques). On retient que le diable est relativement discret dans l’Ancien Testament, en raison de l’insistance sur le monothéisme, et qu’il est assez présent dans les textes du Nouveau Testament, très certainement sous l’influence de la littérature juive non canonique. Le diable et ses anges ont une existence objective mais ils agissent dans les limites de la permission divine et leur défaite face au Christ est affirmée.

La deuxième partie du livre aborde deux questions plus pastorales : la « démonisation » et le combat spirituel. Alain Nisus préfère le néologisme « démonisation » à « possession démoniaque », soulignant que les Évangiles disent que quelqu’un « a » un démon et non que le démon a ou possède une personne. L’auteur est très nuancé dans ses propos, prenant en compte les progrès de la médecine et de la psychologie et s’appuyant sur les avis parfois contradictoires de praticiens. On retiendra l’originalité du dernier chapitre consacré aux « esprits territoriaux » et au succès du mouvement de l’évangélisation de puissance défendu par le théologien Peter Wagner qui mêle occultisme et Bible.

Christine Roberge

Paris, La maison de la Bible, 2016, 240 p.,
17,90 €, 978-2-8260-3563-3



 


Le Musée chrétien

 

24 juillet 2018

Jean-Pie LAPIERRE

Dictionnaire illustré des images chrétiennes occidentales et orientales

Ce dictionnaire rassemble et analyse, en une seule œuvre magistrale, ce qui est visible et audible du christianisme dans la richesse et la pluralité de ses représentations. Non pas un mais des christianismes y sont montrés tant dans leurs diversités que dans leurs contradictions, leurs conflits, géographiques et spirituels, dogmatiques et moraux, voire folkloriques et légendaires. J.P. Lapierre fut, pendant 26 ans, responsable du secteur religieux aux éditions du Seuil. Au moment de prendre sa retraite, en 1999, son patron, Claude Cherki, lui dit : « J’espère que vous allez écrire quelque chose. » Ainsi commença cet énorme travail (2700 pages en 3 volumes sous coffret, 1400 illustrations, gravures et dessins) qui s’acheva en octobre 2014. Son auteur le définit ainsi : Un « musée imaginaire » au sens de Malraux, qui donne les clefs des christianismes, occidental et oriental, à un lectorat de plus en plus déculturé, sans aucune militance ni jugement esthétique, à travers les images religieuses de tous les temps et de tous les pays.

Annie Wellens

Paris, Seuil, 2014, 2700 p.,
149 €, 978-2-0211-2396-8



 


L’Homme merveille de Dieu

 

24 juillet 2018

Bernard SESBOÜÉ

Essai d’anthropologie christologique

Il n’est point besoin de présenter Bernard Sesboüé ni de rappeler combien ses ouvrages clairs et documentés réjouissent année après année ses lecteurs. Ce dernier livre n’échappe pas à la tradition. Dans l’introduction l’auteur définit sa méthode et son objet : Parler de l’homme à la lumière de la révélation biblique (en particulier à la lumière de la personne du Christ), réfléchie dans la tradition de l’Église. C’est une « théologie de l’homme » qui s’intéresse principalement au rapport de l’homme à Dieu. La difficulté étant que le propos dépasse le cadre d’un enseignement religieux puisque le destinataire de la parole chrétienne sur l’homme est bien souvent l’humanité tout entière. L’anthropologie chrétienne est donc toujours en débat avec la pensée contemporaine et l’évolution anthropologique de l’humanité. Dans le mouvement de la révélation le salut est premier, il révèle à l’homme son péché et l’ouvre à la création. Le choix de plan du père Sesboüé : l’homme créé, l’homme pécheur, l’homme sauvé est révélateur de son gout pour la démarche historique (à la fois par l’aspect chronologique et par les nombreux dossiers historiques présents dans l’ouvrage) et contribue à la possibilité d’une lecture de l’ouvrage par des non-initiés. Enfin, contrairement à ce que pourrait laisser penser le sous-titre, l’homme est toujours placé dans une perspective trinitaire.

Retenons de ce livre dense, des pages très didactiques sur le péché originel et sur la manière d’en parler aujourd’hui ainsi que de beaux dossiers scripturaires sur le salut à travers travers le dialogue de Jésus avec les hommes de son temps.

Christine Roberge

Paris, Salvator, 2015, 367 p.,
23 €, 978-2-7067-1214-2



 


Positions luthériennes

 

24 juillet 2018

Janvier-mars 2016

1517 – 2017 : Réformer ensemble l’Église

Le « VIIe Colloque oecuménique international de la spiritualité de la Réforme » s’est tenu au monastère de Bose en mai 2015, en collaboration avec plusieurs facultés de théologie protestante et catholique, de France, de Suisse et d’Italie. Ce numéro de la revue Positions luthériennes publie quatre contributions issues de ce colloque.

Jean-François Chiron analyse la dialectique entre la conversion et la réforme et sa mise en œuvre dans l’Église catholique depuis le concile Vatican II. Il termine en signalant le lien intime de la démarche oecuménique et de la réforme ecclésiale. Daniel Moulinet revient sur ce concile avec les remarques et les réflexions des observateurs protestants. Il évoque en même temps les interpellations qu’ils adressent à leurs propres Églises. André Birmelé discute de la nécessaire conversion des Églises, en revisitant le document précurseur sur ce sujet, « Pour la conversion des Églises » du Groupe des Dombes. Il y examine le rapport entre l’identité et la conversion, la notion d’identité ecclésiale et la compréhension de l’unité de l’Église. Pierre Gisel propose, pour sa part, d’élargir l’horizon de la discussion. Il cherche à penser l’Église dans son être au monde et suivant sa manière de répondre aux questions de la société et de l’humanité toutes entières. Ce recueil aidera les lecteurs à comprendre que les efforts de réforme dans les Églises sont indissociables de la quête du rapprochement entre elles.

Ken Yamamoto



 


Yves Congar, pionnier de l’œcuménisme

 

24 juillet 2018

Daniel Blaj

Comment accueillir les valeurs des autres chrétiens

Dans ces pages fruit de son travail de thèse, l’auteur nous fait entrer dans l’ecclésiologie du P. Congar pour nous faire comprendre comment le « principe ecclésiologique de l’œcuménisme » marque son œuvre et a, par lui, marqué le magistère de l’Église catholique.

Cette notion de « principe ecclésiologique de l’œcuménisme » est le leitmotiv de ce livre, mais que signifie-t-il ? À dire vrai DB ne l’explicite pas vraiment, ces mots étant comme une évidence pour lui. Il semblerait qu’il veuille dire : l’œcuménisme comme principe ecclésiologique. C’est-à-dire penser l’Église non plus seulement du point de vue de l’ecclésiologie catholique habituelle, qui excluait les autres confessions chrétiennes, mais penser l’Église en élargissant à ce que ces autres confessions peuvent apporter et enrichir l’ecclésiologie catholique. On comprend ainsi le sous-titre de ce parcours. Car il s’agit bien d’un parcours : nous suivons les écrits du P. Congar dans leur élaboration progressive, au fil des années. C’est donc une démarche qui suit l’histoire des écrits congariens qui est ici proposée, nous permettant au passage de comprendre les différences d’ecclésiologie avec la Réforme et notamment Luther, de travailler aussi la question des liens entre christologie et ecclésiologie, de croiser enfin des thématiques telles que réformes et Tradition, laïcat et ministères, sacerdoce universel et charismes...

L’intérêt de ces pages est de nous montrer l’influence de Congar dans les avancées ecclésiologiques et œcuméniques de Vatican II, de voir comment Jean-Paul II les fait siennes quand il parle dans son encyclique Ut unum sint d’un œcuménisme comme échange de dons, de mesurer enfin combien d’autres textes du magistère relativisent ce principe ecclésiologique de l’œcuménisme.

Un autre intérêt, méthodologique celui-là : ce livre est bien structuré, offrant des conclusions intermédiaires à la fin de chacune des trois parties qui le composent, ce qui permet de bien suivre l’auteur pour comprendre comment la pensée du P. Congar avance et influe après lui.

Christophe DELAIGUE

Lessius, la part-Dieu, 2015, 240 p.,
22€, 978-2-87299-276-8



 


Primauté et primats

 

24 juillet 2018

Sorin Selaru,
Patriciu Vlaicu (dir.)

Enjeux ecclésiologiques

Il nous faut saluer cette publication des actes du colloque de mars 2013 organisé par la Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale. Cela à double titre : pour l’intérêt que présente un certain nombre des contributions, et pour le matériau ainsi disponible non seulement pour la Commission mixte internationale de dialogue entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe qui travaille ces questions mais plus particulièrement aussi pour le métropolite Joseph, primat de la Métropole ci-dessus mentionnée et membre de cette commission. C’est lui qui signe d’ailleurs la préface de cet ouvrage en y précisant de façon claire et brève l’apport de chacune des contributions. Comme on le voit bien dans ces pages, si cette question de primauté est vraiment une question oecuménique entre les Églises catholique et orthodoxe, si elle soulève des questions d’articulation entre primauté et collégialité à tous les niveaux de la vie de l’Église (local, régional et universel), c’est dès lors une question ecclésiologique pour chacune des deux Églises. Ces contributions ont l’intérêt de développer et d’approfondir le dialogue oecuménique grâce à certaines d’entre elles d’ordre historique fort intéressantes (comme celle sur la forme de primauté qu’exerça l’empereur Constantin), canoniques (mentionnons tout particulièrement la contribution sur le canon 34 des Constitutions apostoliques) et ecclésiologiques. Dans ce domaine des propositions concrètes ont été formulées, soit pour une mise en oeuvre d’une primauté équilibrée dans une collégialité bien articulée soit pour établir un cahier des charges et donc une priorisation et une mise en perspectives de diverses thématiques incontournables pour le dialogue officiel entre catholiques et orthodoxes. On le sait, le chantier reste vaste quant à ces questions, notamment car chacune des deux Églises a encore à comprendre sa propre histoire ecclésiologique et ses propres fonctionnements canoniques dans leur vécu réel. On peut saluer en tout cas le présent volume qui apporte là une contribution importante.

Christophe Delaigue

Paris, Éditions du Cerf, coll. Alpha, 2015, 278 p.,
25 €, 978-2-204-10502-6



 


L’abbé Paul Couturier

 

23 décembre 2016 2016

Anne-Noëlle Clément

Unité des chrétiens et unité de l’humanité

La directrice du centre oecuménique Unité chrétienne de Lyon était la mieux placée pour écrire un livre sur l’Abbé Couturier à l’origine de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne qui se déroule du 18 au 25 janvier : ce centre en effet poursuit l’œuvre de l’abbé et conserve ses archives. L’intérêt et l’originalité du livre d’Anne Noëlle Clément résident d’abord dans sa clarté : des notes de bas de page explicitent de manière pédagogique des notions, des événements, des biographies dont le sens pourrait échapper à des non-initiés mais surtout le livre met en lumière un aspect peu retenu de la pensée de l’abbé Couturier : l’ouverture à l’unité de l’humanité de la prière pour l’unité chrétienne.

Une rapide biographie du fondateur du groupe des Dombes met en avant ses rencontres et un contexte marqué à la fois par l’arrivée d’émigrés orthodoxes fuyant la Russie, et une Église catholique romaine prônant une théologie du retour dans la barque de Pierre. Le lecteur appréciera de trouver dans le livre deux textes de l’abbé : un article de 1937 et une étonnante méditation sur la prière envoyée aux sœurs de Grandchamp en 1941. C’est surtout à partir de ces textes qu’Anne-Noëlle Clément analyse dans une troisième partie la pensée de l’abbé Couturier. Même si on peut constater que la pensée théologique de l’abbé Couturier est plus généreuse que rigoureuse, il faut retenir son message d’appel à la prière et au dialogue dans l’œcuménisme spirituel et les initiatives dont il est à l’origine. Il subsiste une interrogation sur le bienfondé du lien entre l’unité des chrétiens et l’Unité chrétienne de l’humanité et la place du dialogue interreligieux dans cette démarche.

Christine Roberge

Lyon, Éd. Olivétan, 2015,127 p.,
14 €, 978-2-35479-321-0



 


La miséricorde

 

11 avril 2016 2016

Walter Kasper

Notion fondamentale de l’Évangile. Clé de la vie chrétienne.

Lors de son premier angélus place Saint Pierre le 17 mars 2013 le pape François avait fait l’éloge de ce livre paru en 2012. En cette année de la miséricorde pour les catholiques, c’est l’occasion d’approfondir cette notion. Le premier chapitre du livre regrette d’ailleurs qu’elle soit tombée dans l’oubli au profit de la compassion, de l’empathie qui ont intéressé les philosophes depuis l’antiquité ainsi que la plupart des religions.

L’auteur consacre deux chapitres à l’évocation de la miséricorde dans l’Ancien et le Nouveau Testament dont on peut retenir avec saint Thomas d’Aquin qu’elle est l’expression de la souveraineté de Dieu. Suit un chapitre de « réflexions systématiques » où la miséricorde est confrontée à la justice, au mal, au pardon, à la liberté, à la responsabilité de l’homme. Mais comme ce n’est pas une théorie abstraite, trois chapitres abordent sa mise en œuvre, sur le plan personnel, en Église et en société. Le dernier chapitre évoque « Marie mère de miséricorde ». L’ancien président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens cite à plusieurs reprises les Pères de l’Église mais aussi Luther et des théologiens protestants comme Bonhoeffer. Il montre combien la miséricorde si ancrée dans la tradition biblique et la vie du Christ concerne les chrétiens de toutes confessions. Ce livre pourra donc être lu avec grand profit dans des groupes œcuméniques mais aussi par tout chrétien désireux de vivre en disciple du Christ.

Christine ROBERGE

Nouan-le-Fuzelier, Éditions des Béatitudes, 2015, 214 p.,
20 €, 978-2-84024-818-7



 


Le catholicisme évangélique

 

11 janvier 2016 2016

Georges WEIGEL

Georges Weigel, connu des Français pour ses biographies de Jean-Paul II et Benoit XVI [1] a fait paraître son ouvrage en 2013 aux États-Unis un mois avant l’élection du pape François.

L’idée dominante du livre est que « la réforme en profondeur de l’Église catholique est en chemin depuis […] Léon XIII » (p. 11). Cette vision de l’histoire lui permet de dépasser « la guerre civile ecclésiale entre progressistes et conservateurs » (p. 20) et de proposer dans une première partie la vision du catholicisme évangélique et dans une seconde partie les réformes du catholicisme évangélique.

Le catholicisme évangélique est enraciné dans la personne du Christ, dans l’Évangile, dans l’Église et ordonné à la mission. Il doit éviter deux tentations : le culte du passé et celui de l’actualité (p. 127). La place importante accordée à l’Esprit Saint et à la conversion rend ce catholicisme proche des milieux protestants évangéliques. Weigel propose d’ailleurs au Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens : « de réviser son traditionnel engagement à entretenir le dialogue, apparemment stérile, avec les mouvements protestants libéraux et ouvrir de nouvelles lignes de communication avec les protestants évangéliques » (p. 295). Un grand rôle est réservé aux laïcs, appelés à la sainteté qui doivent « décléricaliser la doctrine sociale de l’Église » (p. 234) et si une réforme de l’épiscopat s’impose c’est pour renforcer son rôle pastoral et enseignant.

Par son style (la moitié des verbes sont au futur !), le contexte, la vision de l’histoire et du monde, le livre est très « nord-américain » et peut mettre mal à l’aise un lecteur européen habitué à des analyses plus subtiles et nuancées.

Christine ROBERGE

Paris, 2015, DDB, 307 p.,
19,90 €, 978-2-220-06702-5



[1Georges WEIGEL, Jean –Paul II. Témoin de l’espérance, Lattès, Paris, 1999 ; Benoit XVI. Le choix de la vérité, Mame, Paris, 2008.

 


Dieu n’a pas de religion

 

11 janvier 2016 2016

Jean-Georges BOEGLIN

La taille du livre pourrait décourager ! Qu’on se rassure chacun des onze chapitres peut se lire séparément et le fin théologien qu’est le chanoine Boeglin sait mêler anecdotes, récits, rencontres, dialogues, citations, réflexions théologiques et rend ainsi cet ouvrage très agréable à lire (malgré de nombreuses coquilles).

Le titre du livre pourrait surprendre venant d’un théologien catholique. En fait une foi catholique profonde transparaît à chaque ligne et si « Dieu n’a pas de religion » c’est qu’ « il n’est qu’Agapè, c’est-à-dire Amour dans la Vérité et Vérité dans l’Amour » (p. 573). Le délégué diocésain à l’œcuménisme et à l’interreligieux du diocèse de Strasbourg insiste bien sur le lien mais aussi la distinction entre dialogue et annonce de Jésus-Christ (p. 199 s).

De nombreux sujets sont abordés : Dieu, Père Fils et Saint Esprit mais aussi l’Église, la Tradition, Vatican II…On devine toujours le pasteur soucieux de répondre à ses fidèles mais aussi aux questions du monde. Cet enracinement dans le quotidien ne doit pas faire oublier la dimension eschatologique qui éclaire tous les thèmes abordés et qui donne sens aux réalités pastorales.

Un long chapitre est consacré à la Vierge Marie auquel l’auteur voue une grande dévotion. Partant du constat que « la foi chrétienne et la pratique religieuse sont plus vives et plus concrètement présentes, dans les régions du monde où la dévotion mariale est la plus vivace » (p. 438) il relit à la lumière de l’Écriture, de la Tradition et des apparitions la place de Marie dans l’histoire du salut et plaide pour une reconnaissance par un dogme d’un rôle de « corédemptrice, médiatrice et avocate ». Contrairement à l’auteur nous pensons que cette proposition sera non seulement « perçue comme un frein à l’œcuménisme » (p. 505) mais va bien au-delà des affirmations catholiques sur la Vierge Marie.

Christine ROBERGE

Strasbourg, Jérôme Do Bentzinger, 2015, 618 p.,
28€, 978-2-849-60498-4



 


Á la recherché de la grande couleur chrétienne

 

22 décembre 2015 2015

Sœur Bénédicte

L’engagement œcuménique de la communauté des diaconesses de Reuilly

« Soyez le ciel pour vos contemporains, le ciel est en vous » ainsi commence La Règle de Reuilly, citant le patriarche Ignace IV d’Antioche. Des sœurs protestantes,
ouvrant ainsi leur Règle, s’engagent donc tout particulièrement en faveur de l’unité des chrétiens. Cet ouvrage, bien recherché et documenté, propose « une relecture de l’histoire de la communauté des diaconesses […] sous un angle oecuménique ». Il offre en même temps un récit historique passionnant de la fondation des Diaconesses en 1841 à nos jours et un travail thématique sur l’œcuménisme, un fil rouge du charisme de cette communauté. Le souci de l’unité, porté par les fondateurs, au sein d’un protestantisme éclaté, résonne avec beaucoup d’actualité encore aujourd’hui. Ce travail pour « la grande couleur chrétienne » perd parfois sa visibilité dans l’histoire au profit « des charismes conjoncturels qu’exigeait la charité ». Les chapitres après-guerre et post Vatican II racontent avec beaucoup d’élan l’implication dans les travaux de la Fédération protestante de France et du Conseil oecuménique des Églises ; le dialogue et la rencontre entre sœurs catholiques et protestantes ; le dialogue intra-protestant vécu au sein et au-delà de la communauté, ainsi que la présence de la communauté au Mazet-Saint-Voy, en Norvège, au Cameroun, et, récemment, dans une fraternité oecuménique à Lille et dans la Maison d’Unité à Paris.

En conclusion, sœur Bénédicte invite à « patience et audace ». Il s’agit de relire notre histoire sous l’angle oecuménique et d’écrire l’avenir dans la perspective de ce charisme d’unité.

Jane STRANZ

Lyon, Olivétan, 2015, 256 p.,
24 €, 978-2-35479-315-9



 


Dialogue et communion. L’itinéraire œcuménique de Jean-Marie R. Tillard

 

16 février 2018

Pascale WATINE CHRISTORY

C’est un livre très documenté et dense que nous offre Pascale Watine Christory avec
cette publication de son travail de thèse sur Jean-Marie Tillard. Invités à un itinéraire
oecuménique
, nous découvrons combien le dominicain fut un acteur majeur du mouvement oecuménique et le rédacteur de nombreux textes officiels jusqu’à l’encyclique Ut unum sint de Jean-Paul II. L’auteur le prouve, le suivant au fil des ans au travers de ses notes personnelles et des articles publiés sur les travaux dans les instances auxquelles il participait.

Ainsi est-ce dans cinq lieux, les cinq parties du livre, que nous cheminons avec Tillard : au Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens et plus largement dès le concile Vatican II où il fut expert ; dans le dialogue international avec les anglicans (ARCIC) auquel il participa dès 1969 jusqu’à sa mort ; à Foi et Constitution où il fut viceprésident à partir de 1978 ; dans le dialogue avec l’Église orthodoxe dans lequel il entra dès 1979 (là encore jusqu’au bout de sa vie) ; et dans ce dialogue sans doute mal connu de beaucoup avec les « Disciples du Christ ». Son travail dans ce dernier (à partir de 1977) est tout particulièrement intéressant par rapport aux autres parties du livre. PWC nous offre là comme des synthèses de la pensée de Tillard sur les questions ecclésiologiques qui l’ont passionné et traversent tous ces dialogues.

Car – et c’est sans doute une limite de ce livre – si nous avançons petit à petit avec Tillard dans son travail oecuménique, si PWC prend le temps à chaque sous-partie de ses chapitres de résumer et de faire les liens pour suivre les avancées et questionnements œcuméniques, il manque ici une sorte de synthèse de son ecclésiologie. Dans cet ouvrage, nous suivons les travaux de rédaction, l’apport personnel et indéniable de Tillard, ses questions et thèses, et nous avons finalement une série d’études qui se croisent et s’entrecroisent autour de toutes les grandes thématiques ecclésiologiques.

En tout cas, PWC nous offre un travail immense, nécessitant, si l’on veut en recueillir tous les fruits, de lire en parallèle les documents œcuméniques à la rédaction desquels Tillard participait et qui lui ont permis non seulement de forger son « ecclésiologie de communion » mais aussi de marquer de façon toute spéciale la recherche oecuménique de nos Églises et l’ecclésiologie catholique.

Christophe DELAIGUE

Leuven, Peeters, 2015, 773 p.,
98 €, 978-90-429-3172-5



 


Christianismes charismatiques à l’île de La Réunion

 

1er octobre 2015 2015

Valérie AUBOURG

Cet ouvrage de sociologie religieuse est le fruit d’une enquête auprès des communautés évangéliques et des groupes charismatiques catholiques sur l’île de la Réunion. Dans cette étude parallèle de l’implantation du christianisme charismatique,
l’auteur respecte les spécificités, le Renouveau charismatique catholique étant
présenté comme un « pentecôtisme version catholique, attaché à la mémoire et cultivant les héritages, contrairement au pentecôtisme classique qui prône plutôt la
rupture ».

Une section du livre intitulée « Itinéraires de conversions : récurrences et variations » interroge les motivations des fidèles à rejoindre ces groupes. Si l’on relève quelques spécificités insulaires, on retrouve chez les fidèles réunionnais des motivations similaires à celles des membres d’Églises ou groupes charismatiques : la recherche des guérisons spectaculaires, des libérations démoniaques, des conversions exemplaires…

« bref de l’émotion, du merveilleux, de la vigueur, de la fouge ». On trouve aussi des
réflexions intéressantes sur la pertinence des frontières confessionnelles aujourd’hui
et la mobilité des fidèles, d’un groupe à l’autre, voire d’une confession à l’autre.
En conclusion, Aubourg se demande dans quelle mesure la différence entre un
christianisme du Nord et un christianisme du Sud « ne serait pas plus opérante que
la distinction habituellement effectuée entre les grandes traditions chrétiennes (catholique, protestante et orthodoxe) ? ». Espérons que ses travaux futurs apporteront des réponses à cette question majeure.

Franck LEMAÎTRE

Paris, Karthala, 2014, 336 p.,
26 €, 978-2-8111-1253-0



 


Les évangéliques

 

23 juin 2015 2015

Michel MALLÈVRE

Un nouveau visage du christianisme

Michel Mallèvre, directeur de l’Institut supérieur d’études œcuméniques de Paris, fait ici un état des lieux très actuel du monde évangélique. En 120 pages cette excellente synthèse rappelle d’abord les origines historiques du protestantisme évangélique puis présente les différents courants qui le constituent. Bien distingué, le pentecôtisme est analysé comme « nouvelle manière d’être chrétien », dans ses ruptures avec des intuitions de la Réforme aussi centrales que le sola gratia ou le sola scriptura. Pour présenter ensuite les spécificités doctrinales, l’A. s’appuie bien sûr sur des documents officiels évangéliques (les textes du Mouvement de Lausanne), mais aussi sur des textes de dialogue interconfessionnel bilatéraux.

L’angle spécifique à cette collection intitulée « Que penser de ? » est bien honoré : on y présente le regard que les catholiques et les évangéliques portent les uns sur les autres. Sans méconnaître des « dérives pathologiques » (citations d’auteurs évangéliques à l’appui), l’A. se fait souvent l’avocat des évangéliques, en corrigeant des poncifs injustes, par exemple : les pasteurs ne sont pas « autoproclamés » et les célébrations ne relèvent pas du « happening ».

En 1954 l’ancêtre dominicain de M. Mallèvre, le père H. Chéry, consacrait des pages aux évangéliques dans un livre intitulé L’offensive des sectes. À ceux qui douteraient des progrès fulgurants de l’œcuménisme dans les dernières décennies, on recommandera de lire successivement les deux ouvrages.

Franck LEMAÎTRE

Coll. « Que penser de ? », Namur, Fidélité, 2015, , 120 p.,
9,50 €, 978-2-87356-652-4



 


Quel pape pour les chrétiens ?

 

16 février 2018

Christophe DELAIGUE

Papauté et collégialité en dialogue avec l’orthodoxie

On se réjouit de la publication du mémoire de C. Delaigue, récompensé en 2013 par le Prix du Conseil d’Églises chrétiennes en France où il traite de la place de l’évêque de Rome dans la communion des Églises. Son point de départ est la suppression, dans l’édition 2006 de l’Annuaire pontifical, du titre de « patriarche d’Occident » dans la titulature de Benoît XVI. Delaigue rappelle comment cette qualification avait émergé dans l’histoire et analyse les raisons avancées pour sa suppression.

Comme en convient le métropolite Emmanuel de France dans sa postface, la disparition de ce titre est « paradoxale ». Il permettait de comprendre que l’autorité du pape ne s’exerce pas de manière uniforme dans l’Église latine et dans les Églises orientales catholiques ; un point important dans le dialogue entre catholiques et orthodoxes. Or Delaigue fait une lecture plus positive de cette suppression en envisageant qu’elle puisse constituer une étape nécessaire pour la création de nouveaux patriarcats, continentaux, au sein de l’Église catholique latine. Dans cette ligne, le cardinal Jean-Pierre Ricard estime, dans sa préface, qu’on peut y voir une manière d’honorer « une des préoccupations majeures du Collège des cardinaux lors de la préparation du dernier conclave : comment mieux articuler dans l’Église primauté et collégialité, autorité de l’évêque de Rome au sein de l’Église universelle et responsabilité des Églises particulières ». Une réflexion interne à l’Église catholique qui suscite beaucoup d’intérêt chez ses interlocuteurs des dialogues œcuméniques.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Théologie à l’université, Paris, DDB, 2014, 186 p.,
19 €, 978-2-220-06655-4



 


Se préparer au don de l’unité

 

16 février 2018

Patrice Mahieu

Publié au Cerf dans la nouvelle collection Alpha (pour des travaux de recherche), le livre du bénédictin Patrice Mahieu est le premier de deux volumes qui sont la reproduction de sa thèse de doctorat soutenue en 2012. Il nous entraîne dans l’histoire du dialogue théologique entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe depuis le concile Vatican II, après les années du dialogue de la charité dont il est question au chapitre 1. Retraçant le vaste processus théologique, spirituel, humain et évènementiel vécu par la commission mixte de dialogue entre 1975 et 2000, ces pages nous font revivre les intuitions, les mises en mots, les avancées mais aussi les doutes et les questionnements, voire les obstacles ou les déceptions, dans ce dialogue théologique qui reste une aventure inachevée. Un chapitre pré-conclusif offre une évaluation des textes et de la méthode de travail de la commission.

Préfacé par le cardinal Kasper, cet ouvrage a reçu le prix de Pange. Très documenté, notamment par les archives inédites d’Emmanuel Lanne, et assez dense, il se lit toutefois assez facilement. Les notes de bas de pages sont nombreuses et fort intéressantes. En revanche on pourra regretter que les annexes ne figurent pas en fin de volume : annoncées comme disponibles sur le site internet des éditions du Cerf, elles y sont introuvables (au moment où cette recension est rédigée).

Christophe DELAIGUE

Paris, Cerf, 2014, 604 p.,
39 €, 978-2-204-10292-6



 


Albert Schweitzer

 

30 juin 2015 2015

Matthieu ARNOLD

La compassion et la raison

Pour découvrir les facettes nombreuses et variées de cette « figure protestante » qu’est Albert Schweitzer (1875-1965) : pasteur, théologien, philosophe, missionnaire, médecin, musicien, défenseur de la cause animale, pacifiste…

Franck LEMAÎTRE

Coll. Figures protestantes, Lyon, Olivetan, 136 p.,
14 €, 978-2-35479-239-8



 


Histoire de la Réformation

 

30 juin 2015 2015

Thomas KAUFMANN

Mentalités, religion, société

C’est une aubaine que paraisse à la veille de la commémoration des cinq cents ans de la Réforme, la traduction en français de la somme du professeur Thomas Kaufmann parue en allemand en 2009. Il s’agit de l’histoire de la Réformation dans le Saint Empire romain germanique, entité politique d’une extrême complexité, que la première partie du livre décrit de manière approfondie. La situation sociale et religieuse est analysée finement (le culte, l’humanisme, l’imprimerie…) et l’auteur constate que vers 1500 « la situation [était] ouverte, ne devant pas déboucher nécessairement sur une Réformation » (p. 44). Cette première partie se termine par une présentation du développement religieux et théologique de Martin Luther (1483-1546).

La deuxième partie du livre est consacrée à la Réformation dans l’Empire de 1517 à 1530, de la querelle des indulgences, aux clarifications et divisions théologiques en passant par les relations avec Rome et avec le pouvoir politique. En moins de quinze ans le mouvement se diffuse largement et provoque de nombreux changements dans le quotidien des populations. C’est une des grandes qualités de ce livre que de mettre en valeur la dimension sociale de la Réformation : le mouvement des chevaliers (1522-1523), la guerre des paysans (1524-1525), la présence des Turcs aux portes de l’Empire vécue comme un châtiment divin, tout cela amplifié par la diffusion, grâce à l’imprimerie, de tracts, de caricatures, de libelles…

Une courte troisième partie présente « le caractère irrévocable de la Réformation » de 1530 à la paix d’Augsbourg en 1555 avec un chapitre consacré au Concile de Trente (1545-1563) perçu presque exclusivement comme un concile de « Contre-Réformation ».
La présence de reproductions de gravures, de courtes notices biographiques, d’une chronologie, d’un glossaire et d’un index, sans parler d’une abondante bibliographie font de ce livre un outil indispensable pour comprendre les origines « de la césure la plus radicale dans l’histoire du christianisme d’Europe latine, entraînant la pluralisation des formes de vie et d’interprétation du christianisme » (p. 508).

Christine ROBERGE

Genève, Labor et Fides, 2014, 702 p.,
49 €, 978-2-8309-1503-7



 


Deux martyrs dans un monde sans Dieu

 

16 février 2018

Michel EVDOKIMOV

Dietrich Bonhoeffer et Alexandre Men

À un demi-siècle d’intervalle, deux grands témoins du Christ sont morts en martyrs, victimes d’États totalitaires : le pasteur luthérien allemand D. Bonhoeffer, qui fut pendu dans un camp de concentration nazi en 1945 ; et le prêtre orthodoxe russe A. Men, abattu à la hache en 1990. Par delà la différence des contextes, l’un et l’autre ont rejeté toute soumission de l’Église au pouvoir politique et ont prôné un christianisme « confessant », qui ne louvoie pas avec les exigences évangéliques.

Franck LEMAÎTRE

Paris, Salvator, 2015, 158 p.,
17 €, 978-2-7067-1212-8



 


Le christianisme oriental dans tous ses états

 

30 juin 2015 2015

Henri de SAINT-BON

Beaucoup expriment des difficultés à se repérer parmi les différentes Églises orientales. L’A. a donc cherché à les présenter de manière pédagogique en distinguant bien les Églises « des deux conciles » (autrefois qualifiées de « nestoriennes »), celles « des trois conciles » (qui n’ont pas reçu les décisions du concile de Chalcédoine), les Églises orthodoxes « des sept conciles », et enfin les Églises catholiques orientales. Il consacre également un chapitre aux dialogues bilatéraux entre ces Églises. On saluera un effort louable de classification en regrettant des imprécisions et des raccourcis malheureux.

Franck LEMAÎTRE

Lagord, Le livre ouvert, 2014, 238 p.,
21 €, 978-2-91561486-2



 


Guérir du passé

 

30 juin 2015 2015

Michael LAPSLEY

Du combat pour la liberté au travail pour la paix

Situé au Cap, l’Institut pour la guérison des mémoires accompagne les personnes touchées par la violence. On leur y offre un espace où raconter leur histoire, dans un climat d’écoute et de respect. L’Institut anime également des ateliers dans d’autres pays qui luttent contre les conséquences de conflits politiques, ethniques ou religieux (Arborigènes australiens, survivants du génocide rwandais, vétérans de guerre aux États-Unis…). Cet établissement a été fondé par un religieux prêtre anglican, Michael Lapsley, qui a lui-même été victime d’un attentat en raison de son combat contre l’apartheid en Afrique du Sud (cf. son article dans Unité des Chrétiens, n° 171). Par delà les contextes précis où ce travail de guérison des mémoires est mené, les questions universelles qui sont posées dans ce livre – Que faisons-nous des souvenirs atroces ? Le pardon est-il conciliable avec la lutte pour la justice ? etc – peuvent aider à dépasser un passé douloureux, y compris les nécessaires réconciliations interconfessionnelles.

Franck LEMAÎTRE

Ivry-sur-Seine, Éd. De l’Atelier, 2015, 414 p.,
23 €, 978-2-7082-4301-9



 


Des catholiques et des évangéliques se questionnent mutuellement

 

23 juin 2015 2015

Philippe LE VALLOIS & Daniel BRESCH (dir)

On connaît bien les commissions internationales de dialogue théologique entre les différentes familles ecclésiales ainsi que les comités mixtes au niveau national. Les exemples de dialogues locaux de haut niveau sont plus rares. C’est le fruit du travail de l’un d’entre eux qui est proposé ici. Depuis une vingtaine d’années en effet, l’Église catholique en Alsace – représentée par son service diocésain « Évolutions religieuses et nouvelles religiosités » – et l’Entente des Églises évangéliques de la Communauté urbaine de Strasbourg (15 Églises et 13 œuvres) « se questionnent mutuellement ». On est là au stade premier de tout dialogue bilatéral : chaque partenaire se présente, sans avoir peur d’aborder les questions qui fâchent (« Pourquoi certains catholiques considèrent-ils spontanément les évangéliques comme des “sectes” ? » ; « Pourquoi certains évangéliques considèrent-ils spontanément les catholiques comme étant non chrétiens ? ») ; puis on aborde les questions théologiques dans une perspective essentiellement comparatiste. Initialement publiés sous forme de fiches successives, les chapitres en ont gardé la trace ; On voit bien que progressivement le dialogue s’est approfondi : si quinze pages étaient consacrées à un sujet aussi séparateur entre ces deux confessions que le baptême, en finale soixante pages sont rédigées sur le créationnisme.

Hormis pour quelques rares spécificités du droit local des cultes, ces fiches pourront utilement être travaillées ailleurs par des groupes œcuméniques.

Franck LEMAÎTRE

Charols, Excelsis, 2014, 350 p.,
24 €, 978-2-7550-0213-3



 


Frère Roger, de Taizé

 

16 février 2018

Sabine LAPLANE

Avec presque rien…

S. Laplane offre ici une nouvelle et riche biographie du fondateur de la communauté de Taizé. Elle permet de bien saisir la continuité des intuitions et des pratiques de fr. Roger (par exemple les visites régulières au pape, qui commencent dès 1949 avec Pie XII), mais elle montre aussi les ruptures claires, telles que l’abandon de la croix pectorale par le prieur de Taizé. Ici ou là, elle corrige des légendes souvent entendues : l’autorisation d’utiliser l’église romane du village n’a pas été accordée par le nonce Roncalli (futur Jean XXIII). Elle apporte aussi des précisions utiles : concernant la communion reçue par frère Roger des mains du cardinal Ratzinger lors des funérailles de Jean-Paul II ; ou à propos des relations complexes que la communauté de Taizé a entretenues avec le protestantisme français. L’ouvrage permet encore de situer l’origine de certaines expressions typiques de Taizé : l’emploi du mot « parabole » pour qualifier la communauté ; l’affirmation « Dieu ne peut que donner son amour », reprise dans un cantique, qui trouve sa source dans une dissertation de l’étudiant Schutz en 1939 sur l’impotence divine…

Sur le contexte familial, ecclésial et social qui a marqué la naissance de « Taizé » et ses débuts, la recherche est très fouillée. On reste en revanche sur sa faim pour les deux dernières décennies de la vie de fr. Roger, jusqu’à sa mort brutale en 2005 : elles sont traitées en seulement 25 p. et des évolutions plus récentes de la communauté restent inexpliquées.

Franck LEMAÎTRE

Paris, Cerf, 2015, 526 p.,
29 €, 978-2-204-09987-5



 


Célébrer Luther ou la Réforme ? 1517-2017

 

16 février 2018

P. BOSSE-HUBER, F. FORNEROD, T. GUNDLACH & G. LOCHER

Ce volume rassemble une trentaine de contributions, de nature historique ou théologique, dans lesquelles des auteurs majoritairement luthériens et réformés s’interrogent sur la manière de marquer le 500e anniversaire de la Réforme en 2017.

Parmi les auteurs d’autres familles ecclésiales, on notera l’article remarquablement synthétique de Rowan Williams qui analyse « l’héritage ambivalent de la Réforme ». L’archevêque émérite de Cantorbéry identifie trois thèmes protestants qu’il considère « d’importance durable et cruciale pour la santé théologique de la communauté chrétienne », jusqu’à aujourd’hui ; il repère également trois autres insistances protestantes qui participent de « la désolation et la confusion culturelles que nous vivons actuellement ».

Pour sa part, le cardinal Kurt Koch estime que « la Réformation ne peut être, et n’est pas, la seule réponse à la nécessité de l’Église de se réformer » ; que « son intention n’a pu être atteinte à cette époque, non seulement en raison de l’échec de l’Église romaine, mais aussi par la non-réussite de la Réforme elle-même ».

De ce volume bien utile pour ceux qui préparent les commémorations de 2017 on retiendra encore ce constat de Marianne Carbonnier-Burkard : en France, « les jubilés des protestants en situation minoritaire, sans support de mémoire à l’échelle nationale ni modèle identitaire, sont voués à la confidentialité ou à l’euphémisation de l’identité séparatrice ».

Franck LEMAÎTRE

coll. Histoire et société 59,
Genève, Labor et Fides, 2014, 390 p.,
15 €, 978-2-8309-1556-3



 


Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde

 

12 janvier 2015 2015

Jean-Michel DI FALCO, Timothy RADCLIFFE, Andrea RICCARDI (dir)

La masse impressionnante de documents et de témoignages rassemblés dans cet ouvrage veut illustrer une terrible statistique : 80 % des actes de persécution religieuse perpétrés dans le monde aujourd’hui visent des chrétiens (entre 100 et 150 millions de victimes, avancent les auteurs). Pour l’expliquer, les différents chapitres organisés par continent présentent les contextes culturels, politiques et religieux dans lesquels cette persécution s’exerce : extrémisme musulman au Moyen-Orient, radicalisme hindou, régimes politiques répressifs au Vietnam ou en Corée du Nord… Sans intention apologétique, le livre signale aussi les violences perpétrées par de grands propriétaires brésiliens à l’encontre des paysans sans terre, leurs coreligionnaires.

Les chrétiens représentant aujourd’hui un tiers de la population mondiale, il est statistiquement « normal » qu’ils subissent le nombre le plus important de discriminations. Mais les 70 contributeurs avancent aussi d’autres éléments d’explication pour justifier l’ampleur du phénomène.

D’aucuns s’étonnent que les Occidentaux restent insuffisamment sensibles à cette persécution ; en regrettant par exemple que, pour préserver le dialogue interreligieux, certains chrétiens européens hésitent à dénoncer l’oppression dont sont victimes les fidèles sur d’autres continents.

Mêmes lieux, mêmes persécuteurs : est aussi mise en lumière dans ce livre une unité des chrétiens dans les souffrances qui leur sont communes, par delà les appartenances confessionnelles.

Franck LEMAÎTRE

Paris, XO Éd., 2014, 814 p.,
24,90 €, 978-2-84563-652-1



 


Du conflit à la communion

 

12 janvier 2015 2015

Commission internationale de dialogue catholique-luthérienne

Commémoration commune catholique-luthérienne de la Réforme en 2017

Le document officiel proposant des réflexions luthéro-catholiques sur l’historiographie de la Réforme en vue des célébrations de 2017 est maintenant disponible en livre.

Lyon, Olivétan, 2014, 108 p.,
10,50 €, 978-2-354-79228-2



 


Mémoires

 

30 juin 2015 2015

Louis BOUYER

Pasteur luthérien, entré dans l’Église catholique en 1939, devenu prêtre oratorien en 1944, Louis Bouyer (1913-2004) est une figure inclassable du monde ecclésial français du vingtième siècle. Les mémoires qu’il a rédigées dans la première moitié des années 1980 sont ici publiées avec des notes abondantes permettant d’identifier les personnes et les lieux mentionnés.

Au fil des pages, le lecteur pourra être touché par ce récit de souffrances et la longue suite d’exils et de démissions de Louis Bouyer. On y comprend bien la situation inconfortable de celui qui a perdu tout crédit aux yeux des théologiens protestants et qui reste soupçonné de crypto-protestantisme dans son Église d’accueil. On pourra aussi s’amuser de certaines remarques très critiques où l’auteur montre un sens certain de la formule.

Mais assez vite on se lasse de cette vision, toujours partiale, d’un ecclésiastique sévère avec tous, sauf avec lui-même. En œcuménisme par exemple, rien ne trouve grâce aux yeux de Bouyer : ni les personnes, pas même Congar ; ni les groupes de travail : à la commission internationale de dialogue entre anglicans et catholiques par exemple, il reproche ses documents équivoques « où se traduit l’ignorance commune qui subsiste encore entre ces deux mondes » ; quelle injuste sévérité !

Si toutefois on surmonte un inévitable agacement devant ce règlement de comptes permanent, on peut apprendre beaucoup sur l’histoire du christianisme et des relations œcuméniques en France au vingtième siècle.

Franck LEMAÎTRE

Paris, Cerf, 2014, 336 p.,
29 €, 978-2-204-09875-5



 


L’Église catholique. Son être, sa réalisation, sa mission

 

22 février 2016 2016

Walter KASPER

Après Jésus le Christ et Le Dieu des chrétiens, on attendait depuis longtemps, dans sa version française, ce troisième volet de la réflexion théologique du cardinal Kasper.

Qu’est-ce que l’Église ? Quelle est sa mission ? Pourquoi l’Église et comment ? Telles sont les questions ecclésiologiques auxquelles nous nous heurtons si souvent dans nos communautés chrétiennes dans ce dialogue que nous avons à vivre avec notre société européenne déchristianisée ; telles sont aussi les questions qui ne cessent de traverser les débats œcuméniques.

Ce livre est passionnant, à plusieurs titres. Théologiquement, car le cardinal Kasper nous livre là une vie de recherches et de réflexion théologique. Œcuméniquement aussi, car son approche est nourrie du questionnement théologique des autres Églises et communautés ecclésiales que l’ancien président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens connaît très bien. Et c’est passionnant aussi car l’auteur fait non pas de la théologie spéculative, mais une ecclésiologie empreinte de théologie biblique et de toute son expérience et sa réflexion pastorales, comme prêtre puis évêque, et comme acteur des dialogues œcuméniques – une théologie pratique.

Ces pages sont dès lors un véritable manuel, une somme fort stimulante pour répondre aujourd’hui à ces questions que nous posions plus haut, y répondre pour nous-mêmes, y répondre pour rendre compte de qui nous sommes au monde d’aujourd’hui, y répondre après cinquante ans de recherche et de dialogue œcuménique, dans l’esprit de Vatican II.

Christophe DELAIGUE

Coll. Cogitatio Fidei 293,
Paris, Cerf, 2014, 587 p.,
49 €, 978-2-204-10067-0



 


La foi chrétienne et les défis du monde contemporain. Repères apologétiques

 

30 juin 2015 2015

Christophe PAYA & Nicolas FARELLY (dir)

Depuis les temps apostoliques, les disciples du Christ ont dû répondre aux questions et aux objections que la foi chrétienne générait chez leurs contemporains. C’est à cette démarche apologétique que ce dictionnaire veut les aider. Les 70 articles qu’il contient sont articulés autour de six grandes catégories : théologie ; Bible, éthique, culture et société, foi et religion, philosophies et valeurs. Ils permettent « d’entendre les questions du monde » et de rendre compte de l’espérance chrétienne. Y sont abordées les questions auxquelles, de tout temps, les chrétiens ont été affrontés (l’au-delà de la mort par exemple), et d’autres beaucoup plus actuelles (les cyber-dépendances ou la « culture pub »).

Rédigé par des auteurs évangéliques, ce dictionnaire rend compte de la diversité chrétienne et l’on trouve, sous la plume de Gordon Margery, un article consacré au catholicisme, bien informé et nuancé. Reconnaissant que du côté évangélique, on a parfois fait « feu de tout bois pour dénigrer l’Église catholique », alors que le dialogue peut être « mutuellement enrichissant », l’auteur, membre du Groupe de conversations catholiques-évangéliques en France, note avec pertinence que « devant la diversité du fait humain, l’Église catholique a généralement une approche d’inclusion, alors que les évangéliques sont sensibles à la nécessité de certaines ruptures ». C’est bien l’impression qu’aura le lecteur catholique en parcourant les articles de ce dictionnaire, qu’il pourra trouver sur la défensive, préconisant sur de nombreux sujets de société un « anti-conformisme ».

Franck LEMAÎTRE

Charols, Excelsis, 2013, 588 p.,
45 €, 978-2-7550-0194-5



 


Théologie systématique. Tome 3

 

30 juin 2015 2015

Wolfhart PANNENBERG

Dans le troisième volume de sa théologie systématique (947 p.), W. Pannenberg poursuit le commentaire du Credo. Sont ici abordés les derniers articles concernant l’Esprit Saint, l’Église et l’eschatologie.

Cette traduction de la version originale allemande parue en 1993 permet au lecteur francophone d’avoir le point de vue luthérien sur différents débats interconfessionnels. C’est notamment le cas dans le paragraphe intitulé « Repas du Seigneur et communion ecclésiale » où la position protestante en matière d’hospitalité eucharistique est présentée de manière solidement argumentée, Pannenberg défendant la table ouverte à tous les chrétiens, mais refusant qu’elle le soit à ceux qui ne sont pas disciples du Christ.

Dans les pages consacrées à « Baptême et foi », l’auteur montre l’importance du pédobaptisme, mais il estime que devrait être levée la condamnation doctrinale des opposants au baptême des enfants, telle qu’elle est formulée dans la Confession d’Augsbourg (CA 9).

Sur le rôle de l’évêque de Rome, le théologien de Munich se prononce de manière claire : dénonçant le « mésusage chronique » de l’autorité de Rome, il reconnaît toutefois la nécessité du ministère pétrinien comme signe visible de l’unité de toute l’Église, puisqu’il n’y a « pas d’alternative réaliste ».

Franck LEMAÎTRE

Coll. Cogitatio fidei 291,
Paris, Cerf, 2013, 947 p. 75 €,
978-2-204-09972-1



 


L’esprit de Jérusalem. L’orthodoxie et le catholicisme au XXIe siècle

 

19 juin 2014 2014

Métropolite Emmanuel et Cardinal Kurt Koch

En mai 2014, le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se rencontrent à Jérusalem, cinquante ans après la rencontre du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras dans la même ville. À cette occasion, les éditions du Cerf publient un livre signé par le métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, et par le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Vous pouvez lire ci-dessous deux extraits de cet ouvrage.

Le dialogue entre les Églises catholique et orthodoxe s’est constitué dans le creuset d’un pèlerinage. L’œcuménisme est donc un voyage ecclésial sur la terre sainte de l’unité. Paul VI et Athénagoras partent comme pèlerins, ils reviennent comme frères. Au IVe siècle, les pèlerinages manifestent la conversion de l’âme, la metanoia. On ne vient pas y chercher le seul souvenir d’une histoire, aussi sacrée soit-elle. Le pèlerin vient y faire une rencontre. Venir à la rencontre de Dieu, là où Dieu est venu à la rencontre de l’humanité, en se laissant livrer pour la vie du monde par un simple baiser. Le dialogue catholique-orthodoxe commence lui aussi par un baiser qui, dans les traditions liturgiques d’Orient et d’Orient, confesse que le « Christ est parmi nous ». Tel est et sera l’esprit de Jérusalem.

(Métropolite Emmanuel de France, « Catholiques et orthodoxes. Faire tomber les murs de séparation ! »)

Le dialogue œcuménique bilatéral entre les Églises orthodoxes et l’Église catholique n’a toutefois démarré officiellement qu’il y a cinquante ans, avec la rencontre historique entre le patriarche œcuménique Athénagoras de Constantinople et l’évêque de Rome et pape Paul VI, les 5 et 6 janvier 1964 à Jérusalem. La volonté réciproque ainsi proclamée de rétablir la Charité entre les deux Églises, qui fut scellée par le baiser fraternel, restera à nos yeux comme l’icône permanente du désir de se réconcilier et, puisque l’agape et le baiser fraternel représentent à proprement parler le terminus et le rite de l’unité eucharistique, du désir de se réunir dans la communion eucharistique qui doit être l’aboutissement de ce chemin. Car là où l’agape est perçue dans son sens véritable de réalité ecclésiale, elle doit, pour être crédible, devenir aussi agapè eucharistique. Cela correspond en tout cas à l’intention du patriarche Athénagoras et du pape Paul Vil, qui perçurent les événements de Jérusalem comme l’aube d’un jour nouveau qui permettrait aux générations futures, par leur participation aux mêmes Corps et Sang du Christ, de louer ensemble l’unique Seigneur.

(Cardinal Kurt Koch, « Le chemin prometteur. Vers la communion eucharistique entre les églises orthodoxes et l’église catholique »)

Paris, Cerf, 2014,
109 p., 14 €,
978-2-204-10236-9



 


Communion et conversion des Églises

 

4 septembre 2017 2017

Groupe des Dombes

Cet ouvrage réunit l’ensemble des documents publiés par le Groupe des Dombes jusqu’en 2005, dont certains étaient épuisés.

Le recueil des premiers textes, Pour la communion des Églises, est suivi de Pour la conversion des Églises, qui constitue en quelque sorte la « charte » du groupe, et des documents marquants que sont Marie dans le dessein de Dieu et «  Un seul Maître ». L’autorité doctrinale dans l’Église.

Coll. Compact,
Montrouge, Bayard, 2014, 720 p.,
24 €,
978-2-227-48712-3



 


Vers une catholicité œcuménique ?

 

19 juin 2014 2014

Actes du colloque organisé par les Églises du Canton de Vaud en Suisse.

Unité des Chrétiens (n° 162) avait publié quelques interventions
du colloque organisé en septembre 2010 par les Églises du Canton de Vaud en Suisse. On se réjouira de pouvoir lire dans ce volume
l’ensemble des contributions qui présentent la compréhension de la catholicité dans les différentes traditions chrétiennes – catholique romaine, catholique chrétienne (vieillecatholique), orthodoxe, réformée
et évangélique – ainsi que les perspectives ouvertes par les dialogues interconfessionnels.

Franck LEMAÎTRE

Fribourg, Academic Press,
2013, 300 p.,
978-2-8271-1080-3



 


Du conflit à la communion

 

13 juin 2016 2016

Istina, 2013/3.

Pour la commémoration de la Réforme en 2017

Dans ce numéro, on trouve la traduction française du rapport
de la Commission internationale de dialogue entre l’Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale (cf. UDC n° 171, juillet 2013) :
un document essentiel pour se préparer aux célébrations qui
marqueront le 500e anniversaire de la Réforme en 2017.
Ce texte officiel est présenté par Michel Fédou, membre catholique de cette Commission. Il est également analysé par Marc Lienhard, d’un point de vue luthérien. Ulrich Körtner, théologien réformé autrichien, en fait une lecture très critique.

Franck LEMAÎTRE

Istina, 2013/3,
112 p.,
www.istina.eu,
24 € (port compris)



Réécouter la Soirée-débat :
Du conflit à la communion
Catholiques et protestants relisent ensemble l’histoire de leur division

Mardi 21 janvier 2014
de 19h30 à 21h30
Au Centre Sèvres
35, bis rue de Sèvres – 75006 Paris

Avec la participation de

Frédéric Chavel, pasteur de l’Église protestante unie de France, paroisse luthérienne Saint-Jean à Paris

Michel Fédou, s.j., Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris ; membre de la commission internationale luthéro-catholique

Michel Mallèvre, o.p., Centre d’études œcuméniques Istina



 


L’horizon de la grâce. La foi chrétienne

 

19 juin 2014 2014

André Birmelé

C’est l’ensemble de la dogmatique que couvre cette synthèse théologique d’André Birmelé. Avec pédagogie, sans jamais céder au jargon technique, ce livre s’inscrit dans un protestantisme confessant, bien enraciné dans la tradition luthérienne. Chacun des douze chapitres présente les données bibliques, donne des repères dans l’histoire du développement doctrinal, avant de clarifier les réponses que la théologie propose aujourd’hui. Si les questions qui ont divisé
les Églises au fil des siècles sont bien analysées, un des intérêts de ce livre est aussi d’intégrer les acquis des dialogues œcuméniques menés
par les différentes familles ecclésiales depuis une cinquantaine d’années. Dans le chapitre consacré à l’Église par exemple, l’auteur corrige aussi bien des affirmations erronées qu’on lit souvent sur
le protestantisme (le ministère conféré par ordination n’est qu’une simple émanation du sacerdoce de tous les baptisés) ou sur d’autres
confessions chrétiennes (en catholicisme, l’apostolicité est transmise par la seule imposition des mains par un évêque). Avec ce volume
exigeant mais abordable que pourraient utilement étudier les groupes œcuméniques, le théologien de Strasbourg invite ses lecteurs à changer de perspective pour se placer dans « l’horizon de la grâce ».

Franck LEMAÎTRE

Paris/Lyon, Cerf/Olivétan,
2013, 508 p., 25 €,
978-2-204-09961-5



 


La voie du Christ. II

 

17 février 2015 2015

Michel Fédou

Dans ce volume sont présentés les développements de la christologie « dans le contexte religieux de l’Orient ancien, d’Eusèbe de Césarée à Jean Damascène (IVe - VIIIe siècle) » : une littérature patristique
foisonnante, pour laquelle le jésuite Michel Fédou, professeur au Centre Sèvres à Paris, est un guide sûr.

Dans ce vaste tour d’horizon des christologies, il est passionnant d’observer comment la foi au Christ a été exprimée dans une grande diversité de traditions culturelles en dehors du monde grec, par les chrétiens d’Égypte, d’Éthiopie, de Perse, d’Inde et même de Chine… qui cherchaient à répondre aux objections d’autres croyants, en précisant l’originalité du christianisme parmi les sagesses et les religions du monde.

Il est en revanche attristant de voir comment les violentes controverses sur l’identité du Christ ont pu générer au Ve siècle la division tragique des Églises « nestoriennes », « monophysites » et « chalcédoniennes ».

Franck LEMAÎTRE

Coll. Cogitatio fidei 288,
Paris, Cerf, 2013, 672 p.,
45 €,
978-2-204-09770-3



 


Comprendre les enjeux du prochain Concile de l’Église orthodoxe

 

17 février 2015 2015

Contact, n° 243, 2013

Les Actes du colloque organisé à l’Institut Saint-Serge en octobre 2012 rassemblent 18 contributions qui analysent les questions (théologiques, canoniques, liturgiques, éthiques…) que devrait aborder un futur concile réunissant l’ensemble des Églises orthodoxes locales, y compris dans leurs dimensions oecuméniques.

Franck LEMAÎTRE

Contacts, n° 243, 2013,
www.revue-contacts.com



 


L’apôtre Thomas et le christianisme en Asie

 

23 juin 2014 2014


Dans ce livre exploratoire sont présentées des découvertes
archéologiques récentes montrant que des chrétiens sont arrivés en
Chine dès le Ier siècle.

Franck LEMAÎTRE

Paris, Éd. de l’AED, 2013,
222 p., 20 euros,
978-2-905287-31-1



 


À la joie je t’invite. Fragments inédits 1940-1963

 

23 juin 2014 2014

Frère Roger, de Taizé

Dans ce deuxième recueil (cf. UDC n° 166, p. 38) d’écrits de frère Roger, la question de l’unité des chrétiens a la part belle. Rappelant que « l’esprit de secte existe depuis la primitive Église », le fondateur de la Communauté de Taizé estime que « l’on ne peut espérer que l’unité atteigne tous les chrétiens ».

Avec le même réalisme il perçoit que, de son vivant, il ne verra pas « l’unité des grandes fractions de la chrétienté » ; qu’il faudra « des générations pour préparer les chemins de l’unité visible ».

Ici ou là la plume se fait plus critique, dénonçant par exemple ceux qui « regardent l’œcuménisme comme moyen de croisade des chrétiens contre le marxisme ».

On lira avec intérêt les pages consacrées aux évolutions de la Communauté (à propos de l’église inaugurée en 1962 par exemple), ou encore celles qui concernent le pape Jean XXIII et la présence des frères de Taizé à Rome pendant le Concile.

Franck LEMAÎTRE

Presses de Taizé, 2012, 240 p., 16 €, 978-285040-330-9



 


Anglicanisme(s). Une Communion mondiale d’Églises au défi de la diversité culturelle

 

23 juin 2014 2014

Istina, 2013/2

Il n’existait pas, en langue française, de volume présentant l’état actuel de la Communion anglicane dans son ensemble, mais aussi dans différentes régions où l’anglicanisme est implanté (Angleterre, Irlande, États-Unis, Afrique, Nouvelle Zélande).

C’est ce manque que vient combler le dernier numéro de la revue œcuménique Istina. Les contributions sont issues de journées d’étude organisées par le Comité mixte français anglican-catholique (French ARC) avec le centre de recherches « Conflits, représentations et dialogue dans l’univers anglo-saxon » des universités d’Amiens et de Rouen.

Autre intérêt de ce recueil : pour éclairer les débats autour des ministères féminins et d’options pastorales en faveur des couples homosexuels – où culture et théologie se mêlent –, la parole est donnée à des spécialistes de la civilisation des pays anglo-saxons, et pas seulement aux théologiens.

Franck LEMAÎTRE

Istina, 2013/2, 112 p., www.istina.eu, 24 euros (port compris).



 


Au service de la vérité. Dialogue, conversion, communion

 

23 juin 2014 2014

Bruno CHENU

Dix ans après le décès de Bruno Chenu, les écrits ici rassemblés permettent de redécouvrir les centres d’intérêt nombreux du théologien et journaliste assomptionniste (« théologie noire », œcuménisme...). Plusieurs contributions de celui qui fut son co-président catholique concernent le travail prospectif du Groupe des Dombes, qui « essaie de déblayer le chemin de la réconciliation des Églises ».

Franck LEMAÎTRE

Montrouge, Bayard, 2013, 680 p., 26 €, 978-2-227-48648-5



 


Qu’est-ce que l’orthodoxie ?

 

23 juin 2014 2014

Antoine ARJAKOVSKY

Alors qu’aujourd’hui on associe communément « l’orthodoxie » à une famille ecclésiale spécifique (280 millions de fidèles dans le monde), A. Arjakovsky explore la polysémie de ce mot à travers l’histoire, en discernant quatre sens fondamentaux : la juste glorification, la vérité droite, la mémoire fidèle et la connaissance juste. La lecture de ce riche essai aurait été facilitée si l’éditeur avait opté pour des notes infrapaginales, au lieu de regrouper les références foisonnantes (90 p.) en fin d’ouvrage.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Folio essais, Paris, Gallimard, 632 p., 11,50 €, 978-2-07-043772-6



 


L’Orient grec et l’Occident latin

 

18 juillet 2014 2014

Andrew LOUTH

Deuxième volume d’une histoire de l’Église rédigée par des auteurs orthodoxes, ce livre couvre la période durant laquelle l’Orient grec et l’Occident latin ont évolué en identités séparées, entre 681 (fin du VIe concile œcuménique) et 1071 (bataille de Manzikert). Éclairant avec grande clarté des dossiers historiques complexes, A. Louth aide son lecteur à comprendre le fossé grandissant entre Byzantins et Latins, en estimant que la levée des anathèmes par le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras en 1965 a eu « l’effet non intentionnel de souligner l’importance de 1054 », alors ce n’est qu’une date symbolique dans un long processus d’estrangement.

Franck LEMAÎTRE

Paris, Cerf, 2013, 460 p., 39 €, 978-2-204-09748-2



 


La laïcité française. Entre l’idée, l’Histoire et le droit positif

 

23 juin 2014 2014

Conseil national des évangéliques de France

Deuxième volume de la collection naissante « Textes du CNÉF », ce document réalisé par la commission juridique du Conseil national des Évangéliques de France veut donner les outils historiques et juridiques
pour comprendre les cadres dans lesquels peut se vivre l’expression des convictions religieuses en France. Avec la clarté de ses réponses, ce livre ne sera pas utile qu’aux responsables d’Églises évangéliques pour
lesquels il a d’abord été rédigé.

Franck LEMAÎTRE

Marpent, BLF Europe, 2013, 105 p., 6,90 €, 978-2-36249-146-7.



 


Pratiques autour de la mort. Enjeux œcuméniques

 

23 juin 2014 2014

Jacques-Noël PÉRÈS (dir)

Jacques-Noël PÉRÈS (dir)

Si la mort est notre lot commun, il semble bien que catholiques, orthodoxes et protestants ne l’appréhendent pas de la même manière. Certes toutes les Églises prêchent la Croix et la Résurrection du Christ à l’occasion des funérailles, mais il y a celles qui prient pour les défunts, et celles pour qui le service funèbre est d’abord un culte de consolation pour les vivants. Même si, grâce au dialogue interconfessionnel des dernières années, les différences tendent à s’amenuiser, demeurent toutefois des idiosyncrasies : insistance sur la séparation radicale d’avec le défunt ou au contraire sur la proximité avec le mort qui reste « des nôtres ». Dans cet ouvrage qui rassemble les contributions au colloque 2010 de l’Institut supérieur d’études œcuméniques, anthropologie, histoire, théologie et liturgie sont intimement liées. On regrettera seulement l’absence d’un chapitre consacré à la célébration des obsèques en contexte œcuménique pour lesquelles quelques recommandations pastorales auraient été les bienvenues.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Théologie à l’université, Paris, Desclée de Brouwer, 2012, 260 p., 24 euros, 978-2-220-06441-3



 


Paul VI et les orthodoxes

 

23 juin 2014 2014

Patrice MAHIEU

Patrice MAHIEU

P. Mahieu, moine de Solesmes, retrace l’histoire des rapprochements marquants entre catholiques et orthodoxes pendant le pontificat de Paul VI (1963-1978) : rencontre avec le patriarche Athénagoras à Jérusalem (1964), visites du pape au Phanar et du Patriarche œcuménique à Rome et levée réciproque des excommunications en 1967, projet avorté de concélébration eucharistique de Paul VI et d’Athénagoras (avec d’utiles éclaircissements sur cette question), publication du Tomos Agapis en 1970 (correspondance entre l’évêque de Rome et celui de Constantinople) ; sans oublier un chapitre consacré aux gestes prophétiques de Paul VI, notamment le 14 décembre 1975 quand le pape s’agenouille devant le métropolite Méliton, légat du Patriarche œcuménique, pour lui baiser les pieds. En conclusion l’auteur estime que si « dans le langage montinien demeurent encore des expressions qui témoignent d’une vision romanocentrée de l’Église », celles-ci s’estompent avec les années, le ministère de l’évêque de Rome étant compris par Paul VI « sur un mode plus mystique que juridictionnel ».

Franck LEMAÎTRE

coll. Orthodoxie, Paris, Cerf, 2012, 304 p., 28 euros, 978-2-204-09734-5



 


Orient et institutions

 

23 juin 2014 2014

Dimitrios SALACHAS

L’Église catholique latine et les Églises orientales catholiques (arménienne, byzantine, copte, syriaque…) possèdent des traditions juridiques différentes. En 1990 a été promulgué le Code des canons des Églises orientales (CCÉO), l’expression sui iuris utilisée pour les désigner cherchant à signifier cette autonomie disciplinaire. Après en avoir rappelé les sources, ce livre commente utilement les différents chapitres de ce Code : hiérarchie, clercs, moines et fidèles laïcs, sacrements, écoles et universités… Il pointe les spécificités orientales, par exemple dans les ministères : admission aux ordres sacrés d’hommes mariés, existence de clercs mineurs… Le souci œcuménique est très présent dans cet ouvrage, et pas seulement pour ce qui concerne le chapitre consacré aux mariages mixtes.

Ancien professeur à l’Institut pontifical de droit oriental à Rome, l’A. est aujourd’hui exarque apostolique (évêque) des catholiques de rite byzantin en Grèce. S’il reconnaît que la législation actuelle du CCÉO constitue un important progrès par rapport à celle qui prévalait avant le concile Vatican II, D. Salachas estime toutefois que l’autonomie légitime des Églises orientales en pleine communion avec le Siège apostolique de Rome pourrait connaître de nouveaux développements. C’est surtout le cas en ce qui concerne les fidèles de ces Églises orientales catholiques qui vivent sur le territoire de l’Église latine suite à la migration massive en Occident de chrétiens originaires d’Orient. Il estime ainsi qu’il ne serait pas « contraire ou incompatible avec l’ecclésiologie catholique sur la primauté romaine si le pouvoir des patriarches était étendu ordinairement aussi en dehors du territoire patriarcal ». Reprenant la proposition 23 du Synode spécial pour le Moyen-Orient, l’A. souhaite également que soit rendue possible l’admission des hommes mariés aux ordres sacrés en dehors des limites du territoire des Églises orientales sui iuris.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Droit canonique, Paris, Cerf, 2012, 486 p., 36 euros, 978-2-204-09666-9



 


Aspects de la théologie pentecôtiste

 

23 juin 2014 2014

Revue ISTINA

Ce numéro s’inscrit en faux contre un poncif si souvent entendu : la faiblesse théologique du monde pentecôtiste. Cinq articles – et toutes les références bibliographiques qui figurent dans les notes abondantes – illustrent la vitalité d’une théologie universitaire pentecôtiste, même si les auteurs concèdent que le « mouvement » pentecôtiste – comme s’auto-désigne cette composante majeure du christianisme aujourd’hui – n’a pas formulé une ecclésiologie complète. On s’intéressera notamment aux deux contributions consacrées aux dialogues interconfessionnels et à la théologie des religions.

Franck LEMAÎTRE

N° 2012/4, www.istina.eu, 24,50 euros (port compris)



 


Soldats de Jésus. Les évangéliques à la conquête de la France

 

23 juin 2014 2014

Linda CAILLE

À ceux qui veulent découvrir qui sont les évangéliques en France aujourd’hui, la lecture de Soldats de Jésus rendra de grands services. En une quarantaine de pages de lecture aisée, la première partie donne les éléments-clés de l’histoire du monde évangélique. Le reste du livre laisse une grande place aux interviews et aux reportages de terrain dans les Églises. Bien loin des approches journalistiques caricaturales que le titre pourrait laisser présager, l’enquête sérieuse de L. Caille aborde bien des aspects de la vie des évangéliques français : style des cultes, place de l’évangélisation et de l’action sociale, positionnement politique, éthique sexuelle, relation aux musulmans, engagement œcuménique (Mgr Philippe Gueneley, co-président du Groupe de conversations catholiques-évangéliques, a été interrogé) ; sans oublier un chapitre sur « les déçus ». On pourra toutefois regretter que l’auteur ne traite pas des « croyants non pratiquants », qu’elle estime inexistants, alors que les derniers sondages en évaluent le nombre à 140 000 (sur 600 000) [1].

Franck LEMAÎTRE

Paris, Fayard, 2013, 222 p., 17 euros, 978-2-213-65473-7



 


Prier dans un contexte interreligieux ?

 

23 juin 2014 2014

Revue Perspectives missionnaires, n° 63, 2012/1

À l’occasion d’événements tragiques (catastrophe naturelle, accident, conflit armé…) les habitants d’une même localité peuvent être amenés à organiser des temps de recueillement avec une dimension pluri-religieuse. Dès lors se pose la question : est-il possible aux chrétiens de prier avec des croyants d’autres religions ? Fruits d’une journée d’étude organisée en Suisse en avril 2012, les différentes contributions rassemblées dans ce numéro permettent de réfléchir à une typologie de ces « cérémonies interconvictionnelles ». Réunissent-elles des fidèles de deux religions ? Ou davantage ? S’agit-il simplement d’organiser une prière chrétienne en présence d’invités d’une autre religion ? A-t-on organisé des prières simultanées en des lieux différents ? Ou chacun prie-t-il en silence dans un même lieu (modèle « Assise ») ? Ou bien fait-on usage ensemble de textes empruntés à différentes traditions religieuses ?
L’intérêt de ce volume est aussi de rendre compte du positionnement des différentes confessions chrétiennes sur ce sujet. C’est ainsi que le théologien orthodoxe écarte toute possibilité de prières communes ; tandis que l’intervenant réformé répond aux objections faites aux prières interreligieuses, notamment celle d’un risque de syncrétisme. Quant à l’auteur évangélique, il regrette que les chrétiens qui organisent ce type de célébrations doivent « taire plusieurs des fondamentaux de la foi chrétienne et se concentrer sur l’affirmation de principes religieux universels » ; et de conclure : « on arrive donc à ce paradoxe de chercher ensemble la paix en tournant le dos à Christ dont on sait pourtant qu’il est le seul à pouvoir la procurer ».

Franck LEMAÎTRE

N° 63, 2012/1, www.perspectives-missionnaires.org



 


Trois dialogues œcuméniques francophones. Lectures de théologiens d’autres Églises

 

23 juin 2014 2014

Revue Istina, n° 2012/3

Ce numéro fait écho à trois documents œcuméniques récents qui ont été discutés par des catholiques et des protestants en France (dans deux commissions mixtes officielles et au Groupe des Dombes). Des théologiens y analysent des textes à l’élaboration desquels leurs Églises n’ont pas participé. On peut donc lire la réaction d’un orthodoxe (Paul Meyendorff) au livre du comité mixte catholique/luthéro-réformé en France, « Discerner le Corps du Christ ». Communion eucharistique et communion ecclésiale. Il est ensuite question du document sur Marie rédigé par le comité mixte baptiste/catholique : il est ici analysé du point de vue luthérien par Élisabeth Parmentier, et dans une perspective orthodoxe par Christophe d’Aloisio. Enfin, c’est un regard évangélique qui est porté par Christophe Paya sur le dernier ouvrage du Groupe des Dombes, « Vous donc, priez ainsi ». Le Notre Père, itinéraire pour la conversion des Églises.
À la lecture de ces contributions on perçoit bien comment un point d’accord trouvé par deux familles ecclésiales peut simultanément les éloigner d’autres interlocuteurs, ou au contraire faire émerger un large consensus. Alors que la réception des textes d’accord reste une question difficile dans le mouvement œcuménique, ce numéro propose une manière originale d’élargir le cercle des lecteurs et de décloisonner des débats théologiques bilatéraux.

Franck LEMAÎTRE

N° 2012/3, www.istina.eu



 


L’avenir de la Terre, un défi pour les Églises

 

23 juin 2014 2014

Jacques-Noël PÉRÈS (dir)

Au cours des trente dernières années, l’intérêt pour les questions environnementales a grandi au sein du mouvement œcuménique ; avec la conviction que la réponse à ces problèmes urgents n’est pas seulement politique ou économique, mais plus fondamentalement d’ordre spirituel et moral. Dans ce volume sont réunies les contributions théologiques au colloque 2009 de l’Institut supérieur d’études œcuméniques de Paris. Face aux défis climatiques, la réflexion concertée des Églises permet de comprendre pourquoi, si nous voulons traiter les causes et pas seulement les symptômes, il nous faut changer notre perception du monde : notre planète est un don reçu en héritage, l’être humain n’est pas le maître du monde, mais l’intendant responsable de l’intégrité de la création.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Théologie à l’université, Paris, Desclée de Brouwer, 2010, 210 p., 20 €, 978-2-220-06168-9



 


La beauté salvatrice. Mère Marie (Skobtsov) : peintures, dessins, broderies

 

23 juin 2014 2014

Xenia KRIVOCHÉINE

Ce livre bref permet de découvrir les moments marquants de l’itinéraire d’Élisabeth Skobtsov (1891-1945) : poète d’avant-garde à Saint Pétersbourg, membre du parti socialiste révolutionnaire russe, mariée et divorcée deux fois, mère de trois enfants, puis moniale au sein de l’Église russe en exil, « diaconesse » et mère spirituelle à Paris, résistante dans la France occupée, déportée au camp de concentration de Ravensbrück, canonisée par le Patriarcat de Moscou en 2004. L’ouvrage permet surtout de découvrir un aspect moins connu de la personnalité exceptionnelle de celle qui est connue dans l’orthodoxie comme « Mère Marie » : ses talents artistiques, qu’on peut apprécier avec des reproductions d’aquarelles ou de tissus brodés.

Franck LEMAÎTRE

Paris, Cerf, 2012, 108 p., 18 euros, 978-2-204-09924-0



 


Les « trente glorieuses » de la christologie (1968-2000)

 

23 juin 2014 2014

Bernard SESBOÜÉ

S’il est habituel de parler du « mouvement liturgique » ou du « renouveau patristique », B. Sesboüé discerne également, dans la deuxième moitié du vingtième siècle, un « mouvement christologique », avec pour point de départ le quinzième centenaire du concile de Chalcédoine en 1951. En rassemblant une centaine de recensions pour des livres de christologie publiés dans les dernières décennies, le théologien jésuite analyse leurs traits communs, notamment le souci général de retourner à l’Écriture sainte en remontant bien en amont des grandes définitions christologiques de l’Église ancienne. Utilement complété d’une présentation des auteurs recensés (de toutes dénominations), cet ouvrage offre de remarques synthèses, par exemple sur la nécessaire complémentarité entre christologie d’en bas et christologie d’en haut.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Donner raison 34, Bruxelles, Lessius, 2012, 480 p., 29,50 euros, 978-2-87299-217-1



 


Les pages vertes de la Bible. La Bible lue par deux environnementalistes

 

23 juin 2014 2014

David FINES & Norman LÉVESQUE

Pour conscientiser les communautés chrétiennes aux questions environnementales, un laïc catholique et un pasteur de l’Église unie du Canada ont analysé ensemble 74 textes bibliques, répartis selon l’année liturgique : pour chacun d’eux sont proposés un commentaire théologique et son actualisation écologique, avec également le souci de la justice dans les rapports économiques Nord/Sud. On relit avec intérêt des passages bibliques bien connus sous cet angle particulier de l’écologie, la pêche miraculeuse générant par exemple des remarques originales sur le problème de la surpêche. Pour susciter des communautés chrétiennes plus « vertes », des mises en œuvre très concrètes sont proposées : réduction des déchets, dimanche chômé, covoiturage, café équitable, refus des journaux gratuits ou des bouteilles d’eau en plastique…

Franck LEMAÎTRE

Montréal, Novalis, 2011, 320 p., 978-2-89646-361-9

Source : revue Unité des Chrétiens, N°169 - janvier 2013



 


Trois contributions catholiques au rapprochement des Églises au XXe siècle

 

23 juin 2014 2014

Revue Istina, N° 2012/2

Le numéro 2012/2 d’Istina rassemble trois articles historiques consacrés à Eugène Tisserant, secrétaire de la Congrégation pour l’Église orientale de 1936 à 1959 (Étienne Fouilloux) ; à Johannes Willebrands, président du Secrétariat pour l’unité des chrétiens, et au projet de concélébration eucharistique entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras en 1970 (Karim Schelkens) ; et enfin à la contribution de Jean-Marie Tillard à la rédaction de l’encyclique Ut unum sint (Pascale Watine).

Franck LEMAÎTRE

Revue Istina, www.istina.eu



 


Enjeux du dialogue entre l’Église catholique et l’Église vieille-catholique

 

23 juin 2014 2014

Revue Istina, N° 2012/1

En 2009 a été publié le rapport de la Commission internationale de dialogue entre catholiques et vieux-catholiques intitulé Église et communion ecclésiale. Le numéro 2012/1 de la revue Istina en publie la traduction française ainsi que deux analyses d’Urs von Arx et d’Hervé Legrand.

Franck LEMAÎTRE

Revue Istina, www.istina.eu

Source : revue Unité des Chrétiens, N°168 - octobre 2012



 


L’art de la paix. La communauté de Sant’Egidio sur la scène internationale

 

23 juin 2014 2014

Roberto MOROZZO DELLA ROCCA (dir)

Ni ONG, ni organisme international, Sant’Egidio est une communauté chrétienne, née à Rome en 1968, connue pour son travail auprès des plus pauvres dans le quartier du Trastevere ainsi que pour les célébrations de prière pour la paix qu’elle organise régulièrement, dans le style de la rencontre d’Assise, avec des responsables de différentes religions. C’est un autre aspect de la vie de cette communauté qu’illustre ce livre : l’action pacificatrice de Sant’Egidio dans différents conflits depuis la fin des années 1980 (Mozambique, Guatemala, Algérie, Burundi, Albanie…). Des membres de la communauté ont pu rencontrer les parties concernées et les aider à reconnaître tout ce qu’elles ont en commun : si ce qui les unit est bien plus important que ce qui les a divisées, alors il n’y a pas de futur réaliste à travers l’élimination de l’autre. Dans des domaines sociopolitiques aussi complexes, les bilans sont nécessairement toujours mitigés. On pourra donc regretter que ce livre fasse un éloge insuffisamment critique du rôle diplomatique de Sant’Egidio – frisant ici ou là avec l’hagiographie du fondateur Andrea Riccardi. Pourquoi n’est-il indiqué nulle part que tous les contributeurs sont membres de la communauté ?

Franck LEMAÎTRE

Paris, Salvator, 2012, 360 p., 23,50 euros, 978-2-7067-0917-3



 


Familles en mutation. Approches œcuméniques

 

23 juin 2014 2014

Jacques-Noël PÉRÈS (dir)

La diversité actuelle des modèles familiaux constitue un sérieux défi pour toutes les Églises, leur doctrine et leurs pratiques pastorales. Bien plus qu’à la famille idéale, c’est aux familles si diverses dans leur réalité concrète que s’est intéressé en 2011 le colloque de l’Institut supérieur d’études œcuméniques de Paris. Une vingtaine de contributions ont permis d’aborder les questions dogmatiques, juridiques, éthiques et pastorales que soulèvent les mutations familiales contemporaines, en montrant comment chaque confession chrétienne articule à sa manière Écriture sainte, tradition, sciences sociales et expériences humaines. Un chapitre est consacré aux « foyers à disparité confessionnelle assumée ». On pourra regretter que, sur un tel sujet, les huit contributions catholiques soient signées de clercs célibataires.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Théologie à l’université, Paris, Desclée de Brouwer, 2011, 228 p., 25 euros, 978-2-220-06357-7



 


Quel œcuménisme ? La difficile unité des chrétiens

 

23 juin 2014 2014

Basile VALUET

Avec le projet de présenter « les principes doctrinaux et pratiques suivant lesquels un catholique doit comprendre et vivre l’œcuménisme », l’auteur, moine du Barroux, adopte un plan chronologique en résumant succinctement l’enseignement des papes successifs – de Pie XI à Benoît XVI – concernant l’unité des chrétiens. Valuet a une cible claire : ceux qui résistent aux options œcuméniques du Magistère catholique et accusent le Saint-Siège de « déviation doctrinale » ; à ceux-là il veut montrer que « l’entrée de l’Église catholique, avec ses propres principes, dans le mouvement œcuménique, tout en représentant un changement de pratique, ne contrevenait à aucun principe doctrinal enseigné jusque là ». Rien de fondamental n’a donc changé avec le concile Vatican II. L’Église catholique étant la seule à jouir en plénitude de tous les moyens de salut, l’objectif de la démarche œcuménique est de « faire profiter de cette plénitude ceux qui ne l’ont pas », c’est-à-dire soit « faciliter à court terme des conversions individuelles », soit « obtenir à long terme la réconciliation de toute leur communauté avec l’unique Église du Christ » ; en d’autre termes, l’unionisme et l’uniatisme !

Pour faciliter sa démonstration l’auteur fait un usage très sélectif des documents pontificaux. Puisqu’il ne manque rien à l’Église catholique que les autres familles ecclésiales pourraient lui apporter, Valuet passe par exemple sous silence la notion d’ « échange des dons » centrale chez Jean-Paul II puis chez Benoît XVI. De même, le refus si clair du modèle du retour dans le discours du pape actuel lors de son premier voyage en Allemagne (2005) est habilement ignoré.

Et quand la pratique d’un pape contredit la thèse de l’auteur (Paul VI offrant son anneau épiscopal à l’archevêque de Cantorbéry en 1966 par exemple), il n’hésite pas à la critiquer comme « ambiguë » (p. 221).

Alors que l’auteur entendait pointer, en matière d’œcuménisme, ce qui n’est pas « conforme à la pensée officielle de l’Église catholique », son livre n’entre-t-il pas précisément dans cette catégorie ?

Franck LEMAÎTRE

Coll. Sed contra, Perpignan, Artège, 2011, 330 p., 26 euros, 978-2-36040-060-7



 


Concurrences en mission. Propagandes, conflits, coexistences (XVIe-XXe siècle)

 

23 juin 2014 2014

Salvator EYEZO’O & Jean-François ZORN

Les Actes d’un colloque du CRÉDIC (Centre de recherches et d’échanges sur la diffusion et l’inculturation du christianisme) permettent de revisiter l’histoire de la mission en pointant les formes qu’a pu prendre la concurrence entre les Églises ou entre les différents organismes missionnaires. S’il n’y a parfois qu’une saine émulation entre missionnaires, on constate aussi l’existence de sérieux antagonismes, notamment entre confessions chrétiennes rivales. Une vingtaine d’études de cas permettent d’en revenir aux faits. Pour ne prendre qu’un exemple illustrant la complexité des situations, on apprend dans une contribution consacrée à l’Empire ottoman qu’au XVIIe siècle l’office du patriarche de Constantinople s’achetait ; la politique de l’ambassadeur de France consistait alors à prêter au futur patriarche les sommes nécessaires à son avènement au trône et à s’assurer ainsi de sa bonne disposition vis-à-vis des missionnaires capucins français.

C’est à la Conférence missionnaire d’Édimbourg qu’en 1910 fut institutionnellement souhaité un début de coopération, du moins entre sociétés missionnaires anglicanes et protestantes. La mission ayant été le lieu des plus fortes tensions entre Églises, l’œcuménisme apparut alors clairement « comme une nécessité pour l’effectivité et la crédibilité de l’évangélisation ».

Dans ce livre affleure aussi, ici ou là, une autre lecture, plus « libérale », qui valorise la concurrence entre missionnaires, la diversité des propositions ouvrant « la possibilité de rejoindre un plus grand nombre de demandes ».

Franck LEMAÎTRE

Coll. Mémoire d’Églises, Paris, Karthala, 2011, 396 p., 29 euros, 978-2-8111-0537-2



 


Dire le salut - une mission oecuménique

 

23 juin 2014 2014

Anne-Noëlle CLÉMENT (dir)

Actes du colloque organisé à Lyon en novembre 2011 par le centre œcuménique Unité Chrétienne et la faculté de théologie de l’université catholique de Lyon (cf. Unité des Chrétiens, n° 166).

Préface d’Anne-Noëlle Clément et de Pierre Lathuilière.
Avec des contributions de Christophe d’Aloisio, Hans-Christoph Askani, Jean-Noël Besançon, Yves-Marie Blanchard, Henri Blocher, Nicolas de Brémond d’Ars, Isabelle Chareire, Yves Krumenacker, Alain Massini, Bernard Meunier, Félix Moser, Élisabeth Parmentier, Anne-Marie Petitjean, Jean-Paul Rempp, Marie-Hélène Robert, Louis Schweitzer, Augustin Sokolowski, Michel Stavrou et Michel Younès.

Lyon, Profac-Théo, 144, 2012, 244 p., 18 euros, 978-2-85317-135-9

Source : revue Unité des Chrétiens, N°167 - juillet 2012



 


Le souffle d’une vie. Quarante ans de combat pour une terre solidaire

 

23 juin 2014 2014

Guy AURENCHE

Toute la vie et l’action de Guy Aurenche sont sous-tendues par une foi profonde dans le message de l’Évangile et la dignité de tout homme créé à l’image de Dieu : après avoir raconté les sources, la jeunesse, les débuts professionnels et les premières militances, son dernier ouvrage traite de ses deux engagements majeurs, contre la torture au sein de l’ACAT, et pour la justice et le développement comme président du CCFD-Terre solidaire depuis 2009. Il termine par une belle réflexion sur le sens profond de la charité.

Catherine AUBÉ-ELIE

Paris, Albin Michel, 2011, 260 p., 16 euros, 978-2-226-22080-6

Source : revue Unité des Chrétiens, N°167 - juillet 2012



 


La vie, la maladie, la mort

 

23 juin 2014 2014

Métropolite Antoine BLOOM

L’ouvrage s’ouvre par un entretien autobiographique avec le métropolite Antoine Bloom (1914-2003) qui fut en charge du diocèse orthodoxe du Patriarcat de Moscou en Grande Bretagne. Suivent des méditations sur la maladie, la mort et la vie éternelle.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Épiphanie, Paris, Cerf, 2012, 160 p. 18 euros, 978-2-204-09566-2

Source : revue Unité des Chrétiens, N°167 - juillet 2012



 


Prier 15 jours avec le Concile Vatican II

 

23 juin 2014 2014

André DUPLEIX

Pour marquer l’anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II (1962), c’est à une approche plus spirituelle que doctrinale qu’André Dupleix invite ses lecteurs. Des extraits commentés de quinze documents conciliaires sont proposés pour alimenter quinze jours de prière, selon le principe de cette collection. Un texte biblique et une oraison complètent utilement chaque chapitre.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Prier 15 jours 153, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité, 2012, 128 p., 12,50 euros, 978-2-853136655



 


L’Église comme communion et comme institution. Une lecture de l’ecclésiologie du cardinal Congar à partir de la tradition des Églises de professants

 

23 juin 2014 2014

Alain NISUS

Le théologien baptiste Alain Nisus, professeur à la faculté de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, a consacré sa thèse de doctorat à l’ecclésiologie d’Yves Congar. Il analyse la compréhension congarienne de l’Église comme institution en distinguant deux étapes dans l’œuvre du théologien dominicain : un premier Congar chez qui prédomine une ecclésiologie christocentrique ; un deuxième Congar (après Vatican II) pour qui l’Église est le fruit d’une double mission divine, avec une co-institution par l’Esprit qui s’ajoute à l’institution par le Christ incarné. En soulignant l’importance de ce rééquilibrage pneumatologique de l’ecclésiologie, A. Nisus estime que Congar a montré de manière convaincante qu’il n’est pas légitime d’ériger une opposition entre la liberté de l’Esprit et les structures ecclésiales. Tout en pointant les risques d’une hypertrophie de l’élément institutionnel dans l’Église, le théologien baptiste répond ainsi au « préjugé anti-institutionnel » des protestants. L’Église est-elle une communion spirituelle des croyants ou une institution structurée ? Sans les opposer, A. Nisus veut penser théologiquement l’articulation entre cette double dimension de l’Église. Critique d’une vision « associationniste » de l’Église qui marque sa propre tradition (où l’on souligne la libre décision de croyants individuels de s’associer), il regrette la trop grande indépendance des Églises locales dans le modèle congrégationaliste. Non sans audace, ce livre majeur invite même les Églises évangéliques à retrouver le ministère d’épiscopè dont les premiers baptistes s’étaient dotés.

Franck LEMAÎTRE

coll. Cogitatio fidei 282, Paris, Cerf, 2012, 508 p., 45 euros, 978-2-204-09454-2



 


Quelle âme pour l’Europe ? 250 communautés et mouvements chrétiens ensemble pour l’Europe

 

23 juin 2014 2014

Gérard TESTARD

Pour mieux comprendre la dynamique d’Ensemble pour l’Europe, on lira avec profit ce livre qui en explique les origines et les intuitions. G. Testard y rend compte du « pacte d’amour » – cette culture de la rencontre, de la collaboration et de l’encouragement mutuel – qui lie les mouvements et communautés nouvelles dont les membres appartiennent à toutes les confessions chrétiennes. Il analyse aussi les sept « oui » qui guident leur démarche : oui à la vie, à la famille, à la création, à une économie au service de l’homme, à la solidarité avec les pauvres et les défavorisés, à la paix, à la responsabilité envers toute la société. Pour l’A., cette « Europe des cœurs » peut aider les nations européennes dans le processus d’union de leurs destins.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Vie des hommes, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité, 2012, 19 euros, 212 p., 978-2-853136631



 


Prier 15 jours avec Yves Congar, acteur majeur du concile Vatican II

 

23 juin 2014 2014

Daniel BLAJ

Pour mieux cerner les intuitions du concile Vatican II, Daniel Blaj (Centre théologique de Meylan) a choisi de s’appuyer sur la pensée d’Yves Congar autour de quelques thèmes majeurs : l’Église, l’œcuménisme, l’incroyance, la parole de Dieu, le Dieu biblique, Jésus-Christ, la place de l’homme, la Tradition. On comprend mieux les orientations de Vatican II, entre enracinement dans la tradition et nécessaires renouvellements, en lisant ce portrait de l’authentique réformateur que Congar brossait en 1950 : « Pour garder à la sève chrétienne la vigueur de pousser ses bourgeons au-delà des encroûtements de l’histoire, il faut que l’Esprit qui besogne dans l’Église se suscite des serviteurs dont la fidélité aille au-delà d’un conformisme au “tout fait” ».

Franck LEMAÎTRE

Coll. Prier 15 jours 152, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité, 2012, 128 p., 12,50 euros, 978-2-853136648



 


Traité fondamental de la foi. Études sur le concept du christianisme

 

23 juin 2014 2014

Karl RAHNER

Pour ouvrir la publication complète des œuvres de Rahner en français, les éditions du Cerf ont réimprimé son Traité fondamental de la foi, dans la traduction qu’en avait donnée Gwendoline Jarczyk en 1983. C’est dans cette présentation organique de l’ensemble de la foi chrétienne que le théologien jésuite (1904-1984) cherchait à exprimer ce que le christianisme annonce de fondamental. Dans ce volume 26 de l’Édition critique autorisée des Œuvres, on pourra relire le chapitre intitulé « Le christianisme comme Église », et notamment le commentaire de Rahner sur le sola gratia, sola fide, sola Scriptura de la « christianité évangélique » (comprendre le protestantisme).

Franck LEMAÎTRE

Œuvres 26, Paris, Cerf, 2011, 586 p., 39 euros, 978-2-204-09285-2



 


Nous avons cheminé ensemble. Un itinéraire œcuménique

 

23 juin 2014 2014

Maurice René BEAUPÈRE

Livre d’entretien avec Béatrice Soltner, journaliste à RCF. Une relecture personnelle des événements œcuméniques des dernières décennies.

Franck LEMAÎTRE

Lyon, Olivétan, 2012, 192 p., 20 euros, 978-2-35479-156-8



 


À l’écoute du Père Pierre Michalon

 

23 juin 2014 2014


Tous les écrits du P. Pierre Michalon (1911-2004), grande figure de l’œcuménisme lyonnais, ont été patiemment rassemblés et édités grâce aux moniales bénédictines de l’abbaye de La Rochette. Ces Opera omnia comprennent des textes d’importance inégale et de toutes natures (articles, lettres, retranscriptions de prédications, recensions de livres) autour de quelques thèmes majeurs touchant à l’œcuménisme.
À la mort de l’abbé Paul Couturier, Michalon, docteur en théologie et licencié en Écriture Sainte, était déjà membre du Groupe des Dombes depuis 1947. Il est appelé à Lyon pour développer les intuitions de celui qu’on a appelé « l’apôtre de l’unité ». Le prêtre de Saint Sulpice va fonder et animer pendant des décennies le centre œcuménique « Unité Chrétienne », en dirigeant la revue du même nom. Expert du Secrétariat pontifical pour l’unité des chrétiens pendant Vatican II, il crée au sortir du Concile la première chaire d’œcuménisme dans une faculté de théologie française, tout en devenant le premier délégué à l’œcuménisme du diocèse lyonnais.
Dans cet ensemble touffu où le principe de répartition des textes échappe souvent au lecteur (les commentaires sur Vatican II, dispersés dans différents volumes, n’auraient-ils pas gagné à être rassemblés ?), on pourra lire avec profit le volume 6 intitulé « Avec l’Abbé Couturier », davantage centré sur la spiritualité œcuménique.

Franck LEMAÎTRE

Belmont-Tramonet (73), Abbaye de la Rochette, 10 volumes, 2006-2011



 


Théologie ascétique et mystique de l’Église orthodoxe

 

23 juin 2014 2014

Dimitru STANILOE

Staniloe (1903-1993) fut sans doute le plus grand théologien orthodoxe du XXe siècle en Roumanie, où il contribua à la redécouverte de Grégoire Palamas et de la Philocalie (anthologie de textes ascétiques). Dans ce traité en trois parties (purification, illumination et divinisation), il dénonce la « réduction des créatures à de simples biens de consommation » qui fait de l’être humain « un esclave du monde, soumis qu’il est aux appétits corporels absolutisés ».

Franck LEMAÎTRE

Coll. Orthodoxie, Paris, Cerf, 2011, 480 p., 45 euros, 978-2-204-09044-5



 


Devancer son époque. La science liturgique à l’Université de Fribourg, Suisse : histoire, concepts, projets

 

23 juin 2014 2014

Martin KLÖCKENER & Bruno BÜRKI (éds)

Alors que s’ouvrent les célébrations du cinquantenaire du concile Vatican II, on (re)découvre avec intérêt le travail des précurseurs. C’est en 1956, à la demande des évêques de Suisse, qu’est créée une chaire distincte de science liturgique à la faculté de théologie de Fribourg, qui va « devancer son époque » en privilégiant une approche scientifique de la liturgie, avec des instruments empruntés aux sciences humaines. L’ouvrage bilingue retrace un demi-siècle d’histoire de cette chaire, plusieurs chapitres analysant la contribution de ses deux premiers directeurs, Anton Hänggi et Jakob Baumgartner, à la frontière des aires germanique et francophone. Sans nier les différences – voire les divergences – entre confessions chrétiennes dans la compréhension théologique de la liturgie, le pasteur réformé Bruno Bürki, qui a été professeur titulaire dans cette faculté fribourgeoise, montre combien la science liturgique est devenue une discipline « nécessairement et essentiellement œcuménique ».

Franck LEMAÎTRE

Fribourg, Academic Press, 2011, 256 p., 44 CHF, 978-3-7278-1634-5



 


La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle

 

23 juin 2014 2014

Sébastien FATH & Jean-Paul WILLAIME (dir)

Dans cet ouvrage sont rassemblées les 24 contributions issues d’un colloque organisé à l’initiative de la Fédération protestante de France en novembre 2010, au moment où naissait le Conseil national des Évangéliques de France. Les deux éditeurs scientifiques y défendent une double thèse, qui tient dans les mots du sous-titre. Il faudrait d’une part parler d’un essor du protestantisme en France, ou du moins d’un « robuste maintien », alors qu’on s’interrogeait il y a quelques années sur sa « précarité » (cf. Le protestantisme doit-il mourir ? de Baubérot). Il y aurait par ailleurs une recomposition des différenciations intra-protestantes. Luthéro-réformés et évangéliques seraient désormais assez proches dans leur engagement œcuménique alors que sur les relations interreligieuses demeurerait « un véritable clivage » en raison de la posture conversionniste des pentecôtistes et des évangéliques de sensibilité « piétiste orthodoxe ».
On lira avec intérêt les pages remarquablement synthétiques que Willaime consacre aux « mille et un visages de l’œcuménisme » en France, qu’il estime foisonnant et d’une « incontestable vitalité ».
Même si les théologiens sont absents, ce travail scientifique devient un outil incontournable sur le protestantisme français contemporain, notamment pour ces précieuses annexes : cartes, tableaux, résultats de deux sondages : l’un portant sur l’ensemble des protestants français ; l’autre sur les pasteurs (malheureusement limité à ceux de la FPF), et trente pages de bibliographie.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Religions et modernités, Genève, Labor et Fides, 484 p., 39 euros, 978-2-8309-1429-0



 


Les écrits fondateurs. Dieu nous veut heureux

 

23 juin 2014 2014

Frère Roger, de Taizé

Inaugurant une nouvelle collection consacrée aux écrits de frère Roger, ce livre rassemble des textes rédigés entre 1941 et 2001 par celui qui fut « fondateur jusqu’au bout de son existence ».

En lisant les versions successives de ces règles de vie, on est frappé par la grande continuité dans les choix. Dès 1941, par exemple, Roger Schutz stipule que le responsable de la communauté doit désigner son successeur.
Dans ces documents d’abord destinés aux frères « qui mènent de façon exposée l’ardent combat de l’unité » transparaissent les grandes orientations « missionnaires » de frère Roger pour l’accueil des jeunes notamment (« tu éveilles au Christ avant tout par ta propre vie ») ainsi que ses craintes (que la prière commune soit exprimée « dans un langage transpirant l’ennui »).

Franck LEMAÎTRE

Taizé, Presses de Taizé, 2011, 176 p., 15 euros, 978-2-85040-319-4



 


Sœur Minke de Grandchamp. Entretiens

 

23 juin 2014 2014

Michel CORNUZ

Sœur Minke, qui a été prieure de la communauté de Grandchamp en Suisse pendant presque 30 ans, nous livre un récit autobiographique en forme d’entretiens. Selon ses propres termes, elle est toujours « étonnée de ce que Dieu a pu réaliser à travers [elle] ». Le lecteur est en effet impressionné par le nombre de lieux que la jeune Hollandaise a traversés : de son pays natal à sa communauté près de Neuchâtel, en passant par ses fraternités en banlieue de Paris, à Alger, ou à Beyrouth. Non moins étonnante la diversité des traditions chrétiennes qui ont stimulé cette femme d’origine réformée aussi bien que cette communauté née, comme Taizé et Pomeyrol, dans la redécouverte de la vie commune et monastique en milieu protestant au XXe siècle.

Ken YAMAMOTO

Coll. Itinéraires spirituels,
Genève, Labor et Fides, 2011, 180 p.,
23 euros,
978-2-8309-1415-3



 


Auguste Sabatier. Un théologien à l’air libre (1839-1901)

 

23 juin 2014 2014

Bernard REYMOND

Étude synthétique sur la vie et la pensée de Sabatier, fondateur de la faculté de théologie protestante de Paris. On y montre l’originalité de ce théologien dans les débats entre orthodoxes et libéraux protestants du XIXe siècle. On notera notamment sa proximité avec le catholique Newman dans sa compréhension de l’évolution des dogmes.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Histoire et société 55, Genève, Labor et Fides, 2011, 144 p., 19 euros, 978-2-8309-1435-1



 


Le jour du Saint-Esprit

 

23 juin 2014 2014

Sainte Marie de Paris

Sont ici rassemblés des écrits de Mère Marie Skobtsov (1891-1945), russe d’origine, moniale orthodoxe en France, canonisée par le Patriarcat de Constantinople en 2004. Celle qui mourra en déportation en Allemagne estimait que le christianisme était entré dans l’ère du martyre : « l’unité divino-humaine tant espérée s’est muée en face grimaçante de la bête-homme-qui-veut-se-faire-dieu ».

Franck LEMAÎTRE

Coll. L’histoire à vif, Paris, Cerf, 2011, 594 p., 40 euros, 978-2-204-09706-2



 


Vivre la diversité. L’Église dans une société multicultuelle

 

23 juin 2014 2014


Faut-il privilégier des Églises rassemblant des fidèles d’une même culture ou, au contraire, préférer des Églises multiethniques ? Dix auteurs (sociologues, théologiens) éclairent les enjeux de la multiculturalité dans la société et dans les communautés chrétiennes (Églises polyglottes, mariages interculturels…).

Franck LEMAÎTRE

Cahiers de l’École pastorale, hors-série n° 13, Croire publications, 148 p., 13 euros, 978-2-85509-201-0



 


La rencontre de Jésus. Un parcours de sainteté en saint Jean

 

23 juin 2014 2014

Vincent JORDY

D’abord rédigées pour des retraitants, ces méditations sur l’évangile de Jean commentent les rencontres de Jésus (avec ses disciples, avec sa mère, avec Nicodème, avec la femme de Samarie...) et dessinent un chemin de vie chrétienne pour tous. Chaque chapitre se termine par un paragraphe intitulé « À moi maintenant de m’interroger » qui invite le lecteur à mettre en œuvre, dans son cheminement spirituel, un parcours de sainteté. Commentant la « prière sacerdotale » de Jésus en Jn 17, le nouveau président du Conseil pour l’unité des chrétiens affirme : « de l’unité à venir des disciples dépend la crédibilité à venir du message évangélique ».

Franck LEMAÎTRE

Coll. Épiphanie, Paris, Cerf, 2011, 230 p., 15 euros, 978-2-204-09227-2



 


Rapporti Chiesa-Stato / Church and State relations

 

23 juin 2014 2014

CONSILIUM CONFERENTIARUM EPISCOPORUM EUROPAE

Après l’expérience positive du premier forum catholique/orthodoxe (Trente, décembre 2008) sur le thème La famille : un bien pour l’humanité, 17 délégués des Conférences épiscopales catholiques d’Europe, et 17 représentants des Églises orthodoxes en Europe ont discuté des relations que leurs Églises respectives entretiennent avec l’État.

Sous un angle historique ou théologique, les 21 contributions rassemblées dans ce livre (huit en français, les autres en italien ou en anglais) passent en revue les différents modèles que les nations européennes ont développés pour encadrer juridiquement les communautés religieuses avec leurs structures pastorales, sociales et éducatives. Comme le rappelle Mgr Roland Minnerath, l’un des contributeurs, « les relations Église-État ont été vécues différemment selon que l’on se place dans le contexte du catholicisme occidental, de l’orthodoxie orientale ou du protestantisme ».

Ce deuxième forum (Rhodes, octobre 2010) aura permis un rapprochement des points de vue. Dans un communiqué final, les participants ont encouragé un système de séparation avec coopération entre l’Église et l’État : « La séparation est à comprendre au sens de la distinction des domaines politique et religieux, et non au sens d’une ignorance mutuelle […]. Indépendance et autonomie réciproque doivent permettre une coopération spécifique et harmonieuse entre les deux institutions ».

Franck LEMAÎTRE

Bologne, Centro editorial dehoniano, 2011, 246 p., 20 euros, 978-88-10-14065-9



 


L’Église et ses institutions

 

23 juin 2014 2014

Jean ZIZIOULAS

Au fil des vingt-quatre articles de Jean Zizioulas réunis dans ce volume, on retrouve les grands thèmes de l’ecclésiologie du théologien orthodoxe devenu Métropolite de Pergame. On y perçoit aussi une compréhension exigeante de l’unité de l’Église. Préconisant une « juste synthèse entre christologie et pneumatologie en ecclésiologie », Zizioulas estime que l’unité recherchée n’est « ni l’absorption dans un sens confessionnaliste où une Église en absorbe une autre ni une “diversité réconciliée” dans laquelle l’Église est composée de corps confessionnels qui n’ont aucune relation structurée les uns avec les autres » mais une unité dans laquelle « les identités confessionnelles doivent être prêtes, comme les tentes, à se démonter de façon à devenir l’Église une, sainte, catholique et apostolique ». Au sujet des commissions mixtes de dialogue, le théologien orthodoxe interroge : « La théologie est-elle autorisée à aller jusqu’à la dissolution des entités confessionnelles, ou bien est-elle simplement utilisée pour apporter aux différentes confessions une espèce de coexistence pacifique ? ».
Ici ou là on sera gêné par cet assemblage de textes disparates, non situés dans le temps. Pour comprendre la pertinence des propos de Zizioulas sur les textes de Foi et Constitution ou ceux qu’il adresse à la Conférence de Lambeth (laquelle ?), il aurait fallu indiquer clairement la date de leur première publication.

Franck LEMAÎTRE

Coll. Orthodoxie, Paris, Cerf, 2011, 522 p., 44 euros, 978-2-204-08600-4



 


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