Unité des chrétiens
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Décembre 2016



Trente-neuviève Rencontre européenne de Taizé

 

13 octobre 2017 2017

28 décembre 2016 / Riga

La 39e rencontre européenne organisée par la communauté de Taizé a réuni près de 15 000 jeunes chrétiens de confessions différentes du 28 décembre 2016 au 1er janvier 2017, à Riga, la capitale de la Lettonie, sous le thème « ensemble ouvrir des chemins d’espérance ». Cette première rencontre dans un pays au bord de la mer Baltique, a conjugué prières œcuméniques, visites culturelles, temps de silence et de très nombreux ateliers traitant de sujets aussi variés que « l’Europe aujourd’hui – que pouvons-nous faire pour l’unité du continent ? », « Mère Marie Skobtsova, une sainte orthodoxe pour aujourd’hui », « Vivre sa foi dans le contexte professionnel », sans oublier « La Lettonie et sa musique traditionnelle, la danse, le kokle [1] ». Frère Alois, le prieur de la communauté, a dévoilé ses quatre propositions pour l’année 2017 : « tenir ferme dans l’espérance, elle est créatrice », « simplifier notre vie pour partager », « être ensemble pour que se dévoile la dynamique de l’Évangile » et « faire grandir la fraternité pour préparer la paix » ; il s’agirait en somme de « croire à la présence de l’Esprit Saint en nos cœurs et dans le monde » et d’acquérir « la paix intérieure ».

Plusieurs responsables d’Églises ont adressé des messages à l’occasion du rassemblement. Le pape François a invité les jeunes « à manifester en paroles et en actes que le mal n’est pas le dernier mot de notre histoire », même si « beaucoup de personnes » ont l’impression aujourd’hui qu’il « est plus fort que tout ». Le patriarche œcuménique Bartholomée a appelé à « réinvestir la fraternité par la solidarité » et « faire de la paix l’horizon de notre espérance ». Le pasteur Martin Junge, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, a rappelé que le « désir d’être ensemble […] est connu depuis le temps des apôtres », qui ont accompli des voyages périlleux « uniquement à cause de leur grand désir de se retrouver avec d’autres croyants » ; une voie dans laquelle il a invité les jeunes à persévérer, malgré le fait qu’aujourd’hui ce « n’est pas une chose évidente ». L’archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, a assuré qu’« ensemble en Christ » les chrétiens peuvent ouvrir des chemins d’espérance « même là où des personnes ont été entraînées dans les impasses du cynisme et du désespoir ».

La prochaine rencontre européenne de Taizé se tiendra du 28 décembre 2017 au 1er janvier 2018 dans la ville suisse de Bâle. (d’après taize.fr)

Photo : © taize.fr



[1Un instrument traditionnel letton à cordes pincées.

 


Prière pour les 26 Coptes assassinés

 

13 octobre 2017 2017

18 décembre 2016 / Châtenay-Malabry

Un attentant à la bombe a été perpétré le 11 décembre 2016 dans l’Église copte orthodoxe Saint-Pierre et Saint-Paul, contiguë à la cathédrale Saint-Marc au Caire. En pleine messe dominicale, un explosif de douze kg a été déclenché par un jeune kamikaze dans la partie réservée aux femmes et aux enfants faisant 26 morts et une cinquantaine de blessés. L’attentat, revendiqué par Daech, a été condamné par plusieurs responsables d’Églises, qui ont manifesté leur solidarité aux victimes. Ainsi, le pape François, a appelé Tawadros II, patriarche copte orthodoxe, pour lui présenter ses « condoléances », tout en affirmant : « nous sommes unis par le sang de nos martyrs ». Le président de la Fédération luthérienne mondiale et évêque de Jérusalem Munib Younan, qui a effectué le 20 décembre 2016 une visite au Caire en signe de « solidarité avec l’Église copte orthodoxe, connue comme Église martyre », a déclaré : « si ceux qui ont commis ce crime horrible pensent qu’ils effrayeront les chrétiens arabes au Moyen-Orient, ils se trompent ». La Fédération protestante de France a fait part, dans un communiqué, « de sa solidarité auprès des familles des victimes du fanatisme et de la haine ». Dans une déclaration, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France s’est indignée « devant le terrorisme aveugle qui continue de frapper les innocents dans la région du Moyen-Orient », tout en rappelant que les chrétiens coptes orthodoxes sont des « citoyens loyaux à l’Égypte depuis des siècles » et qui « n’ont eu de cesse de réclamer, pacifiquement leur droit à vivre en paix ».

À Châtenay-Malabry, une cérémonie, présidée par Mgr Marcos, évêque copte de Paris et du Nord de la France, a réuni le 18 décembre 2016 en l’église Sainte-Marie Saint-Marc de nombreux prêtres coptes, dont le père Guirguis Lucas recteur de la cathédrale, une foule nombreuse de fidèles, de responsables politiques français et égyptiens, de représentants de différentes Églises chrétiennes ainsi que des responsables musulmans et juifs. La procession de jeunes enfants vêtus de blanc portant 26 bougies en mémoire des martyrs, les chants et les textes bibliques invitaient au recueillement, à la méditation sur la croix du Christ tout en témoignant de l’amour du prochain et de l’attachement des Coptes à leur patrie l’Égypte. (d’après fr.radiovaticana.va, lutheranworld.org, protestants.org, aeof.fr et Christine Roberge)

Photo : © Thomas Wallut
Mgr Marcos lors de la cérémonie.



 


L’indisponibilité de la dignité humaine

 

13 octobre 2017 2017

10 Décembre 2016 / Suisse

À l’occasion de la Journée des droits humains du 10 décembre 2016, une déclaration œcuménique, intitulée « Entre faire et laisser-être : l’indisponibilité de la dignité humaine » a été rendue publique. Cosigné par Gottfried Locher, président de la Fédération des Églises protestantes de Suisse, Mgr Charles Morerod, président de la Conférence des évêques catholiques suisse et Mgr Harald Rein de l’Église vieille-catholique de Suisse, le texte stipule que « la dignité précède toujours l’autodétermination », autrement dit, elle « n’a rien à voir avec la libre disposition de soi ». Ainsi, « c’est toujours la dignité d’autrui qu’il faut protéger », puisque « l’être humain ne peut garantir lui-même sa dignité ». Énumérant les personnes « en proie à la terreur, la violence et la corruption », mais aussi « les fœtus auxquels un diagnostic prénatal prédit une vie avec un handicap », le document déplore le fait qu’une partie de l’humanité « décide de la vie d’une autre ». « Peut-être le temps n’est-il plus très éloigné », s’interrogent les signataires, « où les personnes âgées devront justifier leur prétention à vivre ».

Une pétition de l’Acat, au sujet des soins médicaux apportés aux détenus non couverts par l’assurance-maladie en Suisse, accompagnait la déclaration. On y évoque le cas d’un détenu, souffrant « d’un problème urologique au niveau de la prostate », qui nécessite une intervention chirurgicale. Cependant, le patient ne peut pas bénéficier de l’opération nécessaire, mais seulement de « l’aide médicale d’urgence », autrement dit « des traitements destinés à assurer sa survie en cas d’extrême nécessité », pour la simple raison qu’il n’était pas domicilié en Suisse au moment de son arrestation. « Il est inimaginable que cet état de fait puisse être supporté », s’indigne son médecin. En effet, il n’a cessé de constater la dégradation de la santé de l’homme de 61 ans, qui dans un premier temps devait « se lever jusqu’à dix fois par nuit pour uriner de petites quantités », alors qu’à présent, il « doit […] porter des couches ». Rappelant que dans les prisons suisses près de « 2000 personnes ne sont pas couvertes par une assurance-maladie », la pétition demande « une réglementation uniforme sur le financement de [leurs] soins médicaux ». (d’après kirchenbund.ch, eveques.ch, acat.ch)



 


« Sommes-nous seuls dans l’Univers ? »

 

13 octobre 2017 2017

9 Décembre 2016 / Paris

Le 9 décembre 2017, la chaire Kairos [1] a organisé, sous l’égide de l’Institut supérieur d’études œcuméniques [ISEO] de l’Institut catholique de Paris, une soirée œcuménique sur le thème « Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Le cosmos interrogé par l’astrobiologie et la théologie ». C’est la pasteure Anne Marie Reijnen, titulaire de ladite chaire, qui a ouvert la soirée en faisant part des recherches auxquelles elle a pu participer de septembre 2015 à juin 2016 au sein du Centre d’études théologiques (Centre of Theological Inquiry) de Princeton, dans le New Jersey, dans le cadre d’un programme, financé par la NASA et la John Templeton Foundation, s’interrogeant sur l’impact de la théologie et de l’éthique dans le domaine de l’astrobiologie [2]. Dans son exposé, elle a élaboré une figure théologique de l’espace au carrefour des cosmologies scientifique et chrétienne. Les contributions de Katherine Shirk-Lucas, catholique, responsable des étudiants et enseignante à l’ISEO, et de Goran Sekulovski, orthodoxe, enseignant à l’Institut Saint-Serge et assesseur de l’ISEO ont mis en lumière, respectivement, la dimension de l’espoir suscité par l’aventure des premiers astronautes, et l’importance des traditions patristiques concernant la création continue, l’anthropologie chrétienne et la juste interprétation des fins dernières. Ensuite, un débat riche et vivant eut lieu avec le public, dont la diversité œcuménique était elle aussi assurée, notamment par la présence de participants épiscopaliens-anglicans et d’enseignants du Centre Sèvres. (d’après Anne Marie Reijnen)



[1La chaire Kairos au sein de l’ISEO conjugue recherche en théologie œcuménique et dialogue avec les cultures.

[2L’astrobiologie, parfois appelée exobiologie, est un nouveau champ scientifique, interdisciplinaire, dont l’objet est l’étude de la vie d’un point de vue planétaire : son origine sur notre planète, sa prolifération dans le cosmos ("habitabilité"), ainsi que son évolution dans l’Univers. Ce nouveau champ d’investigation mobilise la chimie, la géologie, la biologie et l’astrophysique, tout en s’appuyant sur l’astronomie ainsi que sur les progrès remarquables dans l’observation des phénomènes de l’espace, tant par les télescopes terrestres que spatiaux (missions de Hubble, entre autres).

 


« Cinquante ans après Vatican II, les défis de l’œcuménisme »

 

13 octobre 2017 2017

6 Décembre 2016 / Strasbourg

C’est dans le cadre des festivités pour le cinquième centenaire de la Réforme que la ville de Strasbourg a accueilli, le 6 décembre 2016, le cardinal Kurt Koch, qui a donné une conférence dans la cathédrale catholique de la capitale d’Alsace, sous l’intitulé « Cinquante ans après Vatican II, les défis de l’œcuménisme » . Après avoir présenté une synthèse historique des divisions des chrétiens, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a insisté sur « les profonds changements qui ont marqué l’œcuménisme au cours des dernières années et décennies ». Notant qu’aujourd’hui « il n’existe pratiquement plus de consensus sur ce que l’on entend par rétablissement de l’unité de l’Église », il a souligné que cette problématique « doit être abordée d’urgence », car « les diverses Églises risquent d’avancer dans des directions différentes » et se rendre compte ensuite « qu’elles se sont encore plus éloignées qu’elles ne l’étaient auparavant ». « Une des grandes tâches qui incombe à l’œcuménisme », a-t-il insisté, est « l’élaboration d’une anthropologie chrétienne commune œcuménique » [1]. Sans elle, « la voix chrétienne dans les sociétés sécularisées s’affaiblit ». En effet, si une ancienne « devise » du mouvement œcuménique, stipulait : « la foi divise, l’action unit », à présent, dans le domaine de l’éthique, c’est « le contraire qui prévaut généralement ». D’emblée, « l’abandon par principe de l’idée d’unité est […] caractéristique du postmodernisme », qui se contente d’« une reconnaissance tolérante de la multiplicité et de la diversité ». Ainsi, aujourd’hui, une telle démarche peut sembler « non seulement irréaliste, mais aussi non souhaitable ». Or, selon le prélat, « il n’y a […] pas d’alternative à l’œcuménisme », en particulier dans un monde où « les persécutions de chrétiens sont plus nombreuses qu’au cours des premiers siècles ». Outre ces contretemps, « sans recherche de l’unité, la foi chrétienne renoncerait à elle-même ».

Photo : © I.K.
Christian Albecker, président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, le cardinal Kurt Koch et Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg, à l’issue de la conférence. Le dernier, atteint par la limite d’âge, a remis sa charge d’évêque au pape. Le 18 février 2017, Mgr Luc Ravel, jusqu’à présent évêque du diocèse aux Armées françaises, a été nommé pour lui succéder.



[1La conférence était publiée dans le Documents Épiscopat (n° 12 - 2016).

 


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