Unité des chrétiens
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Octobre 2017



La Communion anglicane rejoint la Déclaration commune sur la justification

 

4 janvier 2018 2018

31 octobre 2017 / Londres

La Communion anglicane s’est officiellement jointe [1] à la Déclaration commune sur la doctrine de la justification [2] le 31 octobre 2017, lors d’une célébration oecuménique à l’abbaye de Westminster, dédiée au cinquième centenaire de la Réforme. Des représentants des Églises ayant déjà adopté la déclaration, dont Mgr Brian Farrel, secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité chrétienne, pasteur Martin Junge, secrétaire général de la Fédération luthérien mondiale [FLM], Ivan Abraham Williams du Conseil méthodiste mondial et Chris Fergusan, secrétaire générale du Conseil mondial des Églises réformées [3] ont participé à l’office oecuménique, célébré en plusieurs langues et introduit par un concert, donné par onze chorales luthériennes, venues du monde entier.

« La Réforme a ré-ouvert l’Église tout entière à des vérités éternelles » a affirmé dans son homélie l’archevêque de Canterbury Justin Welby avant de faire siennes les paroles du prédicateur de la Maison pontificale le père Cantalamessa « la justification par la foi […] doit être prêchée par toute l’Église et avec plus de vigueur que jamais » notamment « en opposition à la prétention des gens aujourd’hui qu’ils peuvent se sauver eux-mêmes par leur science, leur technologie ou leur spiritualité artificielle, sans avoir besoin d’un rédempteur ».

« Toutes les Églises historiques occidentales ont maintenant une compréhension commune de la justification » se réjouissait la pasteure Kaisamari Hintikka, secrétaire générale adjointe de la FLM avant de constater « ce qui était autrefois facteur de division est maintenant un sujet qui nous unit ». (d’après Jane Stranz, lutheranworld.org et anglicannews.org)

Photo : © Andrew Dunsmore / Westminster Abbey



[1Une démarche fondée sur la résolution 16.17 du Conseil exécutif anglican, adoptée lors de leur assemblée en Lusaka (Zambie, octobre 2016).

[2Consensus oecuménique initialement signé par la Fédération luthérienne mondiale et l’Église catholique en 1999.

[3La dernière Église ayant officiellement adhérée à la Déclaration commune sur la justification le 5 juillet 2017 lors d’une célébration oecuménique à Wittenberg (cf. Unité des Chrétiens n° 188, octobre 2017, pp. 35-36).

 


Décès de l’archiprêtre Nicolas Lossky

 

4 janvier 2018 2018

23 octobre 2017 / Paris

L’archiprêtre Nicolas Lossky [1] est décédé à Paris le 23 octobre 2017, à l’âge de 87 ans. Membre de la commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des Églises [COE] pendant vingt-cinq ans et du Groupe mixte de travail entre l’Église catholique et le COE durant huit ans, il a également œuvré pour l’unité des chrétiens au niveau national au sein du Comité mixte de dialogue catholique-orthodoxe pendant plus de vingt ans et au Conseil d’Églises chrétiennes en France, dont il fut le premier membre orthodoxe, qui ne soit ni prêtre ni évêque. Petit-fils du philosophe russe Nicolas Lossky et fils du théologien orthodoxe Vladimir Lossky, docteur ès lettres, professeur émérite de civilisation britannique à l’université de Paris-X-Nanterre et professeur d’histoire de l’Église en Occident à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, il a également enseigné à l’Institut supérieur d’études œcuméniques, dont il fut le directeur. Ordonné diacre en 2003 et prêtre en 2006 au sein du Patriarcat de Moscou, père Nicolas a desservi, pratiquement jusqu’à son dernier souffle, la paroisse Notre-Dame-joie-des-affligés et Sainte-Geneviève à Paris.

Photo : D.R.



 


Dialogue anglican-orthodoxe oriental : accord sur le Saint-Esprit

 

3 novembre 2018 2018

23 - 28 Octobre 2017 / Dublin

La commission internationale anglican-orthodoxe orientale est parvenue à un accord sur la « Procession et l’œuvre du Saint-Esprit » à l’issue de sa sixième réunion à Dublin (Irlande) du 23 au 28 octobre 2017. Le texte, cosigné par les deux coprésidents de la commission, respectivement le révérend Gregory Cameron et le métropolite Bishoy le 26 octobre 2017 dans la cathédrale de Dublin, comprend deux parties : une sur la procession du Saint-Esprit et une autre sur son envoi dans le temps. Reprenant
les fruits des travaux des deux précédentes réunions sur le sujet [1], le document, décliné en 19 points, affirme que « le texte original du credo de Nicée-Constantinople de 381 n’inclut pas une clause se référant à la procession du Saint-Esprit, comme du Père et du Fils (Filioque), mais seulement du Père ». Considérant l’ajout du Filioque comme « une interpolation, mise irrégulièrement dans le texte du credo et dépourvue de toute autorisation canonique » ou comme « une erreur, car il brise l’ordre à l’intérieur de la Trinité et met en question le rôle du Père comme source », les signataires ont distingué deux niveaux de l’envoi de l’Esprit : celui relatif à l’essence divine et les relations intratrinitaires, et celui lié à l’économie divine ou la relation de Dieu au monde. Ainsi, ils ont différencié « la procession éternelle du Saint-Esprit venant du Père seul et l’envoi du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, du Père à travers le Fils ». Tout en comprenant « les circonstances historiques » ayant conduit à l’ajout du Filioque, que les anglicans « interprètent généralement dans le sens de la mission temporelle du Saint-Esprit », ils affirment également, en suivant l’accord de Moscou de 1976 issu du dialogue bilatéral anglicanorthodoxe, que « le Filioque ne devrait pas être inclus dans le credo ». La commission, dont la prochaine rencontre se déroulera du 23 au 27 octobre 2018 au Liban, a poursuivi ses travaux sur le thème « autorité dans l’Église », tout en discutant de l’impact du terrorisme sur les Églises au Proche-Orient et en priant en particulier pour les métropolites d’Alep Paul Yazigi (grec-orthodoxe) et Yohanna Ibrahim (syriaqueorthodoxe), enlevés en avril 2013 et dont le sort reste toujours inconnu. (d’après anglicancommunion.org)



[1Celle de Hawarden Wales en 2015 et celle d’Antélias au Liban en 2016.

 


Premières « Journées œcuméniques en Haute-Loire »

 

4 janvier 2018 2018

21 - 22 octobre 2017 / Puy-en-Velay

« La Réforme en Haute-Loire », tel était le thème des premières « Journées œcuméniques en Haute-Loire », organisées au Puy-en-Velay sous la houlette du Conseil pour l’œcuménisme en Haute-Loire [1] les 20 et 21 octobre 2017. Plus de 160 personnes de différentes Églises chrétiennes ont participé à ce rendez-vous oecuménique, alliant des conférences et des temps de prière, conduites par les communautés du Chemin Neuf et les Diaconesses de Reuilly.

Les exposés ont porté non seulement sur les Réformateurs Luther et Calvin et le « paysage » historique et spirituel local du XVe siècle, mais aussi sur le contexte théologique complexe, marqué notamment par une « Mariolâtrie » très prononcée, dans lequel est née la Réforme, l’arrivée des Jésuites au Puy et la spiritualité ignatienne comme une autre volonté de « se réformer ». Une table ronde, une présentation de scènes bibliques par le groupe oecuménique local des conteurs et une célébration oecuménique finale ont clôturé ces journées. En souvenir un pommier a été planté. (d’après Matthias Leibl, délégué diocésain à l’œcuménisme)

Photo : © catholique-lepuy.fr
Isabelle Sélior, responsable de l’Église baptiste au Puy-en-Velay, Pierre Reversat, pasteur de Saint-Agrève et président du Consistoire de la Montagne de l’Église protestante unie de France [ÉPUdF], Alain Olivès, pasteur de l’ÉPUdF du Puy-en-Velay de et Mgr Crepy, évêque du diocèse du Puy-en-Velay plantent un arbre en souvenir des journées œcuméniques.



[1Créée au début de l’année 2017, cette instance regroupe des représentants des Églises évangélique et baptiste, de la Communauté de Saint Voy des Diaconesses de Reuilly, de l’Église protestante
unie de France, ainsi que le Conseil diocésain pour l’œcuménisme.

 


Célébration œcuménique

 

4 janvier 2018 2018

21 octobre 2017 / Orléans

Le 21 octobre 2017, une cérémonie oecuménique a réuni dans la cathédrale d’Orléans plus de 800 personnes, dont une centaine de choristes. Par une déclaration commune, les responsables chrétiens de la ville, où de nombreux protestants ont été tués lors de la Saint-Barthélémy en 1572, se sont engagés « à mettre en avant [leur] identité chrétienne commune, plutôt que [leurs] identités confessionnelles ». Dans la prédication assurée à deux voix, la pasteure Agnès Lefranc de l’Église protestante unie de France a expliqué « le choix de vivre ensemble cet événement » par le Christ – « le cep sur lequel, tous nous sommes attachés », dont le fruit le plus précieux, selon Mgr Blaquart, évêque d’Orléans, est « la fécondité de l’amour du prochain ». À l’issue de la célébration une plaque commémorative, par laquelle protestants et catholiques « ont rendu grâce pour les dons reçus à travers le renouveau occasionné par la Réforme » a été dévoilé dans l’édifice dont les troisquarts ont été détruits par les huguenotes en 1568. Placée tout près de celle faisant écho à la réédification de la cathédrale par Henri IV et Marie de Médicis en 1601, la plaque a été volée un mois après son inauguration. « On ne va pas se laisser intimider », commente le recteur de la cathédrale, le père Chatillon tout en affirmant qu’« une nouvelle plaque sera apposée ». (d’après RCF, eglise-protestante-unie.fr, centreoecumenique-orleans.org et larep.fr)

Photo : © centre-oecumenique-orleans.org



 


Les chrétiens, la migration et l’accueil

 

16 octobre 2017 2017

Septembre - octobre 2017 / Italie - Portugal

Le groupe mixte de travail de l’Église catholique et du Conseil œcuménique des Églises a dédié sa réunion de Lisbonne (Portugal, 12-15 septembre 2017) à la consolidation de la paix et aux questions relatives aux migrants. Les vingt membres de l’assemblée, créée en 1965 [1], ont défini dans un communiqué final, la situation actuelle des réfugiés comme un « signe des temps », sollicitant non seulement « une réponse commune », mais aussi « des nouvelles voies » permettant aux Églises de « témoigner pour la justice et la paix » et veiller à ce que « la culture, la religion et même le dialogue » ne soient pas « utilisés à mauvais escient pour attiser les violences et les conflits ».

La Fédération des Églises protestantes d’Italie a organisé une conférence internationale et œcuménique, sur la vision chrétienne des frontières, ayant réunis plus de cent personnes, venues d’Europe et des États-Unis, du 30 septembre au 2 octobre 2017 à Palerme (Italie). « Être privé de sa patrie est une souffrance impossible à évaluer » a déclaré Diamando Vlassi, membre du Patriarcat œcuménique et représentant du COE, rappelant que la plupart des migrants souhaitent pouvoir rentrer chez eux. Face au bilan du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, dénombrant plus de soixante-cinq millions de personnes déplacées de force à travers le monde seulement pour l’année 2016, Doris Peschke, secrétaire générale de la Commission des Églises auprès des migrants en Europe, a souhaité donner des signes d’espoir, dont l’ouverture des « couloirs humanitaires » [2], rendue possible grâce à la collaboration œcuménique. (d’après oikoumene.org)

Photo : ©oikoumene.org
Dans le cadre de la conférence sur la vision chrétienne des frontières un service œcuménique a eu lieu à Lampedusa, en mémoire de la tragédie du 3 octobre 2013. Ce jour-là, une embarcation transportant plus de 500 migrants a pris feu et coulé au large de l’île italienne, faisant 368 morts.



[2Ainsi un projet œcuménique inauguré le 21 avril 2015 en Italie a permis aux mille réfugiés non seulement d’obtenir un visa humanitaire et éviter le « voyage de la mort », mais aussi de bénéficier de l’accueil des paroisses et communautés locales, en vue de leur pleine intégration. Dans le même esprit, des Églises chrétiennes en France se sont engagées à accueillir 500 migrants en l’espace de dix-huit mois

 


Un prêtre copte-orthodoxe assassiné

 

26 décembre 2017 2017

12 octobre 2017 / Caire

Le 12 octobre 2017, dans le quartier pauvre de Dar al-Salam au Caire, le prêtre copte orthodoxe Samaan Shehata a été poursuivi et agressé en pleine rue par un individu, lui infligeant plusieurs coups de couteau à la tête, au cou et au ventre. Il est mort sur place. « Pourquoi, quand il était étendu dans son propre sang, le service d’ambulance n’est-il pas arrivé pendant plus d’une heure et ne l’a pas traité par la suite ? », s’indignait Mgr Angaelos, évêque des Coptes orthodoxes du Royaume-Uni, faisant écho d’une « colère », dont il ne « [s]’excuse pas ». « Pourquoi son agresseur a été immédiatement considéré comme mentalement malade, sans un diagnostic professionnel », s’interrogeait-il, au sujet de l’auteur des faits, un musulman, originaire du même quartier, qui selon le journaliste égyptien Ezz Tawfiq, cité par le portail de l’Église copte orthodoxe, « avait adopté depuis un an des pensées radicales envers les chrétiens, s’en prenait toujours à eux et avait été interrogé par la police à plusieurs reprises ». « Cette colère n’est pas sans pardon, mais elle réclame justice et responsabilité », concluait le prélat, affirmant la nécessité d’approfondir ces questions « à tous les niveaux de la communauté et du leadership égyptiens ». Faisant sien le communiqué, l’archevêque Justin Welby s’est dit « profondément attristé par le meurtre brutal du père Samaan ».

À l’occasion du ce crime, l’Œuvre d’Orient a dénoncé, dans un écrit intitulé « vivre sa foi librement en Égypte », « le fanatisme religieux et culturel », visant « par sa violence préméditée […] les Coptes ». Par ce texte, l’association humanitaire, a invité, à l’instar du son directeur Mgr Pascal Golnisch, « les responsables musulmans » à « diffuser une doctrine permettant que les chrétiens de la région ne se sentent pas perpétuellement menacés dans leur propre pays ». (d’après copticcentre.blogspot.fr, copticocc.org, archbishopofcanterbury.org et oeuvre-orient.fr)

Photo : D.R.
Le père Samaan Shehata, lors d’une célébration liturgique.



 


Qu’est-ce qu’une tradition ?

 

16 octobre 2017 2017

9 octobre 2017 / Paris

Le 9 octobre 2017, l’Institut de théologie protestante à Paris [IPT] a organisé une soirée-débat autour du livre du Pierre Gisel Qu’est-ce qu’une tradition [1]. Le professeur de théologie systématique de l’IPT Frédéric Chavel a introduit les deux intervenants : le professeur honoraire de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne et auteur du livre, venu spécialement de Suisse et le professeur de patristique à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge Goran Sekulovski. « Ensemble nous nous réjouissions particulièrement de cette année où Saint-Serge est avec l’IPT dans les mêmes murs » [2], a-t-il encore remarqué, formulant le souhait que d’autres manifestations œcuméniques soient prochainement organisées afin « de profiter de cette rencontre ». Le premier intervenant a expliqué la crise des traditions aujourd’hui par la crise des médiations. « Même au sein des religions », on a tendance « à considérer spontanément […] les traditions » comme « des lieux de déviations », d’où le souhait de « revenir au kérygme du départ, au Jésus historique ». Or, « la tradition construit un type de rapport », constituant « la vie réelle des religions ». Pour pallier à ce problème, il a proposé non seulement de réfléchir sur « le statut des traditions » et considérer la tradition comme une « identité inscrite dans l’histoire des discontinuités », mais aussi d’approfondir l’articulation des traditions à des « réalités communes », sans pour autant les « dissoudre dans de l’universelle ». Son répondant, saluant la qualité de l’ouvrage, a souligné que la notion de tradition « reste un terme flottant », notamment dans le contexte de « la mondialisation techno-économique » où « plus on s’unifie plus on se fragmente » en créant « un vide d’appartenance », compensé par « les couches les plus archaïques », d’où l’impression d’un certain retour du religieux. Toutefois, la tradition, « cette écoute incessante de ce ceux qui nous ont précédés », peut combler cette lacune existentielle, à condition d’être « créatrice ».

Photo : D.R.
Goran Sekulovski, Pierre Gisel et Frédéric Chavel, lors de la soirée.



[1Cf. Qu’est-ce qu’une tradition ? : Ce dont elle répond, son usage, sa pertinence, Paris, Hermann, 2017

[2Faisait face à l’impossibilité momentanée de poursuivre son enseignement dans ses locaux, en raison d’une détérioration aggravée des sols entraînant d’importants travaux, l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge a dû déménager, afin de pouvoir poursuivre sa mission. Dans un geste œcuménique, l’Institut de théologie protestante de Paris a ouvert ses portes pour accueillir l’établissement orthodoxe.

 


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