Unité des chrétiens
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Guide de préparation au mariage

 

1er février 2020

Le Guide de préparation au mariage interconfessionnel catholique protestant est sorti !

Le numéro 194 d’Unité des Chrétiens, « Le mariage, signe d’alliances », racontait sa conception. Le Guide de préparation au mariage interconfessionnel catholique protestant est sorti !

Fruit des travaux du Comité mixte catholique / luthéro-réformé, le Guide de préparation au mariage interconfessionnel catholique protestant est né du désir du Conseil pour l’unité des chrétiens et des relations avec le judaïsme de la Conférence des évêques de France et de la Communion protestante luthéro-réformée de France d’offrir un guide pratique aux ministres et à toutes les personnes concernées par le mariage et la vie d’un couple mixte catholique et protestant. Publié en coéditions chez Salvator et Olivétan, cet ouvrage se compose de trois parties. Une première partie évoque les évolutions dans la vision du mariage. La deuxième partie présente les convergences et les particularités des traditions catholique et luthéro-réformée. La troisième partie est la plus importante. Elle décrit l’accompagnement des futurs époux depuis le premier contact au presbytère jusqu’à la célébration. Écrit dans un style clair et pédagogique, ce document est conçu pour aider à mieux comprendre et accueillir les enjeux d’un mariage mixte pour l’unité des Églises. Comment accompagner vers le mariage les couples mixtes issus des deux confessions, catholique et luthéro-réformée ? Dans une société qui a connu ces dernières décennies d’importantes mutations, la réalité familiale est le lieu manifeste de nombreux défis. Le profil même de ces couples s’est diversifié. De plus, les avancées œcuméniques permettent aux Églises de réfléchir ensemble à la pastorale la plus adéquate en ce domaine.

C’est dans cet esprit que se situe ce document à visée nationale proposé par le Comité mixte catholique luthéro-réformé, afin de donner des repères pour l’accompagnement des couples mixtes. Il suppose bien évidemment l’écoute des personnes et des situations sur le terrain, et conduit à découvrir, à apprécier, et à clarifier des problématiques parfois complexes. Il permet à toutes les personnes concernées une meilleure compréhension mutuelle de leur approche du mariage et des réalités familiales au regard de la foi chrétienne, indispensable dans un tel engagement oecuménique… Écrit à l’intention des Églises locales, le présent document se veut ainsi un outil destiné aux acteurs pastoraux investis dans la préparation des mariages et l’accompagnement des couples. Il est aussi une excellente opportunité de faire découvrir l’œcuménisme à tous ceux qui sont intéressés par les questions de couple et de famille dans nos Églises.

Emmanuel GOUGAUD

Guide de préparation au mariage interconfessionnel catholique protestant, Lyon-Paris 2019, ISBN 978-2-7067- 1786-4, 14 €.

Pasteure Katharina Schächl présente plus amplement l’ouvrage dans son article « Un livret pour accompagner les futurs couples protestant-catholique », Unité des Chrétiens n° 194, avril 2019, p. 6-10.



 


Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2020

 

3 janvier 2020

Thème, matériel, destinataires des offrandes

Découvrez la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2020 dans nos nouvelles pages internet !


# Thème de la Semaine 2020

# Matériel à télécharger gratuitement

# Matériel à commander

# Destinataires des offrandes



 


Institut supérieur d’études œcuméniques - programme 2019-2020

 

5 septembre 2019 2019

L’ISEO est l’œuvre commune des trois facultés de théologie parisiennes, catholique, protestante et orthodoxe.

L’Institut supérieur d’études œcuméniques (ISEO) a pour but de promouvoir les études œcuméniques en approfondissant la réflexion théologique et pastorale sur tous les problèmes qui intéressent le mouvement œcuménique pris dans toute son ampleur.

L’ISEO est l’œuvre commune des trois facultés de théologie parisiennes de l’Institut catholique, de l’Institut protestant de théologie et de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. Il est placé sous le patronage du Conseil d’Églises chrétiennes en France et reçoit son inspiration d’un Conseil d’orientation mandaté par les Églises.

L’ISEO propose plusieurs cursus de formation universitaire et expérientielle à l’œcuménisme.

  • Le parcours « Découverte et rencontres d’Églises chrétiennes » est une formule souple et accessible à tous. En six samedis, l’intervention d’un spécialiste et la rencontre d’une communauté concrète offrent une vision panoramique du dialogue oecuménique aujourd’hui.
  • Le Diplôme universitaire d’études œcuméniques offre par alternance (un vendredi/samedi par mois) une formation théologique de base, adaptée aux acteurs de l’œcuménisme dans les différentes Églises.
  • Le Diplôme supérieur d’études œcuméniques propose un approfondissement pour des responsables en œcuménisme grâce à une pédagogie « à trois voix », avec la participation d’enseignants de différentes confessions. Ce cursus est adapté aux personnes ayant déjà fait une formation initiale en œcuménisme.
  • La Licence canonique de théologie, spécialité « œcuménisme », ouvert aux titulaires d’un baccalauréat canonique ou de son équivalent, prépare des personnes à entreprendre des recherches et à développer de l’expertise en théologie oecuménique.
  • Le Laboratoire « Permanence d’Israël et diversité confessionnelle » veut étudier l’articulation entre l’œcuménisme et la question des relations entre Juifs et chrétiens.

Des auditeurs peuvent librement suivre les cours de leur choix.



 


En marche vers 2033 !

 

4 juillet 2019 2019

« Jésus célébration 2033 » est une initiative oecuménique invitant les Églises à préparer ensemble les deux mille ans de la résurrection du Christ en 2033.

« Jésus célébration 2033 » est une initiative oecuménique invitant les Églises à préparer ensemble les deux mille ans de la résurrection du Christ en 2033. Depuis quelques années une petite équipe sillonne la planète pour partager aux responsables d’Églises le projet d’une « décennie de la résurrection (2023-2033) avec, comme point d’orgue Pâques 2033. À ce jour 35 pays ont été visités.

Protestantisme
À peine arrivés à la Gare de Lyon à Paris depuis Lausanne, nous avons commencé notre pèlerinage en visitant la Maison du Protestantisme, rue de Clichy.

« Un anniversaire, c’est l’occasion de faire des cadeaux : quel cadeau les protestants peuvent-ils donner aux autres, à cette occasion », c’est ainsi que nous accueille François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France.

Emmanuelle Seybold, présidente de l’Église protestante unie (ÉPUdF), voit la décennie en deux étapes : d’abord sept années de préparation durant lesquelles les responsables approfondissent leur communion puis les trois ans du ministère public du Christ, entre 2030 et Pâques 2033.

Thierry Auguste, président de la Fédération baptiste de France, nous a partagé son expérience avec le Forum chrétien francophone (Lyon octobre 2018). Pour un tel projet il faut que les institutions se mobilisent, mais les responsables vont se succéder. Il faut réfléchir comment passer le relais.

À la paroisse de Belleville, Gilles Boucomont a réuni cinq autres pasteurs de l’ÉPUdF, dont l’enthousiasme nous touche. Nous avions prévu de visiter aussi les responsables du Conseil national des évangéliques (CNÉF), mais une erreur d’agenda a renvoyé la rencontre à une autre occasion.

Église catholique
L’après-midi, nous traversons Paris vers l’avenue de Breteuil où nous rencontrons Emmanuel Gougaud, directeur du Service national pour l’unité des chrétiens de la Conférence des évêques : « Le pape François ne cesse de rappeler que tout ce que les chrétiens peuvent faire ensemble ils doivent le faire ensemble », souligne-t-il.

Plus tard, Antoine Sondag, directeur du Service de la Mission universelle, nous encourage à étudier la démarche pédagogique mise en œuvre par l’Église catholique pour fêter le jubilé de l’an 2000.

Alexis Leproux, vicaire général du diocèse de Paris, nous reçoit à l’archevêché à l’ombre de la cathédrale. Sa première réaction était de se dire « bonne idée. Si Jésus revenait, c’est ce qu’il ferait : d’abord visiter » !

Au Centre Istina des Dominicains, Franck Lemaître et Michel Mallèvre nous éclairent de leur longue expérience oecuménique.

Église orthodoxe
À notre arrivée à la cathédrale Saint-Étienne, le métropolite Emmanuel (Patriarcat oecuménique) nous dit qu’il est courant de notre initiative puisque le Conseil d’Églises chrétiennes de France (CÉCEF) – qu’il copréside – en a parlé lors de sa dernière séance : « Le Christ est vraiment ressuscité : c’est le résumé de toute la théologie chrétienne ».

Membre de l’Église orthodoxe bulgare Ivan Karageorgiev, co-secrétaire du CÉCEF souligne l’importance d’informer au préalable les responsables et ainsi de préparer une parole prophétique en lien avec la résurrection du Christ.

À la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, nous rencontrons Mgr Jean qui nous dit : « Fêter 2033 c’est revenir aux sources de notre foi. C’est la résurrection qui fonde notre vie et qui fait ce que nous sommes ».

Communautés et mouvements
Dans nos voyages nous visitons également les communautés et les mouvements chrétiens et nous demandons leur prière sans laquelle rien ne peut se faire ! Ainsi avons-nous été invités par la communauté des Xavières, les Focolari, la Maison de l’Unité (sœurs de Sainte Clotilde et diaconesses protestantes de Reuilly). Nous avons aussi visité l’Alliance biblique française avec son directeur Jonathan Boulet, ainsi que Bruno Berthon, coordonnateur du Jour du Christ. Sans oublier « Paris tout est possible » présidé par Carlos Payan, et Anne-Cathy Graber, de la Communauté du Chemin Neuf.

Après ces cinq jours intenses, nous sommes reconnaissants de toutes ces rencontres. Nous prions que ce projet devienne celui des Églises et communautés de Paris.

Pasteur Martin Hoegger


 


« Églises en chantier »

 

28 mars 2019 2019

Le colloque 2019 de l’Institut supérieur d’études œcuméniques a célébré le vingtième anniversaire de la Déclaration commune sur la justification.

Du 12 au 14 mars 2019 une vingtaine d’intervenants se sont succédés lors du colloque annuel de l’Institut supérieur d’études œcuméniques, dédié au vingtième anniversaire de la Déclaration commune sur la justification. Dans l’attente de la parution des Actes, nous vous proposons un retour en images. Notons déjà le prochain colloque « Dieu guérit-il encore ? Ressources liturgiques, discernement oecuménique », du 28 au 30 janvier 2020.

Photo en haut de page : © I.K.
Le secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale [FLM], pasteur Martin Junge (au centre), a présenté les fruits de la Déclaration commune sur la justification. « Pour guérir, il faut raconter notre histoire, pleurer ensemble. Célébrer un culte coram Deo, face à Dieu », a-t-il plaidé. Le dimanche 16 juin 2019, une célébration œcuménique fêtera à Genève les 20 ans de la Déclaration commune.


Le père Nicolas Cernokrak, doyen de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge (deuxième à partir de la gauche) a développé, dans son exposé sur les écrits johanniques, la notion de la synergie : même si l’action divine est incomparablement plus importante que celle de l’homme, la participation de ce dernier est indispensable.















Lors de la présentation d’un groupe de recherches de l’ISÉO sur la justification, le pasteur Frédéric Chavel (premier à partir de la droite) a posé la question : comment toujours mieux articuler l’action de Dieu et la coopération des hommes ?


Une célébration oecuménique présidée par (de gauche à droite) Mgr Didier Berthet, président du Conseil pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme de la Conférence des évêques de France, le pasteur Martin Junge, secrétaire général de la FLM, Mgr Maxime de Mélitène, évêque vicaire du métropolite Emmanuel de France et le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, a réuni les participants en l’église Saint Joseph des Carmes.

















Les participants ont été invités à tracer avec de l’eau leur signe d’unité ‒ la croix ‒ sur la main de l’autre sœur ou frère.


 


Projet de révision de la TOB

 

28 janvier 2019 2019

Une nouvelle traduction de la Lettre aux Galates

L’Association œcuménique pour la recherche biblique (AORB) a le projet de révision de la Traduction oecuménique de la Bible (TOB).

Vous pouvez déjà consulter le livret de la Lettre aux Galates ci-dessous.

Lettre aux Galates - projet de révision de la TOB







L’AORB est l’un des destinataires recommandés par le Conseil d’Églises chrétiennes en France pour les offrandes recueillies pendant la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2019.



 


Offrandes de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2019

 

28 janvier 2019 2019

Communiqué du Conseil d’Églises chrétiennes en France concernant les offrandes de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2019.

Au cours de son assemblée de printemps chaque année, le Conseil d’Églises chrétiennes en France [CÉCEF] – qui rassemble des responsables de toutes les familles ecclésiales – discute des destinataires possibles pour les offrandes recueillies pendant la Semaine de prière pour l’unité chrétienne (18-25 janvier). Les organisateurs de célébrations oecuméniques gardent toute liberté de faire un autre choix en fonction de besoins locaux dont ils auraient connaissance, ou d’envoyer les dons à un organisme qu’ils soutiennent régulièrement, tel que l’Association pour l’unité des chrétiens…

Le texte ci-dessous pourra figurer sur les feuilles de chants ou être lu pendant les célébrations.



Communiqué du Conseil d’Églises chrétiennes en France concernant les offrandes de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2019

Les chrétiens d’Indonésie ont préparé cette semaine de prière pour l’unité chrétienne. Ils ont choisi le verset du Deutéronome « Tu rechercheras la justice, rien que la justice… » (Dt 16,20). Ils expriment à la fois leur inquiétude devant la corruption qui gangrène leur pays mais aussi l’espérance que, suivant le psalmiste, « justice et paix s’embrassent » (Ps 85 (84)). Ce message s’adresse à tous les chrétiens où qu’ils se trouvent. Ceux qui ont faim et soif de justice sont appelés fils de Dieu et se découvrent frères dans le Christ. Ainsi la recherche de la justice est bien chemin d’unité pour les chrétiens qui prient et agissent ensemble. Les responsables d’Églises chrétiennes invitent les baptisés à se réunir particulièrement pendant cette semaine pour se mettre à l’écoute de la parole de Dieu, pour rendre grâce pour les actions déjà entreprises et pour rechercher ensemble la justice dans la paix et l’unité.

Le CÉCEF recommande que les offrandes recueillies au cours des célébrations contribuent à soutenir les couloirs humanitaires d’accueil de réfugiés mis en place de manière oecuménique par l’État, les Églises et mouvements chrétiens. Il propose aussi de soutenir l’Association oecuménique pour la recherche biblique dans son projet de refonte de la TOB.


Les couloirs humanitaires sont un accueil oecuménique, citoyen, innovant des réfugiés (syriens et irakiens essentiellement) en provenance du Liban. Cinq organisations chrétiennes sont engagées dans ce projet : La communauté de Sant’Egidio, la Fédération de l’entraide protestante, la Fédération protestante, le Secours catholique, la Conférence des évêques de France. Elles ont signé avec le ministère de l’Intérieur et le ministère des Affaires étrangères un protocole les autorisant à accueillir environ 500 personnes vulnérables actuellement réfugiées au Liban.

- Plus d’informations.

Les chèques à l’ordre de : « Fédération de l’entraide protestante (couloirs humanitaires) » sont à adresser à

Fédération de l’Entraide protestante
(Couloirs humanitaires)
47 rue de Clichy
75009 Paris

Les virements sont à effectuer vers
IBAN FR08 2004 1000 0123 3292 7W02 009 PSSTFRPPPAR



L’Association oecuménique pour la recherche biblique (AORB) est née en 1966, dans la suite du projet de la Traduction oecuménique de la Bible (TOB).

La TOB reste unique : première en son genre, réalisée par des catholiques, protestants et orthodoxes, elle offre non seulement une traduction commune mais aussi des notes multiples, littéraires et historiques, loin des débats doctrinaux. Mais l’œcuménisme s’engage sur de nouveaux chemins et la recherche biblique apporte des éclairages…Pour rester « chemin de l’unité » au 21e siècle, la TOB doit se renouveler !

L’AORB a mis en route deux chantiers en éclaireur d’un projet global de révision avec le souci d’un vocabulaire plus précis et contemporain, de meilleures formulations et des notes qui reflètent la recherche historique actuelle et le dialogue judéo-chrétien. Les équipes de réviseurs sont œcuméniques et multiculturelles (français, béninois, suisses, catholiques, protestants, évangéliques…) Le fruit de ce travail sur le livre du prophète Osée et l’épître aux Galates sera diffusé en janvier 2019 pour vous mettre en appétit pour la suite, qui se réalisera avec votre aide !

- Plus d’informations.

Les chèques à l’ordre de : « AORB » sont à envoyer à

L’AORB
ICP-BOSEB
21 rue d’Assas
75006 Paris



 


Justice et paix s’embrassent : chemin d’unité

 

4 janvier 2019 2019

La Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2019 a été préparée par les chrétiens d’Indonésie.

Dt 16,11-20 et Ps 85 (84)

La Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2019 a été préparée par les chrétiens d’Indonésie. L’Indonésie est le plus grand pays d‘Asie du Sud-Est avec plus de 17 000 îles, 1 340 groupes ethniques différents et plus de 740 langues. Elle est pourtant unie dans sa diversité. Ce fragile équilibre est aujourd’hui menacé par de graves problèmes. La corruption est présente sous plusieurs formes, elle pervertit les relations sociales et accroît les situations d’injustice.

Animés par ces inquiétudes, les chrétiens d’Indonésie ont trouvé que le verset du Deutéronome « Tu rechercheras la justice, rien que la justice… » (Dt 16,20) était un appel particulièrement pertinent pour eux et pour tous les chrétiens, ils nous proposent donc de prier avec les versets 11 à 20 de ce chapitre 16 du Deutéronome.

La paix est un des fruits de la justice (cf. Es 32,17) et « le fruit de la justice est semé dans la paix (Jc 3,18). Justice et paix sont intimement liées. De même qu’il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas non plus d’unité sans justice. L’injustice a nourri les divisions entre les chrétiens, le chemin de l’unité chrétienne passe donc non seulement par la réconciliation mais également par la justice et le respect des minorités. Cela est vrai pour le Conseil œcuménique des Églises comme pour toutes les Églises dans tous les pays du monde.

La quête de « l’unité dans la diversité », comme l’exprime la devise de l’Indonésie, rejoint particulièrement ceux qui prient pour l’unité telle que le Christ la veut. Notre chemin d’unité en cette Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2019 se fait pèlerinage vers la justice et la paix avec tous nos frères et sœurs chrétiens du monde entier.

Anne-Noëlle CLÉMENT
directrice du centre œcuménique
Unité Chrétienne, Lyon


 


L’unité des chrétiens en Avent

 

30 novembre 2018 2018

En Avent, l’unité des chrétiens va de l’avant. Rencontre avec Anne-Laure Danet, responsable du Service des relations avec les Églises chrétiennes à la Fédération protestante de France, et avec Emmanuel Gougaud, directeur du Service national pour l’unité des chrétiens à la Conférence des évêques de France.



 


Message aux chrétiens et chrétiennes de toutes les Églises

 

15 novembre 2018 2018

Le message final du Forum chrétien francophone qui s’est tenu du 28 au 31 octobre 2018 à Lyon. (Texte et vidéo)

Forum chrétien francophone (28-31 octobre 2018, à Lyon)

« Quelle joie pour des frères et des sœurs d’être réunis ensemble ! » (Ps 133,1)

C’est ce que nous avons vécu au premier Forum Chrétien Francophone.

Nous sommes issus de plus de 20 confessions ou familles chrétiennes [1] de différents pays francophones d’Europe. Jeunes et moins jeunes, nous avons été plus de 200 à nous rassembler à Lyon du 28 au 31 octobre 2018.

Le thème de ce Forum était tiré de l’Évangile de Marc (3,13-15) : « Jésus appela ceux qu’il voulait pour être avec lui et pour les envoyer ».

Inspirés par la démarche du Forum chrétien mondial, nous avons vécu des temps de découverte mutuelle, en petits groupes, avec nos cultures, nos histoires personnelles et nos manières de vivre la foi. Nous avons pris le temps de nous écouter, chacun partageant, dans son langage, sa rencontre et son cheminement avec Jésus-Christ. Ces échanges de récits de vie, profondément sincères et d’une grande diversité, nous ont enrichis. Nous avons constaté, parfois avec surprise, que nos trajectoires se croisent plus que nos cultures différentes ne l’auraient laissé penser. Nous nous sommes retrouvés unis autour du Christ, et nous l’avons été aussi dans le partage de sa Parole. Nous l’avons prié et adoré ensemble selon les langages et les formes, parfois surprenantes, de nos Eglises diverses. Quel bonheur de nous sentir membres de la même famille !

Nous avons également rencontré des chrétiennes et chrétiens de plusieurs Églises de Lyon, engagés de différentes manières dans le témoignage et le service. Nous nous sommes réjouis de la fécondité d’actions de solidarité communes à plusieurs Églises.

Qu’avons-nous découvert dans ces quelques jours que nous avons eu le privilège de vivre ?

- Nous avons pris conscience dans nos échanges qu’entre nos Églises des différences importantes demeurent et peuvent toujours occasionner des blessures. Nous avons surtout discerné que c’est le même Père qui nous appelle, le même Christ que nous cherchons à suivre et le même Esprit qui nous anime. Cela nous encourage à construire l’amitié et la fraternité entre nous et à bâtir des ponts de réconciliation entre nos Églises. Notre témoignage de l’amour de Dieu pour les êtres humains et du salut en Jésus-Christ sera ainsi plus clair pour nos contemporains.

- Nous avons aussi compris que ce que nous avons pu vivre ici pourrait être partagé bien plus largement entre nos communautés ou lieux d’Église. C’est pourquoi nous vous invitons à expérimenter cette démarche fructueuse et à rencontrer des chrétiens et chrétiennes de sensibilité différente de la vôtre. Partagez en confiance ce que le Christ est pour chacun de vous ! Cherchez à vous découvrir les uns les autres en vérité ! Priez et mettez-vous ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu. Cela ne résoudra pas toutes nos divisions, mais cela pourra commencer à changer nos cœurs et nos regards, et dissiper quelques préjugés. Une telle démarche nous permettra, conscients de nos fragilités, d’aborder plus sereinement nos différends et les sujets qui nous séparent encore.

Nous nous sommes retrouvés appelés par Dieu et rassemblés autour du Christ pour apprendre de lui. Nous nous savons aussi envoyés dans le monde pour être ses témoins en paroles et en actes. Nous voulons le faire connaître à celles et ceux qui nous entourent, les aimer et les servir.

« Si vous vous aimez les uns les autres, alors tous sauront que vous êtes mes disciples » (Jn 13,35).

Lyon, le 31 octobre 2018




Photo en haut de page : © Forumchretienfrancophone2018



[1Adventiste, anglicane, apostolique arménienne, baptiste, charismatique, catholique romaine, copte, évangélique, indépendante, luthérienne, méthodiste, mennonite, orthodoxe, pentecôtiste, protestante, réformée, salutiste, syriaque, vieille-catholique.

 


Le pape François à Genève : « Un voyage vers l’unité »

 

8 octobre 2018 2018

Théologien réformé et journaliste, Stephen Brown est rédacteur en chef de Ecumenical Review, la revue du Conseil oecuménique des Églises. Il était à bord l’avion papal le 21 juin 2018 pour accompagner la visite du pape François au Conseil oecuménique des Églises.

Pour la première fois depuis son élection en 2013, le pape François s’est rendu à Genève le 21 juin 2018 pour commémorer les 70 ans du Conseil oecuménique des Églises (COE), dont l’Assemblée fondatrice a eu lieu en 1948 à Amsterdam.

Cette rencontre du pape François avec le COE est présentée comme un « pèlerinage oecuménique » dont la de¬vise est « Cheminer, prier et travailler ensemble ».

Le COE compte 350 Églises protestantes, orthodoxes, anglicanes et autres, rassemblant plus de 550 millions de chrétiens dans plus de 120 pays. L’Église catholique n’en est pas membre tout en y collaborant dans plusieurs domaines.

« Il s’agit d’un voyage vers l’unité, avec le désir d’unité », a déclaré le pape François aux journalistes qui l’accompagnaient à bord de l’avion qui le transportait à Genève.

C’était la troisième visite d’un pontife romain au COE. En 1969, le pape Paul VI est à Genève à l’occasion du 50e anniversaire de l’Organisation Internationale du Travail. En 1984, le pape Jean Paul II se rend au COE lors d’une visite pastorale en Suisse.

La visite du pape François au COE a commencé par une prière oecuménique à la chapelle du Centre oecuménique où se trouve le siège de l’organisation.

Il s’est ensuite rendu à l’Institut oecuménique du COE situé à Bossey, près de Genève, pour un déjeuner privé avec les responsables du COE et un échange officiel de cadeaux. Il y a rencontré des étudiants et le personnel de l’Institut, spécialisé dans l’éducation et la formation œcuméniques.

Le pape François s’est ensuite rendu de nouveau au Centre oecuménique pour adresser un discours au COE avant de célébrer une messe pour la communauté catholique à Palexpo, le Palais des expositions de Genève.

« Marcher ensemble, prier ensemble, travailler ensemble : voilà notre route principale d’aujourd’hui ! » a lancé le pape lors de son homélie pendant la prière oecuménique. Une route, selon le pape François avec un but précis : l’unité. « Le Seigneur nous demande l’unité, le monde, marqué par trop de divisions qui affectent surtout les plus faibles, implore l’unité. »

« Après tant d’années d’engagement oecuménique, à l’occasion de ce soixante-dixième anniversaire du Conseil, demandons à l’Esprit de revigorer notre pas », a souligné le pape. « Trop facilement, notre pas s’arrête devant les divergences qui persistent ; trop souvent, il est bloqué au départ, miné par le pessimisme. Que les dis¬tances ne soient pas des excuses ! Il est déjà possible de marcher dès maintenant selon l’Esprit : prier, évangéliser, servir ensemble, c’est possible et cela plaît à Dieu ! »

La visite du pape François au COE s’inscrit dans la ligne d’une série des gestes œcuméniques qu’il a entrepris depuis son élection en 2013, dont sa participation à Lund, en Suède, le 31 octobre 2016 à la commémoration conjointe catholique et luthérienne du 500e anniversaire de la Réforme protestante.

Lors de son discours aux membres du comité central du COE au Centre oecuménique dans la salle Visser ‘t Hooft (nommé en hommage à ce premier secrétaire général du COE 1948-1966), le pape François s’est rappelé la foi, la charité et l’espérance « de tous ceux qui, avec la force [...] de l’Évangile, ont eu le courage d’inverser le cours de l’histoire, de cette histoire qui nous avait porté à nous méfier les uns des autres et à nous mettre à l’écart réciproquement, favorisant la spirale diabolique des cloisonnements continuels. »

Grâce à l’Esprit Saint, inspirateur et guide de l’œcuménisme, selon le pape, « la direction a changé et une voie aussi nouvelle qu’ancienne a été tracée d’une façon indélébile : la voie de la communion réconciliée, vers la manifestation visible de cette fraternité qui unit déjà les croyants. »

Même si, avant de devenir pape, François a déjà fait référence à la recherche « d’une diversité réconciliée qui implique de cheminer ensemble, de prier et travailler ensemble », c’est la première fois qu’il parle d’une « communion réconciliée ».

Pourtant, le souverain pontife partageait aussi au COE sa « préoccupation […] qu’œcuménisme et mission ne sont plus aussi étroitement liés qu’à l’origine », et soulignait que « le mandat missionnaire, qui est plus que la diakonia et la promotion du développement humain, ne peut être oublié ni évacué. Il en va de notre identité ». Un nouvel élan évangélisateur, selon le pape, « marquera l’éclosion d’un nouveau printemps oecuménique. »

Dans son discours de bienvenue au pape François, le secrétaire général du COE, le pasteur norvégien Olav Fykse Tveit, a remarqué que le thème de la rencontre reflétait le nouvel élan du seul mouvement oecuménique.

« Aujourd’hui, nous franchissons une étape sur notre route » a déclaré le pasteur Tveit. « Par cette visite, nous montrons qu’il est possible de surmonter les divisions et la distance, mais aussi les profonds conflits provoqués par des traditions et des convictions de foi différentes. »

Pour la présidente du comité central du COE, Mme Agnes Abuom, anglicane du Kenya, « Le monde attend de nous, chrétiens et chrétiennes, que nous agissions ensemble au service de la justice et de la paix, en plaçant au centre celles et ceux qui sont à la périphérie. »

Dans son discours, elle a soulevé des situations concrètes où les Églises chrétiennes doivent agir ensemble, tels le Soudan du Sud, la Colombie, le Burundi et la République démocratique du Congo, et la péninsule coréenne.

« Nous formulons l’espoir et la prière, pour eux, que votre visite marque effectivement une nouvelle phase dans la coopération et l’unité chrétienne », a-t-elle lancé.

Tandis que ses prédécesseurs avaient souligné lors de leurs visites au COE le rôle unique du ministère pétrinien dans l’Église catholique et le christianisme en général, le pape François a affirmé qu’il était venu à Genève « en pèlerin » à la recherche de l’unité et de la paix.

« Je remercie Dieu, parce qu’ici je vous ai trouvés, vous, frères et sœurs déjà en chemin. Marcher ensemble pour nous chrétiens n’est pas une stratégie pour faire davantage valoir notre poids, mais c’est un acte d’obéissance envers le Seigneur et d’amour envers le monde. »

Stephen Brown

Photo : © Albin Hillert / COE
Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, accueille le pape François.



 


Temps pour la création 2018

 

2 juillet 2019 2019

La période du 1er septembre au 4 octobre est à réserver à la prière pour la protection de la création et la promotion de styles de vie durables.

GOÛTER les fruits de la Création/ PARTAGER/LOUER

Un temps pour la création a été instauré en Europe en 2007 : Entre le 1er septembre (début de l’année liturgique orthodoxe) et le 4 octobre (Saint François d’Assise) en passant par la fête des récoltes (parfois célébrée en milieu protestant). En 2015 le pape François a encouragé les catholiques à vivre ce temps pour la création en instaurant une « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création » commune avec les orthodoxes.

Le Conseil d’Églises chrétiennes en France invite à célébrer ce TEMPS DE LA CRÉATION entre le 1er septembre et le 4 octobre et propose des outils pour vivre ce temps liturgique.

En 2017, le label Église verte a été lancé en septembre par une grande journée nationale.

Pour 2018, plusieurs paroisses engagées labellisées ont initié des Journées Église verte pour la création. Elles comprennent généralement trois ingrédients : une célébration, un repas "éco-locavore" et des ateliers afin d’échanger entre communautés engagées ou intéressées par le label et/ou des acteurs locaux.

Si vous souhaitez initier une Journée Église verte pour la création, des outils seront disponibles sur le site Egliseverte et nous pouvons vous mettre en contact avec initiatives déjà lancées en écrivant à laura chez egliseverte.org.


INTENTIONS DE PRIÈRE
POUR LES DIMANCHES DU TEMPS POUR LA CRÉATION 2018


Dimanche 2 septembre
En ce début du Temps pour la création, que nous sachions accueillir comme « don parfait provenant d’en haut » la planète sur laquelle nous vivons.
Prions le Seigneur.

Dimanche 9 septembre
Que nous sachions nous ouvrir aux beautés de la création et rendre gloire à Dieu pour les merveilles qu’il nous confie.
Prions le Seigneur.

Dimanche 16 septembre
Pour que tous les hommes puissent bénéficier des fruits de la création que Dieu nous donne.
Seigneur apprends-nous à partager.

Dimanche 23 septembre
Pour toutes les victimes des désordres économiques et politiques. Pour ceux qui essaient de les aider. Pour les paroisses qui s’engagent dans le label Église verte.
Seigneur apprends- nous à accueillir.

Dimanche 30 septembre
En ce dernier dimanche du temps pour la création, que l’Esprit du Seigneur nous aide à discerner et nous guide pour mener une vie respectueuse des richesses que Dieu nous prodigue.
Prions le Seigneur.

Le temps pour la création 2018


 


Le rassemblement à Bari

 

25 avril 2019 2019

Le 7 juillet, les responsables de la quasi-totalité des Églises chrétiennes en Orient et en Occident se sont réunis.

Une nouvelle étape de l’œcuménisme

Le samedi 7 juillet à Bari (Italie du Sud), les responsables de la quasi-totalité des Églises chrétiennes en Orient et en Occident se sont rencontrés. Ensemble, ils ont prié et réfléchi à la situation au Proche-Orient. Bari conserve les reliques de saint Nicolas, figure emblématique de l’union entre les Églises. Jamais une rencontre de toutes les confessions chrétiennes présentes au Moyen-Orient n’avait été organisée à un tel niveau. Les patriarches ont prié Dieu dans toutes leurs langues, de l’arabe au syriaque, de l’arménien à l’assyrien. Ils ont demandé que Dieu « inspire des choses bonnes dans les cœurs de ceux qui veulent la guerre et pacifie leurs esprits tourmentés », selon les mots du patriarche Bartholoméos Ier de Constantinople.

Dénonçant fermement « le silence de tant et la complicité de beaucoup », le pape François a rappelé « l’indifférence qui tue ». Les chrétiens sont la « voix qui lutte contre l’homicide de l’indifférence ». « Cela suffit, les avantages de quelques-uns sur le dos d’un grand nombre ! » a-t-il demandé, fustigeant ainsi l’égoïsme. Il a rappelé également « le risque que la présence de nos frères et sœurs dans la foi soit effacée » au Moyen-Orient. Pour les hiérarques, cette rencontre est un signe prophétique. Les Églises chrétiennes sont toujours victimes de leur péché lorsqu’elles sont animées par des « logiques de pouvoir et de profit ». François a formé le vœu que « le Moyen-Orient ne soit plus un arc de guerre tendu entre les continents, mais une arche de paix accueillante pour les peuples et les croyances ».

Cette rencontre de Bari marque aussi une évolution remarquable dans le dialogue œcuménique. Souraya Bechealany, secrétaire générale du Conseil des Églises du Moyen-Orient, était présente à Bari avec les responsables des Églises. Elle y voit une expérience synodale entre les Églises. Ce rassemblement a manifesté « une hiérarchie fraternelle et non pyramidale. […] Chacun a pu prendre la parole, et, sur les choses fondamentales, il n’y a pas vraiment eu de divergences : quand la justice, la paix et la dignité au nom de Jésus-Christ sont en jeu, nous sommes tous d’accord. » « Bari représente un tournant dans l’histoire de l’œcuménisme », explique Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio. Il a en effet analysé cette réunion comme un presque ‘synode’ « entre le pape et les chefs des Églises du Moyen-Orient confrontés à une situation d’urgence terrible ». Ainsi, on est passé des dialogues œcuméniques bilatéraux aux échanges multilatéraux. Cette expérience, a poursuivi Andrea Riccardi, inaugure un chemin nouveau pour les chrétiens au Moyen-Orient et dans d’autres régions du monde. Le mouvement pour l’unité des chrétiens se déploie dans la solidarité avec les pauvres et dans la synodalité entre les communautés. (d’après La Croix, vaticannews.va et fr.zenit.org)



 


Le pèlerinage du pape François au Conseil oecuménique des Églises à Genève

 

28 juin 2018 2018

Le pape François s’est rendu le 21 juin au Conseil œcuménique des Églises pour célébrer, avec ses responsables, son 70e anniversaire.

Pour célébrer le 70e anniversaire du Conseil œcuménique des Églises (COE), le pape François s’est joint, lors de sa visite historique au COE du 21 juin, au pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE et à Madame Agnes Abuomla, présidente de son Comité central pour une rencontre œcuménique.

Vous lirez ci-dessous le discours du pape, ainsi qu’en pièce jointe les discours du pasteur Tveit et de Madame Abuomla.

Photo : © Albin Hillert/COE



Chers frères et soeurs,

Je suis heureux de vous rencontrer et je vous remercie de votre chaleureux accueil. Je suis reconnaissant, en particulier, au Secrétaire général, le Révérend Olav Fykse Tveit, et à la modératrice, Madame Agnes Abuom, pour leurs paroles et pour m‘avoir invité à l’occasion du 70ème anniversaire de l’institution du Conseil oecuménique des Eglises.

Bibliquement, soixante-dix années évoquent une période de temps accompli, signe de bénédiction divine. Mais soixante-dix est aussi un nombre qui fait affleurer à l’esprit deux célèbres passages évangéliques. Dans le premier, le Seigneur nous a commandé de nous pardonner non jusqu’à sept, mais « jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Mt 18,22). Le nombre n’indique certainement pas un terme quantitatif mais ouvre un horizon qualitatif : il ne mesure pas la justice, mais il ouvre tout grand le critère d’une charité démesurée, capable de pardonner sans limites. C’est cette charité qui, après des siècles d’oppositions, nous permet d’être ensemble, comme des frères et des sœurs réconciliés et reconnaissants envers Dieu notre Père.

Si nous sommes ici c’est aussi grâce à ceux qui nous ont précédés sur le chemin, choisissant la voie du pardon et se dépensant pour répondre à la volonté du Seigneur : « que tous soient un » (Jn 17,21). Poussés par le désir pressant de Jésus, ils ne se sont pas laissés freiner par les noeuds embrouillés des controverses, mais ils ont trouvé l’audace de regarder au-delà et de croire dans l’unité, dépassant les barrières des soupçons et de la peur. Ce qu’a affirmé un ancien Père dans la foi est vrai : « Si l’amour chasse parfaitement la crainte et si la crainte se transforme en amour, alors on découvre que l’unité consiste en cet aboutissement du salut » (S. Grégoire de Nysse - Homélie 15 sur le Cantique des Cantiques). Nous sommes les bénéficiaires de la foi, de la charité et de l’espérance de tous ceux qui, avec la force sans défense de l’Évangile, ont eu le courage d’inverser le cours de l’histoire, de cette histoire qui nous avait porté à nous méfier les uns des autres et à nous mettre à l’écart réciproquement, favorisant la spirale diabolique des cloisonnements continuels. Grâce à l’Esprit Saint, inspirateur et guide de l’œcuménisme, la direction a changé et une voie aussi nouvelle qu’ancienne a été tracée d’une façon indélébile : la voie de la communion réconciliée, vers la manifestation visible de cette fraternité qui unit déjà les croyants.

Le nombre soixante-dix offre un second souffle évangélique. Il rappelle ces disciples que, durant son ministère public, Jésus envoie en mission (cf. Lc 10,1) et qui sont célébrés dans l’Orient chrétien. Le nombre de ces disciples renvoie à celui des nations connues, énumérées dans les débuts de l’Écriture (cf. Gn 10). Qu’est-ce-que cela nous suggère ? Que la mission est adressée à tous les peuples et que chaque disciple, pour être tel, doit devenir apôtre, missionnaire. Le Conseil oecuménique des Églises est né comme instrument de ce mouvement oecuménique suscité par un fort appel à la mission : comment les chrétiens peuvent-ils évangéliser s’ils sont divisés entre eux ? Cette interrogation urgente oriente encore notre chemin et traduit la prière du Seigneur à être unis « pour que le monde croie » (Jn 17,21).

Permettez-moi, chers frères et sœurs, de vous exprimer, outre mon vif remerciement pour l’engagement que vous déployez pour l’unité, aussi une préoccupation. Elle dérive de l’impression qu’œcuménisme et mission ne sont plus aussi étroitement liées qu’à l’origine. Pourtant le mandat missionnaire, qui est plus que la diakonia et la promotion du développement humain, ne peut être oublié ni évacué. Il en va de notre identité. L’annonce de l’Évangile jusqu’aux extrêmes confins est connaturelle à notre être chrétien. Certainement, la manière d’exercer la mission varie selon les temps et les lieux et, devant la tentation, malheureusement récurrente, de s’imposer selon des logiques mondaines, il faut rappeler que l’Église du Christ grandit par attraction.

Mais en quoi consiste cette force d’attraction ? Certainement pas dans nos idées, stratégies ou programmes : on ne croit pas à Jésus Christ au moyen de l’obtention de consensus et le Peuple de Dieu n’est pas réductible au rang d’une organisation non gouvernementale. Non, la force d’attraction est toute dans ce don sublime qui a conquis l’Apôtre Paul : « Connaître [le Christ], éprouver la puissance de sa résurrection et communier aux souffrances de sa Passion » (Ph 3,10). C’est notre unique avantage : la « connaissance de la gloire de Dieu qui rayonne sur le visage du Christ » (2 Co 4,6), qui nous est donnée par l’Esprit vivifiant. C’est le trésor que nous, fragiles vases d’argile (cf. v. 7), nous devons offrir à ce monde aimé et tourmenté. Nous ne serions pas fidèles à la mission qui nous est confiée si nous réduisions ce trésor à la valeur d’un humanisme purement immanent, adaptable aux modes du moment. Et nous serions de mauvais gardiens si nous voulions seulement le préserver, en l’enterrant par peur d’être provoqués par les défis du monde (cf. Mt 25,25).

Ce dont nous avons véritablement besoin, c’est d’un nouvel élan évangélisateur. Nous sommes appelés à être un peuple qui vit et qui partage la joie de l’Évangile, qui loue le Seigneur et sert les frères, avec l’âme qui brûle du désir d’ouvrir des horizons de bonté et de beauté inouïs à qui n’a pas encore eu la grâce de connaître vraiment Jésus. Je suis convaincu que, si le souffle missionnaire grandit, l’unité entre nous grandira aussi. Comme aux origines, l’annonce a marqué le printemps de l’Église, ainsi l’évangélisation marquera l’éclosion d’un nouveau printemps oecuménique. Comme aux origines, serrons-nous en communion autour du Maître, non sans éprouver de honte pour nos continuelles hésitations et disons-lui, avec Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68).

Chers frères et sœurs, j’ai désiré participer personnellement aux célébrations de cet anniversaire du Conseil pour rappeler aussi l’engagement de l’Église catholique dans la cause oecuménique et pour encourager la coopération avec les Églises-membres et avec les partenaires œcuméniques. A ce sujet, je voudrais m’arrêter un peu, moi aussi, sur le thème choisi pour cette journée : Marcher – Prier – Travailler ensemble.

Marcher : oui, mais vers où ? Sur la base de ce que j’ai dit, je suggérerai un double mouvement : en entrée et en sortie. En entrée, pour nous diriger constamment au centre, pour nous reconnaître sarments greffés sur l’unique vigne qui est Jésus (cf. Jn 15,1-8). Nous ne porterons pas de fruit sans nous aider mutuellement à rester unis à Lui. En sortie, vers les multiples périphéries existentielles d’aujourd’hui, pour porter ensemble la grâce guérissante de l’Évangile à l’humanité souffrante. Nous pourrions nous demander si nous marchons vraiment ou seulement en paroles, si nous présentons les frères au Seigneur et si nous les avons véritablement à coeur ou s’ils sont éloignés de nos intérêts réels. Nous pourrions aussi nous demander si notre chemin est un retour sur nos pas ou une marche convaincue vers le monde pour y porter le Seigneur.

Prier  : dans la prière aussi, comme sur le chemin, nous ne pouvons pas avancer seuls, parce que la grâce de Dieu, plus que de se découper en mesure individuelle, se diffuse harmonieusement entre les croyants qui s’aiment. Quand nous disons “notre Père” résonne en nous notre filiation, mais aussi notre être frères. La prière est l’oxygène de l’œcuménisme. Sans prière, la communion est asphyxiée et n’avance pas, parce que nous empêchons le vent de l’Esprit de la pousser en avant. Demandons-nous : prions-nous vraiment les uns pour les autres ? Le Seigneur a prié pour que nous soyons un : l’imitons-nous en cela ?

Travailler ensemble. A ce sujet, je voudrais rappeler que l’Église catholique reconnaît l’importance spéciale du travail qu’accomplit le Commission Foi et Constitution et désire continuer à y contribuer à travers la participation de théologiens hautement qualifiés. La recherche de Foi et Constitution pour une vision commune de l’Église et son travail sur le discernement des questions morales et éthiques touchent des points névralgiques du défi oecuménique. De la même manière, la présence active dans la Commission pour la mission et l’Évangélisation ; la collaboration avec le Bureau pour le Dialogue interreligieux et la Coopération, dernièrement sur le thème important de l’éducation à la paix ; la préparation conjointe des textes pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens et d’autres formes variées de synergie sont des éléments constitutifs d’une solide collaboration qui a fait ses preuves. En outre, j’apprécie le rôle incontournable de l’Institut oecuménique de Bossey dans la formation oecuménique des jeunes générations de responsables pastoraux et académiques de nombreuses Églises et Confessions chrétiennes du monde entier. L’Église catholique, depuis de nombreuses années, collabore à cette œuvre éducative par la présence d’un professeur catholique dans la Faculté ; et chaque année, j’ai la joie de saluer le groupe d’étudiants qui accomplit une visite d’étude à Rome. Je voudrais aussi mentionner, comme un bon signe d’“entente oecuménique”, la récente adhésion à la Journée de prière pour la protection de la création.

Outre cela, le travail typiquement ecclésial a un synonyme bien défini : diakonia. C’est la route sur laquelle suivre le Maître, qui « n’est pas venu pour être servi, mais pour servir » (Mc 10,45). Le service varié et intense des Églises-membres du Conseil trouve une expression emblématique dans le Pèlerinage de justice et de paix. La crédibilité de l’Évangile est mise à l’épreuve par la manière avec laquelle les chrétiens répondent au cri de ceux qui, en toute partie de la terre, sont injustement victimes de l’augmentation tragique d’une exclusion qui, engendrant la pauvreté, attise les conflits. Les faibles sont toujours plus mis à l’écart, sans pain, sans travail ni avenir, tandis que les riches sont toujours moins nombreux et toujours plus riches. Sentons-nous interpelés par les pleurs de ceux qui souffrent, et éprouvons de la compassion parce que « le programme du chrétien est un cœur qui voit » (BenoÎt XVI, Lett. Enc. Deus caritas est, n. 31). Voyons ce qu’il est possible de faire concrètement, plutôt que de nous décourager pour ce qui ne l’est pas. Regardons aussi nos frères et sœurs qui dans différentes parties du monde, spécialement au Moyen Orient, souffrent parce qu’ils sont chrétiens. Soyons proches d’eux. Et rappelons-nous que notre chemin oecuménique est précédé et accompagné par un œcuménisme déjà réalisé, l’œcuménisme du sang, qui nous exhorte à aller de l’avant.

Encourageons nous à dépasser la tentation d’absolutiser des paradigmes culturels déterminés et de nous faire absorber par des intérêts de partis. Aidons les hommes de bonne volonté à donner plus d’espace à des situations et à des questions qui concernent une grande partie de l’humanité, mais qui occupent une place trop marginale dans la grande information. Nous ne pouvons pas nous en désintéresser, et il faut s’inquiéter quand certains chrétiens se montrent indifférents face à celui qui est dans l’indigence. Encore plus triste est la conviction de ceux qui considèrent leurs propres bénéfices comme des signes de prédilection divine, plutôt que comme un appel à servir avec responsabilité la famille humaine et à protéger la création. Sur l’amour du prochain, de tout prochain, le Seigneur, Bon Samaritain de l’humanité (cf. Lc 10,29-37), nous interpellera (cf. Mt 25,31-46). Demandons-nous alors : que pouvons-nous faire ensemble ? Si un service est possible, pourquoi ne pas en faire le projet et l’accomplir ensemble, en commençant par faire l’expérience d’une fraternité plus intense dans l’exercice de la charité concrète ?

Chers frères et sœurs, je vous renouvelle ma cordiale gratitude. Aidons-nous à marcher, prier et travailler ensemble pour que, avec l’aide de Dieu, l’unité progresse et que le monde croie. Merci.


Discours du pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE
Discours de Madame Agnes Abuom, présidente du Comité central du COE


 


Rassemblement du Forum chrétien mondial

 

28 juin 2018 2018

Du 24 au 27 avril 2018, s’est tenu à Bogot à (Colombie) le troisième rassemblement du Forum chrétien mondial.

Le Forum chrétien mondial a fêté ses 20 ans cette année. L’expérience est maintenant bien rodée et porte ses fruits. La plupart des Églises chrétiennes étaient représentées pour ce troisième rassemblement mondial. Étaient réunis, du 23 au 28 avril 2018, à Bogotà, environ 250 délégués des Églises catholiques, orthodoxes, anglicanes, protestantes et Églises issues du courant évangélique non dénominationnelles et pour la plupart des megachurches.

Le principe du Forum est la rencontre et le partage d’expériences. La démarche s’enracine dans la lecture et la méditation des textes bibliques et la prière. Le thème « que l’amour fraternel demeure » (Hébreux 13,1) a fait battre le cœur spirituel du forum. L’amour fraternel est bien ce qui anime chacun et chacune. Habités par l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, nous sommes appelés à aimer comme Christ nous a aimés, à nous reconnaître frères et sœurs en Christ. En effet, comme l’a souligné un participant au cours d’une célébration « nous appartenons au Christ, et appartenant au Christ, nous appartenons les uns aux autres. La vocation du forum est d’aider des personnes issues de traditions chrétiennes très différentes sur le plan culturel et confessionnel à discerner l’urgence de manifester l’unité en Christ et l’unité fondamentale de l’humanité dans un monde où se dressent de plus en plus de murs de séparation ». Nous sommes appelés à un témoignage commun et à un service commun.

Se reconnaître et s’accueillir prend du temps ! Chaque journée commençait par un temps de célébration animé par une tradition confessionnelle particulière, puis le thème était introduit par un commentaire biblique. Ces deux temps de ressourcement ont induit un climat d’ouverture, de bienveillance et de réflexion préparant les temps de groupes mondiaux. Car comment dialoguer ensemble quand il y a une si grande diversité ? Le dialogue théologique oecuménique au niveau doctrinal n’est pas adapté à toutes les questions et à toutes les traditions chrétiennes. Par ailleurs comment prenons-nous au sérieux l’appel de Jésus Christ à l’amour fraternel ? Chacun a été invité à dire des événements marquants dans sa relation personnelle avec Jésus Christ. L’enjeu est de reconnaître chacun dans le Christ et le Christ en chacun, de vivre ces relations nouvelles en Christ tout en mesurant comment notre vie est aussi façonnée par la rencontre d’autres différents et comment Dieu agit dans la vie de ces autres.

C’est une autre manière de faire de la théologie, mais c’est bien faire de la théologie !

Cette démarche conduit sans aucun doute à comprendre qu’on est pauvre des autres, de leur théologie, de leurs expériences et à ressentir combien, lorsqu’un membre manque, lorsqu’une dénomination manque, c’est alors tout le corps qui souffre.

Cette démarche est ainsi très complémentaire avec celle des dialogues bilatéraux et multilatéraux. Elle ouvre à de nouveaux paradigmes permettant de sortir des modèles traditionnels pour penser théologiquement, elle crée les conditions de nouvelles relations entre les Églises chrétiennes en insistant sur la grâce et non sur nos divisions.

C’est dans ce sens que nous voulons vivre le premier Forum francophone européen à Lyon du 28 au 31 octobre 2018.

Pasteure Anne-Laure Danet



Au Forum chrétien mondial, toutes nos journées débutaient par un temps de prière d’une heure, préparé par différentes Églises. Il était suivi d’une heure d’études bibliques. Pour évoquer le Forum, je repense à l’une d’elles relatant la rencontre de Jésus et de l’aveugle-né dans l’évangile de saint Jean au chapitre 9. Ce passage illustre parfaitement la vocation et la mission du Forum.

Les disciples posent à Jésus la question de savoir qui a péché, l’aveugle ou ses parents (Jn 9,2). Il est souvent tentant, dans les réflexions et les rencontres au sujet de l’unité des chrétiens, de vouloir se poser la même question. Qui a péché ? Qui est responsable des divisions ? Cette question peut avoir une certaine légitimité. Il importe, cependant, de ne pas rejeter la faute sur les autres confessions ou sur nos ancêtres. Plus encore, il est nécessaire de reconnaître que nous sommes tous aveugles. Aussi, nous avons besoin que Jésus vienne accomplir en nous cette remise en question en ouvrant nos yeux (Jn 9, 39). Le Forum permet cette conversion intérieure. Elle portera du fruit dans de nombreux aspects de notre vie chrétienne. J’en dégage au moins trois.

Dans nos relations avec les autres chrétiens, notre regard est souvent obscurci par nos critères autoréférentiels et notre désir inconscient de faire entrer l’autre dans nos catégories personnelles. Nous évaluons à partir de ce que nous connaissons. Nous considérons nos traditions et nos habitudes comme inhérentes au christianisme. Nous avons besoin de convertir notre regard pour laisser l’autre se définir par lui-même. Nous voulons recevoir son expérience comme une richesse !

Au cours du Forum, certains participants originaires d’Europe ont déploré le relativisme et le pluralisme doctrinal et moral. Ils y voyaient une menace pour le message chrétien. Cette situation de pluralité n’est pas seulement un danger. Elle nous offre la chance de revisiter notre théologie de la Trinité. Le modèle d’unité trinitaire n’est pas statique. Il est communion d’amour dans l’auto-donation des personnes. Il est donc articulation des diversités en complémentarité et réciprocité. Nous avons besoin de nous convertir à la richesse du Dieu Trinité. Une occasion de penser théologiquement la pluralité nous est offerte.

L’unité des chrétiens existe déjà, puisque le Christ n’est pas divisé. Le Seigneur nous donne la mission de manifester visiblement cette unité, sans la confondre avec une juxtaposition de communautés ou un consensus seulement intellectuel ou uniquement affectif. En ce sens, le mouvement oecuménique veut éviter à la fois la fusion et la confusion. Il offre ainsi des moyens pour mieux vivre la mondialisation et la globalisation des cultures et des modes de vies. Nous percevons bien les ambiguïtés et les peurs suscitées par cette globalisation contemporaine. La foi trinitaire offre aussi un modèle précieux et prégnant pour penser la mondialisation et le rapport à la pluralité dans la recherche de l’unité.

Une fois de plus, le dialogue oecuménique nous ramène au cœur de la foi : la communion du Père et du Fils et du Saint-Esprit qui nous anime et nous fait vivre !

Père Emmanuel Gougaud


 


Vingt ans de conversations catholiques-évangéliques

 

28 juin 2018 2018

La Conférence des évêques de France et le Conseil national des évangéliques de France ont célébré le 20e anniversaire du Groupe national de conversations catholiques-évangéliques.

La Conférence des évêques de France et le Conseil national des évangéliques de France ont célébré le 20e anniversaire du Groupe national de conversations catholiques-évangéliques en organisant une soirée sur le thème « Évangéliser aujourd’hui », le mardi 29 mai, dans les locaux de l’Église évangélique baptiste de Paris de l’avenue du Maine (14e).

Ce bel anniversaire fut l’occasion de rendre gloire à Dieu pour ces années de conversations théologiques, spirituelles où le Christ a créé de nouveaux liens entre ses disciples. Il permit aussi de relire le passé et d’envisager l’avenir.

En France, les conversations entre catholiques et évangéliques sont nées de la rencontre, en 1996, de Mgr Gérard Daucourt, président de la Commission épiscopale pour l’unité des chrétiens, et du pasteur strasbourgeois Daniel Rivaud, de la Fédération des Églises du Plein Évangile. À l’ignorance ou la défiance réciproques succédaient le désir de comprendre l’autre comme un véritable ami du Christ. Catholiques et évangéliques ont appris à se connaître et à dépasser les préjugés. Leurs échanges aboutirent en 1998 à la constitution du Groupe national de conversations catholiques-évangéliques. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris et Président de la Commission doctrinale de la CÉF et Monsieur le Pasteur Clément Diedrichs, directeur général du CNÉF, intervinrent à partir du deuxième ouvrage commun du groupe Évangéliser ensemble, des catholiques et des évangéliques s’interpellent (Salvator et Excelsis, 2017).

Mgr de Moulins-Beaufort évoqua la transformation actuelle des sociétés. De moins en moins homogènes, elles ne transmettent plus la religion automatiquement. Chacun doit donc se décider personnellement pour Jésus. Il développa trois motifs pour une évangélisation plus que jamais nécessaire. Commentant Rm 5, il appela d’abord les chrétiens à dénoncer le péché comme source du mal. En attendant la résurrection de la chair, nous avons à laisser l’amour de Dieu pénétrer nos actes et nos pensées. Il faut donc être capable de reconnaître son péché et d’accueillir un libérateur. Toute l’histoire de l’humanité doit donc se comprendre comme l’accueil ou le refus de la Bonne Nouvelle de Jésus. Le rôle des chrétiens est donc de mettre les êtres humains en capacité de se prononcer pour ou contre Dieu. Il défendit également la thèse de l’évangélisation comme une récapitulation des trésors de l’humanité. Le moteur de l’évangélisation est ce besoin des chrétiens de recevoir tous les modes d’intelligence de l’humanité pour mieux entrer dans la compréhension de Dieu. L’évangélisation rassemble le Corps du Christ.

Monsieur le pasteur Clément Diedrichs évoqua la foi en la puissance de la grâce divine, source d’un message commun des catholiques et évangéliques pour le monde d’aujourd’hui. Pour lui, les conversations catholiques – évangéliques sont une magnifique surprise de la prévenance de Dieu. Il rappela les points de contacts, grâce au renouveau charismatique, mais aussi, dans la prise en compte des difficultés liées à la sécularisation. Les temps changent et les Églises se retrouvent ensemble dans le même statut de veilleurs et de prophètes. Elles proclament aujourd’hui résolument que Jésus est Sauveur. Elles veulent oser des actions communes pour la défense de la vie, des pauvres, des étrangers, sans se laisser arrêter par les différences encore séparatrices. Le pasteur Diedrich a tracé les lignes d’un message commun de nos Églises à la société. Elles doivent d’abord sans cesse demander la liberté de culte face aux tentations, même en France, d’aseptiser la vie publique. Elles dénoncent les tentations de construire une société fondée sur l’argent. Il leur faut encore plus prendre soin des faibles. Elles sont invitées à reconnaître la puissance de la grâce et à louer le Seigneur ensemble.

Cette invitation à la louange fut honorée par la magnifique chorale de la paroisse baptiste au cours d’un temps de prière d’action de grâce à Dieu pour le chemin parcouru. À la fin de la soirée, un buffet festif fut l’occasion de prolonger les échanges. Dès à présent, le Groupe national de conversations continue ses travaux préparant une suite du livre Évangéliser aujourd’hui. Les signes et miracles, la médiation entre Dieu et les hommes, le prosélytisme et la vie du chrétien dans le monde actuel seront abordés. Il y a donc encore du travail ! Néanmoins, après tant d’années d’incompréhension, catholiques et évangéliques peuvent se reconnaître frères dans la foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu et Sauveur. Ils sont heureux de recevoir du Christ la mission de cheminer dans la vérité et dans l’amour !

Photo en haut de page : © Vincent Miéville
Le pasteur de l’église accueille intervenants et participants.



 


États généraux de la bioéthique 2018

 

28 juin 2018 2018

À l’occasion de la consultation nationale des États généraux de la bioéthique, plusieurs Églises chrétiennes en France ont exprimé leurs convictions.

Fin de vie : oui à l’urgence de la Fraternité !


Le 22 mars 2018, les 118 évêques de l’Église catholique de France ont signé un document, où ils déplorent les disparités d’accès aux soins palliatifs sur le territoire national tout en argumentant leur opposition à la législation d’une assistance médicale au suicide et de l’euthanasie [1]. Voici les quatre premiers arguments :

1. La dernière loi a été votée récemment, le 2 février 2016. Dans la suite de celle du 22 avril 2005 – dont le retentissement fut international –, elle poursuit l’effort d’une prise en charge responsable et collégiale de la part des soignants pour garantir une fin de vie apaisée. Son application est encore largement en chantier et demande une formation appropriée. […] Changer la loi manifesterait un manque de respect non seulement pour le travail législatif déjà accompli, mais aussi pour la patiente et progressive implication des soignants. Leur urgence, c’est qu’on leur laisse du temps.

2. Fort de la fraternité qu’il proclame, comment l’État pourrait-il, sans se contredire, faire la promotion – même encadrée – de l’aide au suicide ou de l’euthanasie tout en développant des plans de lutte contre le suicide ? Ce serait inscrire au cœur de nos sociétés la transgression de l’impératif civilisateur : « Tu ne tueras pas. » Le signal envoyé serait dramatique pour tous, et en particulier pour les personnes en grande fragilité, souvent tiraillées par cette question : « Ne suis-je pas un poids pour mes proches et pour la société ? » […]

3. Si l’État confiait à la médecine la charge d’exécuter ces demandes de suicide ou d’euthanasie, des personnels soignants seraient entraînés, malgré eux, à penser qu’une vie ne serait plus digne d’être vécue, ce qui serait contraire au Code de déontologie médical : « Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité. » […]

4. […] La vulnérabilité de personnes – jeunes et moins jeunes – en situation de dépendance et de fin de vie appelle non un geste de mort, mais un accompagnement solidaire. La détresse de celles qui demandent parfois que l’on mette fin à leur vie, si elle n’a pu être prévenue, doit être entendue. Elle oblige à un accompagnement plus attentif, non à un abandon prématuré au silence de la mort. Il en va d’une authentique fraternité qu’il est urgent de renforcer : elle est le lien vital de notre société.


Interpellations protestantes sur l’assistance médicale à la procréation et la gestation pour autrui

Validé par le Conseil de la Fédération protestante de France [FPF] en mars 2018, le document élaboré par sa Commission éthique et société de la FPF a été présenté au Conseil consultatif national d’éthique. Voici quelques accents de la présentation résumée, comprenant 15 points.

3) Les protestants souhaitent que le débat démocratique sur ces questions sociétales respecte non seulement le droit à l’opinion dissidente, mais aussi le droit à ce que les désaccords avec l’opinion majoritaire ne soient pas d’emblée disqualifiés comme « réactionnaires ». Ils adressent à la société et aux autorités ces interpellations dans un esprit de liberté critique par rapport à tous les lobbies. Le possible n’est pas forcément le souhaitable et il n’est pas forcément légitime de répondre à tous les désirs.

4) Sur l’extension de l’AMP et sur la GPA, l’opinion des protestants est très partagée avec des majorités et des minorités significatives dans chaque catégorie de répondants. L’état de l’opinion sur ces questions, que ce soit celle des protestants ou celle des Français, est utile à connaître, mais elle n’a aucune valeur normative. […]

14) La commission est réticente à l’ouverture de l’insémination artificielle à des femmes célibataires ou à des couples de femmes qui ne sont pas infertiles. Il nous paraît en effet dangereux d’encourager la fabrication d’enfant à la demande et les situations qui privent volontairement un enfant de son père et pourraient l’exposer à des risques psychologiques et à des discriminations sociales. Il en va également de notre responsabilité à l’égard des générations futures.

15) La commission s’oppose à la GPA parce qu’elle paraît nier le lien biologique entre la mère gestatrice et l’enfant, parce qu’elle risque de développer la commercialisation de la reproduction et d’exploiter les femmes donneuses d’ovules ou mères de substitution, parce qu’elle mettrait les enfants dans une situation ambiguë.


États généraux de la bioéthique 2018 : la position des chrétiens évangéliques

Le 23 mai 2018, le Conseil national des évangéliques de France [CNEF] a organisé une rencontre pour présenter la position évangélique au sujet des débats éthiques actuels [2]. Voici des extraits du communiqué final :

Les protestants évangéliques ne veulent pas se poser en juges des nouvelles demandes sociales suscitées par le développement des biotechnologies. Ils veulent plutôt contribuer au débat en apportant un point de vue nourri par ce qu’ils comprennent de la Bible quant au respect d’autrui et à la dignité humaine.

Ils souhaitent que la société française progresse en matière de droits de l’enfant, d’accompagnement des personnes en souffrance et de protection des générations futures face aux dérives consuméristes et individualistes. Ils espèrent que la législation française définira à cet égard un cadre épanouissant pour les générations futures. […]

Quant au respect de la vie donnée par Dieu, ils entendent la vie de tous, y compris des plus vulnérables : l’enfant à naître, qu’il soit handicapé ou non ; la personne souffrante, qu’elle soit en fin de vie ou non, car tous méritent d’être accompagnés, aimés et soulagés. Ils attendent donc de la médecine qu’elle accompagne chacun dans ses souffrances en lui prodiguant des soins et non en lui donnant la mort.


Convictions orthodoxes


Le 16 mai 2018, Mgr Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France a été auditionné au Conseil d’État dans le cadre des États généraux de la bioéthique 2018. Nous reprenons ci-dessous une partie de ses remarques conclusives :

[…] Il est expliqué que la famille bâtie sur le modèle père-mère et donc homme-femme est un modèle éculé et politiquement conservateur. Mais le couple homme-femme à la base du couple père-mère est-il un modèle ? N’est-il pas la source de la sexuation et pas simplement une sexualité ? Si la sexualité peut passer par différents couples, la vie passe par un couple et un seul. Si demain cette idée jugée discriminante est évacuée, n’est-ce pas le noyau de la vie qui va être attaqué ? Comment le monde va-t-il pouvoir survivre s’il n’a plus le sens de sa source et de ses origines ? Pour essayer
là encore de faire passer cette violence, il est question de supprimer les notions de père et de mère, afin de les remplacer par les termes parent 1 et parent 2. Remplacer les termes père et mère par un chiffre neutre et asexué n’est-ce pas violer psychiquement les êtres humains ? L’humanité vient-elle du neutre ? Ne vient-elle pas de la vie qui n’est jamais neutre ? Sous prétexte de ne pas enfermer les êtres humains dans une identité, il est question de supprimer la notion de sexe, de remplacer le sexe par le genre, avant de supprimer la notion même de genre. Supprimer ainsi la notion de sexe au profit du transgenre, n’est-ce pas enfermer les êtres humains dans l’absence d’identité ? […]

Ces réflexions conduisent à aborder la question du transhumanisme. Terme mixant humanisme et transcendance, celui-ci se propose de faire advenir un homme transcendant grâce à l’hybridation entre l’homme et la machine. Untel projet conduit-il vraiment à la transcendance de l’humanité ? Faire de l’homme un mixte entre la machine et l’homme, afin de le rendre surpuissant, n’est-ce pas céder au mirage du surhomme, fantasmagorie qui a coûté très cher par le passé ? Sous prétexte de transcender l’homme, n’est-ce pas le dépersonnaliser en faisant de lui une machine plus qu’un homme ? […]

Ivan KARAGEORGIEV


[2Le CNEF a également édité des fiches récapitulatives à l’occasion des États généraux de la bioéthique

 


Forum chrétien mondial à Bogotá

 

8 mai 2018 2018

Le troisième rassemblement mondial du Forum chrétien mondial s’est tenu à Bogotá (en Colombie) du 24 au 27 avril 2018.

Que l’amour fraternel demeure !

Le troisième rassemblement mondial du Forum chrétien mondial s’est tenu à Bogotá (en Colombie) du 24 au 27 avril 2018. Le thème de ces quatre journées était : « Que l’amour fraternel demeure » (He 13,1).

Le Forum chrétien mondial (FCM) est un réseau des Églises, de communautés et organisations chrétiennes du monde entier. Toutes les traditions du christianisme y sont représentées : les Églises d’institution africaine, les Églises catholiques, charismatiques, évangéliques, orthodoxes, pentecôtistes, protestantes ainsi que les Églises de migrants et les communautés contemplatives. La plupart des communions et organisations chrétiennes mondiales y sont associées, entre autres le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, l’Association pentecôtiste mondiale, l’Alliance mondiale évangélique et le Conseil œcuménique des Églises.

Le Forum chrétien mondial est un espace ouvert afin que tous les chrétiens renouvellent l’expérience de la rencontre avec le Christ. Le Forum est né de la conviction que l’Esprit Saint est toujours et encore à l’œuvre. Il est une force vive pour dépasser toutes les séparations douloureuses, les méfiances et les rivalités. Le Christ fait des êtres humains ses frères et sœurs dans le lien avec lui. Les chrétiens sont les membres de son Corps. Le Christ n’est pas divisé. Son Corps ne peut pas l’être non plus. Aussi, les disciples du Christ veulent se rapprocher et se réconcilier. L’Esprit Saint opère la réconciliation des diversités. Il construit l’unité visible des membres du Corps du Christ, dont Il est l’Esprit. Il est donc vital et fondamental que les chrétiens des Églises évangéliques, pentecôtistes, orthodoxes, anglicanes, protestantes, catholiques se rencontrent et s’écoutent. Le Forum est cet espace où cette rencontre se réalise. Pendant une semaine, à Bogotá, plus de 250 délégués des Églises sont réunis pour prier, se connaître, écouter, échanger, partager, étudier et aborder ensemble les défis communs.

L’émergence du Forum chrétien mondial a lieu dans une période de grande mutation au sein du christianisme mondial. Par cette rencontre de Bogotá, les chrétiens sont invités à se mettre à l’écoute de ce que l’Esprit dit aux Églises (Ap 2-3).

Vous pouvez revivre cette rencontre par le blog où les membres français du Forum partagent leurs expériences.



 


Institut supérieur d’études oecuméniques : 50 ans de dialogue

 

5 avril 2018 2018

L’Institut supérieur d’études œcuméniques a célébré son 50e anniversaire.

Fondé en 1967, au lendemain du concile Vatican II, l’Institut supérieur d’études œcuméniques [ISÉO] a célébré son 50e anniversaire du 13 au 15 mars 2018 lors du colloque annuel « Nouveaux territoires de l’œcuménisme : déplacements depuis 50 ans et appels pour l’avenir », avec plus de 350 participants. Dans l’attente de la parution des actes nous vous proposons des extraits de la conclusion de Mgr Didier Berthet, en gardant volontairement le style oral et vivant.

Je voudrais me faire l’interprète de chacun ici pour remercier toute l’équipe de l’ISÉO, qui avec d’autres aussi, ont préparé et animé cette très belle rencontre.

C’est un événement, ce n’est pas uniquement une réunion de travail, c’est quelque part, l’ensemble d’une paraliturgie, une célébration où Dieu est parmi nous, le Christ est parmi nous, l’espérance de la Gloire et on célèbre le Seigneur, et ce que le Seigneur, dans son amour et sa grâce, nous a permis de vivre et nous permet de vivre ensemble. Donc, merci au Seigneur pour cette célébration, cette liturgie qui s’est étendue sur plusieurs jours et qui a été d’abord une action de grâce. […]

Puisque nous étions dans un anniversaire, au fond dans beaucoup d’interventions et d’échanges, il y a eu la question de l’histoire et des périodes de l’histoire, des phases de la démarche oecuménique, de l’élan oecuménique notamment depuis cinquante ans. Cet institut a été créé immédiatement après le concile Vatican II, et nous nous sommes, me semble-t-il, avec des variations diverses, accordés à voir trois phases de cette histoire :

  • La phase très faste et aussi audacieuse, prophétique d’un premier élan de libération d’un potentiel de rencontres, de l’élan les uns vers les autres, et de tout ce que cela
    a pu avoir de beau, de vrai, de prophétique, d’enthousiasmant.
  • Et puis, une dizaine d’années après, peut-être une phase de raidissement, mais pas simplement, une phase où nous sommes arrivés à des noyaux plus durs ; après les premières grandes embrassades, la purification de la mémoire, les grands moments, les grands évènements, aller dans le dur de ce qu’il faut encore discuter, ce qui nous séparait, ce sur quoi nous avons des conceptions différentes. […]
  • Enfin, une troisième phase, qui semble être une phase vraiment actuelle, une phase avec une dimension assez explosive, de bouleversements. […] Cette troisième phase
    est un véritable défi, et c’est aussi un territoire extraordinaire pour être ensemble une Église chrétienne à bien des égards minoritaire, toutes nos Églises sont affectées par ce statut qui est nouveau pour certaines, mais qui n’est pas nouveau pour d’autres et nous nous rejoignons quelque part dans ce statut de minorité confessante.

Dans une première lettre pastorale que j’ai adressée à mon diocèse à la rentrée, j’ai utilisé le mot, qui me semble appartenir au vocabulaire ecclésial et spirituel protestant : nous devons être une Église confessante – dans un moment où nous confessons Jésus-Christ - et c’est un défi que nous devons avoir la grâce de relever ensemble et avec notamment ce développement de l’expérience commune de la louange, de l’expérience spirituelle, d’une expérience vraiment commune du témoignage, du témoignage kérygmatique, du témoignage éthique et du témoignage diaconal, du souci et du service de l’homme et particulièrement des plus pauvres.

Photo : © I.K. / Unité des Chrétien
Bénédiction finale des concélébrants lors de la prière oecuménique à l’église Saint-Joseph des Carmes.


ISÉO – 50 ans de transfiguration
La création de l’ISÉO fut annoncée le 22 avril 1967 lors de la remise du doctorat honoris causa à l’archevêque de Cantorbéry Michael Ramsey. Il avait donné sa leçon académique sur « La Transfiguration dans l’Écriture et la Tradition ». Les organisateurs du colloque 2018 ont voulu souligner cette continuité transfiguratrice. L’évangile de la Transfiguration fut au cœur de la célébration oecuménique du 13 mars 2018 dans l’église de Saint-Joseph des Carmes. Le récit biblique fut commenté par trois ministres : Mgr Didier Berthet, évêque de Saint-Dié et président du Conseil des évêques catholiques de France pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme, Mgr Jean de Charioupolis, exarque du patriarche oecuménique des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale et le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France.

Depuis toutes ces années, les trois piliers de l’ISÉO : le Theologicum – Faculté de théologie et de science religieuses de l’Institut catholique de Paris, l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et l’Institut protestant de théologie - Paris ne cessent d’œuvrer ensemble. Ils mettent en pratique le souhait de son premier directeur, le dominicain Marie-Joseph le Guillou : « Puisse cet Institut répondre à sa vocation propre : dévoiler toujours davantage aux yeux des diverses Églises le Visage du Ressuscité ».

Le prochain colloque de l’ISÉO se tiendra du 12 au 14 mars 2019 et sera dédié au vingtième anniversaire de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification, signée le 31 octobre 1999.


 


Église verte - Éco-diagnostic

 

29 janvier 2018 2018

Éco-diagnostic en ligne à partir du 18 janvier 2018

Dix ans après la mise en place du temps de la création (1er septembre – 4 octobre) du rassemblement oecuménique de Sibiu, les Églises chrétiennes en France ont décidé d’inscrire le soin de la création dans la durée en lançant un label Église verte. Cet outil national est à disposition de toutes les paroisses et églises locales souhaitant démarrer ou renforcer leur conversion écologique. Le label s’appuie sur les expériences acquises dans divers pays (Suisse, Royaume-Uni, Canada, Allemagne...).

À partir du 18 janvier 2018 (le premier jour de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne) le site egliseverte.org, proposera un éco-diagnostic en ligne pour « se situer » et progresser d’année en année et une série de fiches pratiques.

L’éco-diagnostic a été testé en 2017 auprès de 10 églises pionnières et perfectionné pour s’adapter à la diversité des communautés (urbaines, rurales, anciennes, modernes...).

Une série de « fiches pratiques » (comment démarrer, mettre en place un compost, améliorer nos déplacements, intégrer la création dans nos célébrations...) permettront de disposer de ‘boîtes à outils’ pour guider les communautés qui le souhaitent dans la mise en place des projets, en s’appuyant sur des « retours d’expériences ».

Voir le dossier de presse ci-dessous (page 8 sur l’éco-diagnostic).



 


« Le Seigneur est ma force et ma louange, il est mon libérateur » (Ex 15,1-21)

 

5 janvier 2018 2018

Pour la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2018, les Églises des Caraïbes nous invitent à prier avec un thème issu du cantique de Moïse et Myriam.

Comme si nous avions traversé la mer Rouge…

Les Églises des Caraïbes nous invitent à prier pour l’unité avec un thème issu du cantique de Moïse et Myriam en Ex 15,1-21 : « Le Seigneur est ma force et ma louange, il est mon libérateur ». Ce chant de louange célèbre la libération de l’esclavage en Égypte et la victoire de la main de Dieu sur les ennemis des Hébreux. Augustin voyait dans le passage de la mer Rouge une figure du baptême et dans la mort des Égyptiens la destruction des péchés : « Nos ennemis, ceux qui nous poursuivaient dans notre fuite, à savoir nos péchés, ont été submergés et anéantis dans le baptême, tout comme les Égyptiens ont été engloutis dans la mer ! » [1]

Ce récit et ce cantique sont toujours utilisés dans le culte juif comme dans la liturgie chrétienne de nos Églises. Les chrétiens des différentes Confessions présentes dans les Caraïbes, marqués par leur passé colonial, voient la main de Dieu active dans la fin de l’esclavage qui a marqué leur histoire. Christ, par sa mort sur la Croix, nous a libérés des chaînes du péché. Cependant, de nouvelles formes d’esclavage moderne et d’addictions de toutes sortes menacent d’asservir à nouveau les êtres humains créés à l’image de Dieu partout dans le monde. Qui brisera ces chaînes ? Qui dénouera ces liens de servitude ?

La main de Dieu a libéré son peuple de l’esclavage en donnant espérance et courage aux Hébreux. Elle continue d’apporter espérance et courage aux chrétiens des Caraïbes. Les Églises témoignent de cette espérance commune en travaillant ensemble, en particulier auprès des plus pauvres et des personnes rejetées par la société. Cette expérience de l’action de salut de Dieu, passage de l’esclavage à la liberté, construit le peuple de Dieu, unit tous les chrétiens au Christ et entre eux. Nous sommes reliés par les nouveaux liens de l’amour et de la communion dans l’unique Corps du Christ. Invoquant l’Esprit de liberté, en cette Semaine de prière pour l’unité chrétienne, nous nous tournons vers le Père : Père, unis-nous tous, fais de nous des signes de libération et de réconciliation de la famille humaine dans le Christ. Des chrétiens divisés ne peuvent pas être ces signes !

Anne-Noëlle CLÉMENT
directrice du centre œcuménique
Unité Chrétienne, Lyon


[1Saint Augustin, Commentaire du Psaume 113A,
4, trad. par M. Dulaey, BA 66, p. 291.

 


Rencontre nationale des délégués à l’œcuménisme

 

24 juillet 2018 2018

La Rencontre nationale des délégués à l’œcuménisme s’est déroulée au Domaine Lyon saint-Joseph du 20 au 23 novembre 2017.

La Rencontre nationale des délégués à l’œcuménisme s’est déroulée au Domaine Lyon saint-Joseph du 20 au 23 novembre 2017. La réunion trisannuelle a rassemblé quatre-vingts délégués catholiques, orthodoxes et protestants autour du thème : « L’apport de l’œcuménisme dans l’exercice des ministères ».

Exercer le ministère de délégué à l’œcuménisme est source de joie, de participation à des projets communs, mais aussi de confrontation et, parfois, de tensions. Au premier jour de la rencontre, trois délégués à l’œcuménisme ont donné leurs points de vue sur la question : « comment ma mission du délégué à l’œcuménisme enrichit et renouvelle mes autres missions et engagements ». Une discussion de l’ensemble des délégués, réunis en petits groupes, s’ensuivit.

Les deuxième et troisième jours avait lieu un colloque théologique intitulé « Les ministères aujourd’hui : nouveau contexte, nouveaux débats, dans nos Églises et entre nos Églises ». Organisé par le Centre Unité chrétienne et la Faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon, ce séminaire œcuménique a donné la parole aux sociologues, aux théologiens et aux responsables des Églises. Ils ont évoqué les nouveaux contextes d’exercice des ministères ces dernières années et les nouveaux débats ainsi suscités. Huit ateliers, donnés parfois à deux, voire à trois voix et traitant des questions aussi diverses qu’importantes – la formation aux ministères, sacerdoce universel et sacerdoce ministériel, l’ordination des femmes dans l’anglicanisme, figures du prêtre orthodoxe en Occident ou le ministère dans le monde évangélique – ont été proposés aux participants. Trois « regards croisés » sur les liturgies d’ordination ou de reconnaissance des ministères dans les Églises, sans oublier les perspectives théologiques et institutionnelles des documents déjà publiés, ont jalonné la deuxième journée du colloque, constituant le cœur du rendez-vous national des délégués à l’œcuménisme. « Les enjeux pastoraux du ministère du délégué » étaient le thème de la dernière matinée du rassemblement. Il fut discuté dans un premier temps dans des groupes mono-confessionnels, puis en plénière.

Le père Pierre Lathuilière, ancien directeur du centre Unité chrétienne de Lyon et membre du Groupe des Dombes dans une synthèse du colloque a présenté le phénomène de la sécularisation ou de « l’ex-culturation », qui met « tout le langage sur Dieu en cause », comme « un défi dans le ministère ecclésial dans son ensemble ». Une des questions plus délicates, étant à ses yeux « la place du sacré » dans « un monde transculturel ». « L’essentiel, c’est de se tenir près de la croix, car là on sait où est le pouvoir », a-t-il encore affirmé. Plusieurs nouveaux et jeunes délégués venant de différentes régions de France se sont joints aux habitués de la rencontre. Les quatre jours de travail intense furent pour les participants un moment précieux de partage, en conversation, en repas et en prière. Ils ont profité de l’occasion pour rencontrer des responsables œcuméniques des Églises, en particulier Mgr Didier Berthet, président du Conseil pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme de la Conférence épiscopale et la pasteure Emmanuelle Seyboldt, présidente du Conseil national de l’Église protestante unie de France.

Photo : © Patricia Ouin
Trois délégués à l’oecuménisme – pasteur Pierre-Alain Jacot de l’Église protestante unie de France, archiprêtre Serge Sollogoub de l’Église orthodoxe et père Serge Ricoud de l’Église catholique sont intervenus au début du colloque lors d’une table ronde, animé par Anne-Laure de La Roncière, déléguée à l’oecuménisme du diocèse de Lille.



 


Le Conseil d’Églises chrétiennes en France fête ses trente ans

 

24 juillet 2018 2018

Avec les délégués à l’œcuménisme réunis à Lyon pour leur Rencontre nationale, le CÉCEF a fêté ses trente ans par une soirée de louange.

Au sein de la rencontre nationale des délégués à l’œcuménisme, le Conseil d’Églises chrétiennes en France [CÉCEF] a fêté ses trente ans [1] par une soirée de louange, animée par le groupe Glorious, le 22 novembre 2017 dans la paroisse catholique Lyon Centre Sainte-Blandine. En ouvrant la célébration, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a exprimé sa joie d’accueillir la manifestation dans une ville, marquée non seulement par le témoignage sur l’unité de saint Irénée, mais aussi de celui de l’abbé Paul Couturier. « On pensera à nos frères orthodoxes, car Mgr Emmanuel ne peut pas être avec nous », a-t-il confié, en écho à la « très belle amitié » liant les deux hiérarques et rappelant un voyage qu’ils ont accompli ensemble à Istanbul en 2004 à l’occasion du huitième centenaire du sac de Constantinople.

Le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France et co-président du CÉCEF, a demandé dans sa prédication de « rendre grâce pour ceux qui ont construit le CÉCEF », invitant à oser l’hospitalité : cet « hospice où se rassemblent des soignants et des soignés », chacun étant libre de s’identifier avec l’une ou l’autre catégorie. C’est « une grâce et une vocation tout en étant une prise de risque », a-t-il poursuivi « car elle exige la responsabilité et la solidarité de celui qui accueille comme de celui qui est accueilli », deux personnages désignés en français par le même mot de « l’hôte » : « une forme de réciprocité prophétique ». Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France et co-président du CÉCEF, a introduit à la fin de la célébration la nouvelle version du Notre-Père avec la formule « et ne nous laisse pas entrer en tentation », recommandée par le CÉCEF pour toutes les célébrations œcuméniques à partir de l’Avent 2017.

Photo : © egliselyoncentre.fr
Mgr Didier Berthet, pasteure Emmanuelle Seyboldt, pasteur François Clavairoly, Mgr Georges Pontier et le cardinal Philippe Barbarin lors de la célébration d’action de grâce pour les 30 ans du CÉCEF.



[1Le numéro 170 d’avril 2013 de la revue Unité des Chrétiens est dédié au vingt-cinquième anniversaire de l’instance oecuménique.

 


Le Groupe national de conversations catholiques-évangéliques invite à l’évangélisation commune

 

24 juillet 2018 2018

Évangéliser aujourd’hui. Des catholiques et des évangéliques s’interpellent.

Le 14 septembre 2017 a été présenté à l’église évangélique de la Bonne Nouvelle à Mulhouse le livre Évangéliser aujourd’hui. Des catholiques et des évangéliques s’interpellent [1], seconde publication du Groupe national de conversations catholiques-évangéliques.

Depuis bientôt 20 ans, à l’échelle nationale, un groupe de six catholiques et six évangéliques se rencontre trois fois par an. Mandatés par la Conférence des évêques de France et le Conseil national des évangéliques de France, les membres de ce Groupe souhaitent réciproquement mieux connaître la tradition théologique, la vie spirituelle et la pastorale de ces deux familles chrétiennes. Dans une fraternelle bienveillance, ils se questionnent mutuellement sur leur fidélité à Jésus-Christ. Ils expérimentent que le Christ qui les rassemble est plus fort que tout ce qui pourrait les diviser. Catholiques et évangéliques, ce sont deux histoires, deux identités, et un seul Seigneur, Jésus-Christ. Quelles sont leurs convergences, leurs différences ? Qu’est-ce qui relève des idées reçues et de la caricature ? Qu’est-ce qui pose de réels problèmes ? Dans la France d’aujourd’hui, ne devraient-ils pas faire cause commune ? Jusqu’où peuvent-ils se faire confiance ?

Après Regard sur le protestantisme évangélique en France [Pour une brève présentation du document voir : Unité des Chrétiens, n°144, octobre 2006, p. 42.]] de 2008, 2017 voit la publication d’Évangéliser aujourd’hui. Ce petit ouvrage explore quatre thèmes essentiels : l’évangélisation, la conversion, le salut et le baptême. Pouvons-nous évangéliser ensemble ? Pour certains, la réponse, positive ou négative, est une évidence tandis que d’autres se questionnent. Ces quatre sujets constituent des différences encore séparatrices entre catholiques et évangéliques. Sans nier les divergences et les difficultés de communion, la lecture de ces quatre chapitres permet d’entrer dans une compréhension bienveillante et de cheminer dans la vérité et l’amour. Ce livre constitue ainsi une excellente base pour tous les catholiques et les évangéliques qui souhaitent entrer dans un dialogue fraternel pour devenir ainsi davantage disciples du Christ.

Emmanuel Gougaud


[1Paris, Salvator / Excelsis, 2017.

 


Temps de la création

 

24 juillet 2018 2018

La période du 1er septembre au 4 octobre est à réserver à la prière pour la protection de la création et la promotion de styles de vie durables.

C’était à Sibiu, en Roumanie, lors du troisième rassemblement oecuménique européen en septembre 2007 que les quelque mille cinq cents représentants des différentes Églises chrétiennes en Europe ont pris la décision d’instaurer « un temps de la création » commun aux disciples du Christ : « Nous recommandons de réserver la période du 1er septembre au 4 octobre à la prière pour la protection de la création et la promotion de styles de vie durables qui fait reculer notre contribution négative au changement climatique ».

Le 1er septembre est le début de l’année liturgique pour l’Église
orthodoxe, qui depuis 1989, en vertu d’une encyclique du patriarche oecuménique Dimitrios, devient un jour de prière pour la création. Le pape François a proposé le 6 août 2015, le jour lorsque les deux Églises fêtent la transfiguration du Christ, que le 1er septembre devient : « journée mondiale de prière pour la création ». Le 4 octobre, quant à lui, est dédié à la mémoire de saint François d’Assise, un chantre de la création.

Pour encourager les chrétiens à renforcer leur témoignage commun dans ce domaine, des ressources œcuméniques pour des temps de prière sont proposées ci-dessous en pièce jointe.

Temps de la création 2017

Regarder, Contempler, se laisser transformer

Intentions de prière universelle

Dimanche 3 septembre
En ce début du temps de la Création, demandons au Seigneur de nous laisser transformer en renouvelant notre façon de penser et de vivre.

Dimanche 10 septembre
En ce temps de la création, demandons au Seigneur d’être attentifs aux guetteurs qui nous alertent sur l’état de notre planète et les conséquences de nos modes de vie.

Dimanche 17 septembre
En ce temps de la création, demandons au Seigneur de nous faire prendre conscience de notre dette envers les générations futures.

Dimanche 24 septembre
En ce temps de la création demandons au Seigneur de nous mettre en route pour être des ouvriers de sa vigne et participer à son œuvre créatrice.

Dimanche 1er octobre
Alors que se terminera le 4 octobre le temps de la création, demandons au Seigneur de ne pas nous contenter de paroles mais de nous engager joyeusement à vivre dans la sobriété.

Écouter un Psaume de la Création.

Temps de la création 2017 - Regarder, contempler, se laisser transformer


 


Cours à trois voix

 

24 juillet 2018 2018

Pour l’année universitaire 2017-2018, l’ISEO propose plusieurs cours dispensés par trois enseignants de différentes confessions chrétiennes.

Institut supérieur d’études œcuméniques (Paris)

L’Institut supérieur d’études œcuméniques (ISEO) à Paris propose plusieurs « cours à trois voix » (avec trois enseignants de différentes confessions chrétiennes) pour l’année universitaire 2017-2018. Ces cours sont ouverts à tous.

  • « Unité et ruptures dans l’Église d’Occident au XVIe siècle »
    Thierry AMALOU - Neal BLOUGH - Pierre Olivier LÉCHOT
    12 séances de 2h. Du 25/09/2017 au 18/12/2017 - lundi de 9h-11h

    Ce cours à trois voix repose sur la méthode historique que nous partageons
    entre catholiques et protestants et sur les dernières avancées de celle-ci en histoire des réformes. Observer les ruptures du XVIe siècle nous permet de comprendre ce qui a provoqué les divergences théologiques mais aussi ce qui unit les uns et les autres dans une culture de l’« Humanisme » et de la Renaissance. Nous examinerons enfin les modalités de la construction de sensibilités religieuses divergentes en confessions institutionnalisées.
  • « Le sens de la liturgie »
    Nicolas COCHAND - Isaïa GAZZOLA - Job GETCHA
    9 séances de 2h. Du 25/09/2017 au 18/12/2017 - lundi 14h-16h

    Dans son déroulement et dans ses livres, par ses fonctions et ses gestes, la liturgie règle certains aspects de la vie en Église. Le cours s’attachera à se saisir, de manière oecuménique, des questions posées par la pratique de la liturgie dans chacune des confessions chrétiennes : sa place, son
    fonctionnement, son autorité, son but, son sens.
  • « La Bible de la Septante : héritage, apport et actualités dans les confessions chrétiennes »
    Stéphane BEAUBOEUF - Valérie DUVAL-POUJOL - Stephan MUNTEANU
    12 séances de 2h. Du 02/10/2017 au 14/05/2018 - lundi de 16h-18h

    Le cours, après une présentation approfondie de ce qu’est la Septante (origines, principaux manuscrits et transmission matérielle, spécificités par rapport au texte massorétique, questions de canon, réception dans le judaïsme) étudiera son utilisation dans le Nouveau Testament chez les Pères de l’église. Par la lecture de quelques textes bibliques choisis, les principaux outils d’étude de la Septante seront présentés. Le cours présente aussi son apport dans l’exégèse contemporaine.
  • « L’énigme du mal, un défi à la théologie : une approche œcuménique »
    Claire-Anne BAUDIN - Nicolas CERNOKRAK - Ken YAMAMOTO
    12 séances de 2h. Du 26/09/2017 au 19/12/2017 - Mardi 14h-16h

    Notre monde contemporain, qui a traversé les deux Guerres mondiales, vit encore des moments douloureux et tragiques, dont certains sont dus à des formes d’extrémismes religieux ou politiques ou autres. Il rencontre également d’autres types d’injustice comme manipulation de l’information ou dérives des nouveaux moyens de communication sociale. Comment proposer une lecture théologique et spirituelle de ces événements ? Peut-on et jusqu’où est-il possible de discerner les racines du mal ? Ces questions
    nous conduiront à redécouvrir la force d’un Evangile vraiment oecuménique, attestée dans différentes traditions chrétiennes, aux prises avec les drames du monde contemporain.


 


Communiqué de Mgr Vincent Jordy à la suite du décès du Père Laurent Villemin

 

24 juillet 2018 2018

Le père Laurent VILLEMIN, directeur de l’Institut supérieur d’études œcuméniques à l’Institut catholique de Paris,nous a quittés le 10 août dernier.

Communiqué de Monseigneur Vincent JORDY,
évêque de Saint-Claude
et président du Conseil épiscopal pour l’unité des chrétiens
et les relations avec le judaïsme (de 2011 au 30 juin 2017),
à la suite du décès du Père Laurent VILLEMIN

Le père Laurent VILLEMIN, prêtre du diocèse de Verdun, directeur de l’Institut supérieur d’études œcuméniques à l’Institut catholique de Paris, théologien éminent, membre du Comité mixte catholique – baptiste et du Comité mixte catholique – orthodoxe, nous a quittés le 10 août dernier, à la suite d’une longue maladie.

Par sa culture théologique, sa connaissance des traditions chrétiennes et de l’histoire de l’Église, le Père Laurent avait à cœur de promouvoir le dialogue œcuménique.

Nous nous unissons à la prière de ses parents, de sa famille, de son évêque et de ses proches. Nous demandons au Père du Ciel de nous apporter consolation et espérance, à la suite de cette perte douloureuse. Nous confions le Père Laurent VILLEMIN à la grande miséricorde divine.

Poligny, le 16 août 2017

+ Vincent JORDY
Évêque de Saint-Claude
et président du Conseil épiscopal pour l’unité des chrétiens
et les relations avec le judaïsme (de 2011 au 30 juin 2017)

Photo : © diocèse de Verdun

Communiqué de Monseigneur Vincent JORDY, à la suite du décès du Père Laurent VILLEMIN


 


Carême et Pâques à Lille

 

24 juillet 2018 2018

En 2017, les chrétiens orientaux et occidentaux avaient l’opportunité de fêter la résurrection du Christ le même jour.

En 2017, les chrétiens orientaux et occidentaux avaient l’opportunité de fêter la résurrection du Christ le même jour [1] partout dans le monde. Le Conseil d’Églises chrétiennes en France a encouragé, dans un communiqué, les disciples du Christ de proclamer ensemble Sa victoire, devenu la leur, « particulièrement en cette année de commémoration de la Réforme ». Plusieurs manifestations œcuméniques se sont déroulées dans de nombreuses villes françaises [2] également lors du carême. Voici une d’entre elles.

À Lille, l’Église catholique a proposé aux Églises anglicane, protestante unie et orthodoxe, de s’associer aux conférences de Carême de la Cathédrale Notre-Dame de la Treille et de vivre pendant la semaine sainte des temps ensemble. Il s’agissait de mettre en lumière un signe joyeux d’unité : en 2017 tous les chrétiens fêtaient Pâques à la même date.

C’est le thème de la paix (« La paix soit avec vous »), qui a servi de fil conducteur à cette montée commune vers Pâques. Notamment parce qu’en avril 2018, un grand rassemblement international et oecuménique « centenaire pour la paix » aura lieu à Arras [3]. Nous voulions l’annoncer et le préparer.

Le thème de la paix a été abordé sous différents angles par des intervenants de différentes Églises lors des six conférences de carême :

Paix et famille : Pieter, pasteur baptiste et Violaine Le Roux, son épouse catholique, tous deux au service de la communauté du Chemin Neuf, ont témoigné comment par la prière et le pardon vécus en famille, ils apprenaient avec leurs enfants à vivre en paix et se sentaient envoyés en mission dans le monde.

Paix et création : Si la paix est don de Dieu, elle est aussi son commandement, nous a rappelé Martin Kopp, luthérien et porte-parole de l’écologie chrétienne. Pour faire face à la menace qui pèse sur la création, nous avons à choisir un style de vie simple et solidaire, joyeux et fructueux !

Paix et Europe : Face aux égoïsmes qui ruinent actuellement l’Europe, David Fieldsend qui représente l’archevêché de Canterbury à la communauté européenne, n’a pas voulu laisser de place au désespoir : « rien n’est impossible si nous nous
adressons à Dieu dans la prière » a conclu ce prédicateur membre d’un ordre franciscain anglican.

Paix et non-violence : Neal Blough de l’Église mennonite a présenté la non-violence comme étant le chemin qui vaincra de manière concrète le mal et la violence. Il a mis en avant notre identité chrétienne, se demandant si elle ne nous invitait pas à aller plus loin que nos identités nationales pour faire partie d’un réseau chrétien mondial, désamorçant violence et guerre.

Paix et laïcité : Carol Saba (porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France) a plaidé pour « une meilleure organisation publique, intelligente et coopérative des rapports entre le politique et le religieux au sein de nos sociétés laissant une grande marge aux acteurs de la société pour contribuer positivement à l’enrichissement des débats et du bien commun sociétal... garant de la paix ».

Paix et chrétien d’Orient : Alors qu’en ce dimanche des rameaux, des églises coptes venaient d’être victimes d’attentats en Égypte, Monseigneur Pascal Gollnish, directeur général des OEuvres d’Orient, a rappelé combien « le martyre commun des chrétiens est le signe le plus convaincant de l’œcuménisme aujourd’hui ».

Ces conférences ont été suivies par un temps de prière animé par l’Église de chaque intervenant.

Jeudi saint :
(À « La Passerelle », lieu oecuménique d’accueil et de silence dans le centre commercial d’Euralille) Mgr Ulrich et le Pasteur Jan Albert Roetman ont participé au geste du lavement des pieds au cours d’un temps de prière autour de l’exposition éphémère « la sainte cène » de Philomène Zeltz.

Vendredi saint :
Méditant les 7 paroles du Christ en Croix, nous avons pris le temps de marcher ensemble d’Église en Église (églises orthodoxe, catholique, anglicane, temple). Nous avons fait une halte dans chacune d’entre elles pour découvrir en ce jour pas comme les autres, la liturgie d’autres fidèles du Christ.

Samedi saint :
Chacun, chez lui, a pu prier avec le livret « chemin spirituel du samedi saint » émaillé de différentes méditations écrites par des représentants des différentes Églises de l’agglomération lilloise.

Dimanche de Pâques :
Tous ensemble nous avons proclamé la Résurrection sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de la Treille et goûté la joie et la paix de la rencontre, fruits de la résurrection de notre Seigneur.

Anne-Laure de La Roncière
Déléguée diocésaine
à l’œcuménisme, Lille


[1C’est pour la septième fois depuis le début du XXIe que les calendriers julien et grégorien s’accordent sur la date de la célébration de la Fête des fêtes à l’instar des années 2001, 2004, 2007, 2010, 2011 et 2014. La prochaine date commune aura lieu seulement le 20 avril 2025.

[2À Lyon, par exemple, sur l’invitation du cardinal Philippe Barbarin, sont intervenus du 5 mars au 2 avril 2017, Monseigneur Norvan Zacharian, primat émérite de l’Église apostolique arménienne de France, Mgr Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, Mme Élisabeth Gangloff-Parmentier, professeur à la Faculté de théologie protestante de l’Université de Genève et Louis Schweitzer, pasteur de la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France et professeur d’éthique à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine. Les conférenciers ont répondu à deux questions : « Comment voyez-vous l’unité de l’Église que nous professons dans le Credo ? De quelle manière pensez-vous qu’elle puisse et doive progresser ? ». L’ensemble des interventions vient d’être publié aux éditions Parole et Silence sous l’intitulé Je crois en l’Église une.

[3Cette rencontre internationale « pour une paix juste », à laquelle est associé en particulier le diocèse de Canterbury (jumelé à celui d’Arras) aura lieu du 18 au 22 avril 2018. Un colloque à l’Institut catholique de Lille, un grand concert, des rassemblements œcuméniques à Arras, Lille et à l’Anneau de la mémoire de Notre-Dame de Lorette (le seul mémorial international construit en France pour le centenaire de la Première guerre mondiale) sont au programme.

 


Pâques 2017 : une date commune pour tous

 

24 juillet 2018 2018

La proclamation œcuménique de la Résurrection a été organisée en de nombreuses villes de France.

En 2017, la date de Pâques, le 16 avril, était commune à toutes les Églises d’Orient et d’Occident.

Le Conseil d’Églises chrétiennes en France recommandait aux chrétiens de se rassembler pour annoncer ensemble dans l’espérance la Bonne Nouvelle : « Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! »

La proclamation œcuménique de la Résurrection (parfois précédée par des actions communes pendant le temps de carême) a été organisée en de nombreuses villes de France.

(N’hésitez pas à faire parvenir à notre adresse contact chez unitedeschretiens.fr d’échos et des photos de vos proclamations œcuméniques de la Résurrection.)


Aix-en-Provence - dimanche 16 avril, 12h15, place de l’université.
-> Tract

Angers - dimanche 16 avril, 8h30, Temple protestant (5 rue du Musée).
-> Tract

Besançon - dimanche 16 avril, 7h30, place de la Révolution.

Biarritz - dimanche 16 avril, 9h, place sainte Eugénie, temps de louange et d’action de grâce, suivi d’un petit-déjeuner fraternel.

Bordeaux - dimanche 16 avril, 7h17, place Pey Berland.
-> Tract

Celles (Pays mellois – Deux-Sèvres) - dimanche 16 avril,
6h, Marche depuis Maisoncelles vers Pié-Foulard.
7h, célébration de louange à l’église suivie d’un petit-déjeuner.

Chalon sur Saône - dimanche 16 avril, 8h, port Villiers
-> Tract

Chambéry-Montagnole - dimanche 16 avril, 7h, église de Montagnole.

Dijon - dimanche 16 avril, 8 h, jardins de l’église Saint Pierre, place Wilson.
-> En savoir plus.

Dunkerque - dimanche 16 avril, 6h30, place du centenaire, suivi d’un petit-déjeuner « œcuménique ».
-> Tract

Épinal (Vosges) - samedi 15 avril, 17h, place des Vosges.

Gap - dimanche 16 avril, 10h, temple protestant (4 avenue Guillaume Farel).
-> Tract

Lille - dimanche 16 avril, 8h30, parvis de la cathédrale.
-> Tract

Lyon - dimanche 16 avril,
7h, église de Sainte-Foy Centre (derrière l’église), avenue Valioud.
7h, quai Augagneur en face du Grand Temple, Lyon 3e.
7h, église de la Sainte Famille à Villeurbanne, 9 rue Longchamp.
-> Tract

Orléans - dimanche 16 avril, 7h03, Campo Santo.
-> Tract

Marseille - dimanche 16 avril,
6h45, esplanade Jean-Paul II, devant La Major.
Dans les calanques, pour les sportifs : départ à 6h15 de la chapelle du Roy d’Espagne
(16 Allée Albeniz) ou à 6h30 de Callelongue.
->Tract

Monaco - lundi 17 avril, 18h30, église Saint-Nicolas (Fontvieille).
-> Tract

Nantes - dimanche 16 avril, 12h30, 53-55 Bd de la Beaujoire.
-> Tract
-> En savoir plus.

Nevers - dimanche 16 avril, 8h, place Carnot – devant la Chambre de Commerce.

Paris - La Défense - dimanche 16 avril, 7h30, place de la Défense, pour les chrétiens d’Ile-de-France.
-> Tract
-> En savoir plus

Le Raincy (Seine-Saint-Denis) - dimanche 16 avril, 9h15, Temple du Raincy (17 allée de l’Ermitage), précédé par le petit-déjeuner offert à 8h30.
-> Tract

Royan - dimanche 16 avril, 8h, plage de Pontaillac.

Saint-Étienne - dimanche 16 avril, 7h, le Guizay.
-> Tract

Salon-de-Provence - dimanche 16 avril, 12h, parvis de la Collégiale Saint-Laurent.



 


Deux semaines de prière au mois de janvier en ignorance mutuelle, en échange de dons ou en compétition ?

 

24 juillet 2018 2018

Le mois de janvier est jalonné non seulement de souhaits réciproques de meilleurs vœux mais aussi de deux semaines de prière.

Le mois de janvier est jalonné non seulement de souhaits réciproques de meilleurs vœux mais aussi de deux semaines de prière. C’est un temps fort d’un œcuménisme spirituel, vécu sur le terrain. Ces deux semaines de prière ont des origines historiques et ecclésiales différentes, des approches différentes de l’œcuménisme également. Mais elles sont animées par le souci commun : de l’union ou de l’unité du corps du Christ ; de prier ensemble à travers les confins de sa propre communauté ; et de faire repentance face à la désunion.

La Semaine universelle de prière de l’Alliance évangélique mondiale, est préparée par un comité européen ou international selon les années. Organisée pour la France par le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), et en Suisse par le Réseau évangélique suisse, sa vocation est d’unir dans la prière des chrétiens et des communautés d’orientation évangélique. Des méditations et les sujets de prières sont disponibles en ligne. La Semaine de prière pour l’unité chrétienne, est préparée par un comité international avec des représentants du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité chrétienne et du Conseil oecuménique des Églises. Le matériel en France est préparé et diffusé par l’association lyonnaise Unité chrétienne. Si les dates, du 18 au 25 janvier, de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne ne changent pas d’une année à l’autre à l’autre [1], les dates de la Semaine de prière de l’Alliance évangélique changent légèrement et chevauchent parfois le début de la Semaine de prière pour l’unité [2]. Cette esquisse permet de voir la subtilité de prier pour unir
des chrétiens ou de prier pour l’unité chrétienne.

Désir de dépasser l’ignorance mutuelle, un échange de dons déjà en route ?

Il y a 10 ans déjà, le pasteur méthodiste suisse Hans Hauzenberger, soulignait la question d’un certain nombre d’Églises évangéliques qui seraient attirées à participer dans les deux semaines et les problèmes pratiques et parfois même douloureux liés à cela [3]. On pourrait faire la critique d’une ignorance mutuelle des pratiquants respectifs des deux semaines, une peur de se laisser aller à la prière plus spontanée d’un côté, un refus de se mettre sous le joug d’une prière pré-écrite de l’autre. Pourtant, ce stade semble être largement dépassé sur le terrain en France aujourd’hui, on constate même un certain engouement à organiser ensemble des temps de louange, à faire de la nouvelle musique ensemble, à se découvrir lors des promenades-repas d’une Église à l’autre du même quartier. Cela dit, prier ensemble entre chrétiens suscite ici comme ailleurs, encore frilosité ou refus fier pour certaines Églises évangéliques ou orthodoxes, comme cela suscite lassitude ou indifférence chez beaucoup d’autres.

Un regard nouveau sur l’histoire de l’œcuménisme ?

Des réflexions à partir des 500 ans de la Réforme, sous des angles bien différents, formaient la base de la préparation (séparée) des deux semaines de prière de cette année. Cet anniversaire invite les chrétiens de différentes confessions à porter un nouveau regard sur leur histoire, de passer Du conflit à la communion. Cette approche peut être bénéfique aussi pour l’histoire même du mouvement oecuménique, pour une mise en valeur de la contribution de toutes nos Églises à l’unité visible.

La Conférence mondiale de mission d’Edinbourg 1910 est souvent mise en avant comme le point de départ du mouvement oecuménique moderne. Mais, cela peut occulter des initiatives bien antérieures, en particulier le désir « d’union chrétienne » qui motivait la formation de l’Alliance évangélique en 1846 et sa Semaine
de prière mondiale qui commença en 1860 [4]. À cette occasion fut envoyée une invitation aux responsables de toutes les Églises protestantes et anglicanes du monde à y participer. On note au passage que cette initiative de prière était 50 ans avant les débuts de la Semaine de prière pour l’unité
chrétienne, 100 ans avant le Concile Vatican II, 90 ans avant la formation du Conseil oecuménique des Églises.

Pour sa part, la Semaine de prière pour l’unité débutera en 1908, sous le nom d’« Octave » pour l’unité, avec à l’époque une visée claire de retour à Rome. L’initiative venait de Paul Wattson et de Lurana White de l’Institut de Graymore, New York, tous deux des franciscains épiscopaliens animés par le désir de l’unité chrétienne [5]. La Semaine de prière pour l’unité chrétienne, prendra bien plus d’ampleur grâce entre autres à l’œuvre de l’abbé Paul Couturier, à Lyon.

Ensemble dans la joie et dans l’espérance ?

On devrait encourager tous les efforts d’invitations croisées entre les deux semaines de prière du mois de janvier. Certes il y a des personnes opposées à l’œcuménisme dans toutes nos Églises, mais ne réduisons pas l’une ou l’autre confession à ces expressions-là. La conversion oecuménique n’est pleinement accomplie dans aucune de nos Églises. Le vrai défi reste de donner goût aux chrétiens à prier pour l’unité, et cela avec des chrétiens d’autres confessions pour donner un nouvel élan à l’œcuménisme spirituel.

« Que tous soient un »

Notre façon de vivre chaque année les semaines de prière sur le terrain fait bouger l’histoire oecuménique. C’est un réel déplacement spirituel qui peut nous aider à passer d’un esprit de compétition ou jalousie vers une plus grande compréhension de la prière du Christ pour l’unité. Continuons, car la prière du Christ « que tous soient un » est notre héritage et responsabilité communs.

Jane STRANZ

Photo : © collectifillumine.wixsite.com ; © oecumenisme-lyon.com
Il n’est pas rare que des chrétiens engagés dans l’une ou l’autre Semaine prient ensemble, comme en témoignent ces photos prises à Reims et à Lyon (respectivement les 20 et 21 janvier 2017).



[1Les dates du 18 au 25 janvier sont valables pour l’hémisphère nord, mais dans certaines parties de l’hémisphère sud la Semaine de prière pour l’unité est célébrée pendant la semaine qui suit la fête de Pentecôte.

[2Dans les trois années à venir les dates de la fin de la Semaine de prière universelle se chevaucheront avec la Semaine de prière pour l’unité chrétienne : 14-21 janvier 2018, 13-20 janvier 2019, 12-19 janvier 2020.

[3Hans Hauzenberger, « Two Prayer Weeks, do they compete or complement each other ? », p. 491-497 in The Ecumenical Review, vol. 59, n° 4, oct. 2007.

[4En 1846 lors de la fondation de l’Alliance évangélique le professeur Tholuk déclarait : « L’unité substantielle de l’Eglise existe déjà et tout ce que l’Alliance évangélique a à faire, c’est de la déclarer, de la manifester devant le monde »

[5Les débuts de la Semaine de prière pour l’unité chrétiennesont abordés dans : Anne-Noëlle Clément, L’abbé Paul Couturier, Unité des chrétiens et unité de l’humanité, Lyon, éditions Olivétan, 2016, p. 21-23.

 


La revue Unité des Chrétiens sur France 2

 

24 juillet 2018 2018

Documentaire diffusé sur France 2 sur quatre membres du comité de rédaction de la revue Unité des Chrétiens.

« Chrétiens ensemble »

Dans le cadre de la matinée oecuménique du dimanche 22 janvier 2017, France 2 a diffusé un documentaire sur l’engagement oecuménique de quatre chrétiens : Ivan Karageorgiev (prêtre de l’Église orthodoxe bulgare), Philippe Sukiasyan (diacre de l’Eglise apostolique arménienne), Jane Stranz (pasteure de l’Eglise protestante unie de France), Emmanuel Gougaud (prêtre catholique). Ce sont quatre membres du comité de rédaction de la revue Unité des Chrétiens.



 


Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2017

 

24 juillet 2018 2018

Les Églises d’Allemagne proposent comme fil conducteur de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne l’œuvre de réconciliation du Christ.

Parole de réconciliation : « l’amour du Christ nous presse » (2 Co 5,14-20)

En vue d’une commémoration commune des origines de la Réforme en 2017, les Églises d’Allemagne proposent comme fil conducteur de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne l’œuvre de réconciliation du Christ, à partir d’un passage de la deuxième lettre de Paul aux Corinthiens. Elles mettent en valeur deux axes principaux, d’abord célébrer l’amour et la grâce de Dieu, la « justification de l’humanité par la grâce seule », soulignant l’élément principal sur lequel se fondent les Églises issues de la Réforme de Martin Luther.

Elles nous invitent également à reconnaître la douleur causée par les profondes divisions que la Réforme a générées et qui ont affecté l’Église, à nommer ouvertement les fautes commises et en demander pardon, nous offrant ainsi une opportunité de progresser vers la réconciliation. Le passage biblique choisi souligne que la réconciliation est un don de Dieu pour l’ensemble de la Création. Ayant en nous « la parole de réconciliation » (v.19), le Christ Jésus lui-même, nous sommes à notre tour appelés à devenir « ambassadeurs de réconciliation » (v. 20).

Marquée par la chute du mur de Berlin en 1989, l’équipe allemande a choisi de représenter la division des chrétiens que nous confessons et la réconciliation à laquelle nous aspirons par la construction et le démantèlement d’un mur pendant la célébration œcuménique proposée. Nous aurons à cœur d’utiliser ce geste symbolique et les paroles qui l’accompagnent dans nos propres célébrations.

Changer à l’égard de l’autre, sortir d’un esprit de controverse, mettre en œuvre la parole de réconciliation entre nos Églises et communautés ecclésiales, passer du conflit à la communion, telles sont les invitations pressantes qui nous sont lancées particulièrement en cette année 2017 ! Il en va de la crédibilité du message de l’Évangile ! « L’amour du Christ nous presse » (v. 14) !

Anne-Noëlle CLÉMENT
directrice du centre œcuménique
Unité Chrétienne, Lyon


 


Archevêque Justin Welby : docteur honoris causa de l’Institut catholique de Paris

 

24 juillet 2018 2018

Le 17 novembre 2016, l’archevêque de Canterbury a reçu un doctorat honoris causa de l’Institut catholique de Paris.

Le 17 novembre 2016, le 105e archevêque de Canterbury Justin Welby a reçu un doctorat honoris causa de l’Institut catholique de Paris (ICP). La cérémonie, ouverte par le cardinal André Vingt-Trios, a commencé par la célébration d’Evensong, à l’église Saint-Joseph des Carmes, chantée par le chanoine Matthew Harrison et le chœur de la paroisse anglicane Saint-George’s à Paris. Lors de la séance académique, la laudatio du nouveau docteur fut prononcée par le recteur de l’ICP Mgr Philippe Bordeyne, qui en théologien moraliste, a souligné, en outre, sa réflexion éthique originale sur les entreprises. Sa Grâce Justin Welby donna sa leçon doctorale en français sur le thème « Notre vision de l’Europe au XXIe siècle à la lumière du Bien Commun ». On lira ci-après la partie conclusive.

La Vision : une Europe catholique

Les réponses que nous avons fournies auparavant aux défis auxquels l’Europe est confrontée ne sont plus adéquates. Ici, en France, je dirais - peut-être de manière quelque peu provocatrice - que la laïcité a rempli son objectif. La laïcité matérialiste, qui n’est pas la laïcité sous sa forme d’origine, n’est pas capable de faire face aux défis posés par des groupes religieux dotés de récits puissants, cohérents entre eux, quoique malfaisants, qui remettent entièrement en question ce que nous entendons par une société juste et bonne. C’est également vrai pour de nombreux autres États européens.

Il est donc temps d’offrir de nouvelles solutions. Les valeurs de la vision des pères fondateurs du projet européen s’inspiraient largement de l’Enseignement social de l’Église catholique. L’Enseignement social de l’Église catholique a joué un rôle important dans le développement de ma propre foi. Je crois que les valeurs et la vision pour le 21e siècle doivent être catholiques (avec un petit « c »). Par cela, je veux dire qu’elles doivent être globales, flexibles, complètes, et viser fondamentalement l’inclusion. L’inclusion vise les gens, mais également les institutions et les rencontres humaines, les groupes et les communautés, en tant que tels, pas uniquement en tant qu’individus.

Et quand les choses sont flexibles, complètes et inclusives, en réalité, elles ne peuvent pas être simples. Nous devons reconnaître que pour proposer une vision réalisable et convaincante de l’Europe au 21e siècle, nous devons accepter que l’Europe doive devenir plus complexe. C’est une chose que j’ai apprise quand je travaillais dans des situations de conflit pendant plusieurs années. On ne résout pas un conflit par la simplification, mais en reconnaissant la complexité de la situation. La complexité entraîne le désordre.

Dans le contexte de notre discussion aujourd’hui, la complexité signifie reconnaître la différence et l’apprécier. L’Europe, ce n’est pas les États-Unis d’Amérique. Ce n’est pas un État-nation à ce stade. C’est une collection d’États avec une culture commune et certains aspects culturels très différents. À cela, nous devons également ajouter une histoire incroyablement sanglante. Construire une bonne Europe - ce qui doit être le but d’une vision basée sur le Bien Commun - signifie donc qu’il faut aborder la complexité, l’accepter et l’adopter.

Alors, comment pouvons-nous utiliser l’Enseignement social de l’Église catholique comme fondement de cette vision pour l’Europe à la lumière du Bien Commun ?

Premièrement, la vision pour l’Europe doit renouveler son engagement envers la vraie subsidiarité. La présence de structures de relations économiques, politiques et sociales qui libèrent la subsidiarité rendra l’acceptation de la complexité plus réaliste. Il me semble que les débats actuels sur ce qu’est l’Europe sont tombés dans le piège d’assimiler la force et l’unité à la simplicité. Comme je viens de le dire, l’opposé semble être vrai. Les tentatives pour expliquer les structures et l’identité de l’Europe avec une seule histoire globale ont abouti à l’échec, car elles n’ont pas permis suffisamment de flexibilité pour vivre ces structures au-dessous du niveau continental.

Comme j’espère l’avoir expliqué clairement, il y a une histoire importante à raconter sur l’Europe, qui nous aidera à identifier des valeurs pour le 21e siècle, mais cette histoire ne peut pas être appliquée d’une manière générale. Toutes les histoires d’identité et d’appartenance sont appliquées à l’échelle locale. L’histoire de l’Europe et les structures de ses institutions doivent donc être appliquées localement.

Ce point est essentiel si nous voulons améliorer l’intégration en Europe. L’intégration ne se fait pas si les valeurs et les vertus importantes sont abstraites et éloignées de la réalité vécue. Elles doivent reconnaître la complexité de la diversité - noter que les croyances religieuses et les croyances fondées sur les valeurs auront besoin de complexité - tout en proclamant d’une manière convaincante les valeurs qui ne sont pas négociables, par exemple, notre engagement envers la démocratie. Par ailleurs, cet engagement sera grandement renforcé par un renouveau de la subsidiarité au sein de l’Europe.

Le deuxième concept de l’Enseignement social de l’Église catholique qui est crucial pour une vision de l’Europe au 21e siècle est la solidarité.

Il est crucial de récupérer la définition chrétienne de la solidarité pour le Bien Commun si nous voulons ré-imaginer l’Europe pour que les individus et les communautés soient profondément et sincèrement appréciés plutôt que laissés pour compte ou exclus.

Un profond engagement envers la solidarité sera reflété dans la relation entre le « centre » de l’Europe et ses marges. Comme je l’ai déjà mentionné, la solidarité doit s’étendre sur l’ensemble de l’Europe - en particulier sur les régions qui sont les plus lourdement affectées par les changements qui se produisent en Europe et en dehors de l’Europe, notamment, l’arrivée des migrants et des réfugiés en Europe du Sud et du Sud-Est.

La solidarité ne doit donc pas se baser simplement sur les ressemblances superficielles qui ont défini comment nous avons compris l’Europe. La vision pour l’Europe au 21e siècle doit développer des racines plus profondes - des racines qui sont suffisamment profondes pour surmonter la différence et que l’on ne confond pas avec une ressemblance superficielle.

Un sens de la gratuité - ce que le pape Benoît XVI a appelé « la grâce dans l’action » - doit également être une caractéristique déterminante de l’Europe au 21e siècle. Les citoyens européens ne peuvent tout simplement pas être considérés ou traités comme des consommateurs. La gratuité, c’est transcender les entendements du monde concernant l’échange et l’équivalence et reconnaître qu’il y a au cœur des relations humaines une véritable capacité d’apprécier l’économie de Dieu - qui est une économie d’abondance, non pas de pénurie. Les systèmes économiques doivent être ancrés dans la compréhension fondamentale de la valeur inhérente de l’être humain - que les humains ne sont pas simplement des unités économiques. Cela s’applique autant à ceux qui vivent à l’extérieur de l’Europe qu’à ceux qui vivent à l’intérieur de ses frontières.

La créativité est le dernier aspect de l’Enseignement social de l’Église catholique que je veux appliquer à la vision pour l’Europe au 21e siècle - c’est-à-dire, reconnaître la créativité de ce qui a été accompli en Europe ces soixante dernières années. La transformation remarquable de la vie pour le simple citoyen européen est une chose que l’on doit chérir et célébrer. C’est aussi une chose que l’on doit exporter : l’Europe n’est pas un club douillet réservé à ses membres, elle devrait être un phare pour les autres régions du monde. La vision est une chose que l’on devrait partager avec autrui, tout en restant toujours humble face aux manquements de l’impérialisme européen, où cette vision a été imposée plutôt que partagée.

Subsidiarité. Solidarité. Gratuité. Créativité.

Elles peuvent constituer les éléments constitutifs d’une vision pour une Europe catholique au 21e siècle.

Une vision inébranlable engagée envers le Bien Commun et l’épanouissement de tous.

Archevêque Justin WELBY

Photo : © I.K.
L’archevêque Justin Welby avec les insignes de docteur honiris causa, entouré de son épouse Caroline, à qui le recteur de l’ICP Philippe Bordeyne présente un bouquet de fleurs, et du cardinal André Vingt-Trois



 


Célébration oecuménique à Strasbourg pour le cinquième centenaire de la Réforme

 

27 mars 2017 2017

Le 6 décembre 2016, une célébration oecuménique a été organisée pour la commémoration du cinquième centenaire de la Réforme protestante.

Le 6 décembre 2016, l’archidiocèse catholique de Strasbourg et l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine [UEPAL] ont organisé une célébration oecuménique dans l’église Saint-Thomas, « cathédrale du protestantisme alsacien », pour la commémoration du cinquième centenaire de la Réforme protestante. Plusieurs responsables d’Églises, dont le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, y participèrent à la suite de la remise du prix CÉCEF 2016, au siège de l’UEPAL dans la salle « Koch ». « Nous ne célébrons pas un divorce, mais un appel à réformer, qui est un appel évangélique », a expliqué l’archevêque de Strasbourg, Mgr Grallet. Pour lui, cet appel à l’unité est plus fort que « les blessures de l’Histoire ». « Le culte chrétien est célébré ici depuis le VIe siècle », a rappelé Christian Albecker, président de l’UEPAL, soulignant qu’à cette époque il n’y avait « qu’une seule Église, dont nous sommes tous issus ». Une prédication à deux voix a retenti lors de la célébration oecuménique, à l’image de celle de Lund. Mgr Vincent Jordy, président du Conseil pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme, au nom du président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, insista sur le désir d’unité de Jésus. Jésus ne l’a pas manifesté en premier lieu dans un enseignement ou dans un commandement à ses disciples « mais dans une prière à son Père ». Aussi, il faut l’« accueillir sans cesse dans des cœurs de pauvres en ayant conscience qu’en dehors de Jésus nous ‘ne pouvons rien faire’ ». Pour le pasteur Laurent Schlumberger, président de l’Église protestante unie de France, l’enjeu de l’unité réside dans le l’expression johannique « demeurer en Christ ». L’évangéliste ne s’adresse pas à un disciple, car « Jésus n’est pas ‘mon Jésus’, personnel et portatif, et je ne suis pas son disciple exclusif », mais à l’ensemble des chrétiens « qui se sentent dispersés - comme nous d’une certaine façon ».

Au cours de la même soirée, le cardinal Kurt Koch, donna dans la cathédrale catholique de Strasbourg une conférence intitulée : « Cinquante ans après Vatican II, les défis de l’œcuménisme ». Articulant « le but de l’œcuménisme » avec l’« accord oecuménique sur la nature de l’Église », il souhaite progresser sur le second sujet ainsi que sur l’élaboration d’une « anthropologie oecuménique », malgré « la perte de la recherche de l’unité des chrétiens », en raison de « la pensée relativiste postmoderne qui craint l’unité et la vérité ». (d’après uepal.fr, alsace.catholique.fr et AFP)

Photo : © I.K.
Les responsables d’Églises ayant conduit la célébration. De gauche à droite : Christian Albecker, cardinal Kurt Koch, inspecteur Pascal Hetzel, Mgr Jean-Pierre Grallet, Mgr Vincent Jordy, pasteur Laurent Schlumberger.



 


Une opportunité nouvelle pour prendre un chemin commun

 

24 juillet 2018 2018

Stephen Brown, représentant Unité des Chrétiens à la commémoration de la Réforme protestante à Lund, décrypte ici cet événement oecuménique majeur.

Commémoration commune luthéro-catholique de la Réforme

En Suède, dans la cathédrale de Lund, autrefois catholique, maintenant luthérienne, s’est déroulée le 31 octobre 2016 la première commémoration commune luthéro-catholique de la Réforme au niveau mondial [1]. Intitulée « Du conflit à la communion – ensemble dans l’espérance », la commémoration s’inscrivait dans le sillage de cinquante ans de dialogue international entre l’Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale [FLM], et la publication (2013) du rapport « Du conflit à la communion » par la Commission internationale luthérienne-catholique pour l’unité.

Le pape François a rejoint l’évêque Munib Younan et le pasteur Martin Junge – respectivement président et secrétaire général de la FLM – dans la cathédrale pour une prière commune. Elle ouvrait le 500e anniversaire du jour où Martin Luther aurait affiché ses 95 thèses dénonçant la corruption au sein de l’Église à la porte de l’église de Wittenberg, en Allemagne, le 31 octobre 1517. Après avoir refusé d’abjurer, Luther fut excommunié en 1521 par le pape Léon X.

Dans son homélie, le pape François prononça des paroles inédites de la part du souverain pontife à l’égard de Luther, autrefois « hérétique ». La Réforme, selon François, « a contribué à mettre davantage au centre la Sainte Écriture dans la vie de l’Église », et « l’expérience spirituelle de Martin Luther nous interpelle et nous rappelle que nous ne pouvons rien faire sans Dieu ». Luther, a poursuivi le pape, a trouvé le Dieu miséricordieux « dans la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ incarné, mort et ressuscité. Par le concept ‘uniquement par la grâce divine’, on nous rappelle que c’est toujours Dieu qui prend l’initiative et qu’il précède toute réponse humaine, en même temps qu’il cherche à susciter cette réponse. La doctrine de la justification, par conséquent, exprime l’essence de l’existence humaine face à Dieu. »

Le pape François faisait ainsi référence à la doctrine de la justification, centrale pour la Réforme luthérienne du XVIe siècle, point clé de contestation avec l’Église catholique d’alors, mais qui fut l’objet d’un consensus différencié entre les deux traditions en 1999 lors de la signature de la « Déclaration commune sur la doctrine de la justification » . Ce texte est la « pierre angulairede la commémoration commune à Lund, selon le pasteur Junge.

« À présent, dans le contexte de la commémoration commune de la Réforme de 1517, nous avons une opportunité nouvelle pour prendre un chemin commun », a lancé le pape François dans son homélie. Pour sa part, le secrétaire général de la FLM a appelé catholiques et luthériens à « prendre [leurs] distances avec un passé terni par le conflit et la division et à prendre les chemins de la communion. » Ce qui unit catholiques et luthériens l’emporte largement sur ce qui les divise, selon le pasteur Junge.

Dans une déclaration conjointe, signée lors de la prière commune par le pape François et l’évêque Younan, les responsables catholique et luthérien ont demandé pardon pour les divisions et conflits les ayant opposés dans le passé. Ils se sont engagés à approfondir leur communion et leur témoignage commun en faveur de la justice.

« Bien qu’il ne soit pas possible de changer le passé, on peut transformer ce dont on se souvient et la façon de s’en souvenir », y est-il écrit. « Nous prions pour la guérison de nos blessures et des mémoires qui obscurcissent notre perception l’un de l’autre. Nous rejetons catégoriquement toute manifestation de haine et de violence, passée et présente, en particulier quand elles sont exprimées au nom de la religion. »

Le service liturgique à la cathédrale de Lund a été suivi d’un rassemblement public à la Malmö Arena, où le pape François et l’évêque Younan ont réagi aux témoignages présentés par des luthériens et catholiques défendant la justice sociale et climatique.

La présence du pape François à la commémoration à Lund s’inscrit dans son approche œcuménique relationnelle avec laquelle il a réussi des « gestes œcuméniques spectaculaires » [2]. Pourtant, il y eut une certaine déception perceptible à Lund quant à la question de l’intercommunion entre luthériens et catholiques, ou au moins l’hospitalité eucharistique pour des couples mixtes. À l’approche de la commémoration de Lund, il y avait des spéculations concernant un geste important sur l’intercommunion, spéculations nourries par le coprésident catholique de la Commission internationale luthérienne-catholique pour l’unité, Mgr William Kenney. Certes, dans leur déclaration conjointe, le pape François et l’évêque Younan se sont référés au fait que beaucoup de membres de leurs communautés « aspirent à recevoir l’Eucharistie à une même table, comme expression concrète de la pleine unité » et à la « souffrance de ceux qui partagent leur vie tout entière, mais ne peuvent pas partager la présence rédemptrice de Dieu à la table eucharistique. » Pourtant, au lieu des engagements concrets, la déclaration ne parle que de « l’objectif de nos efforts œcuméniques, que nous voulons faire progresser », même si les deux responsables ont également souligné leur « responsabilité pastorale commune pour répondre à la soif et à la faim spirituelles de nos fidèles d’être un dans le Christ. »

À la conférence de presse qui a suivi les évènements à Lund et Malmö, le pasteur Junge et le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, ont souligné la nécessité d’une réflexion théologique approfondie pour arriver à la pleine communion eucharistique entre les deux traditions. Néanmoins, a lancé le secrétaire général de la FLM, la situation des couples mariés qui ne peuvent pas partager l’Eucharistie ensemble « exige une réponse de notre part ».

Est-ce que la « responsabilité pastorale commune », dont on a parlé dans la déclaration conjointe, peut faire avancer les choses ? Même si le cardinal Koch se montrait sceptique sur la possibilité de trouver une telle solution « au niveau universel » à cause des situations et contextes très différents, il encourage les Églises, au niveau local et régional, à trouver des « solutions pastorales » pour ces couples.

Autre geste remarquable : en partageant la paix à la prière commune à la cathédrale de Lund, le pape François et la primat de l’Église de Suède, l’archevêque Antje Jackelén se sont donné mutuellement une accolade fraternelle. Cette image a traversé le monde, faisant la « une » du journal berlinois Die Tagesspeigel sous le titre « Wir sind Geschwister » (« Nous sommes frère et sœur »).

Si Lund fut un centre catholique important au Moyen Âge, la FLM y fut fondée en 1947. Mais cette ville est également connue pour le « principe de Lund » une formule œcuménique trouvée lors de la troisième Conférence mondiale de « Foi et Constitution » en 1952. On y interpelle vivement et clairement les Églises. Elles sont invitées à se demander « si elles ne devraient pas agir ensemble en toutes matières sauf en celles où des différences de conviction profondes les obligent à agir séparément ». Lors de son retour de Suède, le pape François évoqua cette formule dans son discours aux membres du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens . « Ma récente visite à Lund, a-t-il fait remarquer, m’a rappelé combien est actuel ce principe œcuménique formulé par le Conseil œcuménique des Églises. »

Stephen BROWN

Photo : © lund2016.svenskakyrkan.se
L’évêque Munib Younan et le pape François, après avoir signé la déclaration commune.



[1Voir également l’article de Stephen Brown publié sur le site du Conseil oecuménique des Églises : « Ce qui nous unit l’emporte sur ce qui nous divise », affirment catholiques et luthériens lors de la commé-moration de la Réforme.

[2Martin BRÄUER, « Papst Franziskus und die Ökumene », Materialdienst des Konfessionskundlichen Instituts Bensheim, 02/2016, p. 32.

 


Les chrétiens unis par le sang du père Jacques Hamel

 

24 juillet 2018 2018

Réactions des Églises après l’événement tragique du 26 juillet 2016.

Le 26 juillet 2016, vers 9h25, deux individus porteurs d’armes blanches, d’une arme de poing ainsi que de faux engins explosifs, ont surgi dans la paroisse catholique Saint-Étienne de Saint-Étienne-du-Rouvray pendant la messe matinale et ont pris en otage les six personnes, qui s’y trouvaient : le prêtre, trois religieuses et un couple de paroissiens. Une des religieuses est parvenue à prendre la fuite et à donner l’alerte. La police, arrivée sur place, a tenté d’entamer une négociation à travers la porte latérale de la sacristie, ainsi qu’une incursion, mais n’a pu y parvenir car trois otages se trouvaient en position de rideau. Peu après, les otages sont sortis, suivis par les deux terroristes. En se lançant sur les forces d’interventions aux cris d’« Allahu akbar », les deux individus ont été neutralisés par la police. L’attentat a été revendiqué par Daech via son agence de propagande Amaq.

Les assaillants ont laissé dans l’église un paroissien grièvement blessé et le prêtre, âgé de 84 ans, égorgé. Le père Jacques Hamel, « ce saint prêtre », selon le pape François, « est mort précisément où il offrait le sacrifice de toute l’Église ».
Par « ce geste de barbarie, c’est la communauté chrétienne tout entière qui est touchée au cœur », a déclaré la Fédération protestante de France, en appelant à « résister » aussi bien « au fanatisme » qu’« aux tentatives de division par la terreur ». Au soir même de l’attentat, un grand « flashmob » dans le cadre du rassemblement protestant « le Grand Kiff », devant réunir plus de mille jeunes à Saint-Malo, a été annulé. Les participants, n’ayant pas « le cœur à la fête », ont préféré « en solidarité avec les frères et sœurs catholiques » se recueillir dans une manifestation « contre le malheur, la peur, et toute forme de violence » autour du Psaume 137, qui évoque la douleur du peuple de Dieu et la fidélité du Seigneur.

Dans un communiqué, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France a fustigé cet acte, qui a visé « l’ensemble de la communauté nationale […] et chacun de nous ». En exprimant « toute leur solidarité fraternelle à l’Église catholique de France », ils ont souligné que « la cohésion nationale » est « la seule réponse à la barbarie qui sonne à nos portes ».

Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, a décrété le vendredi 29 juillet 2016 « journée de jeûne et de prière pour notre pays et pour la paix dans le monde ». Le Conseil national des évangéliques de France, « en signe de solidarité chrétienne avec les catholiques » a encouragé ses fidèles à « saisir toutes les occasions individuelles et communautaires pour intercéder auprès de Dieu » afin « qu’Il réduise à néant les desseins de ceux qui veulent prendre des vies dans le but de semer la terreur ».

Les funérailles du père Hamel ont eu lieu, le 2 août, dans la cathédrale Notre-Dame de Rouen en présence de nombreux représentants d’autres Églises chrétiennes et d’autres religions, dont une centaine de musulmans. L’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, dans son homélie a confié à l’assemblée les derniers mots du père Hamel, témoignant la foi et l’absence de vengeance du prêtre vis-à-vis de ses agresseurs : au lieu de les blâmer, à la suite des premiers coups de couteau qu’il a reçus, il a simplement dit à deux reprises : « Va-t’en, Satan ! » (d’après francetvinfo.fr, w2.vatican.va, protestants.org, eglise-protestante-unie.fr, aoef.fr, lecnef.org et rouen.catholique.fr)



 


Le saint et grand concile, un œcuménisme (inter-)orthodoxe ?

 

24 juillet 2018 2018

Une analyse de l’enjeu œcuménique du concile panorthodoxe par le père Nicolas Kazarian.

Professeur à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et chercheur invité au Centre d’études sur l’orthodoxie à Fordham University (New-York), le père Nicolas Kazarian analyse l’enjeu œcuménique du concile panorthodoxe auquel il a participé.

Alors, Église ou pas Église ? Cette question aura été l’une des plus débattues du saint et grand concile de l’Église orthodoxe, qui s’est tenu en Crète, du 18 au 26 juin 2016. Certaines Églises autocéphales avaient prévenu : l’usage du mot « Église » pour qualifier les autres communautés chrétiennes – notamment l’Église catholique romaine et les Églises protestantes – n’était pas acceptable. L’Église de Grèce, emmenée par le prolifique métropolite Hiérothéos (Vlachos) de Nafpaktos, et l’Église de Serbie ont certainement été les plus virulentes à cet égard. D’autres, au cours du processus préconciliaire, comme les Églises de Géorgie et de Bulgarie, prétextaient que la question n’était pas résolue. Faute d’un consensus, qu’elles-mêmes battaient en brèche, elles ont purement et simplement annulé leur venue en Crète (de même que les Églises d’Antioche et de Russie, pour d’autres raisons). Mais que dit le texte conciliaire intitulé Les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien ? « Cependant, l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes non-orthodoxes. » (par.6)

Elles peuvent être appelées « Églises » - ouf ! -, mais pour la simple raison qu’elles ont toujours été appelées de la sorte… Maigre consolation pour un débat qui aurait pu, à lui seul, faire capoter le concile dans son ensemble. Le patriarche Irénée de Serbie est allé jusqu’à demander que le concile ne soit pas clos tant que cette question restait ouverte. Mais après cinquante ans de préparation pour un concile dont la forme était inédite, non seulement depuis la chute de l’Empire byzantin au XVe siècle, mais aussi depuis le schisme de 1054 entre les christianismes d’Orient et d’Occident, les orthodoxes ne pouvaient se payer le luxe d’un concile Vatican II. C’était du moins l’avis du patriarche œcuménique Bartholomée.

Pour ce dernier, le saint et grand concile représente un double mouvement : l’entrée de l’orthodoxie dans la modernité et sa confrontation avec la mondialisation. Ce double mouvement se cristallise autour de la question œcuménique. L’œcuménisme met l’orthodoxie au défi d’une modernité globalisée. L’œcuménisme n’est pas qu’un enjeu pour l’unité interchrétienne, c’est aussi un défi pour l’unité interorthodoxe. Aussi, la difficulté de voir aboutir un texte sur l’œcuménisme et les limites de ce dernier, inhérentes au processus conciliaire par consensus, sont à mon sens liées à la nouveauté d’une expérience synodale à l’échelle universelle et à la responsabilité vertigineuse de vivre en concile la catholicité de l’Église.

Que l’isolationnisme ecclésiologique serve de prétexte à certaines Églises pour se protéger tout autant et de l’hybridation et de la capitulation de la théologie orthodoxe, on le comprend aisément. Cependant, comme souvent d’ailleurs, la radicalisation religieuse oublie la profonde liberté qui animait la vie de l’Église à certaines époques. Paradoxalement, cette relecture historique tronquée permet de rigidifier le discours et d’enserrer l’orthodoxie entre les murs de ses représentations historiques. La leçon à tirer du saint et grand concile, en renouant avec l’expérience conciliaire au niveau planétaire, est d’une part qu’un concile « parfait » est une chimère et d’autre part parce que se réunir en concile est au cœur de la vie de l’Église, avec tout ce que la vie peut avoir de contradictoire, un concile, si plus est un saint et grand concile, est par définition un défi pour l’unité elle-même !

Nicolas KAZARIAN

Photo : © John Mindala / holycouncil.org
Les dix primats des Églises orthodoxes autocéphales ayant participées au concile.



 


Temps de la création

 

24 juillet 2018 2018

La période du 1er septembre au 4 octobre est à réserver à la prière pour la protection de la création et la promotion de styles de vie durables.

C’était à Sibiu, en Roumanie, lors du troisième rassemblement oecuménique européen en septembre 2007 que les quelque mille cinq cents représentants des différentes Églises chrétiennes en Europe ont pris la décision d’instaurer « un temps de la création » commun aux disciples du Christ : « Nous recommandons de réserver la période du 1er septembre au 4 octobre à la prière pour la protection de la création et la promotion de styles de vie durables qui fait reculer notre contribution négative au changement climatique ».

Le 1er septembre est le début de l’année liturgique pour l’Église
orthodoxe, qui depuis 1989, en vertu d’une encyclique du patriarche oecuménique Dimitrios, devient un jour de prière pour la création. Le pape François a proposé le 6 août 2015, le jour lorsque les deux Églises fêtent la transfiguration du Christ, que le 1er septembre devient : « journée mondiale de prière pour la création ». Le 4 octobre, quant à lui, est dédié à la mémoire de saint François d’Assise, un chantre de la création.

Pour préparer la COP 21 à Paris en décembre 2015, des dynamiques ecclésiales et œcuméniques en France sur des questions du climat et de la création se sont renforcées [1]. Des Scouts et Guides de France et les Éclaireurs unionistes ont participé à des actions communes, le guide « habiter autrement la création », préparé par une équipe oecuménique, continue d’être diffusé dans les paroisses, des chrétiens de différentes confessions ont accueilli ensemble les pèlerins…

Pour encourager les chrétiens à renforcer leur témoignage commun dans ce domaine, des ressources œcuméniques pour des temps de prière et des idées d’action pratique sont proposées ci-dessous en pièce jointe.

La revue Unité des Chrétiens vous saura gré de faire parvenir des nouvelles accompagnées éventuellement d’une photo de ce que les chrétiens font ensemble chez vous pendant le temps de la création.

par courriel :
redaction chez revue-unitedeschretiens.fr

par la poste :
Unité des Chrétiens
58 avenue de Breteuil
75007 Paris

Photo : D.R.
Près du Prieuré de Chauveroche.



[1Ainsi le numéro 179 de la revue Unité des Chrétiens a traité le sujet : « Les Églises et le réchauffement climatique ». En outre, le Conseil d’Églises chrétiennes en France a rendu public le 29 septembre 2015 un message en vue de la COP 21 tout en organisant une célébration oecuménique, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, au moment même du sommet international.

 


Les chrétiens unis par et pour les migrants

 

24 juillet 2018 2018

Le 16 avril 2016, le pape François, le patriarche œcuménique Bartholomée et l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme ont signé une déclaration commune.

Un appel œcuménique depuis Lesbos

Le 16 avril 2016, le pape François, le patriarche oecuménique Bartholomée et l’archevêque Jérôme d’Athènes et de toute la Grèce ont visité le camp de Moria, situé sur l’île grecque de Lesbos – la porte d’entrée de nombreux réfugiés en Europe –, qui abrite environ 2 500 demandeurs d’asile. « C’est un triste voyage », a confié l’évêque de Rome aux journalistes en évoquant la rencontre non seulement avec « des personnes qui souffrent, ne sachant pas où aller », mais aussi avec « le cimetière qu’est la mer, où beaucoup de gens se sont noyés ». « L’Église de Grèce pleure tant de vie perdue en mer », a déploré l’archevêque d’Athènes en espérant toutefois, contre tout espoir à « ne plus jamais [y] voir les enfants hissés sur [ses] rives », mais « bientôt dans les mêmes lieux des enfants sereins et joyeux ». « N’oubliez pas l’hospitalité, car en la pratiquant, certains, sans le savoir ont accueilli des anges » (He 13,2) a exhorté le patriarche oecuménique tout en fustigeant « l’économie globalisée », qui a créé « une série de crises d’identité dans le monde contemporain » aussi bien que « la faim et la misère dans de nombreuses régions ». Avant d’aller déjeuner avec quelques réfugiés à l’intérieur même du camp, les prélats ont signé une déclaration commune dans laquelle ils ont plaidé pour « une fin de la guerre et de la violence au Moyen-Orient », tout en demandant à « tous les pays », « tant que le besoin perdure », d’étendre « l’asile temporaire » ou d’offrir « le statut de réfugié à ceux qui sont éligibles ». Le document invite la communauté internationale « à répondre avec courage » à « l’une de ses plus sérieuses crises humanitaires depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », non seulement en protégeant les minorités, mais aussi en éliminant « les routes qui ne sont pas sûres », notamment « celles à travers la mer Égée et toute la Méditerranée ». En effet, un large consensus international et un programme d’assistance sont « d’une nécessité urgente » afin
que tous les individus et les communautés « y compris les chrétiens » puissent jouir du « droit fondamental à vivre en paix et en sécurité », notamment en ayant la possibilité de rester « dans leurs pays ». Ils ont aussi exprimé leur « solidarité avec
le peuple grec », qui, « malgré ses propres difficultés économiques », a su répondre « avec générosité » au drame présent.

Le pape François, qui a accompli le voyage dans la journée, est rentré à Rome à bord de son avion avec douze réfugiés musulmans (dont six mineurs) venus de Damas et de Deir Azzor, après que Daech ait bombardé leurs maisons. (d’après VIS et AFP)



 


Convocation du concile panorthodoxe

 

24 juillet 2018 2018

Les primats de l’Église orthodoxe se sont réunis pour finaliser l’ordre du jour et adopter le règlement du saint et grand concile de l’Église orthodoxe.

Les primats de l’Église orthodoxe se sont réunis du 21 au 28 janvier 2016 au Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy-Genève pour finaliser l’ordre du jour et adopter le règlement du saint et grand concile de l’Église orthodoxe, dont le processus préparatoire a été officiellement inauguré en 1961, lorsqu’à Rhodes a eu lieu la première conférence préconciliaire. Tous les hiérarques des quatorze Églises autocéphales ont participé à la réunion, à l’exception du patriarche d’Antioche Jean X, du métropolite de Varsovie et de toute la Pologne Savvas et de l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme II, représenté, quant à eux, par les délégations officielles de leurs Églises. Vu la situation politique difficile au Proche Orient et les relations tendues entre la Turquie et la Russie en particulier, il a été décidé que le concile aura lieu, non pas à Constantinople comme annoncé , mais à l’Académie orthodoxe de Crète du 16 au 27 juin 2016. Un comité spécial, composé d’un représentant de chaque Église siégera du 9 à 16 juin, afin de rédiger le projet de message du concile, qui sera ratifié par les primats le 17 juin, avant d’être présenté au concile. Des liturgies panorthodoxes pour la fête de la Pentecôte et le dimanche de tous les saints, d’après le calendrier orthodoxe, marqueront le début et la fin des travaux. Les délégations, composées chacune de 24 évêques, « peuvent être accompagnées de conseillers spéciaux, ecclésiastiques, moines ou laïcs », au nombre de six personnes au maximum, aussi bien que par « trois assistants ». Les langues officielles seront le grec, le russe, le français et l’anglais, de même que l’arabe en tant que langue de travail. Les six thèmes, qui figureront à l’ordre du jour sont les suivants : la mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain, la diaspora orthodoxe, l’autonomie et la manière dont elle doit être proclamée, le sacrement du mariage et ses empêchements, l’importance du jeune et son observance aujourd’hui, les relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien. Les thèmes de l’autocéphalie et la manière dont elle doit être proclamée, ainsi que celui des diptyques ou l’ordre des préséances des différents patriarcats, n’ayant pas été approuvés à l’unanimité, seront examinés ultérieurement. Au sujet des calendriers julien et grégorien, tous les deux suivis par différentes Églises orthodoxes, les primats ont trouvé « opportun » que chaque Église « soit libre » de mettre en pratique ce qu’elle considère comme approprié pour la formation spirituelle de ses ouailles, « sans pour autant modifier la date de la célébration commune de Pâques ». Il a été également décidé la publication des textes, relatif à ces sujets, qui ont été adoptés par les commissions préconciliaires et qui pourront être modifiés lors de la synaxe au mois de juin, si les amendements proposés sont adoptés « à l’unanimité » (principe selon lequel seront prises les décisions du concile). Chaque Église autocéphale ne disposera que d’un seul vote, élaboré sur le principe de la « majorité interne ». Ceci « n’exclut pas la prise de position négative » d’un ou plusieurs hiérarques d’une délégation, qui sera inscrite dans les Actes du concile.

Même si la plupart des travaux se dérouleront à huit clos, les primats ont invité aux sessions de l’ouverture et de la clôture des représentants des Églises catholique romaine, copte, éthiopienne, syro-jacobite, apostolique arménienne, anglicane, vieille catholique, de la Fédération luthérienne mondiale, tout en conviant aussi le secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises et le directeur de la Commission Foi et Constitution, le président de la Conférence des Églises européennes, le Secrétaire général du Conseil des Églises du Moyen-Orient et le président du Conseil de l’Église protestante d’Allemagne. (d’après centreorthodoxe.org, patriarchate.org et mospat.ru)



 


Déclaration commune du Pape François et du Patriarche Cyrille de Moscou

 

24 juillet 2018 2018

Les retrouvailles fraternelles sous le signe de « l’œcuménisme du sang » : un appel en faveur de la paix, de la vie, de la famille et de la justice.

Déclaration commune du Pape François et du Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13,13).

1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, Pape François et Kirill, Patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Églises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

2. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

3. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3,15).

4. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».

5. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn 17,21).

6. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !

7. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Évangile du Christ et du patrimoine commun de l’Église du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.

8. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.

9. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Élevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.

10. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

11. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32,17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Églises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués.

Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Évangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

12. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Évangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Églises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).

13. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14,33).

14. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.

15. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.

16. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Évangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.

17. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.

18. Les Églises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1,27-29).

19. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.

20. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.

21. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu (cf. Gn 4,10).

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.

Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

22. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25,25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

23. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez la lumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5,14,16). Éduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13,46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6,20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.

24. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Église du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Évangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15,5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Église à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15,20).

25. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.

26. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Églises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.

27. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.

28. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17,21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.

29. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12,32) !

Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2,10).

30. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !

François
Évêque de Rome
Pape de l’Eglise catholique

Kirill
Patriarche de Moscou
et de toutes la Russie

le 12 février 2016, La Havane (Cuba)

Photo : © mospat.ru






 


« Appelés à proclamer les hauts faits de Dieu » (1 P 2,9-10)

 

24 juillet 2018 2018

Pour la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2016, les chrétiens de Lettonie nous invitent à revisiter notre mission commune de baptisés.

Marqués par l’histoire douloureuse de leur pays mais également par une vie œcuménique féconde, les chrétiens de Lettonie nous invitent cette année à revisiter notre mission commune de baptisés. Au carrefour des traditions catholique, luthérienne et orthodoxe, ils nous proposent pour cette Semaine de prière pour l’unité chrétienne un court extrait de la première lettre de Pierre nous exhortant à proclamer les hauts faits de Dieu. Le passage choisi rappelle aux chrétiens qu’ils sont une « race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte… » et qu’ils ont été appelés à passer des ténèbres à la lumière. Dieu s’est donné un peuple et celui-ci est missionnaire par nature, il a été choisi pour proclamer que le salut est offert à tous et pour faire briller la miséricorde de Dieu dans le monde. La mission chrétienne se déploie dans toutes ses dimensions, prophétique, sacerdotale et royale, elle se vit par l’annonce explicite de l’évangile, la prière et le service du monde. C’est notre vocation baptismale de témoigner des hauts faits de Dieu dans toute notre vie, en guérissant les blessures, en recherchant sans cesse la vérité et l’unité et en s’engageant résolument en faveur de la dignité humaine.

La célébration œcuménique proposée par les lettons nous fait entendre un extrait du Sermon sur la montagne (Mt 5,13-16) exprimant à la fois notre identité de chrétien et notre mission de baptisés : sel de la terre et lumière du monde présente dans l’obscurité. Les textes évangéliques qui nourriront les Huit jours nous font passer de la Croix à la résurrection et nous ramènent d’Emmaüs à Jérusalem, au cœur de la communauté et dans la communion fraternelle. La véritable évangélisation nous conduit de la dispersion à l’unité. Tout au long de la Semaine nous prierons pour devenir un peuple de prêtres au cœur du monde, portant dans notre prière les aspirations à l’unité qui s’élèvent des cœurs blessés par la division. Plongés dans la mort et la résurrection du Christ par notre baptême, fragiles reflets de la lumière du Christ et soutenus par la Parole de Dieu – c’est ce qu’exprime le visuel créé par Unité Chrétienne -, nous vivrons des temps de prière et de partage entre nous pour être rendus capables de proclamer au monde les merveilles de Dieu.

Anne-Noëlle CLÉMENT
directrice du centre œcuménique
Unité Chrétienne, Lyon



 


Synode romain sur la famille

 

8 février 2016 2016

Douze délégués fraternels sont intervenus dans la seconde session du Synode romain sur la famille, déroulée au Vatican du 4 au 25 octobre 2015.

L’apport des délégués fraternels

La seconde session du Synode romain sur la famille s’est déroulée au Vatican du 4 au 25 octobre 2015. Reprenant les travaux de la session d’octobre 2014 , le Synode avait pour thème : « Jésus Christ, révèle le mystère et la vocation de la famille ». Cette assemblée synodale a remis ses propositions au pape François. L’Église catholique attend maintenant son exhortation apostolique. Le 16 octobre, douze délégués fraternels sont intervenus.

Verbatim

Dans son allocution, Mgr Stephanos d’Estonie, du Patriarcat œcuménique, a souligné « qu’aujourd’hui le mariage et la filiation ont changé de sens », car « dans bien des pays, le législateur met peu à peu en place de nouvelles normes en la matière ».

D’après Tim Macquiban, de l’Église méthodiste à Rome, les travaux synodaux ont porté essentiellement sur « une forme de famille », définie par « le mariage sacramentel ». Cependant, « ceux qui sont célibataires » ou « ceux qui sont mariés civilement ou cohabitent » peuvent se sentir « exclus ».

Selon le métropolite Bishoy de Damietta, de l’Église copte orthodoxe d’Alexandrie, « la première » tâche de son Église à l’égard « des personnes avec une orientation homosexuelle » est d’expliquer « de manière tolérante et convaincante » que « l’homosexualité est un grand péché, interdit par Dieu, selon les Saintes Écritures », tout en les encourageant au « repentir » et à « une vie chaste ». Quant au divorce, il a précisé, que son Église le permet en cas d’adultère, en offrant la possibilité « uniquement à la partie innocente » de se remarier.

Ndanganeni Petrus Phaswana, évêque émérite de la Fédération luthérienne mondiale, partageant sa joie du chemin parcouru dans le dialogue catholique-luthérien, a insisté sur le fait que les deux partenaires œcuméniques ne doivent pas perdre de vue « les défis et les peines » auxquelles les familles mixtes sont confrontées, n’ayant pas la possibilité « de rompre le pain et de partager le vin » eucharistiques.

En faisant siennes les paroles de plusieurs pères synodaux, Timothy Thornton, évêque de la Communion anglicane, a souligné que la première partie de l’Instrumentum Laboris est « trop focalisée sur l’aspect négatif de la vie en famille », alors qu’il y a beaucoup « de joies […] à célébrer », annonçant justement les fiançailles de sa fille.



 


Protestantisme et vie monastique

 

24 juillet 2018 2018

Le 4 et 5 juillet 2015 un colloque à l’Institut protestant de théologie à Paris a réuni plus que 110 personnes.

Le 4 et 5 juillet 2015 un colloque à l’Institut protestant de théologie à Paris, a réuni plus que 110 personnes d’horizons confessionnels très variés, autour du sujet : « Protestantisme et vie monastique ». De l’exposé universitaire au partage ’expériences et à la prière partagée sous les arbres, il a permis des échanges en profondeur, une nouvelle appréciation de la vie communautaire et de la valeur de la prière monastique dans la vie contemporaine.

En évoquant le rôle « protestant » de Whoopi Goldberg dans le film Sister Act, faisant sortir les sœurs catholiques du couvent pour aller chanter du gospel à l’extérieur, le pasteur Laurent Schlumberger, président de l’Église protestante unie de France, a rappelé que l’une des scènes fondatrices de la Réforme est celle du moine Luther quittant le couvent avec fracas.

Au fil de son histoire, le protestantisme s’est pourtant souvent rapproché de la vie monastique, de Martin Bucer aux communautés mennonites, des frères moraves au
piétisme ou aux maisons des sœurs diaconesses. Y a-t-il là contradiction ? Le rejet du monastère par Luther n’est-il que le fruit d’un contexte historique très particulier ? S’agit-il d’un malentendu ? N’y a-t-il pas au contraire une proximité entre l’intuition monastique et les affirmations centrales de la Réforme ?

Au XXe siècle des protestants, fondèrent des communautés monastiques à l’instar de Pomeyrol, Grandchamps ou Taizé. De même, des théologiens, comme Bonhoeffer ou Barth, furent très marqués par le monachisme. Le colloque a permis d’analyser les ruptures et les continuités de la vie monastique et les enjeux de la vie communautaire dans la société contemporaine. Ainsi, les communautés deviennent des laboratoires, des alternatives possibles, des paraboles de fraternité pour l’Église et pour le monde, en particulier dans un contexte matérialiste. Apparaissant aujourd’hui de plus en plus pertinente, la vie monastique interroge donc à nouveaux frais la vie croyante. À l’approche de l’année 2017, cinquième centenaire de la Réforme, le colloque comptait des intervenants et participants anglicans, catholiques, évangéliques, orthodoxes en plus des luthériens et réformés. Ainsi la question : « Protestantisme et vie monastique : vers une nouvelle rencontre ? » a vraiment été posée dans une perspective œcuménique.

En attendant la parution des Actes, chez Olivétan, au mois de novembre 2015, une vidéo de onze minutes est à regarder ci-dessous.

Jane STRANZ





 


Le comité mixte anglican-catholique en France invite à la prière commune

 

24 juillet 2018 2018

Le 17 juin 2015 a été présentée à la Maison des évêques catholiques à Paris la dernière publication du comité mixte anglican-catholique en France.

Le 17 juin 2015 a été présentée à la Maison des évêques catholiques à Paris la dernière publication du comité mixte anglican-catholique en France : « Seigneur, ouvre nos lèvres ». Pour une prière commune aux anglicans et aux catholiques au cours d’une table ronde animée par les coprésidents, Mgr Robert Le Gall et le chanoine Matthew Harrison. L’office des vêpres anglicanes (Evensong) a ensuite été chanté par le chœur de l’église Saint-George’s à Paris, sous la présidence de Mgr David Hamid, évêque auxiliaire du diocèse en Europe de l’Église d’Angleterre.

Le dialogue anglican - catholique en France.
Peu après le lancement du dialogue international ARCIC [Anglican Roman Catholic International Commission] à la fin des années 1960, un groupe de dialogue a été créé en France. Il réunit chaque année depuis 1970 des anglicans vivant en France et des catholiques, pour une réflexion théologique et pastorale. Officiellement mandaté par le diocèse en Europe de l’Église [anglicane] d’Angleterre et la Conférence épiscopale catholique française, ce comité mixte anglican-catholique – généralement appelé French ARC [Anglican Roman Catholic] – veille aux bonnes relations entre anglicans et catholiques, qu’il cherche à développer.

Une tradition liturgique commune.
À la faveur de leurs retrouvailles, anglicans et catholiques ont perçu combien sont voisines leurs pratiques liturgiques, signe de leur proximité dans la foi (lex orandi, lex credendi). La conviction du French ARC est que cette proximité liturgique et cette communion dans la foi rendent possible et souhaitable la prière commune chaque fois qu’une occasion se présente. Or, rappelle le French ARC, anglicans et catholiques bénéficient déjà d’une tradition commune pour la prière liturgique du matin et du soir : les offices de laudes (Morning Prayer ou Mattins) et de vêpres (Evening Prayer ou Evensong).

« Seigneur, ouvre nos lèvres » / « O Lord, open our lips ».
Le document du French ARC est publié simultanément en deux langues. En français, il paraît dans la revue Documents-Épiscopat (n°4 - 2015) tandis que la version anglaise est disponible auprès de l’église anglicane Saint-George’s à Paris.

Le French ARC veut encourager la célébration commune de ces offices de laudes et de vêpres quand des anglicans et des catholiques sont réunis ; il précise les modalités pour s’unir dans la prière de ces offices communautaires, qui peuvent aussi être proposés plus largement lors de réunions œcuméniques.



 


L’Église. Vers une vision commune

 

24 juillet 2018 2018

La version française du document de la commission Foi et Constitution (2013) est disponible en librairie.

Ce second texte de convergence de la commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises fait suite au premier : Baptême, Eucharistie, Ministère (1982) et aux réactions officielles à ce document. On y identifiait des domaines clefs de l’ecclésiologie dans lesquels les discussions devaient se poursuivre. Ce nouveau texte répond également aux questions ecclésiologiques soulevées dans le document d’étude : Un seul baptême. Vers la reconnaissance mutuelle (2011).

Pendant vingt ans, les délégués des Églises anglicanes, catholique, évangéliques, orthodoxes, pentecôtistes et protestantes ont tenté de discerner une vision globale, multilatérale et œcuménique de la nature, du but et de la mission de l’Église. Les Églises ont fait part de leurs réactions et critiques aux premières ébauches d’une déclaration commune. La commission Foi et Constitution répond aux Églises par le présent document.

Conseil œcuménique des Églises.
Document de Foi et Constitution n° 214
publié par la Fédération protestante de France avec Unité chrétienne.
ISBN : 979-10-94234-00-6
76 p., 6,50 €

On peut notamment commander le livre auprès du centre Unité Chrétienne (+ port 3,90 euros).



 


Du conflit à la communion

 

24 juillet 2018 2018

Un document de la Commission internationale de dialogue entre l’Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale.

Réflexions luthéro-catholiques sur l’historiographie de la Réforme en vue des célébrations de 2017

Pour les préparatifs du 500e anniversaire de la Réforme (qu’on date symboliquement au 31 octobre 1517 lorsque Luther afficha ses 95 thèses à Wittemberg), la Commission internationale de dialogue entre l’Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale [1] a publié en juin 2013 un document intitulé Du conflit à la communion [2]. On en trouvera ci-dessous le plan et quelques extraits significatifs de l’esprit de réconciliation des mémoires dans lequel les deux familles ecclésiales souhaitent vivre cette commémoration commune.

Chapitre I : Commémorer la Réforme dans le contexte de l’œcuménisme et de la mondialisation

« Il n’est plus satisfaisant de se contenter de répéter sur la Réforme les récits d’autrefois, qui présentaient les points de vue luthériens et catholiques séparément, et souvent en opposition. La mémoire historique sélectionne toujours à partir d’une grande abondance de faits historiques et construit les éléments sélectionnés en un tout significatif. Comme ces récits du passé racontaient pour la plupart des confrontations, il n’était pas rare qu’ils renforcent le conflit entre les confessions, et parfois qu’ils mènent à une hostilité ouverte. » (n° 8)

Chapitre II : Perspectives nouvelles sur Martin Luther et la Réforme

« Le dialogue œcuménique entraîne à se convertir à partir de schémas de pensée qui ont leur origine dans les différences entre les confessions, et les font ressortir. Tandis que dans le dialogue, les partenaires regardent d’abord ce qu’ils ont en commun et évaluent seulement ensuite la signification de leurs différences. Cependant, ces différences ne sont ni négligées, ni traitées avec désinvolture, car le dialogue œcuménique est la recherche en commun de la vérité de la foi chrétienne. » (n° 34)

Chapitre III : Aperçu historique de la Réforme luthérienne et de la réaction catholique

« Aujourd’hui nous pouvons raconter ensemble l’histoire de la Réforme luthérienne. Même si luthériens et catholiques ont des points de vue différents, grâce au dialogue œcuménique ils peuvent dépasser les herméneutiques traditionnelles, anti-protestante ou anti-catholique, pour trouver une façon commune de se remémorer les événements passés. » (n° 35)

Chapitre IV : Thèmes fondamentaux de la théologie de Martin Luther à la lumière des dialogues luthéro-catholiques

« Dans ce chapitre, catholiques et luthériens présentent ensemble quelques-unes des principales affirmations théologiques développées par Martin Luther. Cette présentation en commun ne veut pas dire que les catholiques sont d’accord avec tout ce qu’a dit Martin Luther, tel que nous le présentons ici. Il est nécessaire de poursuivre le dialogue œcuménique et la recherche d’une compréhension mutuelle. Mais nous avons atteint une étape dans notre cheminement œcuménique qui nous permet de présenter ensemble ce récit. » (n° 92)

Chapitre V : Appelés à la commémoration commune

« Puisque catholiques et luthériens sont liés entre eux dans le Corps du Christ en tant que membres de ce Corps, ce que Paul dit d’eux en 1 Cor 12,26 est vrai : “Si l’un des membres souffre, tous partagent sa souffrance ; si un membre est glorifié, tous les membres partagent sa joie.” Ce qui affecte un membre du Corps affecte aussi les autres. C’est pour la raison pour laquelle, lorsque les luthériens font mémoire des événements qui ont conduit à la formation de leurs Églises, ils ne veulent pas le faire sans leurs frères catholiques. En faisant mémoire ensemble des débuts de la Réforme, ils prennent leur baptême au sérieux. » (n° 221)

Chapitre VI : Cinq impératifs œcuméniques

« Catholiques et luthériens comprennent qu’ils appartiennent, avec les communautés dans lesquelles ils vivent leur foi, à l’unique Corps du Christ. Chez les luthériens et les catholiques, la conscience se fait jour que les luttes du XVIe siècle sont terminées. Les raisons de condamner mutuellement la foi les uns des autres ont été abandonnées en chemin. » (n° 238)


Extrait : Évaluer le passé

228. Alors que joie et reconnaissance marquent la commémoration de 2017, elle doit également faire place, chez les luthériens comme chez les catholiques, à la douleur devant les échecs et les abus, la culpabilité et le péché présents dans les personnes et les événements dont on fait mémoire.

231. Quand catholiques et luthériens font mémoire ensemble des controverses théologiques et des événements du XVIe siècle dans cette perspective, il faut qu’ils tiennent compte du contexte du XVIe siècle. Luthériens et catholiques ne peuvent être blâmés pour tout ce qui s’est produit, certains événements du XVIe siècle n’étant pas de leur responsabilité. Au XVIe siècle, il y avait souvent des interférences entre convictions théologiques et pouvoir politique. Beaucoup d’hommes politiques utilisaient d’authentiques concepts théologiques pour atteindre leurs buts, et beaucoup de théologiens assuraient la diffusion de leurs conceptions théologiques par des canaux politiques. Dans ce champ complexe où de nombreux facteurs étaient en jeu, il est difficile d’attribuer la responsabilité des conséquences de tel ou tel événement à des individus en particulier, et de les désigner comme coupables.

232. Les divisions du XVIe siècle tiraient leurs racines de compréhensions différentes de la foi chrétienne, et étaient particulièrement porteuses de litiges puisqu’on pensait que c’était le salut qui était en jeu. Des deux côtés, les gens avaient des convictions théologiques qu’ils ne pouvaient abandonner. On ne peut pas blâmer quelqu’un de suivre sa conscience quand elle est formée par la Parole de Dieu et a atteint ses conclusions après une discussion sérieuse avec d’autres.

233. Tout autre chose est la façon dont les théologiens exposaient leurs convictions dans la bataille pour gagner l’opinion publique. Au XVIe siècle, bien souvent les catholiques et les luthériens ont mal compris leurs adversaires, ils ont exagéré ou caricaturé leurs propos afin de les rendre ridicules. À maintes reprises, ils ont violé le huitième commandement qui interdit de porter un faux témoignage contre son prochain. Même si les opposants ont parfois été honnêtes intellectuellement, leur volonté d’écouter l’autre et de prendre au sérieux son point de vue a été insuffisante. Dans les controverses on cherchait à réfuter ses adversaires et à être le vainqueur, en exacerbant souvent les conflits de manière délibérée plutôt que de chercher les points communs. Les préjugés et les incompréhensions ont joué un rôle important dans la manière de présenter l’autre partie. Ces oppositions ont été formalisées et transmises aux générations suivantes. On a ici de part et d’autre à regretter et à déplorer la manière dont les débats ont été menés. Aussi bien les luthériens que les catholiques sont responsables et cette culpabilité doit être confessée ouvertement lorsque l’on commémore les événements d’il y a 500 ans.

© Traduction : Unité des Chrétiens



[1Cette commission rassemble des théologiens luthériens et catholiques. Il est intéressant de noter que celui qui l’a présidée du côté catholique, l’évêque Gerhard Müller, est devenu préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le P. Michel Fédou, sj, est le seul théologien français de cette commission.

[2Publication en anglais et en allemand : Evangelische Verlagsanstalt (Leipzig) et Bonifatius (Paderborn).

 


Synode romain sur la famille

 

24 juillet 2018 2018

Valérie Duval-Poujol a été la « déléguée fraternelle » de l’Alliance baptiste mondiale au Synode extraordinaire des évêques qui s’est tenu à Rome en octobre 2014.

Les enjeux pour l’unité des chrétiens

Valérie Duval-Poujol a été désignée par l’Alliance baptiste mondiale pour répondre à l’invitation au Synode extraordinaire des évêques qui s’est tenu à Rome en octobre 2014. Avec sept autres « délégués fraternels » – un anglican, un luthérien, un réformé et quatre orthodoxes : un représentant du Patriarcat de Constantinople, un pour celui de Moscou et deux orthodoxes orientaux –, elle a participé aux deux semaines de réflexion sur « les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation ».

Représentant l’Alliance baptiste mondiale, j’ai eu le grand privilège de participer au Synode extraordinaire sur la famille au Vatican en tant que « déléguée fraternelle » – une appellation qui met l’accent sur la fraternité spirituelle qui nous unit. Ma présence même en tant que protestante évangélique est un signe de l’avancée des dialogues : à l’époque de Vatican II, l’Alliance baptiste mondiale avait été invitée mais n’avait délégué personne au Concile. Depuis, trente ans de dialogues théologiques féconds entre nos Églises ont dissipé certains malentendus et permis une meilleure compréhension mutuelle.

Bien que ce synode n’ait pas eu l’unité de chrétiens pour objet premier, on peut y repérer des enjeux importants dans ce domaine. Ce qui m’a d’abord frappée, c’est que l’œcuménisme institutionnel n’est pas qu’une question de textes entre Églises : il se traduit aussi par des gestes, des symboles et j’en retiendrai deux.

L’emplacement des délégués fraternels.

En tant que délégués fraternels, nous ne disposions pas du droit de vote comme les Pères synodaux, ce qui est parfaitement légitime ! Mais dans le lieu de réunion du synode, nous étions placés exactement entre les cardinaux et les évêques, ce qui nous incluait complètement dans l’assemblée. Et même, lors de la messe d’ouverture du synode, nous étions au tout premier rang dans l’impressionnante basilique Saint-Pierre. L’apôtre Paul écrit que lorsqu’un membre du corps est honoré, tous sont honorés (1 Co 12,26). Ce jour-là, en nous honorant ainsi, c’est comme si, à travers nous, les autorités catholiques honoraient tous les chrétiens d’autres confessions, témoignant de l’importance des relations avec ses « frères séparés ».

La participation active des délégués fraternels.

Nous avons été officiellement invités par le secrétaire général du synode, le cardinal Baldisseri, à prendre pleinement notre part. Outre notre présence à chaque séance, nos nombreux échanges avec les Pères synodaux notamment lors des pauses-café, notre rencontre avec le pape, notre participation active lors des circuli minores (groupes de travail linguistiques), chacun de nous a aussi eu l’occasion de prononcer un discours à l’ensemble du synode lors d’une des congrégations générales qui nous fut consacrée. Ce n’était donc pas une invitation « pour la forme », mais bien un désir d’avoir une dimension œcuménique à la réflexion synodale.

La question des « mariages mixtes ».

Pour en venir aux discussions synodales, je citerai, parmi les questions abordées par les Pères synodaux présentant une dimension directement œcuménique, celle des « mariages mixtes ». L’Instrumentum laboris (le document de travail pour le synode, rédigé à partir des réponses envoyées par les diocèses du monde entier) mentionnait déjà les problèmes juridiques engendrés par certaines de ces unions entre chrétiens de différentes confessions, ce qui est repris dans le paragraphe 54 de la Relatio synodi (le texte final voté par les Pères synodaux, qui va servir de base pour préparer le prochain synode en octobre 2015). On y indique que cette question épineuse mérite d’être creusée. Même si ce texte vise surtout les difficultés juridiques inhérentes aux unions catholiques/orthodoxes, la réflexion devrait sans doute englober plus largement tous les mariages mixtes et en montrer aussi les dimensions positives.

La méthode synodale, un modèle pour l’œcuménisme ?

Pour conclure, j’aimerais dire un mot sur la méthode choisie pour le synode. « L’arbre est dans la graine » et la méthodologie choisie influencera sans doute les résultats. Face à des questions compliquées de la pastorale familiale, l’Église catholique a opté pour une approche qui prend le temps, en toute vérité (ou comme l’a annoncé le pape François au début du synode, avec parresia, en toute franchise), avec une réflexion collégiale impliquant chacun à son niveau : l’Instrumentum laboris synthétisant les réponses des diocèses, le synode extraordinaire avec notamment l’audition de couples laïcs, l’année de réflexion en cours dans les Églises particulières jusqu’au prochain synode des évêques, puis ultimement une exhortation du pape. Il est tentant de répondre aux défis que pose notre société à la famille, au couple, avec des slogans ou en répétant machinalement ses croyances traditionnelles. Par cette démarche longue, approfondie, l’Église catholique encourage chacun à oser se donner les moyens de la réflexion face à des sujets difficiles.

Cette manière de faire – s’écouter, prendre le temps, intégrer chacun – me paraît essentielle pour la promotion de l’unité des chrétiens. Et si en œcuménisme, où les lieux de tension et les conflits ne manquent pas, nous osions impliquer chacun, avec plus de collégialité et de parresia ? L’un des problèmes récurrents n’est-il pas la non-réception des accords, des textes signés entre responsables d’Églises ? Pourrions-nous envisager une autre manière de réfléchir les défis de l’unité des chrétiens que celle partant du haut vers le bas ? Les différents types d’œcuménisme (spirituel, social, théologique…) ne pourraient-ils s’associer pour panser/penser ensemble l’unité des chrétiens au XXIe siècle ?

Le mot grec de « synode » évoque un bout de chemin parcouru ensemble. Cette avancée sur le chemin commun de la fraternité spirituelle est mon désir le plus profond.

Valérie DUVAL-POUJOL
Fédération des Églises évangéliques baptistes de France
Présidente de la Commission œcuménique de la Fédération protestante de France
Enseignante à l’Institut catholique de Paris


 


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